Il est frappant de constater que la question des nuisances des rave-parties sur les animaux (mammifères, oiseaux, insectes…) est constamment minimisée.
Tout propriétaire de chat sait combien une fête à la maison, avec des invités, des discussions bruyantes et de la musique, stresse l’animal qui, en général, prend la poudre d’escampette et court se cacher. Alors imaginons l’apeurement, pour ne pas dire l’épouvante, que peut ressentir la faune sauvage, mais aussi les animaux d’élevage, lorsqu’une « teuf » s’installe pendant plusieurs jours et plusieurs nuits.
Trois nuisances sont indubitables. Le bruit continu, tout d’abord, de 100 à 120 dB - sachant qu’un trafic routier engendre 85 dB, un moteur de jet 130 dB. Les lumières, ensuite : spots, stroboscopes, néons de lumière noire. Que bruit et lumière soient une source de stress pour les animaux est un fait établi, étudié dans l’environnement urbain. Ces nuisances deviendraient minimes, dès lors que transposées dans un environnement rural ?
Autre nuisance, le piétinement discontinu. Il abîme « les biotopes et les habitats », témoigne, en Suisse, Laurent Gogniat, chef adjoint à l’Office jurassien de l’environnement. En mai 2025, France Nature Environnement a gagné un procès où a été reconnue (entre autres motifs) « la culpabilité du principal organisateur de la rave-party, pour dégradation illicite de l’habitat de plusieurs espèces végétales et animales fragiles et protégées ». La fête s’était déroulée dans la réserve naturelle nationale de la plaine des Maures !
Les protestations des associations écologistes et animalistes se comptent sur les doigts de la main. En mai 2018, trois associations avaient porté plainte pour « destruction d’habitat », après une teuf à Marigny (Marne), un site classé Natura 2000. En Bretagne, en 2017, l'association Bretagne vivante et la Direction départementale des territoires et de la mer avaient convaincu un organisateur d’annuler une rave prévue dans un site classé « zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique ». Encore heureux…
Plus grave : des gens dont l’écologie est le métier se montrent étonnamment compréhensifs. Une écologue du CNRS expliquait cyniquement, à France 3 Bretagne (enquête relayée par France Info) : « Le bruit dérange ces mammifères, mais en général, ils s'en vont avant que leurs tympans n’explosent. » C’est être une fameuse écologue que d’envisager comme anodine la fuite d’un mammifère sous l’effet de la terreur.
Quand même on s'étonne. Ces organisateurs qu'on peut contacter pour leur demander d'annuler des rassemblements illégaux, c'est un peu comme un cambrioleur qu'on solliciterait pour remettre à plus tard son effraction.
Et ces tonnes de matériel qu'on décharge sur un terrain de l'Armée et qu'on installe pendant plusieurs heures sans que les gardiens du lieu interviennent, c'est pas rassurant pour les guerres à venir.
Et ces organisateurs de rave-parties qu'on verbalise symboliquement sans jamais dévoiler leur identité, d'où sortent-ils ? Des langues malveillantes m'ont rapporté qu'il s'agissait de très gros bourgeois très intouchables. Surprenant ?

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