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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 07:51

 

Après "Des questions qu'il faut se poser à chaque guerre" et "Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole", voici la troisième et dernière partie de cet article :
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3. Pistes pour agir
> Les 5 principes de la propagande de guerre appliqués à la Libye - Qui nous informe ? - Distinguer deux questions différentes - Droit d'ingérence ? - Que faire ?
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Lire l'article :
> Comprendre la guerre en Libye (3/3) Pistes pour agir

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Pour soutenir le travail d'Investig'Action et permettre son développement, c'est ici.
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Si vous n'avez pas encore lu les parties précédentes :
> Comprendre la guerre en Libye (1/2)
> Comprendre la guerre en Libye (2/3)
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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:27

 

C’était encore le téléthon et les idées n’avaient pas manqué.

A Suceluy-le-Grovy, en Beauce, une femme avait fait, et tenu, le pari de se remplir la bouche d’une betterave sucrière durant 48 heures!

- C’est pour m’entraîner pour les gâs de la mouesson, avait-elle précisé, bizarrement, en son patois.

A la suite de cet intéressant exploit, FR3 avait filmé deux céréaliers qui signaient un chèque, dont on apercevait presque le montant, un peu flou, cependant, à l’extrême droite de l’image.

A Montreville-les-Cocues, une femme avait été au centre d’une polémique regrettable. Cette généreuse participante avait eu la même idée que la suceluysienne susnommée, mais c’est dans un autre orifice qu’elle prétendait loger la betterave de Beauce.

Un ancien militaire, titulaire de la croix des Violeurs Patriotiques en Mission, avait obtenu que cet exploit, d’un goût discutable, il faut bien le dire, fût annulé in extremis.

Il n’empêche que la Beauce avait fait preuve de beaucoup d’originalité.

Un enfant avait égorgé 32 lapins transgéniques en 28 secondes, un instituteur avait reçu douze gifles en 5 secondes et, en hommage à Jeanne d’Arc, trois rosières avaient défilé en armures sans sous vêtements, par une température de -12,5°.

Les dons avaient été encore plus considérables que l’année précédente et les personnalités les plus célèbres de l’hexagone, celles dont les véhicules étaient constamment protégés par une brigade de vigiles, étaient venues évoquer le thème de la solidarité dans un langage qui avait fait pleurer, disait un sondage du Figaro, 97,2% des Français!

D’autres régions, bien entendu, s’étaient montrées également très généreuses. On citera en particulier cette habitante de Chamonix, qui était allée recoudre les chaussettes de son petit-fils, handicapé moteur, à l’aide de l’Aiguille du Midi et à Minuit pile, par une température de -23°! Un record difficile à battre.

D’une façon générale, les politologues avaient noté que les dons étaient d’autant plus importants que le niveau d’instruction était bas.

- Voilà qui est réconfortant pour nos amis pauvres, disait un ministre, sur TF1.

 

Et son voisin ajouta, pour conclure avant la fameuse « pause de publicité », car l’émission était fatigante à la longue:

- Les peigne-culs ont du mérite, et ce n’est que justice que l’on honore tous ces merdeux que l’état encule à longueur d’année!

Langage un peu vif, on le voit, mais qui nous change de la fameuse « langue de bois » en vigueur habituellement dans les discours officiels.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:23

 

Alors que le déficit prévisionnel de la Sécurité Sociale a été annoncé cette semaine et qu’une diminution des remboursements est au programme, penchons-nous sur le secteur de la santé et sur ses acteurs.

Le Pôle Emploi, fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC sur une idée de Nicolas Sarkozy, compte 50.000 employés. La Sécurité Sociale , comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF compte 120.000 employés.
Ces deux organismes ont été concernés par une réforme récente concernant les "complémentaires santé". Depuis le 1er janvier 2009, 170.000 employés ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une "mutuelle employeur obligatoire;".

Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’ inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf exception). C'est une conséquence de la loi Fillon de 2003.
 
C'est le même organisme qui a remporté les deux marchés : le groupe Malakoff-Médéric obtenant 170.000 adhérents supplémentaires. Ajoutez à cela les 800.000 salariés CHR (café-hôtellerie-restauration) qui entreront dans le dispositif en janvier 2011.
 
Cette compagnie d’ assurance et de prévoyance Malakoff-Médéric sur le marché français :
n°1 des groupes paritaires de protection sociale,
n°2 de la retraite complémentaire,
n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance).
Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric le 30 juin 2008, 6 mois avant la mise en place du dispositif "mutuelle obligatoire employeur" pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi. 

Le président de Médéric cède sa place au président de Malakoff : Guillaume Sarkozy.

Au Medef de 2000 à 2006, il a aussi été le vice-président de la CNAM de 2004 à 2005.

Guillaume Sarkozy est le frère de Nicolas.

Intéressons-nous maintenant au troisième larron : François Sarkozy.
Pédiatre de formation, a abandonné la pratique pour l’industrie pharmaceutique depuis 2001.
Il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement.
  
François Sarkozy a lancé une chaîne de télévision spécialisée internet financée par le laboratoire Sanofi. Ajoutons ses relations avec le groupe Paris Biotech Santé, l’un des protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoé. il fait partie aujourd'hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique.
D’ailleurs le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un joli cadeau de quelques centaines de millions d’ euros, une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts.
A venir, le plan "Dépendance des Seniors" annoncé avant les prochaines élections présidentielles....
 
Trois frères
 -  l’un en charge de l’exécutif : notre Président,
 - l’un à la tête d'un des plus gros groupes d’assurance santé,
 - le dernier sert les intérêts des laboratoires pharmaceutiques.
 
On peut légitimement nourrir des inquiétudes sur l’avenir de notre système de santé.
Les réformes engagées depuis 2004 ne font que confirmer sa détérioration et l’ on peut prédire son démantèlement d’ ici quelques années. Tout dépendra sans doute de 2012...


Après cela, étonnons-nous de l'acharnement de Nicolas à réformer le financement des retraites (qui va fatalement s'orienter vers un système par capitalisation) et de sa "bienveillance" vis-à-vis de sa ministre Roselyne lorsqu'elle fait prospérer les grands laboratoires pharmaceutiques en leur achetant à-tout-va des millions de vaccins... inutiles mais financièrement juteux !

 A faire circuler SANS modération, pour la bonne information des citoyens.

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:18

 

Michel Billout et Vincent Bony rencontrent Salah Hamouri, emprisonné à Guilboa

A l’initiative de l’Association des élus communistes et républicains (ANECR) et de l’APJF (association des villes françaises jumelées avec des camps palestiniens), une délégation de 54 élus et représentants d’associations a décollée mercredi 6 avril pour Tel Aviv, d’où elle rayonnera sur de nombreuses villes israéliennes et palestiniennes jusqu’au 11 avril.

Michel Billout, sénateur de la Seine-et-Marne, qui conduit la délégation de l’ANECR et Vincent Bony, membre du conseil national du parti communiste français, ont rendu visite ce jeudi matin à Salah Hamouri, jeune franco-palestinien emprisonné sans motif depuis 5 ans en Israël. Plusieurs points ont été abordés lors de cet échange particulièrement intéressant.

Salah Hamouri a notamment insisté sur les points suivants :

- Il a expliqué combien les mouvements de libération dans les pays arabes, le renversement des régimes autoritaires et totalitaires de ces pays, donnaient espoir aux prisonniers politiques et au peuple palestinien de pouvoir se libérer eux aussi de l’oppression.

- Pour y parvenir, il estime nécessaire que le peuple palestinien retrouve son entière unité. Il appelle de ses voeux la tenue d’une forme de conférence nationale palestinienne réunissant l’ensemble des partis et sensibilités politiques.

- Il souhaite dire sa très grande inquiétude face à deux propositions de lois israéliennes : l’une vise à suspendre les subventions aux ONG travaillant à des intérêts jugés contraires à ceux de l'État d’Israël. La seconde vise à aggraver la situation des prisonniers politiques palestiniens en leur interdisant l’enseignement à distance, la lecture, en restreignant la visite des proches et de leurs avocats.

- Il a souhaité alerter l’opinion publique sur la situation des prisonniers politiques palestiniens laissés pour certains à l’isolement pendant des années. Et de citer la situation de l’un de ses codétenus, âgé de 80 ans, emprisonné depuis près de 30 ans !

- Il a enfin tenu à remercier toutes celles et tous ceux qui, en France, agissent pour la libération des prisonniers politiques et la défense des revendications du peuple palestinien.

Une rencontre et des propos dont Michel Billout rendra compte, ce soir, à la délégation française et sur laquelle il ne manquera pas de revenir demain matin, vendredi 8 avril, lors de sa rencontre avec l’ambassadeur de France en Israël.

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:12

 

Vous êtes très nombreux à réagir à la guerre en Libye et à envoyer vos questions. Michel Collon qui a publié plusieurs livres sur les stratégies de guerre des Etats-Unis et les médiamensonges des conflits précédents, répond à toutes ces questions et présente ici une analyse globale de ce conflit. Investig'Action tient à attirer votre attention sur l'importance de ce texte...
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> 1ère partie : Des questions qu'il faut se poser à chaque guerre :
> Pour la guerre, il y a toujours de l'argent ? Quelle différence entre un Libyen, un Bahreini et un Palestinien ? Il y aurait les « bons Arabes » et les « mauvais Arabes » ? A gauche, n'a-t-on rien appris des médiamensonges humanitaires des guerres précédentes ? Qui refusait de négocier ? La Libye, c'est comme la Tunisie et l'Egypte ? Qui compose cette « opposition libyenne » ? Quel a été le rôle des services secrets ?
>
> 2ème partie : Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
>
> 3ème partie : Pistes pour agir
>
>
Lire l'article Comprendre la guerre en Libye (1/2)

 

Les véritables objectifs vont bien au-delà du pétrole
>

> Après "Des questions qu'il faut se poser à chaque guerre", envoyé hier, voici la deuxième partie de cet article : "Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole"
>
> Objectif n°1 : Contrôler l'ensemble du pétrole. Pourquoi ces rivalités USA - France - Allemagne - Italie ?
> Objectif n° 2 : Sécuriser Israël.
> Objectif n° 3 : Empêcher la libération du monde arabe. "Révolutions Facebook", grand complot US ou vraies révolutions ?
> Objectif n° 4 : Empêcher l'unité africaine. Kadhafi a défié le FMI.
> Objectif n° 5 : Installer l'Otan comme gendarme de l'Afrique. Pourquoi ne parle-t-on pas d'Africom ? Quelles seront les prochaines cibles en Afrique ?
>
> DEMAIN : 3ème partie : Pistes pour agir
>
>
Lire l'article Comprendre la guerre en Libye (2/3)

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:09

 25 ans de Tchernobyl, Fukushima …
 25 jours d' actions internationales du 2 au 26 avril
Changeons d'ère, Sortons du nucléaire

> http://www.chernobyl-day.org

> 25 ans de mensonge de 'lindustrie nucléaire,
> de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des autorités.

 

> En ce printemps 2011, alors que la catastrophe de Tchernobyl dure depuis 25 ans maintenant, un nouveau désastre nucléaire majeur est en cours au Japon.

> Pour éviter un nouveau Tchernobyl, pour dire "Fukushima, plus jamais", faisons entendre notre voix.
> Mobilisons-nous ensemble pour sortir du nucléaire !

  • Organisez une soirée-débat ou venez assister à une de nos soirées-débats (conférence, diffusion de film, discussion...) et écouter les témoignages des travailleurs ou victimes du nucléaire et de porteurs dalternatives concrètes.
  • Venez manifester votre refus du nucléaire devant linstallation nucléaire la plus proche de chez vous lors du week-end de Pâques (23, 24 et 25 avril) en participant aux actions organisées par les groupes du Réseau "Sortir du nucléaire". Déjà plusieurs actions devant 6 sites sont en cours dorganisation : Fessenheim, Cattenom, Golfech, Blayais, Cruas et Nogent.

> Voir les 140 actions dans 16 pays :
> http://www.chernobyl-day.org/spip.php?page=affichage-actions

> Inscrivez votre action ici :
> http://www.chernobyl-day.org/spip.php?page=actions

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:07

 L'Union européenne doit de toute urgence apporter son soutien aux réfugiés qui fuient la Libye pour sauver leur vie mais aussi aux États voisins qui accueillent plusieurs centaines de milliers de ces personnes.
>
> La France doit, et peut, être solidaire des États voisins de la Libye.

> Nous avons besoin de votre soutien pour convaincre le ministre de l'Intérieur : CLIQUEZ ICI

  

> Le service Réfugiés-Migrants d'Amnesty International France.

> http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Personnes-deracinees

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:06

Dans la plus grande démocratie du monde, les agents de l'État continuent à recourir à la torture de façon endémique. Le parlement indien examine un projet de loi sur la torture. Celui-ci est vivement critiqué par la société civile.

UN OUTIL D'ENQUÊTE ET DE MAINTIEN DE L'ORDRE

 La plupart des officiers de police considèrent que le recours à la torture ou aux mauvais traitements est une méthode d'enquête essentielle, dans leur travail quotidien, afin d'obtenir des aveux. Ils ont recours à toutes sortes de pratiques allant des passages à tabac aux chocs électriques. Les principales victimes sont les personnes les plus démunies ou marginalisées. Selon les statistiques officielles disponibles, 127 personnes sont décédées lors de gardes à vue en 2008 et 2009. Le chiffre réel est certainement bien supérieur puisque plusieurs États indiens ne transmettent pas ce type de statistiques.
> Dans les régions soumises à des troubles et des insurrections, comme l'État du Jammu-Cachemire et les États du nord-est, les forces de sécurité indiennes justifient la perpétration de graves violations de droits de l'homme, le recours à la torture inclus, comme une nécessité pour rétablir l'ordre public. Depuis 2008 et les différents attentats qui ont touché l'Inde, cette tendance a été encore exacerbée dans les affaires dites de terrorisme.
> Les proches d'une personne arrêtée, en août 2008, dans l'État du Gujarat, pour être interrogée sur les attentats d'Ahmedabad et de Surat, racontent les sévices que la victime a décrits : « il a été torturé de minuit jusqu'au matin. On lui a notamment frappé la tête contre les murs et infligé des décharges électriques avant de le menacer : avoue, sinon ta famille subira des représailles, on ruinera
> ton business ou on te tuera, en prétextant que tu t'es échappé » .
> Les tortionnaires sont rarement punis. Il n'y a pas de volonté politique et plusieurs dispositions législatives exonèrent la responsabilité des agents étatiques impliqués dans des actes de torture. Cette situation encourage la perpétuation de la pratique tortionnaire.

EXAMEN D'UNE LOI SUR LA PRÉVENTION DE LA TORTURE

> L'Inde a signé la Convention des Nations unies contre la torture en 1997, mais ne l'a pas encore ratifiée. En mai 2010, la chambre basse du Parlement (Lok Sabha) a adopté un projet de loi afin de se mettre en conformité avec le droit international. La chambre haute (Rayja Sabha) doit examiner ce texte. Cependant, le texte est vivement critiqué par la société civile indienne qui dénonce des lacunes et des dispositions en contradiction avec le droit international.
> Par exemple, le texte restreint la définition de la torture aux seules méthodes causant des souffrances physiques. Il limite à six mois le délai pour porter plainte pour torture. Il maintient les dispositions garantissant une immunité de poursuite aux agents étatiques qui commettent de tels actes.

>  

> www.acatfrance.fr

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:05

(Cet article est initialement paru dans le fanzine de l’association de cinéma castelroussine Travelling).


Suite à une suggestion de la belle humaine qui est entrée dans ma vie voilà plus de deux ans, le film « Entretien avec un vampire » s’est imposé comme un choix judicieux pour évoquer le voyage dans le temps. Ici, point de machine pour faire un bond d’une époque à l’autre. Nous ne sommes pas au cœur d’une œuvre de science-fiction, genre auquel s’apparentent généralement les longs-métrages traités dans le présent numéro, mais bien dans un film fantastique. Dans la grande tradition du genre, même, puisque nous y retrouvons la figure classique du vampire.

Le traitement infligé au vampire n’a pas toujours été digne du personnage : dans bien des productions, au demeurant sympathiques, la créature se retrouve chassée par l’homme, et bien souvent, elle perd la partie, soit frappée d’un pieu dans le cœur, ou bien brûlée par la lumière du jour. Dans le film de Neil Jordan, adapté de l’excellent roman d’Anne Rice (qui a écrit une série de livres mettant en scène ses créatures de la nuit), de nombreux clichés du genre sont contournés, voire disparaissent complètement. Quant au voyage dans le temps, il s’effectue ici à travers les yeux du narrateur, qui parcourt les époques sans vieillir. Aucun des personnages principaux n’appartient au genre humain, et c’est un film beaucoup plus profond que la moyenne qui nous est offert : servi par un scénario remarquablement bien écrit (Anne Rice a elle-même signé l’adaptation cinématographique de son livre), ce long-métrage retrace la longue vie de Louis, qui devient vampire puis compagnon de route de son confrère Lestat. Si l’on perd la trace du second à un moment donné, nous suivons Louis au fil des siècles, jusque dans les années 90. Le film est ancré dans un contexte historique fréquemment posé par la voix off du personnage : les costumes et les décors évoluent au fil du temps, et nous franchissons même l’Atlantique, passant des Etats-Unis à la France, voyageant ainsi dans l’espace – terrestre.

 

En plus de son incontestable originalité, « Entretien avec un vampire » brise des tabous, et se permet de sous-entendre bien des choses qui font pourtant réagir au quart de tour, dans d’autres contextes : ainsi, l’homosexualité et la pédophilie sont une lecture en filigrane des relations entre les personnages principaux (Louis et Lestat dans le premier cas de figure, Louis et Claudia dans le second). À croire que, sous prétexte que nous sommes en plein récit fantastique, avec des créatures qui n’existent pas, tout est permis. Étrange comportement humain…

Quant à la condition du vampire, elle est ici au centre du film : car nous sommes loin de l’image du Prince aux dents pointues, simplement assoiffé de sang, qui n’a pour seul but que de sucer le liquide pompé par le cœur des humains. Les personnages d’Anne Rice réfléchissent, discutent, cherchent à savoir ce qu’ils sont, quelle est leur origine… bien des questions ne trouvent d’ailleurs aucune réponse dans le film, l’essentiel se situant dans les autres volumes de la saga littéraire de l’auteur. Mais le principal est posé avec le long-métrage de Neil Jordan : le vampire est un prédateur, une créature qu’il vaut mieux craindre, mais dont une part d’humanité réside encore en lui. À ce titre, le brillant personnage de Louis, interprété par Brad Pitt, est fréquemment touchant dans ses réactions et ses paroles. Les personnages sont doublement beaux, d’abord parce qu’interprétés par la fine fleur des belles gueules du cinéma, Tom Cruise, Antonio Banderas, et Brad Pitt, donc, ensuite par ce que dégage chacun d’entre eux.

 

Un autre élément, fréquemment exploité dans le genre, tient une place prépondérante dans le film : il s’agit de l’érotisme. Mais là encore, un traitement très intelligent permet au spectateur d’accepter d’emblée les scènes déshabillées ou de mise à mort (en effet, il me semble que la Mort est systématiquement empreinte d’Erotisme dans le long-métrage – mais rien d’étonnant lorsqu’on connaît les liens ancestraux unissant Eros et Thanatos). Tous les passages du film montrant la mort d’un être humain (essentiellement des femmes) victime d’un vampire baignent dans une folle sensualité. À l’inverse, la mort des vampires est systématiquement violente (entre ceux qui brûlent par les flammes ou tués par le soleil, se vidant de leur sang, ou encore le corps coupé en deux).

 

Film romantique au sens shakespearien du terme, « Entretien avec un vampire » reste l’une des plus belles évocations (la plus belle ?) du mythe du vampire au cinéma. À la fois respectueux de la mythologie instaurée depuis le célèbre roman « Dracula » de Bram Stoker, et en même temps relecture originale ayant permis de renouveler le genre, le film de Neil Jordan a marqué d’une bien belle empreinte le cinéma fantastique.

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 08:57

 

Commençons donc par nous instruire ! C’est aujourd’hui le 1er avril 2011. Forcément vous vous êtes renseignés et vous savez qu’à l’origine l’année commençait le premier avril. Hélas, d’autres érudits vous disent que l’année commençait le 25 mars. Forcément vous êtes inquiets. « Alors on m’a raconté des histoires à la mords moi le nœud » vous dites-vous, si vous êtes grossiers. Si vous êtes bien élevés, vous réagissez plus élégamment : « Alors, on m’a menti ? ». Si vous êtes encore plus soucieux de beau langage, vous murmurez : « Alors, l’on m’aurait caché la vérité ? » Ceci pour vous montrer la difficulté d’écrire et il y a des possibilités considérables de varier le style, c’est d’ailleurs tout ce qui fait le charme de l’écriture, ce qui révèle la personnalité d’un écrivain. Si c’est un très grand écrivain, il est bien possible qu’il affine son style au fur et à mesure qu’il rédige ses différents ouvrages. Mon exemple favori c’est Louis Ferdinand Céline. Son premier livre, « le Voyage au bout de la nuit » est qualifié de « populaire », parfois « argotique ». Dès le second, il introduit les phrases très courtes avec des points de suspension. Le public est dérouté, mais Céline ne ment pas, il poursuit son chemin sans tenir compte des réactions des critiques. Il suit son idée, triture la langue française, invente des néologismes, bouscule la syntaxe, trafique les mots et ça donne des résultats stupéfiants. Par exemple, un titre : « D’un château l’autre ». Beaucoup de lecteurs corrigent et rajoutent la préposition : « D’un château à l’autre ». Ils ont tort, ils ont « corrigé » ce qui était une invention stylistique. Sans la préposition, on a l’impression qu’il y a beaucoup plus de châteaux et que tout va plus vite. A quoi s’ajoute l’idée d’une grande pagaille. Je prends un autre exemple, qui va vous plaire : « beaucoup de vaseline, encore plus de patience, Eléphant encugule fourmi ». Céline aurait pu dire « encule », comme tout le monde, mais étant donné la disproportion entre les deux protagonistes, la quasi impossibilité de l’accouplement, il invente un terme qui souligne l’extrême difficulté de l’entreprise, en dépit de la vaseline et de la patience.

Or, je soutiens que Céline ne ment pas, puisqu’il écrit en artiste. Et la parole artistique n’a pas pour but de faire simplement passer un message, elle se veut également l’expression de la beauté, de l’originalité. Céline écrit pour que ce soit beau, selon sa conception à lui de la beauté.

Si j’aborde ce sujet, ce n’est pas du tout par hasard. Parce que si l’on transmet seulement une information, il faut la donner telle qu’elle est. Et justement, l’information actuelle est truquée non seulement par les images mais par les mots, les gestes, les mimiques. Elle est mensongère et ce mensonge s’apprend de façon systématique par le « Brain coaching », expression qui peut se traduire par « entraîneur cérébral ».

Ainsi, tous les zigotos plus ou moins sinistres que vous voyez à la télé ont été formatés par ce système et c’est la raison pour laquelle vous ne les comprenez pas. Rassurez-vous ils ne se comprennent pas entre eux, et d’ailleurs il n’y a rien à comprendre. Il s’agit essentiellement d’en « mettre plein la vue ».

Retenons cependant quelques uns des procédés employés. Ils visent tous à la complexité du propos, rendu inaudible, incompréhensible, par, en premier lieu, l’emploi de paroles inutiles, et la confiscation de cette même parole par les intervenants les « mieux » formatés. On utilise abondamment les « lieux communs », ce que Gustave Flaubert appelait « Les idées reçues ». Deux exemples, très simples : « les temps sont durs » en premier lieu, ce qui sous-entend que les politiques travaillent énormément pour faire face à des situations exceptionnelles. Les temps, en 2011, sont bien plus durs qu’en 2010, et pourtant en 2010, ils étaient déjà plus durs qu’en 2009 et l’on peut remonter comme ça très loin.

L’utilisation du pléonasme se pratique de façon permanente et l’on n’y prête même plus attention. Ainsi en est-il du « projet d’avenir ». On imagine mal un projet pour le passé…Si l’on souhaite produire un effet plus fort, il faudra dire « solutionner », car résoudre serait trop simple. Il en va de même avec « finaliser », indispensable assurément puisqu’on ne disposait que de « finir » ou « achever ». Le « paradigme » fera merveille alors qu’on avait déjà le « modèle », que tout le monde comprend. Et je n’insiste pas sur les euphémismes qui visent à atténuer une impression désagréable : le technicien de surface remplace depuis longtemps le balayeur, comme si balayer était déshonorant, mais la caissière a définitivement disparu, emportée par « l’hôtesse de caisse », beaucoup plus prestigieuse à cause d’aventures supposées dans les hauteurs, bien que son salaire n’ait pas suivi la même ascension vertigineuse !

Autre mensonge généralisé, la vogue du « polar », genre littéraire estimable, sans plus, mais présenté comme le meilleur. Il offre le considérable avantage de nous plonger en permanence dans un monde où la police, l’univers judiciaire constituent la quasi-totalité des problèmes de l’heure. Il permet par la même occasion de compléter le « fait divers crapuleux », qui laisse supposer que les hommes sont constamment animés du désir de voler, de violer, ou de tuer, ce qui justifie la prolifération des forces de police.

Et c’est ainsi qu’on se retrouve dans cette France concentrationnaire où les vrais criminels sont au pouvoir et où les travailleurs sont exploités à longueur d’années par des menteurs professionnels, formatés pour que nous ne comprenions jamais. Le poisson d’avril est permanent !

 

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