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Olivia Zemor, présidente de l’association EuroPalestine, est visée par des poursuites pour apologie du terrorisme après la publication d’un article le 7 octobre 2023. Son procès en appel doit débuter le 26 février prochain à Paris. « On est 800 militants en France à être poursuivis pour apologie de terrorisme », affirme Olivia Zemor, évoquant une pression judiciaire croissante contre les soutiens de la cause palestinienne.
Le recours accru à ce délit s’inscrit dans un contexte marqué par une multiplication des procédures depuis octobre 2023. Des centaines d’enquêtes ont été ouvertes en France pour apologie du terrorisme, certaines visant des prises de position politiques ou militantes liées au conflit israélo-palestinien, un usage qui suscite des débats sur l’équilibre entre sécurité et libertés publiques.
Olivia Zemor invoque aussi la jurisprudence européenne sur le boycott d’Israël, rappelant qu’« en juin 2020, la Cour européenne des droits de l’homme a donné raison à ceux qui appellent au boycott », une décision qu’elle considère incompatible avec l’esprit de la loi Yadan. Elle ajoute : « On ne va pas s’arrêter de dire du mal d’Israël, ni de sa politique, ni de cet État. »
La présidente d’EuroPalestine critique par ailleurs ce qu’elle décrit comme un «deux poids deux mesures » judiciaire. « Le gouvernement ne porte pas plainte contre des propos qui sont de véritables provocations au génocide dans les médias », affirme-t-elle, évoquant également une plainte déposée par son organisation avec d’autres associations contre des personnes accusées d’avoir bloqué une aide humanitaire destinée à Gaza.
La proposition de loi Yadan, qui entend lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », suscite une contestation plus large au sein de la société civile. Plusieurs organisations de défense des droits humains, syndicats et collectifs juridiques dénoncent un texte jugé liberticide et juridiquement flou. Des associations comme La Cimade ou la Ligue des droits de l’homme estiment qu’il pourrait « instrumentaliser la lutte contre l’antisémitisme » et pénaliser des opinions politiques, notamment la critique de l’État d’Israël.
La proposition de loi n°575, dite loi Yadan, a été déposée le 19 novembre 2024 à l’Assemblée nationale par Caroline Yadan, députée du groupe Renaissance (majorité présidentielle). Intitulée « proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », elle a été adoptée en commission des lois le 20 janvier 2026. Elle est depuis en attente d’un vote en séance publique à l’Assemblée nationale, première étape d’un processus qui devra ensuite passer par le Sénat.

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