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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 11:39

 

Jean-Claude Michéa a publié, sur le site « Les Amis de Bartleby », Une lettre à propos du mouvement des Gilets jaunes.

D’emblée oppose-t-il ces derniers au mouvement Nuit debout défini comme « une révolte […] de ces urbains hypermobiles et surdiplômés qui constituent, depuis l’ère Mitterrand, le principal vivier dans lequel se recrutent les cadres de la gauche et de l’extrême gauche libérales (et, notamment, de ses secteurs les plus ouvertement contre-révolutionnaires et antipopulaires : Regards, Politis, NPA, Université Paris VIII, etc.) ». Au contraire discerne-t-il dans le spontanéisme insurrectionnel des Gilets jaunes les linéaments prometteurs d’une « conscience révolutionnaire pour refuser d’avoir encore à choisir entre exploiteurs de gauche et exploiteurs de droite », comparant ainsi le mouvement à Podemos en 2011, « avant que les Clémentine Autain et les Benoît Hamon du cru ne réussissent à enterrer ce mouvement prometteur en le coupant progressivement de ses bases populaires ».

Résolument ancré dans la vie réelle, Michéa n’est évidemment pas dupe du discours gouvernemental débilitant sur la prétendue « transition écologique » (d’autant que celle-ci n’est qu’une nouvelle manière de justifier la poursuite effrénée du turbo-capitalisme dopé à l’éolien ou à toute autre énergie « verte » supposée non polluante mais jésuitement affublé du masque éthique de l’« écologie », cette insupportable pensée unique préemptée et détournée par les « Hulotberlus » d’EELV et leurs filiales d’extrême gauche), mobilisé à des fins culpabilisatrices pour assommer le populo sommé de balancer sa poubelle roulant au diesel chez le premier ferrailleur venu et de se rendre au boulot à 50 km de son domicile, de faire ses courses à 20 ou d’aller se faire soigner à 10.

Toutefois, parfaitement conscient que cette « gauche kérosène » (qui passe son temps dans les avions et va répandre, urbi et orbi, la bonne parole écolo-droit-de-l’hommiste) ne se laissera pas faire, le philosophe se demande « jusqu’où un tel mouvement révolutionnaire (mouvement qui n’est pas sans rapport, dans sa naissance, son programme rassembleur et son mode de développement, avec la grande révolte du Midi de 1907) peut aller dans les tristes conditions politiques qui sont les nôtres ».

Il est évident que Macron et son « gouvernement thatchérien de gauche […] c’est-à-dire un gouvernement cynique et impavide sont clairement prêts à aller jusqu’aux pires extrémités pinochetistes (comme Maggie avec les mineurs gallois ou les grévistes de la faim irlandais) pour imposer leur “société de croissance” et ce pouvoir antidémocratique des juges, aujourd’hui triomphant, qui en est le corollaire obligé », ce, bien entendu, avec le concours complaisant de ce fallacieux contre-pouvoir que représente le « servile personnel médiatique français ».

En dépit de trois quarts des Français qui n’ont pas voté pour lui, le président de la République, tel un loup, n’hésite pas à montrer les crocs. Et si, pour une fois, les moutons mordaient ?

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