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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 09:26

 

Je reprends ici un titre de Siné, je le fais exprès en plus ! Et Siné, il est même pas pacifiste ! Toujours derrière un canon !

Comme Gérard m’a averti de l’urgence de cet article et que j’ai des tas de raisons de m’y soustraire, mais encore davantage d’obéir, je fonce sur un terrain inattendu, et il vous sera très difficile d’appeler Henri Dunant « Jean-Henri », sinon j’appelle Victor Hugo, « Victor Marie » !

Première et dernière sommation avant exécution ! Ca y est je commence ! Et par le début, en plus…

Moi j’ai fait de la Résistance, Camarades ! Pas planqué comme vous dans les palaces de l’Union Pacifiste. Et dès l’année 1941 ! A un an. Je ne marchais pas encore, mais justement je crapahutais. Ah j’en ai dégommé des Boches et des Collabos ! Ma méthode était simple. Imaginez un Boche. C’est pas finaud un Boche, sinon ce serait un Français ! Eh bien, comme j’étais petit petit, le Boche n’a pas peur de moi !

Il a eu tort ! Il n’a pas vu que je dissimulais un fusil MAS 36 dans mes pampers ! Je sors mon engin (pas de grossièretés SVP !). Je l’abats froidement et…au suivant !

Maintenant regardez bien la carte de France en 1941. Elle est coupée en deux, la France, par les Boches. Observez avec soin. Vous distinguez une ligne, ça s’appelle la « ligne de démarcation ». Allons, mieux que ça ! Elle passe où la ligne de démarcation ? Elle part des Pyrénées Atlantiques, qui étaient « Basses », à l’époque, remonte par Poitiers, évite soigneusement le département de l’Indre, redescend en coupant le département du Cher à proximité d’Issoudun. Vous avez noté, j’en suis sûr, qu’elle contourne le département de l’Indre. Ah ils ont eu grand peur, les Boches ! Et pourquoi ? Parce qu’il y a, dès 1941, un très grand résistant, âgé de 16 mois, qui les terrifie ! Inutile de chercher une autre explication. Cette période de ma vie, particulièrement héroïque, et qui me valut la « Médaille des Epidémies », car je pratiquais aussi la guerre bactériologique, et c’est pour ça que les Boches sont si moches aujourd’hui, regardez Angela Merkel, cette grosse pouffe, chez nous, on a Julie Andrieux et Tania Young, et c’est grâce à moi. Je leur ai évité l’accouplement avec le Boche !

Bon, je passe sur quelques détails sans intérêt, ma première communion solennelle, mon mariage avec une française libre, née pas loin d’Oradour sur Glane, où il n’y avait pas un seul Résistant, héroïque donc, elle aussi !

Et puis voilà que la guerre d’Algérie éclate ! Là, j’ai été plus faible mais j’avais une excuse : « Place aux jeunes ! » que je disais.

De toute façon c’était pas ma place, ma place c’était devant les Boches. Pas devant les Arabes ! J’étais animé d’une haine féroce à l’égard de ces hordes teutonnes ! Je connaissais par cœur les textes sacrés d’Alphonse Allais, en particulier, « Deux et deux font cinq ! » et ce passage tellement patriotique :

« Je hais les Allemands !...mais je les hais tous, tous, tous !...je hais la petite Bavaroise de huit mois et demi, le centenaire poméranien, la vieille dame de Francfort sur le Main et le galopin de Königsberg ! »

Que voilà des paroles qui font chaud au cœur du patriote intégral !

Pour ma part, j’ai porté le casque à pointe de 12 à 70 ans ! Aujourd’hui, une arthrose sournoise (encore un coup des Boches, j’en suis sûr !) m’interdit de plier le cou. Ca me tasserait les cervicales ! J’ai une dispense du Maréchal Pétain, qui savait que j’avais préservé le département de l’Indre de l’avancée allemande.

J’ajoute que j’ai été le plus jeune de tous les résistants français ! Et pourtant ma mère ne m’encourageait pas. Elle me répétait toujours : « Prends ton cache-col (lexique berrichon) avant d’aller zigouiller les Boches, tu pourrais attraper un rhume ! »

Voilà, vous avez eu droit à ma vie et à mon œuvre. Bien sûr, pour ma vie j’ai abrégé un peu, mes études, ma profession de tortionnaire dans l’Education Nationale, mon activité d’écriture à l’Union Pacifiste, où j’ai été entraîné, bien malgré moi, par une bande de voyous, dont je ne citerai pas les noms, certains étant encore vivants !

Non seulement ces créatures diaboliques me tiennent en otage, mais elles m’ont obligé à lire des écrivains Boches, comme Goethe, Heine, Novalis, Goebbels, Adolphe Hitler, tous des juifs et même Sigmund Freud, le Pape, sa femme et ses enfants…

Mais, je prépare un coup ! Je vais rayer l’Allemagne de la carte.

Pour l’instant j’ai un problème identitaire, je porte un patronyme germanique. Hénault, ça vient d’un radical qui signifie « commander ». Je suis un descendant des Francs ! Honte à moi, je rédige une demande auprès des services compétents pour changer mon nom en Euro, Pétrodollar, bref un nom qui ne rappelle pas l’ignominie de mes ancêtres !

Je vous salue tous, au garde à vous et sur mon quant à soi !

(Ah oui, j’ai oublié de parler de mon cul ! C’est une simple interjection pour respecter le rythme ternaire, procédé littéraire typiquement franco-français, et donc patriotique ! )

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 15/10/2011 13:05


Dis Rolland, t'exagères de te défiler à la fin et juste au moment où ça risquait de devenir croustillant ! Mais STP : ne change pas de patronyme. J'aime beaucoup Hénault qui éveille de lointains
souvenirs scolaires : Le Hainaut et la Saintonge me faisaient rêver autrefois et phonétiquement les deux H s'équivalent. Trève de baratin, je me suis régélée avec ton récit du combat extraordinaire
du mini David contre la Goliathesque horde teutonne. La suite, c'est pour quand ? Et OLE !