En laissant de côté tous les sous-fifres, hommes de paille et porte-flingues au service de ces messieurs, j’ai établi une liste des condamnés les plus célèbres de l’Etat français : Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux, Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, Thomas Thévenoud, secrétaire d’État au Commerce extérieur, Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur, Pierre Bédier, secrétaire d’État chargé des Programmes immobiliers de la Justice, Michel Roussin, ministre de la Coopération, Michel Gillibert, secrétaire d’État aux Handicapés, Alain Juppé, Premier ministre, Edmond Hervé, secrétaire d’État à la Santé, Jacques Médecin, secrétaire d’État au Tourisme, Jacques Mellick, secrétaire d’État à la Défense, Alain Carignon, ministre délégué à l’Environnement, Henri Emmanuelli, secrétaire d’État chargé du Budget, Bernard Tapie, ministre de la Ville, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, François Léotard, ministre de la Défense, François Fillon, Premier ministre.
Sans oublier bien sûr les présidents de la République Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac.
J’ai volontairement ignoré la cohorte des maires poursuivis en justice, ça nous entraînerait trop loin. L’Observatoire des risques de la vie territoriale a comptabilisé pour la mandature 2020-2026 un total de 914 élus locaux condamnés, soit une hausse de 58%.
Puisque l’Observatoire des risques signale la dangerosité des mandatures, j’ai du mal à comprendre qu’on persiste à voter pour son futur arnaqueur, ou mieux encore à réélire l’ancien déjà condamné. Il est vrai que l’Observatoire des risques ne précise pas si les risques concernent l’élu ou l’électeur. Un "Observatoire des escroqueries de la République" aurait été plus parlant, si l’on tient bien sûr à rester poli.
En tout cas c’est bien dans le secteur de l’Etat que l’expression « Zone de non droit » a toutes les raisons de s’appliquer. Et les dealers des cités sont de bien tristes amateurs en comparaison. Lequel d’entre eux pourrait se vanter de faire traîner son procès vingt-cinq ans comme Chirac ou de sortir un best-seller sur ses quinze jours de taule, comme Sarkozy ?
Alors à qui la palme ? Pasqua a réussi un tour de force : cité dans plus d’une dizaine d’affaires frauduleuses, il n’a jamais écopé que de vingt-huit mois avec sursis.
Mais Tapie reste le maître. Il réussit à se faire payer 400 millions d’euros par l’Etat grâce à un arbitrage illégal dans l’affaire du Crédit Lyonnais. L’Etat lui demandera bien de restituer la somme mais Tapie fera durer la procédure onze ans avant de disparaître définitivement.
Ces 400 millions versés à Tapie par l’Etat ont été prélevés sur les impôts des 20 millions de foyers fiscaux solvables en France, soit 20 briques par foyer. Comme pour ma part, je n’ai jamais été remboursée, je considère Tapie comme mon débiteur et lui voue une haine assez tenace.

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