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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:14

On le sait de longue date, la liberté d'expression est un acquis fragile, sans cesse menacé, et de bien diverses manières.
Ainsi, à l'instigation des néolibéraux et de ceux qui veulent la privatiser, La Poste a mis en place des obstacles matériels et financiers de plus en plus élevés pour ne plus avoir à distribuer au tarif presse les petits journaux de la presse libre, dont « À Contre Courant » est l'un des exemples. Dans l'incapacité de satisfaire aux contraintes de routage et de coût imposées par La Poste et le gouvernement, des milliers de revues ont été asphyxiées ces dernières années. L'espace démocratique qu'elles préservent se réduit comme peau de chagrin.
«  À Contre Courant » est aujourd'hui menacé de disparaître.
« À Contre Courant » est une revue mensuelle qui paraît depuis 23 ans. Inscrite à la CPPAP (commission paritaire des publications et agences de presse), elle envoie chaque numéro à près de 1400 exemplaires au tarif presse. Outre des difficultés liées aux exigences toujours plus grandes de La Poste en matière de coût, de prétri et de présentation des envois, la revue est aujourd'hui confrontée à un véritable ultimatum de la part des responsables de la plateforme industrielle du courrier (PIC) de Mulhouse, dont elle dépend pour ses expéditions. Il lui est en effet demandé de placer impérativement ses exemplaires sous enveloppe ou sous film plastique à partir du 1er janvier 2012. À défaut de quoi, elle ne bénéficierait plus du tarif préférentiel de presse qui, même s'il augmente dangereusement depuis des années, demeure en deçà du tarif lent ordinaire.
Une « tolérance » lui est obligeamment accordée jusqu'à l'échéance, pour continuer à effectuer les envois sous bande (en l'occurrence un pli vertical serti par une étiquette qui sert également à l'adressage), modalités postales de vigueur depuis toujours.
Il s'agit là d'une contrainte odieuse pour au moins deux raisons :
La première est de principe: mettre sous enveloppe constituerait un gaspillage de papier préjudiciable à l'environnement, en contradiction avec notre sensibilité, et les propres intentions affichées de La Poste. Une mise sous plastique serait encore plus préjudiciable de ce point de vue.
La seconde est liée au coût de mise en oeuvre de la mesure. Outre l'insupportable  surcoût financier qu'elle induirait (il faudrait en passer par un prestataire de routage), elle épuiserait encore davantage l'énergie militante de la petite équipe qui porte la revue à bout de bras depuis ses origines, et accomplit la totalité des tâches de conception, depuis l'impression et la reliure jusqu'à la mise en distribution. Ceci reviendrait à signer la disparition du titre, tout au moins dans sa version papier.
Une mesure générale ?
Pour autant que nous le sachions, cette initiative concerne au moins 7 ou 8 journaux édités dans le Haut-Rhin (et peut-être d'autres en région Alsace), de l'aveu même d'un agent de la PIC chargé de son application dans le département. Les menaces qui pèsent sur la revue sont elles-mêmes à resituer dans le contexte de libéralisation/privatisation tous azimuts mis en œuvre par tous les gouvernements successifs depuis plus de vingt ans. La phase « finale » de ce processus est décrite en détail dans le « Protocole d'accord État - Presse- La Poste » du 23 juillet 2008.
Des objectifs communs
Si les nouvelles mesures menacent la survie ou tout au moins le fonctionnement dans de bonnes conditions de ces revues militantes, et donc de manière plus générale la liberté d'expression, elles sont aussi directement préjudiciables aux intérêts du personnel du centre de tri : la mise sous pli papier ou sous plastique permettrait une automatisation des tâches encore plus poussée, entraînant probablement une réduction des emplois, tout en éloignant encore l'opérateur public de l'un de ses rôles les plus précieux depuis l'après-guerre : garantir et faciliter la circulation des idées.
AGIR DES MAINTENANT
Vous pouvez nous aider de plusieurs façons :
- En appelant quelques uns des contacts spécialisés du groupe La Poste que nous mettons à votre disposition dans les 2 pages spéciales du n°228 que nous consacrons à cette histoire (en version PDF) : http://www.acontrecourant.org/wp-content/uploads/2011/10/acc228pic-presse.pdf
- En réclamant auprès du médiateur du groupe La Poste à partir de cette adresse : http://www.laposte.fr/mediateurdugroupe/
En contactant le collectif de soutien qui se structure dans le département du Haut-Rhin (car d'autres revues sont pareillement concernées), auprès notamment des syndicats SUD PTT et CGT PTT.
- En vous abonnant à la revue, en ligne par Paypal (colonne droite du site), ou par retour de courrier à : A Contre Courant BP 12123 68060 Mulhouse cedex
- En nous faisant un don via Paypal (colonne droite du site) ou par retour de courrier à cette adresse : A Contre Courant BP 12123 68060 Mulhouse cedex 2.
Merci par avance pour votre soutien.
Les coordonnées internet de la revue "A Contre Courant" sont:
Site: www.acontrecourant.org ou www.acontrecourant.info
Courriel: courrier@acontrecourant.org

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 21/01/2012 14:31

Encore une dégueulasserie et j'ai le sentiment que ce ne sera pas la dernière ! Si l'on en croit ceux qui ont usurpé le pouvoir (le jeu des urnes s'avère bidon) il est inutile de s'informer
autrement que par voie(x) et media officiels. Il ne faut gober que les menteries de journaleux adoubés par les flics de la pensée encabanée. Finie la liberté d'expression, de diffusion d'idées non
autorisées. Et que vive la servilité ! Non, nous dénoncerons sans relâche les pratiques qu'évoque Daniel Houguet. Merci pour l'info postée sur ce blog tant qu'il a voix au chapitre. OLE