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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:47

Plus les attentats en Europe se multiplient, plus on découvre que les profils psychologiques et sociaux des kamikazes et de leurs associés sont très divers, jusqu’à paraître indétectables. Le cas de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, dont on ne sait pas toujours très bien s’il s’agit d’un déséquilibré qui se cherchait un modèle ultra-violent à imiter, ou d’un véritable djihadiste islamiste radicalisé à une vitesse inédite, laisse songeur. Bisexuel, amant d’un homme de 73 ans, mangeur de porc, aucune connexion connue avec des réseaux islamistes… l’auteur de l’attentat de Nice était connu des services de police pour des faits de violence de droit commun, mais n’avait rien de l’homme que l’on pourrait soupçonner d’organiser une tuerie motivée par des considérations idéologiques.

Or c’est un problème pour les services de renseignement à qui l’on demande désormais l’impossible, à la Minority Report, c’est-à-dire de connaître à l’avance le passage à l’acte d’un individu, pour être capable de l’appréhender avant son méfait, même lorsqu’objectivement rien ne permettait de présager l’horreur.

Néanmoins, l’Union européenne ne veut pas se résoudre à la fatalité, et va chercher en Israël les méthodes à appliquer pour détecter sur Internet les terroristes susceptibles un jour de passer à l’acte. « C’est un défi », explique ainsi à l’agence Reuters Gilles de Kerchove, le coordinateur de l’UE pour l’anti-terrorisme, en marge d’une conférence sur le renseignement à Tel Aviv. « Nous allons trouver bientôt des moyens d’être beaucoup plus automatisé » dans la détection des profils suspects sur les réseaux sociaux, explique-t-il. « C’est pour ça que je suis ici ».

« Nous savons qu’Israël a développé beaucoup de moyens dans le cyber », pour faire face aux attaques d’Israéliens par des Palestiniens, ajoute le haut fonctionnaire européen, et l’UE veut s’en inspirer.

Selon un officiel israélien interrogé par l’agence de presse, il s’agit d’établir constamment des profils types de personnes à suspecter, en s’intéressant non plus seulement aux métadonnées qui renseignent sur le contexte des communications et les habitudes d’un individu, mais bien sur le contenu-même des communications sur les réseaux sociaux.

Mis à jour quotidiennement au gré des nouveaux profils qui émergent, des paramètres comme l’âge de l’internaute, sa religion, son origine socio-économique et ses liens avec d’autres suspects, seraient aussi pris en compte par les algorithmes israéliens — ce qui semble difficilement compatible en Europe avec les textes internationaux protégeant les droits de l’homme, que l’Union européenne s’est engagée à respecter.

En somme, c’est exactement ce que nous redoutions avec les fameuses boîtes noires permises par la loi Renseignement en France, dont le Conseil constitutionnel n’a su que dire, et qui se limitent officiellement aux métadonnées. Là aussi, il s’agit d’utiliser des algorithmes, dont on ne sait pas du tout sur quoi ils se basent, pour détecter des profils suspects.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:42

Une réquisition judiciaire urgente a été envoyée au centre de supervision urbain de Nice mercredi 20 juillet. Le parquet de Paris évoque un souci «d'éviter la diffusion non contrôlée de ces images».

Panique et incompréhension à la mairie de Nice. Mercredi à 11 heures, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition citant les articles 53 et L706-24 du code de procédure pénale et de l'article R642-1 du Code pénal leur demandant l'effacement «complet» de 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet.

De quoi mettre en état de sidération les agents du centre de supervision urbain de Nice. «C'est la première fois que l'on nous demande de détruire des preuves, précise une source proche du dossier. Le centre de vidéosurveillance et la ville de Nice pourraient être poursuivis pour cela et d'ailleurs les agents en charge du dispositif n'ont pas compétence pour se livrer à de telles opérations».

La demande paraît d'autant plus étonnante que la SDAT a envoyé depuis vendredi dernier des serveurs afin de récupérer les 30.000 heures de vidéosurveillance liées aux événements. Une opération de sauvegarde qui va s'étendre encore sur plusieurs jours. «Nous ne savons pas si donner un ordre de destruction alors que nous sommes en pleine sauvegarde ne va pas mettre en rideau tout le système», s'inquiète-t-on dans l'entourage du dossier.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:39

Malgré les dénégations de Kerry, tout le monde pointe Washington et Tel Aviv, et peut-être bien Bruxelles aussi. L’Etat-major turc est connu depuis longtemps pour ses sympathies pro Otan, pro US et pro Israël. Le général commandant le putsch, commandant de l’armée de l’air, Akin Ozturk, a été attaché militaire à Tel Aviv. Bekir Ercan Van, le commandant de la base aérienne de Incirlik a été arrêté après s’être vu refuser l’asile politique aux US. S’ils avaient réussi, ils auraient été applaudis et fêtés en Occident. Et oui, c’était bien un coup d’Etat, et c’est un ratage.

L’homme derrière le putsch est réputé être Fethullah Güllen, jadis allié d’Erdogan, mais maintenant son ennemi acharné. On prétend que son organisation Hizmet (le Service) constitue un « Etat profond », ou un « Etat parallèle » en Turquie et au-delà, avec des millions de partisans à tous les niveaux, quelque chose de semblable aux francs-maçons de jadis. L’ancien officier du FBI Sibel Edmonds, lanceur d’alerte, a décrit le réseau de Gülen comme une création de la CIA.

Les Russes se sont débarrassés de Gülen en interdisant les activités de Hizmet en Russie depuis 2008. Le pilote du F-16 turc qui a failli changer l’histoire du Proche Orient en abattant le bombardier russe SU-24 au-dessus de la Syrie le 24 novembre 2015 (et qui s’appelait Mustapha Hajruoglu, ont affirmé ses concitoyens bosniaques) s’est avéré être un homme de main de Gülen et un putschsite, a dit le maire d’Ankara Melih Gökcek. Son hélicoptère a été abattu à Ankara. Ce n’est pas un exemple d’improvisation : en mars 2016, le journal pro-gouvernemental Sabah a suggéré que le pilote du F-16 était un partisan de Gülen et avait agi selon ses instructions. Que Gülen ait été hostile à la Russie pour des raisons personnelles ou qu’il ait obéi à des ordres de la CIA, il a réussi à créer l’inimitié entre Poutine et Erdogan.

Apparemment l la courageuse décision d’Erdogan de présenter ses excuses à la Russie et de revenir vers elle avait précipité le putsch. Il y avait des rumeurs à Moscou, selon lesquelles les services secrets russes avaient prévenu Erdogan quelques minutes avant l’attentat, ce qui lui a permis de s’enfuir vers İstanbul. Mais il s’agit peut-être d’un souhait rétroactif.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:32

Alors que Forbes vient de publier son classement 2015 des milliardaires dans le monde, dans un nouveau rapport sur les inégalités dans le monde , l’Oxfam dénonce la poursuite de la concentration de richesses aux mains de 62 milliardaires .

« Intitulé « Une économie au service des 1 % », ce rapport montre que le patrimoine de la moitié la plus pauvre de la population mondiale s’est réduit de mille milliards de dollars depuis 2010. Cette baisse de 41 % s’est produite alors même que la population mondiale augmentait de 400 millions de personnes. Dans le même temps, le patrimoine des 62 premières fortunes mondiales a augmenté de plus de 500 milliards de dollars pour atteindre un total de 1 760 milliards.

Les dirigeant-e-s du monde parlent de plus en plus de la nécessité de lutter contre les inégalités et, en septembre dernier, ils se sont fixé l’objectif de les réduire. Pourtant, l’écart entre la frange la plus riche et le reste de la population s’est creusé de façon spectaculaire au cours des douze derniers mois. À la veille de la rencontre de Davos de l’an dernier, Oxfam avait prédit que les 1 % posséderaient plus que le reste du monde en 2016. Cette prédiction s’est en fait réalisée dès 2015 : un an plus tôt.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:28

Ce n'était plus qu'une formalité. Ce jeudi 21 juillet, l'Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi Travail.

Après un conflit social particulièrement dur et long contre une réforme rejetée massivement dans l'opinion et qui a achevé de fracturer la gauche, Manuel Valls et François Hollande avaient tout de même décidé de passer une nouvelle fois en force, en recourant à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Dispositif qui permet à l'exécutif de faire passer une loi sans vote ni débat. Sans motion de censure déposée - la droite s'étant abstenue, la gauche ayant échoué à rassembler suffisamment de signatures -, le suspense était somme toute relatif.

Ne reste plus qu'une ultime cartouche aux opposants de droite comme de gauche pour espérer bloquer la loi Travail ou, au moins, retarder d'un mois encore sa promulgation : la saisine du Conseil constitutionnel, comme pour la loi Macron. Il leur faudra, pour saisir les sages de la rue Montpensier, rassembler les signatures de 60 parlementaires. En cas de saisine, l'instance chapeautée par Laurent Fabius pourra soit censurer l'ensemble de la loi, soit certaines de ses dispositions. La décision devrait tomber sous un mois, temps dont lequel les opposants profiteront sûrement pour remobiliser les troupes.

Politiquement, quels bénéfices pour l'exécutif ? Malgré les appels venant de sa propre majorité, Manuel Valls n'a pas beaucoup évolué sur le projet initial. Sur l'article 2 tant décrié gravant dans le marbre l'inversion de la hiérarchie des normes, le Premier ministre a même montré une obstination sans faille à ne pas bouger d'un pouce. Malgré les différentes portes de sorties qui lui ont été pourtant offertes pour apaiser, à défaut de remporter un large consensus, sa majorité.

Olivier Faure, député socialiste proche de François Hollande, avait ainsi déposé un amendement pour faire évoluer le problématique article 2 pour "assurer qu'un accord d'entreprise ne puisse pas fixer une rémunération des heures supplémentaires inférieure à 25% de majoration pour les huit premières heures supplémentaires et à 50% pour les suivantes". Le parlementaire avait recueilli l'appui de 121 de ses collègues socialistes sur 291, dont les deux anciens ministres Kader Arif et Marie-Arlette Carlotti. Les frondeurs avaient même sauté sur l'occasion expliquant que si l'amendement était voté, ils enterreraient la hache de guerre.

Cela ne fit ni chaud, ni froid à Manuel Valls, bien décidé à brutaliser jusqu'au bout sa "majorité relative", dans une sorte de "qui n'est pas avec moi, est contre moi". Enfermés dans leur posture, le président de la République et son Premier ministre, qui se voulaient les hérauts d'un courant social-démocrate modernisé, n'auront montré qu'une conception très réduite du dialogue social et démocratique. Jean-Pierre Chevénement considérait qu'un "ministre, ça ferme sa gueule ou sa démissionne". Manuel Valls et François Hollande ont décidé, d'un commun accord en recourant au 49-3, d'étendre cette maxime à leur majorité.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:21

Comme le réclamait une partie de la droite, les députés ont porté dans la nuit de mardi à mercredi la prolongation de l'état d'urgence à six mois, jusqu'à fin janvier 2017, ce à quoi le président François Hollande s'était dit ouvert.

Le gouvernement avait prévu à l'origine cette prolongation, présentée comme une "réponse puissante" au terrorisme par le Premier ministre Manuel Valls, pour une durée de trois mois. Celui-ci a averti que la France devait s'attendre à d'"autres attentats" et d'"autres innocents tués", dans une allocution mardi soir devant les députés.

Ce débat (comme celui qui doit se dérouler mercredi devant les sénateurs) était électrique, tant l'opposition de droite ne cesse depuis le carnage du 14 juillet à Nice de critiquer l'exécutif socialiste. Elle a réclamé lundi soir une commission d'enquête parlementaire sur la tragédie niçoise.

Le parti Les Républicains de l'ex-président Nicolas Sarkozy était favorable à la prolongation de l'état d'urgence mais avait posé ses conditions: au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre.

Le projet de loi prévoit de rétablir la possibilité de perquisitions administratives à toute heure du jour ou de la nuit sans l'aval d'un juge, ainsi que celle d'exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:18

Des violences ont éclaté dans une banlieue au nord de Paris pour la deuxième nuit consécutive, donnant lieu à huit interpellations, après la mort d'un jeune homme peu après son arrestation, a-t-on appris jeudi auprès des autorités.

"Huit individus ont été interpellés. Certains pour jets d'objet incendiaires sur les forces de l'ordre, d'autres qui tentaient d'incendier un bâtiment public", la mairie de Beaumont-sur-Oise, a indiqué à l'AFP un responsable de la préfecture, Jean-Simon Mérandat.

Ces violences font suite à la mort d'un jeune homme de 24 ans, lors de son interpellation par les gendarmes mardi après-midi. Suspecté dans une affaire d'extorsion de fonds, cet homme a fait "un malaise" et est décédé à Persan, a déclaré à l'AFP le procureur chargé de l'affaire, Yves Jannier. La "situation est tendue mais maîtrisée compte tenu du dispositif robuste mis en place", a ajouté M. Mérandat.

Quelque 180 membres des forces de l'ordre étaient mobilisés depuis mercredi soir, après un premier épisode de violences dans la nuit de mardi à mercredi.

Cinq gendarmes avaient été légèrement blessés au "cours d'affrontements", selon une source proche des autorités, et les forces de l'ordre avaient essuyé des "tirs d'armes à plomb".

Neuf véhicules, dont deux de la police municipale, avaient été incendiés, selon la porte-parole de la gendarmerie nationale, Karine Lejeune, et quatre bâtiments publics dégradés. Une personne avait été interpellée.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 10:14

En ce mois de juillet particulièrement chaud, la piscine à vagues de Créteil a été ouverte au public, avec 1800 places. Mais ce mardi 19 juillet, dès l’ouverture, de nombreux incidents ont eu lieu, provoqués par l’incivisme de « centaines de jeunes » qui ont littéralement pris d’assaut la piscine, notamment en grimpant par-dessus les grilles, ainsi qu’en bousculant les nombreuses familles qui formaient une queue de 100 mètres de long devant l’entrée.

A 14h00, 20 policiers sont intervenus une première fois, afin de calmer la situation, devenue incontrôlable.

Piscine bondée, bousculades, bruit, situation insoutenable…C’est à ce moment que trois coups de feu ont retenti : il s’agissait de « jeune »s utilisant un pistolet à blanc. La police est alors revenue une seconde fois et a interpellé quatre personnes.

Cette intervention ne poussant pas vraiment le reste des « jeunes » présents à se calmer, ces derniers ont continué à semer le trouble, tout en chantant au milieu de la piscine « Venez nous chercher ! Venez nous chercher ! » ou encore « On s’en bat les c… ! On s’en bat les c… ».

La piscine municipale, nouvelle zone à risques ?

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:13

Ah fromage voilà de la bonne madame
Voilà de la bonne madame au lait
Elle est du bon lait du pays qui l'a fait
Celui qui l'a fait était de son village

Ah village voilà de la bonne madame
Voilà la bonne madame fromage
Elle est du pays du bon lait qui l'a fait
Celui qui l'a fait était de sa madame

Ah fromage voilà du bon pays
Voilà du bon pays au lait
Il est du bon lait qui l'a fait du fromage
Le bon lait qui l'a fait était de sa madame.

Benjamin Péret

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:07

Comme la mort de tout être humain, le décès de Michel Rocard nous rappelle tristement à notre condition finie ; et bien entendu, sa mort ne peut qu’affliger ses proches.

Mais osons dire que sur un plan strictement politique, sa mort ne saurait dédouaner de son bilan politique cet homme issu comme Blum de la haute bourgeoisie d’Etat qui n’a cessé de combattre le socialisme et le communisme tout en servant sans états d’âme la mortifère « construction » euro-atlantique.

Il est vrai qu’au début des années 70, il n’y avait pas plus « révolutionnaire » – en paroles ! – que celui qui dirigeait alors le PSU. Comme il était alors de bon ton, les dirigeants du PSU et de la CFDT feignaient de prendre « de gauche » le PCF et la CGT, voire d’appeler le prolétariat à "la guerre civile"… Mais bien entendu, c’était un jeu : il s’agissait de minorer le rôle du PCF dans l’union de la gauche en formation tout en « relativisant » les revendications « quantitatives » si vulgaires des ouvriers CGT !

Sitôt la vieille SFIO relouquée par Mitterrand et le PSU liquidé par les siens (fin des années 70/début des années 80), sitôt Mitterrand parvenu au pouvoir, le gauchiste de salon se révéla un parfait gestionnaire de la société capitaliste. Finies les utopies destinées à mordre sur l’électorat communiste. Ministre, puis premier ministre de Mitterrand, Rocard s’évertua à rassurer le patronat et à prendre de droite le président dont il convoitait la place. Se présentant comme un socialiste « moderne » à la manière de Tony Blair, Rocard mit en musique la première austérité dictée par le « virage » de la rigueur qui, dès 81, accompagna la marche à la dévastatrice monnaie unique. C’est à l’époque où Rocard était premier ministre de Mitterrand que le statut des dockers fut durement attaqué et que Renault, semi-privatisée, fut frappé au cœur (fermeture de Renault-Billancourt, licenciement des dirigeants CGT) par celui qui, en 68, prétendait parler au nom du prolétariat. C’est Rocard qui institua la CSG, cette manière d’obliger les travailleurs à financer la protection sociale en lieu et place de plus en plus souvent exempté du paiement de ce salaire indirect que sont les cotisations Sécu…

Plus gravement, c’est encore Rocard qui engagea la France dans la première guerre du Golfe déclenchée par Bush Senior en 91 avec à la clé, un blocus de l’Irak qui allait faire plus de cinq cents mille victimes.

N’ayant pas pu devenir président, Rocard n’en participa pas moins à toutes les campagnes idéologiques qui, du référendum sur Maastricht au référendum violé sur l’euro-constitution, ont permis à la bourgeoisie de mettre en place la funeste « construction » européenne et le ruineux euro qui détruisent notre pays, ses services publics, sa production industrielle, sa langue et ses fondamentaux républicains.

Bien entendu, Rocard n’a pas manqué d’applaudir à la chute des pays socialistes en qualifiant la Révolution d’Octobre de « putsch », lui qui jadis flirtait (le romantisme ne coûte pas cher…) avec l’idée d’une prise de pouvoir par la violence armée. Mais il faut ce qu’il faut pour s’ouvrir un marché et pour, une fois qu’on y a pris près, reformater la demande en fonction de l’offre… Cependant à ce petit jeu, les DSK, les Valls et les Macron trouveront toujours un jeune loup pour les doubler sur leur droite…

Saluons néanmoins un parcours politique sans faute puisque d’un bout à l’autre de son existence, et sans cesser de poser à l’ « homme de gauche » devant nos journalistes aveugles, Rocard aura bien servi sa classe, la grande bourgeoisie, et la stratégie de cette classe : la désintégration européenne de la nation, à défaut de servir le peuple et les idéaux de Jaurès.

A chaque classe ses grands hommes…

par FLOREAL sur INITIATIVE COMMUNISTE

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