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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 09:33

C’est une étude de l’INSEE qui s’est penchée sur le logement des seniors (60 ans et plus) dans le Grand Est. Pourquoi le Grand Est ? Parce que c’est, avec la Bretagne, la région où l’on est le plus en « sous-peuplement très accentué ». Retenez bien l’expression et surtout sa définition : il y a sous-peuplement lorsque le logement « comporte plus de pièces que nécessaire ». Sic. Sont donc montrés du doigt ces égoïstes qui « ont tendance à conserver leur logement après le départ des enfants du domicile familial ou le décès du conjoint ».

Salauds de vieux ! Salauds de propriétaires, surtout, dans ce Grand Est où « 45 % des seniors vivent dans un logement comportant au moins trois pièces de plus que nécessaire, contre 37 % en moyenne dans le territoire de la métropole ».

Dis-moi, l’INSEE : de quoi j’me mêle ?

C’est quoi, le « nécessaire », dans une maison où l’on a passé des années, élevé ses enfants, vécu avec un grand ou un petit amour, tricoté des souvenirs ? Fait sa vie, tout bonnement.

J’essaie de lutter contre la paranoïa mais tout cela ne sent pas bon. Ça pue même mon pire cauchemar. Après les statistiques viendra la loi de réquisition : allez, mamie, allez papy, dégage et laisse la place ! Tu as deux chambres ? Cèdes-en une. Tu en as trois ? Donnes-en deux. Partage ta cuisine et ton séjour…

Autrefois, les cauchemars, c’était la nuit. On avait la journée pour oublier. Demain, la journée sera un cauchemar. On dormira pour l’oublier…

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 09:30

Ce sont nos voisins anglais qui ont lâché l’information voilà deux mois, assurant que la société organisatrice du Tour de France – Amaury Sport Organisation (ASO) – « réfléchissait » au maintien ou non de ses « hôtesses protocolaires » sur les podiums. On nous dit, aujourd’hui, que le patron d’ASO y serait opposé, d’autant que les demoiselles sont les ambassadrices des partenaires officiels de la grande boucle, portant casaques à leurs couleurs.

Les abolitionnistes de l’esclavage sexiste – il paraît que c’en est un – ont un argument de poids : le Tour de France doit s’aligner sur les autres courses. Ainsi, sur le Tour Down Under d’Australie, ce sont de jeunes coureurs qui remettent les trophées, tout comme aux compétitions de Formule 1, qui feront désormais appel à des enfants. Question : garçonnets ou fillettes ? Nos voisins espagnols ont, quant à eux, interdit la bise finale.

Avouez, quelle tristesse ! « Je trouve ça scandaleux de pouvoir imaginer supprimer les miss », tempêtait Julian Alaphilippe sur À. « Cela fait partie de l’histoire du Tour de France et même de toutes les courses. C’est bien pour elles, pour l’image du cyclisme et des femmes », dit-il.

Mais au fait, elles en pensent quoi, les miss ? Car elles sont volontaires, me semble-t-il. Je ne sache pas qu’on les envoie sur les podiums avec une baïonnette dans le dos ou des boulets aux pieds par-dessus les Louboutin ?

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 09:24

Le climat est à la dénonciation d'un «retour du fascisme», notamment par des groupuscules d'extrême-gauche qui s'autoproclament «antifas». Que vous inspire cette crainte ? Le fascisme en tant que mouvement politique est-il mort ou peut-il renaître de ses cendres ?

Frédéric LE MOAL (historien) - Si je voulais répondre par une boutade, je dirais qu'il n'y a jamais eu autant d'antifascistes depuis que le fascisme a disparu. Plus sérieusement, je considère que le fascisme est mort en tant qu'idéologie de masse, et ce pour plusieurs raisons. La première vient bien sûr des horreurs de la Seconde Guerre mondiale et du cortège de tueries auxquels le nazisme et son comparse italien ont associé leur nom, ce qui provoque un rejet total. Ensuite le fascisme a constitué une réponse à plusieurs problématiques qui ont complètement disparu de nos jours: la crise de la modernité libérale de la fin du XIXe siècle, le problème de l'intégration des masses dans des systèmes politiques encore peu démocratiques, le cataclysme qu'a constitué la Grande Guerre (les fascistes, c'est la génération du front qui prend le pouvoir), la peur du bolchevisme et la crise de l'après-guerre. Tout cela a disparu dès 1945. Certes il existe encore des groupuscules se réclamant haut et fort du fascisme mais ce sont justement… des groupuscules! Nous faisons face à de nouvelles problématiques, à de nouvelles contestations qui n'ont rien à voir avec celles du fascisme. Il faudrait juste faire un effort sémantique.

 

Pourquoi selon vous la peur du retour du fascisme fait-elle tant recette (plus que le retour du nazisme ou du communisme)?

Personne aujourd'hui ne peut croire à une résurgence du nazisme et le communisme bénéficie d'une telle indulgence mémorielle qu'il n'effraye pas ou guère. Reste le fascisme et surtout l'antifascisme dont la gauche s'est emparée dès les années 1920. En outre, comment l'antifascisme pourrait-il vivre sans le fascisme? Ce combat est un puissant instrument d'instrumentalisation politique et un formidable levier de mobilisation, encore de nos jours. Enfin, une fois l'étiquette fort pratique et facile de fasciste accolée à l'adversaire politique, plus besoin de polémiquer avec lui. Il est enfin plus facile d'insulter de fasciste un adversaire que de réfléchir à son idéologie.

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 09:12

« Les Oscars expulsent un membre qui a purgé sa peine, c’est une mesure laide et cruelle qui sert les apparences. […] Ça ne change en rien la culture sexiste d’Hollywood aujourd’hui. Cela montre simplement qu’ils dévoreraient les leurs pour survivre » (Samantha Geimer). En d’autres termes, the show must go on…

En effet, pour trois sacrifiés, deux vieillards en fin de carrière – Cosby et Polanski –, un producteur – Harvey Weinstein –, aux pratiques si voyantes qu’elles ne pouvaient qu’être vues un jour ou l’autre, c’est l’ensemble du système qui se purge afin de pouvoir continuer à aller de l’avant. La preuve en est qu’un film consacré aux frasques sexuelles du patron du défunt studio Miramax est déjà à l’étude ; avec Brad Pitt à la production, rien que ça !

D’ailleurs, tout cela ne date pas d’hier. En 1921, l’acteur préféré des enfants, Roscoe « Fatty » Arbuckle, est arrêté pour une tournante ayant mal tourné et entraîné la mort de la jeune actrice Virginia Rappe, seulement âgée de vingt-six ans. Il sera ensuite blanchi par la Justice, mais qu’importe, Randolph Hearst, alors tout-puissant magnat de la presse, aura entre-temps eu sa peau. « Fatty » est bel et bien fini, au contraire des soirées fines qui n’en finiront plus de s’enchaîner dans les piscines au style néo-antique du Hearst Castle, légendaire et sulfureuse propriété du milliardaire en question, et auxquelles se presse le Tout-Hollywood. Il faut bien que quelqu’un paye.

Depuis, l’industrie du spectacle jette de temps à autre l’une de ses propres ouailles égarées au public. Rock Hudson, homosexuel tenu à la clandestinité avant de mourir du SIDA. Hugh Grant, le chéri de ces dames, poissé en compagnie d’une prostituée de bas étage sur… Hollywood Boulevard. Paul Reubens, autre idole des enfants, surpris en train de se masturber dans un cinéma porno. Mel Gibson, donné pour antisémite et alcoolique. Vanessa Redgrave, mise sur liste noire pour soutien trop appuyé à la cause palestinienne. Généralement, tout se finit par des confessions aussi larmoyantes que publiques, tant ce monde à la fois débauché et puritain en pince pour les rédemptions fracassantes.

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 09:08

Selon plusieurs responsables de l’Armée de l’islam (groupe jihadiste jadis implanté dans la Ghouta orientale), le chef de leur organisation, Mohammed Alloush, s’est enfui après avoir volé 47 millions de dollars à son organisation.

Mohammed Alloush est le cousin de Zahran Alloush, fondateur du groupe jihadiste, mort en décembre 2015. La famille Alloush est dirigée par le grand-père, un prêcheur wahhabite réfugié en Arabie saoudite. Elle dispose de biens importants au Royaume-Uni. Soutenu par les Britanniques et les Français, Mohammed était devenu le leader de la délégation de l’opposition aux négociations de Genève. En Syrie, il s’était fait connaître par sa campagne d’assassinat des homosexuels.

Mohammed Alloush aurait réinvesti les sommes volées dans des commerces en Turquie et en Arabie saoudite.

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 09:03

La décision du président Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et de rétablir les sanctions concerne les entreprises américaines mais aussi celles en Europe qui avaient recommencé à commercer avec Téhéran.

Outre les avionneurs américain Boeing et européen Airbus, le conglomérat industriel General Electric, les constructeurs automobiles allemand Volkswagen et franco-japonais Renault-Nissan pourraient être touchés alors que les responsables américains ont insisté pour que les entreprises européennes se conforment aussi au rétablissement des sanctions.

Ainsi, Renault, qui a vendu plus de 160.000 voitures en Iran l'an dernier, pourrait être touché en raison de la présence aux États-Unis de Nissan.

Son compatriote PSA est déjà particulièrement bien implanté en Iran où il a une part de marché de 30%. Absent des États-Unis depuis 1991, PSA a indiqué en janvier songer à lancer un service d’auto-partage dans une ou deux villes américaines auquel il pourrait devoir renoncer.

La major pétrolière française Total, associée au groupe chinois CNPC, a elle signé un accord portant sur un investissement de 5 milliards de dollars pour exploiter le gisement South Pars mais avait prévenu que le maintien de cet accord dépendait de la position de Washington sur le nucléaire iranien.

De leur côté, les entreprises allemandes devraient cesser leurs activités en Iran "immédiatement", a demandé mardi l'ambassadeur américain en Allemagne.

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a indiqué que le rétablissement des sanctions américaines est effectif "immédiatement" pour les nouveaux contrats et que les entreprises déjà engagées en Iran auront quelques mois pour en "sortir". Selon le Trésor américain, le délai va de 90 à 180 jours.

De son côté, Airbus a enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, dont des A320neo, valorisés à près de 10 milliards de dollars.

L'avionneur européen a des usines aux Etats-Unis, et un nombre important de pièces installées dans ses appareils sont fabriquées sur le sol américain, ce qui le soumet automatiquement aux sanctions américaines.

Dans l'ensemble, c'est un coup dur pour l'industrie aéronautique car l'Iran aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie, estime l'Organisation iranienne de l'aviation civile.

Pour General Electric, plusieurs de ses filiales installées hors des Etats-Unis ont reçu des contrats totalisant des dizaines de millions de dollars pour l'exploitation des gisements gaziers et le développement des produits pétrochimiques.

Le groupe automobile allemand Volkswagen a annoncé en 2017 qu'il allait recommencer à vendre des voitures en Iran, une première depuis 17 ans mais pourrait maintenant se voir obligé de choisir entre l'Iran et les États-Unis, deuxième marché automobile mondial où il est fortement implanté.

Les compagnies aériennes British Airways et Lufthansa, qui avaient repris des vols directs vers Téhéran, vont devoir mettre fin à ces lignes si elles veulent continuer à opérer librement des vols transatlantiques.

Il en va de même pour l'hôtelier français Accor, qui a ouvert un hôtel en Iran en 2015, de la chaîne espagnole Melia Hotels International et du groupe émirati Rotana Hotels, qui ont fait part de leurs projets de s'implanter en Iran.

 

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 08:54

Secrétaire général de l’Elysée, conseiller de l’ombre d’Emmanuel Macron depuis plusieurs années, Alexis Kohler est soupçonné de conflit d’intérêts dans une longue enquête publiée par Mediapart vendredi. Le haut fonctionnaire possède en effet des liens familiaux avec l’armateur italo-suisse MSC, numéro deux mondial du transport maritime : Rafaela Aponte, cofondatrice de la compagnie avec son mari Gianluigi, est la cousine germaine de la mère d’Alexis Kohler. En juillet dernier, Kohler avait concédé un lien familial avec la compagnie, lâchant qu'«un lointain cousin est actionnaire de MSC», dans une interview à l’Express.

 

Kohler a souvent croisé la route de MSC dans les dossiers qu’il a eu à traiter. La première fois, c’est en 2010 : membre de l’agence des participations de l’Etat (APE), il est nommé représentant de l’Etat au conseil d’administration de STX France, les chantiers navals de Saint-Nazaire. «Le dossier MSC est sur la table de STX, écrit Mediapart. Il occupe même toutes les journées des responsables du chantier naval de Saint-Nazaire, qui n’a pratiquement alors que la commande de l’armateur italo-suisse pour se maintenir en activité.» Kohler a assuré à Mediapart avoir averti sa hiérarchie de ses liens familiaux avec MSC à l’époque. «Si tel est le cas, les règles de la haute administration sont bien élastiques», commente le site.

En 2012, Alexis Kohler, nommé directeur adjoint du cabinet de Pierre Moscovici au ministère de l’Economie et des Finances, «retrouve le dossier STX et le problème du financement des bateaux de croisière construits pour MSC». Mediapart s’interroge : «A-t-il seulement œuvré pour aider STX ou a-t-il veillé aussi aux intérêts de MSC ? Car dans l’affaire, toutes ces aides pour soutenir Saint-Nazaire reviennent dans les faits à faire payer par l’Etat les bateaux exploités par l’armateur.»

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 10:24

Après mon licenciement, j’avais d’abord accepté ce stage de déplaceur de virgules dans les romans des professionnels. On m’avait dit :

- Vous savez, il y a énormément de débouchés, les vrais auteurs, ceux qui courent en Formule 1, sur Gallimard ou au Seuil (c’était une image évidemment !), ils n’écrivent plus jamais eux-mêmes ! Ca ne les intéresse d’ailleurs absolument pas !... ils ont des nègres et, parmi ces nègres, certains ne connaissent pas la ponctuation.

Le gars de l’A.N.P.E avait ajouté:

- Et puis, déplacer une virgule, c’est moins lourd que déplacer un 35 tonnes… ou des palettes de sacs de ciment.

J’avais trouvé l’argument pertinent. 

Après six mois de stage dans une maison d’édition, je savais repérer les virgules et les déplacer correctement. Malheureusement, nous étions 32 000 dans tout l’hexagone à avoir effectué le stage et il n’y a guère que 2 ou 3000 escrocs officiels qui font écrire des livres par des nègres. En général, tous les hommes politiques, leurs épouses, leurs maîtresses, les maîtresses de leurs enfants et quand on a compté les sportifs connus, les acteurs cabotins et deux ou trois héros de faits divers, on a vite fait le tour de la question.

A l’A.N.P.E, on m’a dit :

- C’est embêtant, nous notre rôle c’est de faire baisser les chiffres du chômage...

- C’était un stage payant, ai-je fait remarquer, ce n’est pas un travail...

- Un stagiaire payant, ou plus exactement un stagiaire payeur, c’est un travailleur qui travaille en payant, ça n’est pas un chômeur, nuance ! Voyez donc un Trésorier-Payeur ?...

C’était encore d’une logique imparable. J’acceptai donc un second stage payant de trois mois : Comment apprendre à trouver des stages payants.

 

C’était intéressant, je dois dire.

Un attaché du CNRS nous expliqua que la recherche d’emploi faisait désormais partie de l’emploi lui-même. Un stagiaire affecté dans une entreprise chargée de former des chercheurs d’emploi, confirma le fait en arguant de sa propre expérience. Il cherchait en effet depuis dix-sept ans et, de ce fait, il était particulièrement compétent dans son activité de chercheur.

- On envisage d’ailleurs de le titulariser comme chercheur d’emploi professionnel. Il formera d’autres stagiaires, chargés d’apprendre aux autres à chercher. 

La Recherche, en matière d’emploi, battait son plein, nous assura le premier chercheur, celui du CNRS, c’était une activité en pleine expansion, et l’on n’avait pas à redouter la crise. Bien entendu, tous ces chercheurs payaient pour avoir le droit de chercher, mais s’ils trouvaient un jour quelque chose, l’Etat ferait un effort et on ne les obligerait plus à payer très longtemps, une fois le travail bien assimilé. 

A la fin du stage, on nous demanda de nous inscrire pour postuler à d’autres stages, qui nous motivaient particulièrement.

Je choisis « Déplaceur de tables dans l’enseignement secondaire » et bien m’en prit car deux mois plus tard j’étais accepté dans un stage non rémunéré mais si peu payant (cotisation Sécu seulement, et assurance chômage, assortie d’un peu de CSG) que je me sentis privilégié, et même, disons-le, nanti, par rapport à ceux qui payaient vraiment.

 

J’avais rédigé une lettre de motivation qui retint l’attention du jury.

J’y disais entre autres que les tables m’avaient toujours inspiré, depuis l’enfance, où je me glissais sous les tables, pour apercevoir les dessous féminins. Les dessous de table, en espèces sonnantes et trébuchantes (l’expression fit impression, si je puis dire, le jury ne possédant pas un bagage intellectuel très important) ne me déplaisaient pas non plus, et j’étais prêt à  « tenir ma place à table », ce qui acheva de les convaincre.

Un collègue chercheur, jaloux comme ils sont tous, me dit que j’étais tombé, par chance, sur un jury d’humoristes, et que j’avais simplement eu de la veine.

Je ne lui en tins pas rigueur, j’étais trop heureux de mon coup !

 

ROLLAND HENAULT

("Récits de voyage en sauvagerie" - Editions de l'Impossible 2010)

 
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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 10:07

Cela va concerner 38 millions d’automobilistes ! Le 20 mai prochain, les Français vont devoir subir un nouveau contrôle technique. Bien plus rigoureux que le précédent, le « cru » 2018 va imposer des règles particulièrement contraignantes pour les centres de contrôle : la vérification obligatoire de 132 éléments de votre véhicule. Mais ce n’est pas tout ! En plus des points de contrôle, sur 606 anomalies potentielles, près de 500 pourront déboucher sur une contre-visite.

 

Pour des raisons faciles à comprendre, beaucoup de garagistes n’ont pas voulu s’exprimer devant la caméra mais en « off », ils n’hésitent pas à se lâcher : » Ces nouvelles règles qu’on impose ? C’est vraiment n’importe quoi », explique un garagiste de la région Ile de France. Ailleurs, la tonalité est pratiquement la même. Pour Florian, agent commercial près de Rennes « Ce n’est pas justifié. En toute honnêteté, je pense que le contrôle d’aujourd’hui est assez complet, tous les éléments de sécurité y sont. Pour en avoir parlé avec certains contrôleurs techniques, ils ne voient pas non plus l’intérêt ».

 

Fabien, qu’Armel Joubert des Ouches a rencontré à Cesson-Sévigné près de Rennes, et qui dirige un centre de contrôle technique est aussi de cet avis. « Il y a beaucoup de points ‟mineursˮ qui passent en ‟majeursˮ et de ‟majeursˮ qui passent en ‟critiquesˮ. Tout ce qui est voyants airbag, ABS, commandes rétroviseurs qui ne fonctionnent pas, même le lave-glace sera sujet à une contre-visite. Avant, on savait qu’il y avait un défaut, mais maintenant, ça ne pourra plus rouler… ». Il vous sera en effet interdit d’utiliser votre voiture si un défaut « critique » est identifié. Pour faire transporter votre véhicule vers un garage, vous serez alors obligé de faire appel à une dépanneuse. Vous aurez ensuite deux mois pour faire réparer. Si vous utilisez votre voiture non réparée, il pourrait vous en coûter 135 euro d’amende !

 

Les vendeurs de véhicules feront partis des nombreuses victimes de cette nouvelle contrainte. Pour Sixte Renoul, agent commercial près de Rennes en Bretagne, « Cela va poser de très gros problèmes. Il y aura un tel flux de véhicules qu’on ne pourra pas faire jouer la concurrence pour les réparations. Cela signifie qu’on devra se rendre au plus près et donc au plus cher. Pour nous professionnels qui passons une vingtaine de véhicules par mois au contrôle technique, on va avoir de gros frais ! Si nous passons beaucoup de temps à gérer les problèmes techniques, nous ne pourrons pas vendre plus de voitures, c’est évident ! ». Ce nouveau contrôle technique est particulièrement discriminatoire pour les conducteurs bénéficiant de petits moyens financiers. Pour Philippe Gaumont, garagiste près de Redon en Bretagne, « Il est évident que certaines voitures ne pourront pas être réparées. Des clients vont se retrouver sans moyen de locomotion car ils n’auront pas les moyens de faire réparer ce qui leur est demandé ».

 

Sous prétexte de sécurité, il s’agit en fait, pour les mondialistes, de diminuer l’utilisation de la voiture pour faire baisser la croissance tout en privant chaque jour les citoyens d’un peu plus de liberté…

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 09:59

À l’époque du dixième anniversaire de Mai 68, vous aviez déclaré que Mai 68 était le « berceau de la nouvelle bourgeoisie ». 68 a-t-il été le début de la fin ?

Étant empêché ailleurs, je ne peux hélas pas témoigner de ce que fut ce formidable moment de fraternité. Je ne peux m’en tenir qu’au résultat. Il confirme le mot de Valéry : « Les hommes entrent dans l’avenir à reculons. » En l’occurrence, on est allé en Californie en passant par Pékin. Une belle avancée pour les individus, un grand recul pour le collectif. Comme si l’exécution des pères avait dégagé le terrain pour l’épanouissement du « pèze », et du chacun pour soi. C’est ce que je m’étais permis de signaler en 1978, dans un petit ouvrage qui n’eut aucun écho. J’annonçais, en ne plaisantant qu’à moitié, que Cohn-Bendit deviendrait une notabilité de référence dans une Europe archilibérale. Cela n’a rien d’une condamnation et on discute ferme pour savoir si on a ou non gagné au change - mais comme les débats idéologiques m’ennuient profondément, je préfère m’abstenir.

[...]

Est-ce l’échec d’une génération ? 

Peut-être. Celle d’une certaine génération, ou de plusieurs, héritière des Lumières, éduquée dans le latin-grec, convaincue qu’elle pouvait et allait agir sur les événements par l’exercice de la raison critique, en union avec le mouvement ouvrier. La fabrique de l’opinion a changé d’échelle, et les industries lourdes de l’image-son ont rendu cette ambition pédagogique obsolète. Chacun se débrouillera comme il peut, mais moi je renonce à toute ambition d’influence. Coincés entre le tout-économie et le tout-image, qui font la paire, les gens de mon espèce ne peuvent plus faire, avec leurs gribouillis, que des ronds de fumée. L’action publique a coupé les ponts avec la pensée. Place aux communicants : sondeurs, animateurs, acteurs, cameramen, photographes, spin doctors… L’écriture a déclassé l’oracle, l’imprimerie le moine copiste, l’audiovisuel le philosophe. La roue tourne. Rotation des personnels d’avant-garde. Rien de dramatique.

[...]

Vous avez eu plusieurs vies : aventurier, intellectuel engagé, conseiller du prince. Si vous deviez n’en retenir qu’une, ce serait laquelle ? 

Sans doute celle où une croyance un peu messianique me gonflait à bloc. En 1966 quand je vais repérer tout seul, au nord de la Bolivie, un lieu pour le futur débarquement du Che et de ses hommes. J’ai la certitude qu’un immense avenir va s’ouvrir, ce qui me donne une audace incroyable. Quand on a une mystique, on devient pragmatique et on surmonte beaucoup de difficultés matérielles. C’était déraisonnable, mais les moments d’illusion sont des moments de plénitude, de propulsion. Marier la lucidité et l’action, c’est très dur parce que toute action a besoin de mythomanie. Quand le mythe s’en va, on perd en intensité, sans d’ailleurs gagner en résultat. Ou pas toujours.

 

Avec le recul, l’illusion lyrique de la révolution était-elle une erreur ?

Excusez-moi, mais je ne vois rien d’erroné dans l’idée d’abattre des régimes militaires et d’une réforme agraire. L’erreur était dans le choix des moyens et j’ai tenté d’expliquer pourquoi dans La Critique des armes, en 1974. Le fond du problème c’est que la révolution comme mouvement, c’est très engageant, mais comme régime, le plus souvent imbuvable. C’est la déviation de trajectoire, la grande énigme. Comment des gens très bien, dans les maquis, finissent par faire des choses très moches, aux commandes. Vous en connaissez, vous, des ismes de bonne facture, qui ne déraillent pas une fois arrivés au pouvoir - libéralisme, socialisme, sionisme, nationalisme ?

[...]

Dans les années 1980, vous êtes conseiller de François Mitterrand. Avez-vous succombé à l’illusion lyrique ? 

Pourquoi succomber ? Ce n’était pas une vilaine tentation mais un beau pari. Je pensais qu’il y avait encore une chance de réconcilier le régalien et le plébéien et de montrer que l’État n’est pas seulement un instrument au service de la classe dominante, mais peut se mettre au service de l’intérêt général et de ceux qui en ont le plus besoin. Après l’échec au Chili du socialisme dans la liberté, il me semblait que la France offrait de meilleures conditions pour réussir cet exploit, difficile je l’avoue, qui aurait une portée historique. Et puis, je me suis aperçu assez vite que le pari ne serait pas tenu. Alors, je suis parti.

[...]

Certains comparent Macron à Mitterrand… 

C’est biaisé. Les deux générations sont incomparables. Il y a celle qui a connu l’armée, les camps, la soif, la peur, la fraternité, et il y a celle qui n’a jamais reçu de coups dans la figure. Il y a celle qui a eu à risquer et sauver sa peau face à la Gestapo et celle qui est passée d’un amphi de l’ENA à un siège de banque ou de préfecture, avec, au milieu, le rituel stage de young leader aux USA, pour achever de rentrer dans le moule. Cela dit, on ne peut reprocher à personne sa date de naissance. Ni d’avoir jamais senti le vent du boulet. Ni milité pour de bon, à la base. Comme disait Semprun, « la guerre est finie ». C’est un vécu qui en général met un bémol à l’arrogance.

[...]

Aujourd’hui, l’islamisation est jugée plus menaçante pour notre identité que la globalisation… 

J’ai peut-être les yeux dans les poches mais je ne vois pas notre classe dirigeante remplir les mosquées, apprendre l’arabe ou troquer la barbe de trois jours contre celle du takfiriste. De toute façon, les deux phénomènes s’enchaînent l’un l’autre. L’ouragan de l’indifférenciation techno-économique crée partout un déficit d’appartenance culturelle, donc un trou d’air où s’engouffre le retour à des sources identitaires plus ou moins fantasmées. La mondialisation heureuse, c’est à l’arrivée une balkanisation furieuse. Vous submergez l’Iran de Coca-Cola et dix ans après vous avez les ayatollahs. Les modernisateurs à marche forcée sont des pousse-au-crime. Elle se paye cher, l’illusion économique. L’idée par exemple qu’on peut faire un peuple européen avec une monnaie commune et non avec un imaginaire commun.

 

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