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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 11:00

 

 

Chers amis,

 

Me voici enfin libéré, après 13 mois de détention, dans une sombre prison de l’occupation. 13 mois sans jamais connaître le motif de ma détention. 13 mois sans savoir quand je retrouverai la liberté.

Je connais bien les prisons de l’occupant et son système carcéral mais cette nouvelle détention m’a confortée dans le fait que l’occupation s’acharne à briser des hommes, des femmes et des enfants. La prison est un moyen d’isoler collectivement les Palestiniens. Dans ces prisons, tout est fait pour nous enlever notre humanité.

Nous sommes coupés du monde, coupés de nos proches.

L’occupation restreint l’accès à la presse, aux chaînes de télévision afin que nous ne puissions pas nous informer correctement sur ce qui se passe dehors. Nous ne pouvons pas non plus librement étudier ni recevoir des livres ni aucun courrier. Nous y sommes coupés de nos familles, une seule visite par mois nous permet de voir nos parents de premier degré uniquement, pendant 45 minutes, derrière une vitre, par l’intermédiaire de téléphones, nos conversations personnelles étant minutieusement écoutées et analysées, afin d’exercer des pressions sur nous.

Certains détenus se voient parfois privés de cette visite, arbitrairement. Pour ma part, j’étais privé de ma femme et mon fils pendant ces 13 longs mois, une véritable torture psychologique pour nous trois.

Mais dans la pénombre de cette prison, il m’arrivait des rayons de soleil qui me réchauffaient le cœur. Mes avocats et parents me tenaient informés durant les parloirs de la mobilisation en France, en Belgique et même plus loin dans le monde. De retour dans ma cellule, j’en informais mes codétenus.

Je tiens à vous remercier tous et toutes très chaleureusement pour votre mobilisation, vos actions diverses et variées, les rassemblements, les débats, les projections de film, les nombreuses affiches collées, pétitions signées, tracts distribués, les interpellations du gouvernement, les propositions de se constituer otage en échange de ma liberté, tout ce que vous avez fait m’a profondément touché. Je dois vous le dire aujourd’hui.

Merci aux citoyens, aux militants des partis politiques, d’associations et de syndicats, aux avocats, aux artistes, aux intellectuels qui ont plaidé en ma faveur durant tout ce temps et qui n’ont absolument rien lâché...

 
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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:58
À l’est de Paris, un superbe parc où l’on oublierait presque le tumulte de la ville recèle l’un des secrets les mieux gardés de la capitale. Le bois de Vincennes cache une sombre réalité. C’est là que travaillent 150 esclaves.

 

Si l’offre fleurit, c’est d’une part à cause des réseaux sans scrupules de traite des êtres humains basés au Nigeria, pour lesquels la crise des migrants a constitué une opportunité en or, et d’autre part du fait de ce que la Police décrit comme une vague apparemment sans fin de jeunes Nigérianes tentant désespérément de parvenir en Europe.

Quant à la demande, selon la Police, il existe un nombre apparemment inépuisable d’hommes disposés à fermer les yeux sur la réalité pour profiter de rapports sexuels à bas prix. Pour répondre à cette forte demande, jour et nuit, de services sexuels extrêmement bon marché, ces femmes sont réduites en esclavage. Autrefois, les services sexuels étaient vendus 20 à 40 euros, mais les tarifs sont aujourd’hui tombés à moins de 10 euros. Ces jeunes femmes sont donc forcées de multiplier les passes pour payer les réseaux de proxénètes.

 

En France, la loi punit les clients et non les femmes, condamnant ainsi l’achat plutôt que la vente d’actes de nature sexuelle. Par conséquent, la police ne peut entrer en contact avec les femmes que lorsqu’ils interpellent un homme sollicitant des services sexuels, mais ce n’est pas pour autant que la communication est établie. Il faut du temps et plusieurs rencontres pour les amener à parler, car on leur a appris à ne faire confiance à personne.

La police se heurte également à une autre difficulté. En effet, les femmes sont régulièrement envoyées d’un bout à l’autre de l’Europe, ce qui empêche les autorités de constituer des dossiers assez solides pour démanteler ces réseaux. Selon la Police, “une jeune femme qui se prostitue à Turin devra d’abord passer par Naples et Rome, puis vendre ses services à Paris, avant de s’établir à Grenoble, pour finir à Amsterdam… Comme tout esclave, elles passent de main en main, sont revendues d’une mère maquerelle et d’un réseau à l’autre. Elles sont constamment déplacées.”

 

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:50

Hella Kherief a-t-elle payé le fait d'avoir parlé à la télévision des maltraitances dans les maisons de retraite ? Cette jeune femme était l'une des rares à témoigner à visage découvert dans une enquête du magazine "Envoyé spécial" de France 2, diffusée le 20 septembre dernier. Mais le lendemain de la diffusion, un hôpital dans lequel elle venait de signer un CDI a mis fin à sa période d'essai, "sans explications", raconte Julie Pichot, la journaliste qui avait recueilli son témoignage, dans un post Facebook publié mardi 2 octobre.

 

Dans l'enquête d'"Envoyé spécial", Hella Kherief racontait, et même filmait, l'abandon des pensionnaires d'un Ehpad dans lequel elle effectuait une mission d'intérim d'une nuit. "Ces deux dames sont devant l'ascenseur depuis au moins une heure, une heure et demie", commentait notamment la jeune femme sur les images, où l'on pouvait voir une pensionnaire proposer de la payer pour avoir droit à de l'eau. Elle expliquait que, cette nuit-là, elles étaient deux aides-soignantes et une femme de ménage pour s'occuper de 94 personnes.

Ce n'est pas la première fois qu'Hella Kherief témoignait sur ce sujet. Avec trois autres employées d'une même maison de retraite du groupe Korian, elle avait déjà alerté sur les conditions des employés et des patients dans l'émission "Les Pieds sur terre" de France Culture, en 2016, puis dans "Pièces à conviction" sur France 3, l'an dernier. Elles avaient toutes été licenciées en même temps. Une procédure aux prud'hommes est en cours.

 

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:46

C'est ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups.

Dans le cadre du projet de loi Pacte, l'Assemblée nationale a autorisé, ce jeudi 4 octobre, la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) et du groupe Aéroports de Paris (ADP), cela en dépit des vives critiques émises par l'opposition. En première lecture, les députés ont voté, par 48 voix contre 12, l'article du projet de loi qui permet le transfert au privé de la majorité du capital de la FDJ, actuellement détenu à 72 % par l'Etat. Ce dernier devra toutefois conserver "au minimum" 20 % des parts, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. La privatisation n'est pas attendue avant 2019.

La FDJ détient en France le monopole des jeux de tirage et de grattage. Le texte maintient ce monopole mais pour une durée limitée à 25 ans. Il pose aussi le principe d'une refonte de la régulation des jeux d'argent et de hasard par ordonnances, celle-ci devant précéder la privatisation. Auparavant, dans la matinée, l'Assemblée avait déjà donné son feu vert à l'Etat (par 39 voix contre 7) pour procéder à la vente de tout ou partie des actifs qu'il détient dans Aéroports de Paris (ADP) soit 50,63 % (9,5 milliards d'euros).

L'État était jusqu'alors tenu par la loi de conserver la majorité des parts du groupe aéroportuaire dont la future privatisation prendra la forme d'une concession pour 70 ans, encadrée par "un cahier des charges strict et contraignant, concernant notamment la régulation des tarifs", a rappelé Bruno Le Maire. Ces cessions, auxquelles doit s'ajouter celle d'actifs d'Engie (ex-GDF), doivent servir à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture. Comme pour ADP, les groupes d'opposition ont vivement dénoncé cette privatisation.

 

La FDJ a enregistré 15,1 milliards d'euros de mises en 2017. L'Etat empoche chaque année plus de trois milliards d'euros prélevés sur les mises des 26 millions de joueurs, une manne qui sera maintenue.

 

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:37

Ce n’est un secret pour personne : les quotidiens nationaux se vendent de moins en moins, certains étant même, tels Libération et L’Humanité, artificiellement maintenus sous perfusion financière. Il est, pourtant, des pays où la presse papier reste florissante. Comment expliquer ce paradoxe ?

Deux remarques pour commencer. D’abord, quand on parle de la crise de la presse française, c’est en fait de la presse parisienne qu’on veut parler. La presse régionale se porte un peu moins mal, bien qu’elle soit en général peu attractive. Tradition jacobine oblige, tout ce qui se veut d’audience « nationale » se doit d’être à Paris. Deuxième remarque : les journaux emploient des journalistes, mais il y a longtemps que ceux-ci ne les possèdent plus. Dix milliardaires, marchands d’armes, banquiers, représentants de l’industrie du luxe ou du bâtiment possèdent, à eux seuls, 89,9 % des quotidiens nationaux. Pourquoi Dassault, Bouygues, Lagardère, Drahi, Niel, Bernard Arnault investissent-ils dans la presse ? Certainement pas par philanthropie. Ils se targuent tous, la main sur le cœur, de ne pas peser sur les choix rédactionnels, mais ils n’ont nul besoin le faire : il leur suffit de s’assurer que ne seront jamais recrutés des adversaires de l’idéologie dominante (ce qui leur est assez facile, puisque les écoles de journalisme forment déjà à cela).

Pourquoi la presse se porte-t-elle si mal ? D’abord, bien sûr, parce qu’elle est mal faite. Quand on les compare à la presse quotidienne italienne ou allemande, le caractère misérable des quotidiens français saute aux yeux. Mais la cause principale, c’est évidemment la défiance envers les médias. Elle est, aujourd’hui, générale, mais elle est particulièrement significative quand elle s’exerce vis-à-vis de ceux qui sont censés informer. Les gens constatent que l’information est biaisée et qu’elle ne reflète en aucun façon ce qu’ils voient tous les jours autour d’eux. Les journalistes ne jouissent plus de la moindre autorité morale, la preuve en étant sur un certain nombre de problèmes-clés, au moins 80 % d’entre eux pensent exactement le contraire de ce que pensent 80 % des Français. Comment s’étonner de cette désaffection quand, comme le disait Guy Debord, « le vrai n’est plus qu’un moment du faux » ?

 
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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:32

Le projet macronien de Service National Universel (SNU) est présenté sur le site enmarche.fr comme “un engagement fort d’Emmanuel Macron”, on devrait donc se réjouir que sa majesté suive son cap et continue son train de réformes antisociales. Or le SNU passe très bien à première vue pour l’opposé de ce qu’il prétend être, c’est-à-dire non pas un “projet de société où l’engagement prend tout son sens et où le brassage social et territorial est une réalité”, mais une réforme antisociale, dépolitisante et idéologique. 

Les grandes lignes du projet sont donc tracées, on essaie de faire passer l’engagement associatif pour un véritable moyen de changer les choses, au détriment de l’engagement politique, car si le peuple – et sa classe ouvrière en premier lieu – décident de reconquérir un terrain politique commun, nos euro-élites savent qu’elles ont à craindre pour leurs privilèges!

Ce projet entre donc depuis Juillet dans une nouvelle phase, celle de la sacro-sainte consultation. Il est important d’expliquer ce que signifie “consulter” dans le vocable macédonien : un ballet consultatif fonctionnant comme une pièce bien réglée dans laquelle tout est savamment mis en scène pour donner l’illusion de la démocratie.

Aujourd’hui les contours du SNU restent imprécis. On en connaît la durée (un mois, jusqu’à douze pour les jeunes volontaires), on sait qu’il sera véritablement universel (véritablement appliqué à tous les jeunes de 16 ans) à partir de 2021, mais on ignore toujours combien il en coûtera à l’État – les estimations non-officielles tournant autour de 2 à 3 milliards d’euros par an. 

On se demande donc quelle est la pertinence d’une telle mesure alors qu’on nous annonce partout qu’il faut se serrer la ceinture, l’État n’est manifestement plus à une contradiction près et n’a décidément d’argent que pour ce qu’il plaît aux dirigeants de faire.

Ce SNU est-il une résurgence d’un service militaire que l’on croyait mort et enterré ? La question se pose, car la commission en charge du projet est dirigée par le général Menaouine, et il a été annoncé que l’engagement pourra se faire dans un contexte civique ou militaire. Les jeunes de 16 ans pourront donc apprendre la vie de caserne pendant la seconde quinzaine de service, qui saura leur inculquer les vertus de la discipline et de l’autorité !

 

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:24
Quatre militants environnementaux britanniques poursuivis pour avoir participé en 2017 à la manifestation non violente qui a bloqué les camions transportant les équipements de forage pour le site de Preston New Road, près de Blackpool dans le Lancashire, viennent d’être condamnés et trois emprisonnés.

Mercredi 26 septembre, Simon Roscoe Blevins, 26 ans, et Richard Roberts, 36 ans, ont été condamnés à 16 mois de prison ferme et Richard Loizou, 31 ans, à 15 mois pour “nuisance publique”. Un autre militant, Julian Brock, 47 ans, a été condamné à 12 mois avec sursis après avoir plaidé coupable.

Le site de Preston New Road a été le lieu principal des protestations depuis que le gouvernement britannique a annulé une décision du conseil du comté de Lancashire et a donné à la société pétrogazière Cuadrilla l’autorisation de fracturer deux puits d’exploration de gaz de schiste.

La société a confirmé l’installation de tout le matériel permettant le début des travaux de fracturation dans les prochaines semaines.

Les trois légitimes militants anti-fracking sont les premiers activistes environnementaux à être emprisonnés pour une manifestation, qui plus est non violente, au Royaume-Uni depuis 1932.

Les collectifs français contre les pétrole et gaz de schiste et de couche soutiennent depuis plusieurs années la lutte des militants britanniques contre le fracking. Ils apportent aujourd’hui leur soutien aux militants emprisonnés et demandent aux autorités britanniques leur libération immédiate.

« No gazaran, ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain »

 

https://stopgazdeschiste.org/2018/10/01/soutien-aux-militants-anti-fracking-anglais-emprisonnes/   

UK : La prison pour trois militants anti-fracking

https://stopgazdeschiste.org/2018/09/26/uk-la-prison-pour-trois-militants-anti-fracking/   

Grande Bretagne : Trois opposants au gaz de schiste condamnés à de la prison ferme

https://www.bastamag.net/Trois-opposants-au-gaz-de-schiste-condamnes-a-de-la-prison-ferme   

Gaz de schiste, les trois militants emprisonnés au Royaume-Uni font appel de leur sentence

https://stopgazdeschiste.org/2018/10/05/gaz-de-schiste-les-trois-militants-emprisonnes-au-royaume-uni-font-appel-de-leur-sentence/  

 

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:22

Curieusement, ceux qui s’indignent de « l’invasion migratoire » sur le sol français ne voient aucun inconvénient à ce que la France soit présente militairement dans onze pays africains et que ses entreprises y fassent la pluie et le beau temps. Cette attitude a quelque chose de fascinant, parce qu’elle traduit une vision du monde où certains jouissent de privilèges dont on se demande s’ils sont déterminés par la race, le climat ou la latitude. Les relations entre la France et ses anciennes colonies africaines, en effet, n’ont rien d’une collaboration idyllique entre des nations souveraines, et l’histoire coloniale a tissé un réseau de dépendances dont les Africains se seraient volontiers passés si on leur avait demandé leur avis avant de les coloniser.

Parce qu’elles relèvent des structures, ces dépendances multiples, contrairement à une certaine doxa néocoloniale, s’exercent toujours au présent. Leur principal effet est de vider de sa substance l’indépendance nationale chèrement acquise lors des combats de la décolonisation. Un pays dont le PIB est inférieur au chiffre d’affaires d’une entreprise française, par exemple, jouit d’une souveraineté nominale, et non d’une souveraineté réelle. Et lorsqu’il faut négocier un contrat d’exploitation minière, l’ancienne métropole exerce une influence exorbitante sur les décisions politiques locales. La France défend ses intérêts, dira-t-on, et c’est bien naturel. Mais la question se pose de savoir si l’influence française est respectueuse des intérêts de ses partenaires. Edouard Philippe en sait quelque chose. Le contrat entre le consortium nucléaire Areva et le gouvernement du Niger a été signé alors qu’il était responsable des relations publiques du groupe. Jugé scandaleusement léonin – au profit d’Areva -, cet accord fut dénoncé par de nombreuses organisations nigériennes et il contribua à l’effervescence qui conduisit à une nouvelle révolte touareg en 2012 dans toute la région sahélienne.

Cette révolte provoqua la décomposition du pouvoir malien jusqu’à un coup d’Etat militaire qui fut le prélude à l’intervention militaire de la France dans le cadre de l’opération Serval, en janvier 2013. Depuis cette date, la présence militaire française au Sahel a généré deux effets pervers : le discrédit de gouvernements locaux incapables d’assurer la sécurité des populations et la croissance exponentielle des attentats terroristes dans toute la région. En théorie, la présence militaire française était censée juguler la terreur. Dans les faits, elle a progressé au même rythme, l’une justifiant l’autre. C’est pourquoi de nombreux Africains se demandent, à juste titre, si l’intervention de la France n’est pas le problème au lieu d’être la solution, et si la terreur n’est pas un alibi justifiant une présence armée qui coïncide étrangement avec de solides intérêts miniers.

 

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:18

L’affaire de la destruction de l’Iliouchine-20, le 17 septembre 2018, a fourni à la Russie l’occasion de terminer cette guerre à rallonge et de s’accorder avec la Maison-Blanche contre les autres agresseurs. C’est la réédition, à plus petite échelle, de la réaction soviéto-US à la crise de Suez de 1956.

Moscou vient non seulement de confier à l’armée arabe syrienne des missiles anti-aériens (les S-300), mais a aussi déployé tout un système de surveillance intégré. Dès que celui-ci sera opérationnel et que les officiers syriens auront été formés à le manier, c’est-à-dire au plus tard dans trois mois, il sera impossible aux armées occidentales de survoler le pays sans l’accord de Damas.

Le président Trump avait annoncé à l’avance qu’il entendait retirer les troupes US de Syrie. Puis il était revenu sur cette décision sous la pression du Pentagone. Il avait alors convenu avec ses officiers généraux de maintenir la pression sur Damas tant que les États-Unis seraient exclus des négociations de paix de Sotchi. Le déploiement des armes russes —auquel la Maison-Blanche a probablement donné son accord— fournit au président Trump l’occasion de faire reculer le Pentagone. Celui-ci devrait donc retirer ses troupes, mais maintenir ses mercenaires (en l’occurrence les kurdes et arabes des Forces démocratiques).

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid el-Mouallem, a exigé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies le retrait immédiat et sans conditions des forces d’occupation étrangères, US, françaises et turques.

Si les États-Unis partent, les Français et les Turcs ne pourront pas rester. Les Israéliens ne pourront plus non plus survoler et bombarder le pays. Les Britanniques se sont déjà repliés.

Cependant, Tel-Aviv, Paris et Ankara espèrent toujours que le président Trump perdra les élections législatives du 6 novembre et sera destitué. Ils attendent donc le scrutin fatidique avant de se décider.

À supposer que Donald Trump gagne les élections de mid-term au Congrès, une autre question se posera. Si les Occidentaux renoncent à se battre en Syrie, où continueront-ils leur guerre sans fin ? C’est en effet une réalité sur laquelle tous les experts s’accordent : la classe dirigeante occidentale est devenue si suffisante et revancharde qu’elle ne peut accepter d’être rétrogradée derrière les nouvelles puissances asiatiques.

La sagesse voudrait que la guerre perdue, les agresseurs se retirent. Mais la disposition intellectuelle des Occidentaux les en empêche. La guerre ne se finira ici que lorsqu’ils auront trouvé un nouvel os à ronger ailleurs.

 

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 23:37
SAMEDI 6 OCTOBRE APRES-MIDI

à partir de 14h30

Local des Citoyens du Monde

66, boulevard Vincent Auriol - Paris 13e

 

Débats et congrès de l'UNION PACIFISTE
à 17h30 : Elizabeth chantera

 

Sympathisants de la Paix, vous serez les bienvenus !

entrée libre

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