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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:42

En ces temps de réchauffement climatique, alors que des conditions hivernales ont eu le toupet de s’imposer à nos contrées tempérées depuis Noël 2025, quelle meilleure occasion pour vérifier que la « transition énergétique » a bien tout prévu pour nous garantir un petit nid douillet, antigel et à l’abri des humeurs mauvaises du général Hiver.

Las, il s’avère que la croyance dans les vertus de l’écologie officielle ne préserve pas totalement des aléas des grands froids. Si vous êtes adepte et pratiquant assidu d’une mobilité douce et décarbonée, bref, si vous avez opté pour une voiture électrique, sachez que l’hiver n’est pas votre ami. La R5 (25.000 euros, tout de même, en entrée de gamme), qui est en tête des ventes en France depuis l’été 2025, prétend à une autonomie minimum de 307 kilomètres. Or, les tests sont formels : par grand froid, les batteries des voitures électriques perdent jusqu’à 50 % d’autonomie. Concrètement, cela signifie que si, Parisien, vous aviez décidé de mettre cap au sud pour un week-end « neige et soleil », l’aventure risque fort de s’arrêter à… Orléans.

Notez que la même déconvenue vous arriverait aussi l’été prochain par temps de canicule. Pas de jaloux. La batterie électrique est affaire de chimie. Les modèles lithium-ion utilisés de nos jours ont une amplitude de fonctionnement optimal se situant entre 20 °C et 35 °C. Et la chose est d’autant plus pénalisante, et donc énervante, que s’il fait très froid, vous serez tenté de mettre le chauffage, et s’il fait très chaud, la climatisation. Dans les deux cas, vous pomperez ainsi sur la batterie, amenuisant encore son autonomie.

Cette inadaptation de la production d’électricité aux besoins humains, l’est tout autant concernant les éoliennes. Ces dernières ont en effet la fâcheuse manie de produire le plus souvent de l’énergie quand nous n’en avons pas besoin, et de ne pouvoir le faire quand nous le voudrions. C’est notamment le cas dans les périodes de grand froid, le plus souvent accompagnées d’une quasi absence de vent, à moins, mais c’est assez rare en France, que ne survienne une tempête hivernale et, donc, des vents très violents. Or, une éolienne ne peut démarrer qu’à partir d’une vitesse de vent de 15 km/h au minimum et s’arrêtera automatiquement, par sécurité, dès que le vent atteindra 90 km/h.

Et comme le rappelle l’expert en énergies Philippe Charlez, « en période de grand froid, il y a un pic de consommation d'électricité. Ce 6 janvier, nous en sommes à 85 gigawatts, ce qui est très élevé, et nous place parmi les 10 à 15 jours où on consomme le plus d'électricité en France. Au-delà de 90, ça commence à devenir critique, et le pic historique est monté à 102 en 2012. » Nous connaissons donc en ce moment « un phénomène d’anticyclone polaire. Il n'y a pas de vent, donc on oublie l'éolien, qui représente moins de 3 % de la consommation d'électricité. » Concrètement, explique Philippe Charlez, « ces jours-ci, quand vous vous levez le matin et avez besoin d’électricité pour avoir de la lumière, faire votre toilette, prendre votre petit déjeuner puis un métro ou un train pour aller travailler, il fait noir et il n’y a pas ou très peu de vent. Inutile, alors, de compter sur les énergies intermittentes, solaire et éolienne. » Et si l’on voulait aller au bout du rêve écologiste, conclut-il, « avec un mix 100 % renouvelable, soit il n'y aurait pas d'électricité, soit on devrait tout importer de nos voisins, ce qui ne serait pas possible ».

 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:39

Vous le savez, les concours, les jeux, sont toujours couverts par deux « garanties » : la présence d’un règlement – qui doit être publié – et le travail d’un huissier, qui vient opérer ou valider les procédures.

Lors du tirage du loto, par exemple, la seule personne au monde qui n’a pas le droit de jouer, c’est l’huissier, puisque, si deux boules se bloquent, c’est lui qui doit désigner la boule gagnante.

Alors, comment triche-t-on quand même ? Comment triche-t-on légalement ?

Lorsqu’il s’agit d’un vote des téléspectateurs, la méthode est connue et pratiquée sans complexe. Elle a même été racontée par Benjamin Castaldi dans un entretien.

À partir du lancement de l’opération de vote par téléphone, on peut suivre en direct le résultat, mis à jour instantanément. Et bien évidemment, ce résultat évolue beaucoup. L’un des candidats mène le score, et quelques secondes plus tard, un autre prend la tête. Et ces oscillations, ces alternances, continuent tout au long de l’opération de vote. Il suffit alors tout simplement de déclarer le vote terminé pendant l’un des moments où le candidat que l’on veut faire gagner est en tête. Et ainsi, on choisit le gagnant, totalement « légalement », sans que le vote du public n’ait eu aucune influence.

Voila, vous savez tout.

 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:34

Neuf entrées par salle. C’est le résultat du box-office du film Ma Frère pour sa première journée d’exploitation. Hors avant-première, le long métrage sorti le 7 janvier a réuni 6.000 spectateurs dans toute la France. Le film avait pourtant tout pour plaire : une sélection à Cannes dans la catégorie Première et de bonnes critiques sur les sites spécialisés. Cette réalisation signée Lise Akoka et Romane Guéret avait aussi pour elle d’être largement distribuée (dans près de 500 salles). Que s’est-il donc passé ?

Pour ce long-métrage dont le budget est estimé à 5 millions d’euros, la région Rhône-Alpes-Auvergne a investi 250.000 euros, tandis que, selon Destination Ciné, le CNC (Centre national du cinéma) a participé à hauteur de 480.000 euros via son avance sur recettes avant réalisation et son aide au développement d'œuvres cinématographiques de longue durée, et que France Télévisions a versé 850.000 euros. Ce qui s’annonce être un four, comme Les Pires, le précédent film du duo de réalisatrices, est financé à plus de 30 % par l’argent du contribuable français, soit 41,5 millions de foyers. Ce, pour qu’une poignée de spectateurs puisse se divertir (ou pas) pendant 1 h 52.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? La question mérite d’autant plus d’être posée que Ma Frère est loin d’être un cas isolé. Parmi les exemples marquants : Toutes pour une, de Houda Benyamina, qui n’a réuni que 14.059 spectateurs pour un budget de 10 millions d’euros ; Reine mère, avec Camélia Jordan, qui, lors de sa première semaine d'exploitation, n’a séduit que 5 spectateurs en moyenne par séance, ou encore Avant que les flammes ne s’éteignent, qui a enregistré 23.491 entrées. Tous ces films, et bien d’autres encore, ont un point commun : en plus d’être woke, antifrançais et/ou politisés, ils sont abreuvés de subventions des régions, des métropoles, du CNC et autres. Chaque année, entre 1,1 et 1,25 milliard d’euros d’argent public partent dans des productions cinématographiques. Du gaspillage à l’état pur.

 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:32

L'annotation sur ce devoir de philosophie est sans appel : « Ni pour le développement, qui est incertain, ni pour la forme, qui est molle, vague, et ne précise jamais les idées abstraites, ni pour le ton, très lourd et pâteux, le devoir ne ressemble à une dissertation. Note 4/20 ». Le sujet - le rêve - avait pourtant de quoi inspirer le futur auteur d'À la recherche du temps perdu. Car c'est bien le jeune Marcel Proust qui se voit ainsi tancé par Alphonse Darlu, professeur de philosophie au lycée Condorcet.

Cette copie fait partie des quelque 900 pièces composant le fonds Proust que la BnF souhaite acquérir, par l'intermédiaire de Sotheby's.

 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:29

En ces temps où il est question de guerre à venir et de se préparer à y sacrifier nos enfants, voilà que le gouvernement et l’état-major de l’armée française ont lancé, ce lundi 12 janvier, une campagne de recrutement pour un nouveau service national de dix mois. Moi qui suis assez âgé pour l’avoir effectué avant qu’il soit supprimé, plutôt que de vous proposer un classique de l’antimilitarisme anarchiste, je vous livre ici un souvenir parfaitement authentique de cette période où je fus recruté malgré moi dans un régiment d’infanterie, en Alsace.
Il serait vraiment dommage, vous en conviendrez après lecture, que les jeunes gens d’aujourd’hui, filles comme garçons d’ailleurs, ne soient pas plongés comme je le fus dans cette connerie épaisse, indispensable à la formation de bons républicains patriotes.
_______________

Le terrain de manœuvres où se déroulent nos jeux guerriers et que nous rejoignons quotidiennement à pied, armés jusqu’aux dents, des sacs à dos bourrés de vêtements inutiles et d’ustensiles divers destinés à faire poids, s’est transformé ce jour-là en territoire ennemi où se trouve un dépôt de munitions qu’il s’agit d’anéantir.
L’objectif, sorte de casemate en ruine, se dresse au beau milieu d’une clairière n’offrant aucun abri naturel complice à l’assaillant, dont seule la témérité saura œuvrer à la réussite de l’opération. L’ennemi, qui tient à son arsenal destructeur, a placé l’un de ses hommes sur une hauteur voisine, équipé d’un fusil-mitrailleur et chargé de tirer (à blanc) sur tout dynamiteur trop voyant.

Des groupes de deux ou trois hommes sont constitués et chargés, l’un après l’autre, de remplir cette périlleuse mission. Je fais équipe avec un dénommé Mathès. Il s’agit d’un colosse lorrain sympathique, délinquant qu’on a sorti de prison afin de l’expédier à la caserne le temps du service militaire. Dans la chambrée, il m’a montré des coupures de presse relatant ses cambriolages et le procès à l’issue duquel il fut condamné. Si elle ne lui offrait pas un « dérivatif » à l’incarcération, sa présence ici serait une véritable ignominie car, ayant une jambe plus courte que l’autre, il boite sévèrement, et cela lui est bien sûr un lourd handicap lors des nombreuses marches que nous effectuons.

Pour l’heure, nous sommes affalés au fond d’un vaste trou, lui et moi, dans une partie boisée proche du « dépôt de munitions » à pulvériser. On nous a fourni pour cela une grenade (à plâtre) que l’un de nous, soldat d’élite, devra jeter sur l’objectif après s’en être approché le plus possible, en bondissant, en zigzaguant, en rampant.

Notre tour arrive. Mon compagnon me demande si je veux tenir le rôle du héros. Ça ne me tente pas. « Donne, me dit-il, j’y vais. » Je lui tends la grenade. Il sort alors du trou et, au mépris des plus savantes stratégies dispensées par les manuels militaires, se met à marcher droit sur le dépôt de munitions fictif, dans son déhanchement d’infirme qu’accentue une allure assez vive. Là-haut, sur son monticule, le copain au fusil-mitrailleur, oubliant toute complicité de chambrée, joue à merveille son rôle d’irréductible ennemi et tire sans discontinuer sur cette cible rêvée qui n’en continue pas moins sa marche obstinée.

L’officier chargé de l’instruction n’en croit pas ses yeux. « Mathès, couchez-vous, couchez-vous, nom de Dieu ! », hurle-t-il, en ajoutant quelques insultes. Mais le grenadier pas vraiment voltigeur n’entend rien, ou plutôt ne veut rien entendre, déterminé à poursuivre sa route parfaitement rectiligne, non pour démontrer que le plus court chemin d’un point à un autre reste la ligne droite, mais pour en finir au plus vite avec cette corvée. Parvenu à deux mètres du but, toujours debout, il dégoupille tranquillement la grenade et, sous une mitraille toujours nourrie mais impuissante, la jette d’un geste las à l’intérieur de la casemate où elle explose, libérant sa poudre blanche.
Se retournant alors vers moi en souriant, il entend le lieutenant* gueuler : « Mathès, vous êtes mort, c’est bien fait pour vot’ gueule ! »

____________

* Ce même lieutenant, lors d’un « stage commando », alors qu’on nous formait au combat de rue, avec ce qu’il convenait de savoir pour entrer dans les maisons, fouiller les meubles, etc., nous avait lancé : « Quand vous êtes entrés dans une maison, vous tuez hommes, femmes, enfants, Dieu reconnaîtra les siens ! »
 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:25

Au cœur du système législatif de l’UE se trouve une réalité institutionnelle peu connue du grand public : la Commission européenne détient le monopole de l’initiative législative. Cela signifie qu’elle est la seule institution qui peut proposer des textes législatifs — qu’il s’agisse de directives, de règlements ou de décisions contraignantes pour les États membres. Il faut pourtant rappeler que la Commission européenne n’est pas élue. Elle est désignée par les États membres, et sa composition simplement contrôlée par le Parlement européen qui n’a aucune initiative en la matière.

Dans les États membres, à l’inverse, les Parlements élus ont le pouvoir de proposer des lois, et celui bien réel de censurer l’exécutif ; la séparation des pouvoirs garantit, du moins dans une certaine mesure, un équilibre entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. En revanche, dans l’UE, ni le Parlement européen ni le Conseil de l’Union européenne (où siègent les gouvernements nationaux) ne peuvent, en propre, proposer des textes. Leur rôle est uniquement de voter les textes que la Commission leur soumet. Dans un simulacre de démocratie bourgeoise. L’apparence d’un Parlement, mais en réalité une simple chambre d’enregistrement et d’écho aux lobbys patronaux.

Ce monopole d’initiative donne à la Commission un rôle décisif, tant pour décider quels projets législatifs voient le jour que pour bloquer eux-mêmes ceux qui pourraient être socialement progressistes ou contraires aux intérêts des multinationales. D’emblée, la couleur est affichée : l’Union européenne est une superstructure supranationale de classe faite pour verrouiller de façon totalitaire le pouvoir dans les mains de la classe capitaliste, à l’abri des peuples privés de souveraineté.

Ce pouvoir d’initiative est d’autant plus crucial qu’il inclut également un pouvoir effectif de décider ce qui ne sera jamais débattu. Autrement dit, un texte social ambitieux peut ne jamais atteindre le Parlement européen ou le Conseil, simplement parce que la Commission ne l’a pas proposé ou l’a retiré lors des phases préliminaires. Cela confère à la Commission un rôle non seulement normatif, mais aussi arbitral sur l’agenda législatif européen, ce qui lui permet d’écarter en amont les projets trop favorables aux travailleurs ou aux protections sociales solides.

 

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:20

Les Etats-Unis, qui ont annoncé samedi 3 janvier 2026 avoir lancé une attaque de grande envergure contre le Venezuela, ont une longue histoire d’interventions militaires et de soutien à des dictatures en Amérique latine. A plusieurs reprises, le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, puis son successeur Nicolas Maduro, ont accusé Washington de soutenir des tentatives de coup d’Etat, dont celle qui a écarté Hugo Chavez du pouvoir pendant deux jours en 2002.

Voici les principales interventions américaines en Amérique latine depuis la guerre froide :

1954 : Guatemala

Le 27 juin 1954, le colonel Jacobo Arbenz Guzman, président du Guatemala, est chassé du pouvoir par des mercenaires entraînés et financés par Washington, après une réforme agraire menaçant les intérêts de la puissante société américaine United Fruit Corporation (future Chiquita Brands). 

1961 : Cuba

Du 15 au 19 avril 1961, 1 400 anticastristes entraînés et financés par la CIA tentent de débarquer sur la Baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans réussir à renverser le régime communiste de Fidel Castro. 

1965 : République dominicaine

En 1965, au nom du danger communiste, les Etats-Unis envoient des marines et des parachutistes à Saint-Domingue pour étouffer un soulèvement en faveur de Juan Bosch, président de gauche renversé par des généraux en 1963.

Washington a soutenu plusieurs dictatures militaires, considérées comme un rempart face à des mouvements armés de gauche. Ils ont activement aidé le dictateur chilien Augusto Pinochet lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973 contre le président de gauche Salvador Allende.

Le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger a soutenu la junte argentine en 1976, l’encourageant à terminer rapidement sa sale guerre, selon des documents américains déclassifiés en 2003. Au moins 10 000 opposants argentins ont disparu.

Dans les années 1970-1980, six dictatures (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil) se sont alliées pour éliminer des opposants de gauche dans le cadre du Plan Condor, avec un soutien tacite américain.

En 1979, la rébellion sandiniste au Nicaragua renverse le dictateur Anastasio Somoza au Nicaragua. Le président américain Ronald Reagan, inquiet de l’alignement de Managua sur Cuba et l’URSS, autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de dollars aux Contras (les contre-révolutionnaires nicaraguayens) financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran. La guerre civile nicaraguayenne, terminée en avril 1990, fera 50 000 morts.

Reagan a également envoyé des conseillers militaires au Salvador pour étouffer la rébellion du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN, extrême gauche) dans le cadre d’une guerre civile (1980-1992) qui a fait 72 000 morts.

Ile de Grenade, Panama, : Le 25 octobre 1983, des marines et des rangers interviennent sur l’île de Grenade après l’assassinat du premier ministre Maurice Bishop par une junte d’extrême gauche. Ronald Reagan lance, à la demande de l’Organisation des Etats des Caraïbes orientales (OECS), l’opération Urgent Fury pour protéger un millier de citoyens américains, qui se termine le 3 novembre avec plus d’une centaine de morts.

En 1989, après une élection contestée, le président George Bush décide une intervention militaire au Panama, aboutissant à la reddition du général Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains, poursuivi par la justice américaine. Quelque 27 000 GI participent à l’opération Juste Cause, qui a fait officiellement 500 morts – mais plusieurs milliers selon des ONG. Manuel Noriega sera emprisonné plus de deux décennies aux Etats-Unis pour trafic de drogue, avant de purger d’autres peines en France puis au Panama.

C’est au Panama qu’avait été fondée en 1946 l’Ecole des Amériques, centre de formation militaire spécialisé dans le combat contre le communisme, contrôlé jusqu’en 1984 par les Etats-Unis, où ont été formés nombre de dictateurs.

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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 10:50

Je suis allé enfin chez l’opticien, et peut-être même chez l’oculiste. 
C’était une femme, en tout cas, et elle m’a regardé longuement dans les yeux. J’étais très ému. Elle m’aurait regardé plus longtemps, je n’aurais pas résisté, je serais tombé amoureux d’elle. Saisi d’une pulsion imprévisible, je me serais relevé et je me serais jeté sur elle.
Heureusement c’était une vraie professionnelle, elle a cessé de me regarder dans le fond des yeux juste avant la catastrophe.
Je l’ai aussi regardée dans les yeux, mais je ne lui ai rien fait payer. 
Avec le recul, je me dis que j’ai eu tort, car, à ma façon, je lui ai fait un fond d’œil.
Il faut dire que lorsque poussé par tous les membres de ma famille, qui m’avaient carrément menacé de mort, j’avais fini par céder. Par « menacé de mort », j’entends qu’ils m’avaient prédit une mort assurée au volant de ma voiture. Il faut dire que moins je voyais clair, et plus les véhicules que je m’achetais étaient puissants.
A la fin, je conduisais à l’aveugle, comme pour les dégustations de vin.
A l’origine, j’avais refusé l’opticien (ou l’oculiste, ou les deux) par entêtement. Je trouvais que ma mutuelle ne me remboursait pas suffisamment. Par ce refus je manifestais donc mon mécontentement. 
C’était un acte politique, un refus d’obéissance, un peu comme le type qui refuse de payer ses impôts.
De la désobéissance civile. Civique, même.
Certes je mettais en danger la vie d’autrui, comme on me disait, mais « autrui », je ne le connaissais pas personnellement. Autrui, je trouve qu’on en parle à tort et à travers.
Autrui d’ailleurs ça recouvre un pourcentage de cons extrêmement important, alors pourquoi le ménager, autrui ? D’ailleurs je lui laissais une chance, comme à la chasse, le « Nemrod » (ce mot est ridicule, il mériterait que Flaubert le consigne dans son dictionnaire des idées reçues ! Mais il est bien vieux, Gustave, lui aussi. Ah ! comme le temps passe !) laisse une chance au gibier.

Quand la belle femme m’eut bien regardé au fond des yeux, elle était tellement éblouie qu’elle eut la sagesse de me proposer des lunettes. C’était afin de ne pas succomber à mon charme, m’a-t-elle avoué en sortant.
Depuis ce jour, je passe ma vie à tenter de ne pas égarer mes lunettes. Je vois d’ailleurs très bien sans lunettes. Le vrai danger, en voiture, c’est que je pense toujours à autre chose qu’à la conduite automobile.
Je pense aux yeux de l’oculiste (finalement ce n’était pas une opticienne).
De toute façon, elle a déménagé, et elle est remplacée par un trou du cul dont je voudrais bien voir qu’il me regarde avec la même sensualité indécente, à cet endroit-là : mes yeux, le fond de mes yeux.
C’est mon intimité suprême et ça ne regarde que moi.
Et ce sera mon dernier mot.

 

Rolland HENAULT ("Oeuvres inédites ou presque" - Editions de l'Impossible 2018)

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 12:03

Jeudi 18 décembre, partout en France, la révolte paysanne monte et les blocages se multiplient. En Normandie, à l'appel de la Coordination rurale, 200 tracteurs ont convergé vers le centre-ville de Caen. Des agriculteurs déterminés qui, après avoir été reçus par le préfet, ont levé le camp en fin de journée en déversant leur cargaison de pneus sur plusieurs ronds-points. Pascal Marie, éleveur laitier en bio (environ 70 vaches) dans le Calvados, témoigne :
 
"Ce jeudi, nous étions mobilisés pour revendiquer trois choses : la lutte contre l'abattage, le traité du Mercosur et la future PAC de 2027, dont on parle moins mais qui devrait être revue à la baisse, entre -20 et -25 % des subventions européennes.

La dermatose nodulaire contagieuse, qui est à l’origine de la contestation paysanne, n'affecte pas encore nos troupeaux normands mais ils peuvent être touchés l'été prochain à moins qu’une campagne de vaccination ne soit mise en place. Cette campagne fait polémique car les bêtes, une fois vaccinées, ne peuvent plus être exportées. Il y a des délais d'attente entre le moment de la vaccination et la commercialisation des animaux, ce qui rend le dossier complexe.

Mais je suis opposé à l’abattage total du troupeau en cas de contamination, dans la mesure où des alternatives sont possibles. La France est la seule à exercer ce génocide. En Espagne et en Italie, les autorités euthanasient uniquement les animaux contaminés. Dans les Balkans, ainsi qu'à La Réunion en 1992, une campagne de vaccination couplée à une mise en quarantaine et à un protocole de soins approprié avait permis d'endiguer la maladie. L'abattage total d'un cheptel baptisé « dépeuplement », comme l'indique pudiquement la FNSEA, crée une psychose chez les éleveurs et met un terme à des années de sélection. C'est extrêmement traumatisant.

En Normandie, depuis plusieurs années, on abat des troupeaux entiers lorsque les bêtes sont atteintes de tuberculose bovine. Pourquoi cela ne fait pas plus de bruit ? Pour la FNSEA, l'abattage d'un troupeau protège les autres élevages, mais cette méthode radicale n'est pas convaincante puisque la maladie sévit toujours. Pourtant, dans les années 80, seules les bêtes infectées étaient abattues, les autres étaient soignées ! Cette stratégie d'abattage n'est pas recevable, d'autant plus que la maladie est très peu transmissible à l'homme. Certains paysans ont tenté de faire bouger les choses, des élus les ont rejoints, mais l’attitude du ministre Annie Genevard, qui ne veut surtout pas revoir sa copie pour la DNC, leur laisse peu d’espoir…
 
Un éleveur vit au quotidien cette menace de contamination comme une épée de Damoclès. J’en ai fait l’amère expérience : cette année, à 200 mètres de ma pâture, un blaireau positif à la tuberculose a été découvert. J’ai alors été contraint à ne plus commercialiser certains animaux jusqu'à ce que les tests sur l’ensemble du cheptel se révèlent - heureusement - négatifs. Cette prophylaxie se renouvelle tous les ans, place l’éleveur en insécurité permanente et l’empêche de faire des investissements à long terme. Comment imaginer, par exemple, acheter un robot de traite à 200.000 euros si tout le cheptel est menacé d’abattage à tout moment ? L’autorisation de repeuplement pour reconstituer un troupeau n’est jamais certaine et le cours du bovin -dont le nombre se raréfie au niveau de l’Union européenne- a plus que doublé. Sans compter que les indemnités versées suite à l'abattage sont soumises à l'impôt sur le revenu.

La vaccination peut être envisagée, bien qu'imparfaite, car les bovins sont déjà vaccinés contre bon nombre de maladies et la question de l’interaction de tous ces vaccins pose question. Il faudrait aussi mettre les troupeaux en quarantaine et appliquer un protocole de soins. Mais quand on vaccine, on perd la possibilité d'exporter - tout du moins momentanément. La solution serait de les engraisser pour les consommer en France plutôt que d’importer de la viande du Brésil selon les diktats du Mercosur. D’où l’importance de relocaliser nos productions !  Il faut réintroduire l’engraissement des bovins dans les grandes plaines céréalières en France, c’est la base de l’agronomie. C’est tout une remise à plat du système agricole qu’il faut mener. Les questions de l’abattage et du Mercosur sont liées.
 
Comment se positionnent les syndicats agricoles dans cette crise ? Les deux syndicats les plus remontés sont la Confédération paysanne et la Coordination rurale. La FNSEA, elle, est bien embarrassée. Son président Arnaud Rousseau ne fait pas du tout l'unanimité. Dans les rangs de la FNSEA, il y en a beaucoup, je pense, qui vont être dissidents, surtout dans le monde de l'élevage. Cette mobilisation paysanne peut aller très très loin, et ce n'est pas l'annonce du report de la signature du Mercosur en janvier par Ursula von der Leyen qui y changera quelque chose, mis à part calmer les esprits le temps de passer les fêtes en famille."

 

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:50

Le ministre de la Défense a annoncé en juin dernier que Renault avait formé un partenariat pour produire des drones de guerre pour la ligne de front en Ukraine. Dans la guerre menée par l’OTAN contre la Russie, les besoins militaires sont estimés à 4 millions de drones par an. Le groupe a confirmé avoir été contacté pour s’associer à cette initiative, visant à produire des drones aériens, marins ou terrestres, y compris des modèles FPV (first-person view) utilisés sur le front.

Le 24 septembre 2025, Renault a envoyé une note interne confidentielle à ses salariés pour clarifier sa position, évoquant pour la première fois de manière concrète son potentiel retour dans l’armement. Dans cette note, le groupe précise que les projets doivent être placés sous l’égide du ministère des Armées, en partenariat avec des industriels français de la défense.

Les annonces ont provoqué un malaise grandissant parmi les salariés et syndicats, qui craignent une « militarisation » de l’entreprise et une déviation du cœur de métier automobile. Des employés se demandent s’ils peuvent refuser l’affectation, et certains rappellent l’histoire de Renault dans les efforts de guerre passés, mais s’opposent à fabriquer des armes. Délégué central adjoint FO, Fabien Gloaguen déclare : « Ici, les gens ont signé pour fabriquer des voitures, pas des armes létales utilisées sur le front. »

À l’inverse, la CFDT, qui est au cœur de la CES (Configuration européenne des Syndicats) et courroie de transmission de l’Union européenne contre les salariés, se félicite de la militarisation de l’entreprise en accueillant positivement l’initiative. Dans la presse, la centrale jaune indique reconnaitre l’effort de transparence et veillera à ce que le projet respecte l’emploi français, les valeurs de l’entreprise et celles des salariés au quotidien.

Pour sa part, la CGT conteste le projet. Thomas Ouvrard exprime des inquiétudes, voyant la note comme une préparation à l’implication dans l’armement ; il considère le projet comme un écart du métier automobile, contribuant à la guerre et à la perte de vies.

L’arrivée d’un nouveau directeur général chez Renault, François Provost, ex-conseiller d’un ancien ministre de la Défense, alimente encore d’avantage la peur.
 

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