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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:39

Le début de l’année 2016 voit les Palestiniens de la Bande de Gaza entrer dans la dixième année du blocus de leur territoire imposé par Israël avec le soutien international, et exacerbé par l’appui égyptien. Le blocus fut mis en place à la suite des élections palestiniennes de 2006, que le Mouvement de résistance islamique palestinien, Hamas remporta à une écrasante majorité.

Des observateurs locaux et internationaux ont décrit le scrutin palestinien comme l’un des plus transparents jamais constaté. En Palestine, toutefois, on s’en souvient avec tristesse étant donné que l’élection marqua la scission politique interne et le début du siège de Gaza.

Les autorités israéliennes ont fermé tous les postes d’entrée et de sortie du territoire, ne laissant ouvert que le poste d’Erez pour des passages à pieds occasionnels (et il a été utilisé pour piéger des gens essayant de sortir), et Kerem Shalom pour l’entrée de marchandises autorisées et très réglementées. L’Egypte maintient le poste de Rafah fermé la plupart du temps. En 2015, il n’a été ouvert que 21 jours ; seuls 10 000 Palestiniens ont pu le franchir, parmi eux des pèlerins, des patients et des étudiants.

Les autorités israéliennes ont imposé des restrictions très strictes aux patients et leurs accompagnants qui transitent par Erez. Des associations des droits de l’homme ont noté l’arrestation de plusieurs patients et de leurs accompagnants alors qu’ils empruntaient le poste d’Erez pour se rendre en Israël. Les Israéliens essaient de soumettre les gens à une forme de chantage : devenir informateur contre l’autorisation de sortir de Gaza.

Gaza au bord de l’effondrement : une situation qui engendre la guerre

Quds Press a rapporté les pénuries chroniques de médicaments et de consommables hospitaliers. Le porte-parole du ministère de la santé palestinien à Gaza, Ashraf Al-Qidra, dit que les étagères sont vides en raison des restrictions imposées par les Israéliens sur les entrées et sorties des gens et les marchandises de l’enclave côtière.

Le député indépendant Jamal Al-Khodari, à la tête d’un comité populaire œuvrant pour mettre fin au siège, a déclaré à Quds Press qu’Israël essayait de « légaliser » le blocus et de le faire durer le plus longtemps possible, utilisant tous les moyens pour cela.

Le sort des Palestiniens à Gaza a suscité un large soutien populaire à travers le monde et de nombreuses tentatives ont été faites par voie maritime pour briser le siège. Bien que quelques petits bateaux aient pu rejoindre les côtes de Gaza au cours des quelques premières années, des tentatives plus ambitieuses ultérieures furent arrêtées dans les eaux internationales par la marine israélienne, souvent violemment.

En mai 2010, par exemple, des commandos israéliens ont intercepté la Freedom Flotilla. Neuf citoyens turcs ont été tués lors de l’assaut et un certain nombre d’autres personnes blessées ; l’une d’entre elles est morte en 2014, suite à ses blessures. Les bateaux ont été remorqués jusqu’en Israël et tous les passagers arrêtés.

Depuis le début du siège, Israël a lancé quatre offensives militaires majeures contre le peuple de Gaza, en 2006, 2008/9, 2012 et 2014 ; cette dernière a été la plus destructrice. Elle a duré 51 jours, des quartiers entiers de Gaza ont été rasés par les bombes israéliennes et des dizaines de milliers de personnes déplacées.

Le siège rigide et les guerres ont anéanti l’économie palestinienne à Gaza, a déclaré à Quds Press, Maher Al-Tabaa, analyste économique. « Le taux de chômage s’élève à 42% à Gaza, avec le blocus la crise économique s’approfondit, » a-t-il expliqué. D’après le Fond Monétaire Internationale, le taux de chômage à Gaza est le plus élevé du monde et il y a plus de 200 000 chômeurs à Gaza.

Al-Tabaa prévient que si le siège de Gaza continue, il ne pourra y avoir de vie normale en 2016 dans le territoire. De nombreuses organisations internationales ont lancé des mises en garde similaires en raison de l’effet des mesures oppressives israéliennes qualifiées de punition collective et qui sont illégales au regard du droit international.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:32

Dans le cadre du projet de loi Taubira, la chancellerie veut confier aux procureurs la possibilité d'obtenir dès le stade de l'enquête préliminaire toutes données présentes dans un système informatique, y compris des e-mails archivés.

L’article 3 du projet de loi Taubira révélé en intégralité par Numerama étend aux procureurs, sur autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD), la possibilité de faire installer des micros ou des caméras chez des suspects. Auparavant cette possibilité n’était offerte qu’au juge d’instruction après l’ouverture d’une instruction, donc après la découverte de premiers indices permettant de présumer de la réalité de l’infraction.

Si la loi est adoptée en l’état, le parquet pourra faire procéder aux mêmes surveillances dès le stade de l’enquête préliminaire. Le dispositif est en principe limité aux crimes et délits organisés, mais le code de procédure pénale prévient que « le fait que les opérations prévues au présent article révèlent des infractions autres que celles visées dans la décision du juge d’instruction ne constitue pas une cause de nullité des procédures incidentes » — ce qui par construction devrait s’appliquer aussi aux infractions découvertes lors d’enquêtes préliminaires.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:58

Le « travailleurmodeste ». En un seul mot comme si le travailleur avait choisi d’être modeste. De disposer d’un revenu modeste. Car l’adjectif « modeste » est une épithète de nature. Une épithète homérique. Une épithète qui place le travailleur au niveau d’un héros de l’Antiquité. L’adjectif est intégré au substantif comme je l’ai entendu prononcer à la radio. Il appartient donc à cette nouvelle catégorie de mots créés artificiellement par la novlangue. On attend maintenant le « ministrescroc ». Au fait avez-vous passé le « bachi bac » ? Avez-vous joué au « speed dating » ? Au « géocaching »? Fréquentez-vous les « bars à chicha » ? Vous pourriez y fumer le narguilé. Je vois que vous n’êtes pas dans le coup. Vous méprisez « le vivre ensemble » ! Votre cas est grave. Lors d’une émission consacrée à Jacques Tati, sur Arte, on a pu revoir l’émission « Lectures pour tous » et Roland Barthes, interrogé par Pierre Dumayet, répondait à propos de son ouvrage « Mythologies » (1957), sur la « Nouvelle Citroën» et le « Plastique ». Barthes évoquait alors la magie d’une automobile parfaite, « tombée du ciel », et la même magie se retrouvait dans le plastique. Le plastique est en somme un trompe l’œil, Barthes utilise le mot « simili ». Il ajoute que le simili a toujours marqué de la « prétention », et Barthes ajoute qu’il fait partie « d’un monde du paraître, et non de l’usage ». Il est historiquement « bourgeois » comme la Déesse participe de la « promotion petite bourgeoise ». En langage populaire on pourrait dire que le bourgeois veut péter plus haut que son cul. Montaigne disait, au 16ème siècle : « sur le plus haut trône du monde on n’est jamais assis que sur son cul ». (Essais livre III chapitre 13)

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:47

Pour ceux qui ne lisent pas la presse et qui ne regardent plus les médias audiovisuels, je les informe qu’il fait plusieurs degrés de plus, ces jours-ci en France, qu’à l’accoutumée pour un mois de décembre.

Quelques jours après la clôture de la COP21, le journal télévisé de France 2 se devait de traiter cette information autrement plus importante que la montée du chômage ou le déficit abyssal de la France. Ainsi, mardi 15 décembre dernier, le journaliste spécialiste en climatologie de la chaîne Nicolas Chateauneuf (diplômé en histoire puis d’une école de journalisme) décryptait « les températures historiquement chaudes enregistrées pour cette année 2015 ». Il est « l’expert » appelé en renfort durant le journal, par David Pujadas, depuis le licenciement de Philippe Verdier.

Comme à son habitude, il nous montrait un histogramme en 3D des températures moyennes où, sur l’axe des abscisses, aucune année n’est mentionnée, et où l’axe des ordonnées ne comporte aucune indication d’échelle. Au cas où quelqu’un essayerait de contester, il serait simple d’affirmer que ce graphique n’est qu’indicatif ; cependant, il fait son effet.

Comme habituellement, on pouvait constater la façon étrange dont cet histogramme était filmé : uniquement de biais, avec un gros plan sur l’augmentation des années 90, et la dernière barre plus haute que les autres. Seul le téléspectateur informé pouvait deviner la stagnation des températures moyennes de 1999 à 2014. Pas un mot à ce sujet et des allusions constantes au réchauffement climatique, « la tendance de fond ». Le phénomène « El Niño » exceptionnel que subit la planète cette année était évoqué brièvement, comme un événement lointain.

Et puis, vendredi, n’y tenant plus – l’occasion étant si bonne -, El Niño était oublié. Il laissait la place à une explication du spécialiste français de la question, celui que l’on interviewe exclusivement depuis des années lorsqu’il faut justifier n’importe quel phénomène météo par un lien avec le réchauffement climatique : le célèbre Jean Jouzel, celui que toute la presse et les politiques écoutent et respectent comme un prophète, oubliant au passage qu’en 2012, il s’est affilié au parti de gauche Nouvelle donne.

Et pourtant, comme en 1997, l’indice « El Niño » de 2015 est particulièrement élevé et l’on sait que ces années et celle qui les suit sont exceptionnellement chaudes. On sait également que ce phénomène océanique perturbe la circulation atmosphérique générale, qu’il dure entre 6 et 18 mois et qu’il est à son maximum vers Noël, selon le site de Météo-France. Tout ça, évidemment, il ne faut pas le dire ni le répéter : ça risquerait de se savoir !

Cependant, que France 2 et les autres en profitent bien car les « El Niño » sont souvent suivis d’épisodes froids appelés « La Niña ». Conjugué à la décroissance de l’activité du cycle solaire n° 24 que nous subissons depuis 2008, l’avenir pourrait être beaucoup plus frais que ce que cette chaîne nous suggère.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:43

Bernard Tapie, ruiné par les dernières décisions judiciaires qui lui sont défavorables, lance une contre-attaque qui est plus une bravade qu’autre chose ! Il revient en politique.

Sa carrière passée a été ambiguë : entrepreneur connu, il a sollicité en vain du RPR une circonscription. Furieux, il rencontre le président Mitterrand qui lui accorde l’investiture socialiste sur une circonscription a priori ingagnable. Après un premier échec, il a la chance de voir l’élection annulée et finit par l’emporter, à la surprise générale. Il est député pendant trois ans. En 1992, il est le seul à accepter de débattre de l’immigration avec Jean-Marie Le Pen lors d’un débat télévisé. Après de nombreux démêlés, il finit par déclarer que les électeurs du FN sont des « salauds » ! Il est nommé ensuite ministre de la Ville, se fait des ennemis chez les caciques socialistes tout en étant apprécié par M. Mitterrand.

Mis en examen pour une affaire d’abus de biens sociaux, il démissionne. Ayant obtenu un non-lieu, il revient au gouvernement, au grand dam de certains socialistes dont M. Hollande, qui y voit une faute. Réélu en 1993 (une performance !), il est ruiné après la vente en catastrophe d’Adidas. Après son chant du cygne (12 % aux européennes en 1994), il est condamné à de la prison pour l’affaire VA-OM et est déchu de son mandat de député. Il passe les années 1995-2007 dans une semi-obscurité. Il mise alors sur Nicolas Sarkozy et obtient, en 2008, un arbitrage favorable (coïncidence ?). Mais il y a quelques semaines, tout s’est écroulé après sa condamnation à rembourser plus de 400 millions d’euros, à la suite de l’annulation de cet arbitrage.

Bernard Tapie n’a actuellement aucun espace politique. Son ancienne famille le vomit, même s’il a réintégré discrètement le Parti radical de gauche (PRG). La droite n’a guère envie de se compromettre avec lui. Il n’a aucune bannière à brandir si ce n’est la sienne, qui est trouée. Il rêve d’incarner la lutte contre le FN mais, au vu des dernières élections, ce rêve fera de lui un repoussoir à électeurs ! Il n’a plus les moyens de financer une campagne électorale. Il lui reste l’appui de son journal La Provence (qu’il a réussi à mettre à l’abri des créanciers) et le fantôme de sa popularité passée. Seront-ils suffisants ? J’en doute !

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:38

Le 16 décembre dernier ,a Cour administrative d’appel de Kiev a rejeté les demandes des avocats du Parti Communiste d’Ukraine et les recours intentés contre le Ministère de la justice. Avec cette décision la junte fasciste de Kiev a les mains libres pour interdire le Parti Communiste d’Ukraine

Le tribunal a conclu son examen en appel dans l’affaire qui oppose le ministère de la Justice et le KPU pour interdire ce dernier. Malgré les arguments des partisans du Parti communiste, la Cour administrative d’appel de Kiev a refusé la demande du Parti Communiste d’Ukraine. « Le tribunal a validé la requête du ministère de la Justice pour interdire les activités du Parti communiste d’Ukraine » déclare la cour.

La décision de la Cour administrative d’appel de Kiev était déjà écrite à l’avance selon l’avocate des communistes ukrainiens Susanna Tirzikyan.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:32

L'exécutif français a entériné mercredi son projet d'inscrire dans la Constitution le régime de l'état d'urgence pour faire face à la menace terroriste, rejetant les critiques sur les atteintes qu'il pourrait induire pour les libertés individuelles.

L'état d'urgence, un statut d'exception à l'état de droit, a été décrété dans la foulée des attentats du 13 novembre (130 morts) revendiqués par le groupe État islamique. Voté à la quasi-unanimité du Parlement, il est applicable jusqu'au 20 février.

«Le devoir de vérité, c'est de répéter que la menace n'a jamais été aussi élevée», a justifié devant la presse le premier ministre socialiste Manuel Valls, en présentant cette réforme constitutionnelle.

Celle-ci est la meilleure garantie contre toute «dérive», en permettant de «borner les critères de déclenchement de l'état d'urgence» et d'«encadrer les mesures de prolongation dans la Constitution», a-t-il fait valoir.

«Ceux qui affirment le contraire se trompent et d'ailleurs ne poursuivent pas l'objectif qu'ils se sont donné: assurer davantage notre démocratie et notre état de droit», a déclaré Manuel Valls, visant les détracteurs de cette réforme qu'ils jugent attentatoire aux libertés individuelles.

L'état d'urgence permet aux représentants de l'État de faire procéder à des perquisitions, assignations à résidence et dissolutions d'associations sans en référer à l'autorité judiciaire, sur le simple soupçon de menace à la sécurité publique.

Ce régime d'exception n'est régi jusqu'à aujourd'hui que par une simple loi. Il était donc susceptible d'être contesté devant le Conseil constitutionnel, ce qui ne sera plus possible une fois réalisée la réforme voulue par l'exécutif.

Depuis plus d'un mois, échaudés par plusieurs dérives dans l'application de l'état d'urgence relatées par des médias, certains responsables, surtout à gauche, s'interrogeaient sur la réelle efficacité de l'état d'urgence pour combattre le terrorisme.

Selon le ministère français de l'Intérieur, les quelque 3000 perquisitions menées depuis les derniers attentats se sont traduites par 346 interpellations, 297 gardes à vue et 51 personnes écrouées. Une infime minorité des personnes concernées ont été mises en cause pour lien avec le terrorisme.

Déchéance de la nationalité des binationaux nés Français

Le projet du gouvernement va être soumis pour approbation au Parlement. Manuel Valls a annoncé un «débat à partir du 3 février» à l'Assemblée nationale. Pour qu'il soit adopté, le texte doit recueillir une majorité des trois cinquièmes des députés et sénateurs.

Après plusieurs jours de tergiversations gouvernementales, la possibilité de déchoir de la nationalité française tous les binationaux nés en France et condamnés de manière définitive pour des «crimes contre la vie de la nation», incluant des actes de terrorisme, a été retenue, a précisé Manuel Valls.

La déchéance de nationalité existait en France mais uniquement pour des binationaux ayant acquis la nationalité française au cours de leur vie. Sujet controversé, en particulier à gauche, son extension aux binationaux nés en France était réclamée par l'opposition de droite et d'extrême droite.

La France compte quelque 3,5 millions de binationaux.

La décision du président François Hollande de garder cette disposition dans le projet gouvernemental représente un camouflet pour la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui avait annoncé la veille qu'elle n'y figurerait pas.

Autre mesure prise en parallèle de l'état d'urgence, le rétablissement des contrôles aux frontières françaises après les attentats de Paris a entraîné le refoulement au total de 3.414 personnes, «en raison du risque qu'elles présentent pour la sécurité et l'ordre public», selon les autorités françaises.

Mercredi, le premier ministre a annoncé que «le seuil des 1000 individus ayant rejoint depuis la France les groupes jihadistes en Syrie ou en Irak» venait «d'être franchi». «Environ 600 d'entre eux y sont toujours et on estime à 148 le nombre d'individus ayant trouvé la mort. 250 sont revenus sur notre sol», a précisé Manuel Valls.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:19

Un Conseil européen s’est tenu à Bruxelles jeudi et vendredi dernier. Il a amené son lot de surprises dans une actualité surchargée. Plusieurs coups de force sont passés inaperçus. Ils méritent pourtant bien d’être signalés, tant le divorce est béant entre l’apparente désillusion des peuples et les décisions prises en catimini sans contrôle démocratique :

La Turquie, kapo suprême du stalag européen

Le Conseil européen rappelle et réitère l’absurde stratégie dite de « hotspots », c’est-à-dire de camp de réfugiés, en Turquie et en Grèce. Alors que la Grande-Bretagne fait majoritairement le choix d’aider les camps de réfugiés près de la frontière syrienne, l’Europe incite ces réfugiés à se rendre en Turquie où ils seront enregistrés, identifiés (vaille-que-vaille) puis triés pour les commandos de travail. Cette politique donne un rôle essentiel et même critique dans la maîtrise des flux migratoires vers l’Europe. On sait, dans la foulée de l’enquête sur les attentats du 13 novembre, que ces flux servent aussi à déstabiliser les démocraties, et spécialement la France, puisqu’ils facilitent l’acheminement de tueurs islamistes dans l’espace Schengen. Les nombreux voyages d’Abdeslam vers les frontières où les migrants passaient l’ont prouvé.

Pourquoi l’Europe persévère-t-elle dans cette politique dangereuse (et dénoncée comme telle par ce blog depuis 4 mois)? Parce que l’Allemagne a besoin de son lot de main-d’oeuvre qualifiée mais peu chère, et elle a délégué à la Turquie le rôle de recruteur du camp, comme, en leur temps, les kapos.

La création de garde-côtes européens

Le même Conseil européen décide de créer un corps européen de garde-côtés, chargé du contrôle des frontières de Schengen. On est heureux d’apprendre la création de cette force auxiliaire sans aucun débat avec les populations européennes. Dans la pratique (et pour que les choses soient bien claires) ce corps de garde-frontières transfère à une force dirigée par Bruxelles le contrôle des frontières nationales pour les pays des marches continentales.

Voici un beau transfert de souveraineté qui n’émeut personne, semble-t-il.

Mise en place du PNR

Le Conseil européen a également décidé d’accélérer l’adoption et la mise en oeuvre de la directive PNR, ainsi que son extension à l’ensemble des vols intra-européens. Plus un passager ne pourra voyager entre Berlin et Vienne ou entre Amsterdam et Paris sans faire l’objet d’un fichage international, qu’il soit soupçonné de terrorisme ou non.

Le retour des contrôles aux frontières

Le Conseil Européen a préconisé le retour des contrôles systématiques d’identité aux frontières, y compris pour les ressortissants de l’Union Européenne. Voilà qui sent le roussi pour Schengen.

L’Europe de la finance

Le Conseil a également réaffirmé sa volonté d’achever l’Union Economique et Monétaire par la mise en place de l’Union bancaire, ainsi que par la mise en place d’une gouvernance budgétaire de l’Union. Un point d’étape devrait être réalisé sur ce sujet en juin 2016.

Le TTIP

Le Conseil a réaffirmé son intention d’aboutir rapidement sur le TTIP. L’objectif affiché est d’aboutir à un accord dans les meilleurs délais.

Discussion sur le Brexit en février 2016

Le texte prévoit une discussion au conseil de février sur les aménagements que les Européens accepteraient pour éviter un referendum sur le « Brexit ». L’Allemagne serait à la manoeuvre sur ce sujet et s’opposerait toujours à l’interdiction des allocations en Grande-Bretagne pour les migrants ayant moins de 4 ans d’ancienneté sur le territoire.

Soutien à la politique américaine en Syrie

Le texte se termine par un appel au départ de Bachar El-Assad et un soutien de fait à la politique américaine en Syrie.

North Stream suspendu

On notera que les anciens pays d’Europe de l’Est se sont opposés à la validation du projet North Stream, qui vise à alimenter l’Allemagne en gaz russe sans passer par chez eux. Ce projet est perçu comme une main tendue à la Russie et comme une mise en cause de l’indépendance énergétique (très théorique) de l’Union.

Bruits de bottes et sédition en Pologne

Enfin, on rappellera que ce sommet s’est tenu dans un contexte de tension avec la Pologne et en Pologne elle-même. Le gouvernement nouvellement élu suscite en effet des scissions internes avec sa politique de reprise en main du Tribunal Constitutionnel. En outre, l’armée polonaise semble avoir délogé par la force un centre de renseignement de l’OTAN.

Les tensions sont donc extrêmement fortes dans les pays de l’Union, avec des gouvernements qui font la sourde oreille à la situation et imposent en catimini de nouveaux transferts de souveraineté.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:14

Une enquête du BIRN montre que, depuis 2011, les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont acheté en Bulgarie pour plus de 600 millions de dollars de matériel de type soviétique pour les groupes armés luttant contre la République arabe syrienne. Ce trafic contrevient aux principes des Nations unies qui interdissent de tenter de renverser un gouvernement en fournissant des armes offensives à des opposants intérieurs ou à des mercenaires extérieurs.

Depuis le début de la guerre contre la Syrie, le gouvernement US a acheté en Bulgarie des armes de type soviétique pour 500 millions de dollars. Cela concerne, entre autres, 18 800 lance-grenades antichars portables et 700 systèmes de missiles antichars Konkurs.

Ces armes ont été livrées par des SOCOM (Special Operations Command du Pentagone) aux« rebelles » syriens. Les transactions ont été opérées à travers une société écran du Delaware (Purple Shovel), appartenant à Benjamin Worrell, agent depuis 1993 du groupe 902 de contre-insurrection de Fort Meade de l’armée états-unienne. Étonnamment la plupart de ces armes sont arrivées entre les mains de l’ÉI [1]. Dans un précédent article, nous avions parlé de la demande de la secrétaire d’État, Hillary Clinton, à la Croatie de fournir aux « rebelles » syriens des armes antichars, via la Jordanie [2]. Et ces armes équipent désormais largement l’ÉI.

Une enquête de Maria Petkova publiée dans Balkan Investigative Reporting Network (BIRN) [3], prouve que la Bulgarie fournit des armes à des terroristes en Syrie et à une autre filière des États-Unis. Des armes antichars comme les BGM-71 TOW états-uniennes arrivent ainsi en possession de l’ÉI, bien que la Bulgarie (membre de l’Otan et de la coalition anti-ÉI dirigée par Washington) déclare qu’elle ne participe qu’aux opérations d’aide humanitaire en Syrie

À partir d’octobre 2014, des avions cargo de type Boeing 747 Jumbo Jet, appartenant à la compagnie aérienne Saudi Arabian Cargo, ont commencé à atterrir à l’aéroport international de Sofia. La nouveauté réside dans le fait que, depuis la chute du rideau de fer, aucun avion-cargo n’a atterri à Sofia. Il a été documenté deux vols de cargo saoudien à la fin octobre 2014, un en novembre 2014, quatre en décembre 2014 et un en mars et en mai 2015. D’après les plans de vol, les avions saoudiens ont décollé à vide de l’aéroport de Djeddah, pour atterrir à Sofia, d’où ils ont chargé du fret sous la haute surveillance d’un dispositif de l’armée bulgare, et ont redécollé à destination de Tabuk, un aéroport d’Arabie, situé à 100 km de la frontière avec la Jordanie.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:08

Le chômage est au coeur du discours, mais ne l'est pas dans la pratique politique. Au contraire, il est instrumentalisé pour tenter de justifier toutes les mesures les plus rétrogrades portant atteinte aux droits sociaux considérés jusque-là comme les mieux établis.

La prétendue « lutte contre le chômage » dissimule notamment la généralisation de la précarité (y compris dans le secteur public). Elle est conjuguée avec une sorte de sacralisation de l'Entreprise dotée de toutes les « vertus » à qui toutes les libertés doivent être reconnues et tous les moyens attribués parce qu'elle serait la source de tout progrès, y compris social. Il en serait ainsi de la croissance qui quasi-mécaniquement conduirait à la résorption du chômage (1).

Toutefois, le constat dans toute l'Europe du non-recul du chômage conduit à des positions plus subtiles des forces dominantes (direction des grandes firmes, droite conservatrice et fausse «gauche»).

La position la plus simpliste est de faire croire qu'il faut un fort taux de croissance pour qu'il y ait baisse du chômage : nul ne tient compte des progrès de la robotisation, des jeux des filiales délocalisées, de l'évasion fiscale conduisant au non-réinvestissement, etc. auxquels les grandes firmes ne veulent pas renoncer. On avance le rôle « primordial » des PME-PMI, prétexte traditionnel pour légitimer les mesures antisociales qui bénéficient aux grands groupes.

On va jusqu'à « oublier » le thème de la croissance en invoquant les « lourdeurs » du droit du travail et la complexité du Code du Travail, qui devient facteur décisif du chômage !

Certains juristes, parmi les plus éminents (2), se croient - étrangement - dans l'obligation de porter assistance au gouvernement (et à son opposition) en soutenant cette thèse (quasi-totalement ignorée des économistes) : la complexité du droit du travail serait à l'origine du chômage puisqu'elle handicaperait l'embauche ! A peine publié, d'autres (3) se portent au secours du rapport Combrexelle qui propose « l'institution d'une règle faisant prévaloir les accords collectifs préservant l'emploi sur les contrats de travail, dans l'intérêt général et l'intérêt collectif des salariés ».

Cette pensée qui se veut « moderne » apporte surtout confirmation du fait, comme le souligne A. Supiot, que « l'analyse juridique se ferme trop souvent à l'univers des faits » et que le capitalisme traite à toute époque (croissance et récession) le travail comme un produit marchand, facteur le plus simple d'ajustement à ses besoins exclusifs.

Qui peut nier, en effet, ce que rappelle B. Thibault, que dans 40% des entreprises de plus de 11 salariés, il n'y a aucune représentation du personnel. Et dans 29%, il y a des représentants mais sans étiquette syndicale, soit 69% des entreprises sans présence syndicale, avec des interlocuteurs isolés de toute approche collective(4), autrement dit en position d'extrême faiblesse face aux employeurs.

Il est vrai que les politiciens et nombre de juristes, dans le confort de leur carrière, n'apprécient pas le syndicalisme, particulièrement la CGT, et que, pour eux, la lutte des classes n'est qu'une invention qui n'est plus reconnue comme une réalité permanente que par quelques « dinosaures » de la pensée sociale et de la militance syndicale !

Alors qu'ils dénoncent ce qui ne relèverait plus, à la rigueur, que du XIX° siècle ou du début du XX° siècle, ils apportent des réponses aux problèmes d'aujourd'hui qui ressemblent fort à celles du temps passé !

Les menaces qui pèsent sur le Code du Travail ne sont qu'une nouvelle étape de la régression générale du droit du travail depuis des décennies. Désormais, il s'agit de rejeter la loi, comme source majeure du droit du travail, au seul profit du contrat, tout en mythifiant la négociation entre employeurs et salariés et en lui attribuant toutes les vertus de la « liberté ».

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