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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 11:24

Face à la colère des automobilistes devant la hausse des taxes sur les carburants, Emmanuel Macron « assume », ce qui n’est guère moins provocant qu’un « Je vous emmerde ». Il a demandé au gouvernement de travailler pour un meilleur « accompagnement » des « plus fragiles ». Comme il faudra bien trouver de l’argent pour cet accompagnement, ce sont encore les contribuables qui trinqueront.

Si, encore, la fiscalité verte était entièrement consacrée à la transition écologique, comme il le prétend, les Français trouveraient peut-être la pilule moins amère. Mais une grande partie des taxes est employée à autre chose que des mesures pro-environnement. En 2019, l’État prévoit de prélever 37,7 milliards de TICPE, soit 4 milliards de plus que cette année, mais le montant affecté à la « transition écologique » reste limité, comme en 2018, à 7,2 milliards (19 % du montant global).

L’annexe au projet de loi de finances montre que c’est surtout Bercy qui se remplit les poches pour boucler ses fins de mois : en 2017, sur 30,5 milliards de taxes, il en a récupéré 11,1 ; en 2018, sur 33,8, il compte en reprendre 13,3 ; en 2019, sur 37,7, il prévoit 17 milliards pour le budget général. Un vrai pactole ! Et, bien sûr, Macron et le gouvernement répètent à l’unisson que les impôts n’augmentent pas. À croire que notre Président, qui agite le spectre des années 30, veut inciter les Français à descendre dans la rue pour crier « À bas les voleurs ! »

Avec le cynisme de ceux qui se croient intouchables, il affirme préférer « la taxation du carburant à la taxation du travail », comme si les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler comptaient pour du beurre. Delphine Batho, qui a une dent contre Hollande depuis son renvoi, en juillet 2013, rappelle dans Les Échos qu’« entre 2014 et 2017, le gouvernement avait consacré l’essentiel du rendement budgétaire de la taxe carbone au financement du CICE, et non pas de l’écologie ». Son ancien ministre des Finances, devenu Président, a conservé la mauvaise habitude de taxer au nom de l’écologie sans financer l’écologie.

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