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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 09:45

Professionnels de l'économie, Emmanuel Macron et Yanis Varoufakis ont, chacun de leur côté, commenté la fin du dernier plan de sauvegarde accordé à la Grèce par la Troïka. Mais les deux anciens ministres ne semblent pas partager le même optimisme...
Le 20 août 2018, la Grèce sortait officiellement du dernier des trois plans successifs d'aide financière pilotés par la Troïka. Celle-ci correspond aux trois institutions (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) qui supervisent «les plans de sauvetage» des pays membres de l'UE, en contrepartie desquels les Etats concernés doivent entreprendre des mesures structurelles censées garantir leur solvabilité auprès de leurs créanciers.
Alors qu'Emmanuel Macron et Yanis Varoufakis ont tous deux commenté la fin du troisième plan de perfusion économique préparé par ses créanciers pour la Grèce, les deux anciens ministres, respectivement de l'Economie et des Finances, ont établi des conjectures sensiblement différentes quant à l'avenir économique de la République hellénique.
Fort d'un parcours à travers lequel il n'a pas manqué de côtoyer les chiffres, tant avec sa carrière d'associé-gérant de la Banque Rothschild qu'avec son expérience au ministère de l'Economie, le dirigeant français s'est félicité le 20 août de «la sortie de la crise du peuple grec».

Professeur d'économie et auteur de nombreux ouvrages universitaires, l'ancien ministre grec des Finances (premier semestre 2015) a accordé un entretien au quotidien allemand Bild, dont il a posté, le 22 août, l'intégralité sur son site.
Il y dénonce les conséquences négatives, selon lui, des trois plans de sauvegarde conduits par la Troïka. L'économiste est catégorique : «Les demandes de coupes budgétaires des créanciers ont empêché les investissements et la consommation.»
Yanis Varoufakis déplore aussi l'évolution de la situation économique de son pays qui a poussé, selon lui, à une «désertification» : «Depuis 2010, les jeunes n'ont eu de cesse de quitter le pays, ces dernières années, à une fréquence de 15 000 par mois.»

En outre, conscient de s'adresser à un journal allemand, l'économiste grec n'a pas manqué de pointer la responsabilité de la chancelière Angela Merkel dans la mise en place desdits plans de sauvegarde : «Vous les Allemands, avez été dupés par madame Merkel, deux fois [...]. Une fois quand elle comparé le premier plan de sauvetage à un acte de solidarité envers les Grecs, alors que l'argent [en question] était destiné aux banques allemandes et françaises qui ont prêté des sommes importantes à l'Etat grec et à l'oligarchie [...]. Une deuxième fois lorsqu'elle a promis que les prêts seraient remboursés avec des intérêts : cela était impossible au vu de la faillite de la Grèce.»

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