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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 09:33

C’est fou ce que nos contemporains peuvent aimer et pratiquer la vraie littérature ! Après avoir fait rédiger le chef d’œuvre par un nègre, ils passent dans une émission de télévision. Parmi les jeunes génies qui montent, le Prix Goncourt 2015 ne devrait pas échapper à Julien Lepers. Dans son dernier opus, « Les mauvaises manières, ça suffit ! », il part en guerre, avec ce style qu’on lui connaît, contre les mauvaises habitudes qu’ont pris les Français en 2014. Dans une véritable somme de 719 pages, il atteint au grand art !

Tout d’abord il annonce la couleur. Il méprise le peuple, et spécialement ceux qui persistent à boire : « Trinquer c’est vulgaire, provincial, en un mot populaire ». Il ajoute aussitôt qu’il faut être « tolérant ». Toutefois sa tolérance n’ira pas jusqu’aux usagers du métropolitain. Dans le métro, en effet, on rencontre n’importe qui et notamment les « gangs habituels qui écument la ville... » Et il s’y connaît en gangs, le Julien, il fait partie du célèbre « gang des animateurs de la télévision ». D’ailleurs il a été condamné le 4 janvier 1994, à un an de prison avec sursis et 150 000 francs d’amende pour fraude fiscale. Mais comme il connaissait les bonnes manières, il s’est blanchi lui-même. Un vrai champion de la propreté, je vous dis. Il n’aime pas non plus les « musiciens non autorisés par la R.A.T.P. » et les « mendiants professionnels ».  Il parle en tant qu’artiste lui-même et auteur de textes inoubliables chantés par Herbert Léonard.

Mais ce n’est pas tout, Monsieur Julien connaît les bonnes manières. Sans tomber dans la vulgarité prolétaire, il donne des leçons de maintien. Il s’indigne contre ceux de ses contemporains qui « urinent encore debout ». Et il leur donne un conseil judicieux : « pisser assis ». A ce niveau de réflexion, on est en droit de s’interroger sur sa profession réelle. Ce Julien ne serait-il pas un Jules ? Un « Julot casse-croûte », bref et pour simplifier, un souteneur ? Ne livre-t-il pas ses candidats à l’avidité des recruteurs du milieu ?

Non rassurez-vous, ce Jules n’en est pas un ! Il a trop de morale pour exercer une profession de ce genre. Car si l’argent n’a pas d’odeur, il a bien reniflé ses propres candidats à « Question pou un champion ». Renifler, c’est le mot juste, et il y en a trop qui sentent mauvais, il n’hésite pas à le dire, certains « candidats » ont une « hygiène douteuse ». Il va jusqu’à préciser parce qu’il ne veut pas dire n’importe quoi sans preuves. Parmi les candidats, « il y en a qui pètent, il y en a qui rotent ».

Et ça ne peut plus durer, une solution : qu’ils achètent son ouvrage immortel, il leur en coûtera 21 euros seulement.

C’est deux fois rien par comparaison avec la cagnotte !

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