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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:42

L'Assemblée nationale a voté jeudi matin le projet de loi "lutte contre le terrorisme", porté par Bernard Cazeneuve sous l'impulsion de Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur a fait adopter, dans un grand exercice d'acrobatie politique, l'article 9 qui prévoit le blocage des sites internet par l'exécutif, sans décision préalable du pouvoir judiciaire : une mesure contre laquelle il avait voté lorsqu'il était député et que l'UMP l'avait proposée en 2010. Cette mesure était soutenue par les groupes PS, UMP, UDI ou encore SRC, illustrant bien l'éternel fantasme de contrôle d'Internet qui rassemble droite et gauche, dans un consensus plus que perturbant. 

"Nous sommes là pour être utiles à la République en la protégeant du terrorisme", a expliqué dans la nuit de mercredi à jeudi Bernard Cazeneuve, faisant fi des dures critiques venant de quelques députés de tous bords, ceux qui s'impliquent depuis des années dans les dossiers numériques. Las ! En dépit de toute logique, en dépit des contresens criants, l'Assemblée a validé le texte du gouvernement, dont nous avions déjà signalé les dangers en juillet.

"Je ne veux pas que la représentation nationale se ridiculise"

 Attaquant leur propre ministre, des députés PS sont montés au front contre l'article 9. Corinne Erhel, experte du numérique au sein du groupe socialiste, a rappelé que l'ensemble des experts interrogés ont démoli ce principe du filtrage des sites web : le Conseil national du numérique à l'unanimité, la Commission (de l'Assemblée nationale) sur les droits et libertés numériques, les acteurs du numérique, les experts en sécurité, sans oublier le patron de l'Agence nationale de cyberdéfense (ANSSI). Cette mesure "est une erreur et je vous invite, je nous invite, à ne pas la commettre", a supplié Christian Paul (SRC), essayant tant bien que mal de rester poli avec le ministre. 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:37

La psychose du virus Ebola est en passe de devenir un psychodrame planétaire. Il ne se passe pas un jour sans que des mesures de restrictions de circulation, reconduction, fermeture de frontière, isolement et même bannissement ne soient prises à l’encontre de personnes ou groupes de personnes de provenance suspecte. 

Partout dans le monde, et particulièrement en Afrique, dans les aéroports et aux frontières terrestres ou maritimes, il suffit d’être ressortissant de la Sierra Leone, du Liberia, de la Guinée et du Sénégal pour susciter une méfiance ou s’exposer à des mesures coercitives. La crainte d’une probable contamination ou d’une propagation de cette maladie tropicale n’en finit de sacquer les valeurs les plus élémentaires de solidarité et d’humanisme, entre les proches voisins.  

 

Protectionnisme contre solidarité

Il ne s’agit pas de se dénantir des mesures préventives et de protection, comme les cordons sanitaires et les campagnes de sensibilisation. Mais à trop surestimer les effets de la pandémie, l’obsédante propension au protectionnisme passe en overdose et installe la paranoïa. L’absence de traitement préventif et d’antidote d’efficacité optimale conduit souvent à un surdimensionnement d’une gravité avérée, certes. Mais sans plus. 

Et pas plus que plusieurs endémies encore en éruption ou en veilleuse. Le paludisme touche plus de 4 % de la population mondiale et tue plus de 3 millions de personnes par an. La sévérité de ses effets sur la vie économique et sociale des pays touchés est, cependant, sans commune mesure avec l’impact de la fièvre Ebola. On dénombre quelque 2 400 morts sur un peu moins de 5 000 cas recensés dans trois pays où le virus s’est installé (Guinée, Sierra Leone et Liberia). Et quatre si l’on y ajoute la république démocratique du Congo (RDC) qui connaît depuis plusieurs décennies un autre virus Ebola. 

Le Sénégal n’ayant connu qu’un seul cas avéré et 67 suspects étroitement surveillés. Que dirait-on du sida, avec ses 30 millions de victimes, ou du chikungunya, qui fait rage aux Antilles ? Il y a quelques années la fièvre chinoise avait plongé le monde dans l’émoi et obligé des millions de citoyens à se munir de cache-nez, de se garder de serrer des mains et de se laver les mains au savon. 

Mais jamais, l’Afrique, principale victime de la pandémie du sida, les Antilles, terre d’élection du chikungunya, ou la Chine, où la seule pollution fait 2,2 millions de morts par an, ne sont devenues des destinations interdites, des citadelles isolées du monde. Et pourtant, il a suffi d’une "bagatelle" de 2 000 morts d’Ebola – autant que les bombardements israéliens sur Gaza –, pour mettre le monde en émoi. Pour que des chercheurs engloutis dans leurs interminables prospections retrouvent de la vigueur et de la voix et crier "Eurêka !" Une manière inique de vivre du malheur des malades, car aucun traitement proposé ne constitue pour l’heure la solution miracle. Au plus, un effet placebo. Et encore ! 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:33

Suite à mon article sur les petits abus et grosses arnaques (« Pourquoi il est si rentable de vous vendre des biscuits »), vous avez été nombreux à me signaler des choses qui clochaient dans vos marques préférées. 

La liste des entourloupes est longue. Certaines marques : 

- réduisent le format de leurs produits tout en conservant le même prix,
- remplacent les bons ingrédients par des ingrédients bas de gamme,
- profitent de la confiance du client pour le berner dans les calculs (« Packs familiaux » parfois plus chers que la vente à l’unité).
Un lecteur signale que certains supermarchés « retardent » la mise à jour du différentiel de prix, entre prix en rayon et prix au passage en caisse, afin que la marge soit encaissée en leur faveur. 

Je vous invite fortement à prendre connaissance de toutes les arnaques signalées par les lecteurs sur Pourquoi il est si rentable de vous vendre des biscuits.

 

Palmarès des plus belles arnaques

Plusieurs ont été signalées qui ne figuraient pas dans mon texte, et notamment : 

- Les fromages de chèvre au lait… de vache. Toujours vérifier l'étiquette de vos fromages de chèvre. Beaucoup sont fabriqués à partir de lait de vache aromatisé au chèvre sans que cela soit clairement indiqué sur l’emballage.
- Les glaces vendues au litre : les fabricants de glace injectent un maximum d'air dans les crèmes glacées afin que la recette soit « plus onctueuse ». Ce qui réduit considérablement le poids du bac de glace : le litre de glace pesait auparavant 1 kg. Bien souvent, il ne pèse plus que 700 g. Attention en particulier aux glaces
Mövenpick, autrefois de bonne qualité, et qui se sont dégradées depuis qu'elles ont été rachetées par Nestlé (poids réduit de 1 kg à 900 g, sucre remplacé par sirop de glucose, prix… en augmentation).
- Œufs : la « douzaine » ne compte plus que 10 œufs (un problème que nous avions déjà signalé ; inconvénient supplémentaire : les produits vendus à la douzaine sont divisibles par deux, par trois, par quatre, par six ; à la dizaine, ils ne sont divisibles que par deux).
- Les pâtes Barilla sont plus chères si l’on achète un paquet de 1 kilo que 2 paquets de 500 g.
- Les barres chocolatées qualifiées d’énergétiques
Ovomaltine ont diminué de taille mais pas leur paquet d’emballage, tout comme la plupart des barres de céréales type « Grany » et autres Mars. Une raison supplémentaire pour ne plus acheter aucun de ces produits désastreux pour la santé.

Se méfier du nouveau Ricoré, plus fluide qu'autrefois mais dont la chicorée noble a été remplacée par de la « fibre de chicorée », du chocolat Poulain dont la boîte est passée de 1 kg à 800 g (sans diminution de prix), et du jambon blanc Fleury-Michon dont les tranches seront bientôt aussi fines que du papier à cigarette. 

 

Mention spéciale enfin pour : 

 

1) Les rillettes Bordeau-Chesnel, dont le célèbre pot rouge a récemment été redessiné pour compter un fond à triple défoncement (du jamais vu dans le domaine) afin de réduire encore le volume réel. Si vous ajoutez l'épaisse couche de saindoux à la surface, la quantité de rillettes que vous récupérez est d'à peine la moitié de ce que la taille du pot vous laissait imaginer. Et là encore, le prétendu « format familial » est aussi désavantageux que les autres. 

2) Le cas pathétique des « After Eights », dont le carré occupait autrefois toute la taille de son emballage individuel. Un lecteur avisé fait remarquer que « La petite encoche en haut de celui-ci était d’ailleurs faite pour qu’on puisse se saisir facilement de ce carré de chocolat fourré à la crème de menthe. Aujourd’hui, l’emballage est resté le même, mais tout le monde pourra constater que l’encoche ne sert plus à rien puisque l’After Eight a diminué, je dirais, d’un bon 25-30 % à vue de nez. Impossible d’atteindre l’After-Eight à partir de l’encoche : celui-ci est bien trop petit !!!! »


Pour rester sur le thème des cochonneries vendues en grande surface, j'ai été très intéressé par un article qu’a signalé un lecteur sur un blog listant les produits chimiques utilisés pour la fabrication d'une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu'à l'usine agroalimentaire. Extrait : 

« Les cerises ont reçu entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années. Les cerises sont décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine. Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium, et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202). Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui ont reçu leur bonne dose d’engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux, décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au norite et à l’alcoolisopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique. Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthétique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole. L’exemple développé est ici la cerise, mais est identique à de nombreux autres parfums. Le parfum artificiel de cerise se compose donc des molécules synthétiques suivantes : acétate d’éthyle, acéthyl méthylcarbinol, butyrate d’isoamyle, caproate d’ethyle, caprylate d’isoamyle, caprate d’ethyle, butyrate de terpenyle, géraniol, butyrate de geranyl, acetylacetate d’ethyle, heptanoate d’ethyle, aldéhyde benzoïque, aldéhyde p-toluique.»  

Vous pouvez lire la suite ici. 


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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:25
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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:21

En quelques jours, 130.000 personnes ont déjà signé notre pétition contre les nouvelles mesures répressives sur les conducteurs :

PV "à la volée", vidéoverbalisation, radars double-face,…

Ces mesures destinées à verbaliser encore plus les conducteurs sont actuellement "à l'étude" au ministère de l'Intérieur.

Il faut de toute urgence leur montrer que l'opinion publique est massivement contre cette nouvelle augmentation de l'impôt-routier !

S'il vous plaît, signez immédiatement notre pétition "Non aux nouvelles mesure de répression sur les conducteurs" en cliquant ici.

Et surtout, transférez cet email à tous vos contacts. C'est extrêmement important.

Savez-vous que les PV électroniques rapportent déjà, en à peine quelques années, 5 fois plus que les PV classiques rédigés à la main ?

Si demain, les PV se font "à la volée", sans arrêter le véhicule, juste en notant le numéro d'immatriculation dans la tablette numérique, c'est un déluge de PV qui va s'abattre sur nous.

Distance de sécurité, clignotants, marquage du Stop,… les agents verbalisateurs vont se régaler !

La circulation va devenir une gigantesque loterie pour l'Etat. Chaque jour, ce sont les numéros d'immatriculation de centaines de milliers de conducteurs qui sortiront "gagnants" du grand Impôt-routier. Et il faudra passer à la caisse. Sans moyen de discuter ou contester.

Il est encore temps de stopper tout ça.

S'il vous plaît, signez notre pétition et transférez ce mail. C'est votre mobilisation qui sera déterminante.

Merci d'avance de votre aide.

Très cordialement,

Christiane Bayard,

Secrétaire générale


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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:17
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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:17

Un fait divers retient cette semaine toute l’attention de la presse. Il s’agit de l’arrestation d’un suspect dans l’affaire des « disparues de l’A6 ». Un suspect qui est déjà considéré comme le coupable.

Plusieurs remarques s’imposent.

1/ Le suspect n’est pas encore désigné nommément. Pourquoi ?

2/ Le suspect est un ouvrier agricole, disposant de moins d’appuis que des personnalités en vue.

3/ On nous dit que les progrès dans l’analyse de l’ADN permettent une meilleure appréciation des vêtements de la victime. Cette remarque est-elle valable pour les seuls ouvriers ?

4/ On est tenté de penser cependant que si les progrès progressent, ils continuent leur progression inéluctable. Et d’ici 18 ans, n’auront-ils pas encore progressé, mais de façon à contredire les progrès de 2014 ?

5/ Le suspect aurait avoué ? Depuis quand l’aveu constitue-t-il une preuve aussi décisive ?

6/ L’aveu a eu lieu à la fin d’une garde à vue. Ne peut-on mettre en doute la valeur de cette garde à vue ? La garde à vue d’un ouvrier agricole est-elle de même nature que celle de Mr Sarkozy ? ( exemple innocent, pour faire avancer le débat)

Simples questions, en dehors de toute intention polémique.

Mais quand on pense à l’affaire Boulin, à  l’affaire de la cellule « Homicide 31 » au gendarme Roussel, contraint d’arrêter des investigations qui risquaient de déstabiliser quelques « grands » de la politique, on est amené à réfléchir.

Dernière question qu’on est en droit de se poser : un ouvrier agricole serait-il, aux yeux de la justice républicaine, inférieur à un ministre ou à un milliardaire ? Voire à un ministre milliardaire ?

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:08

L’ancien dirigeant cubain affirme que le sénateur américain John McCain a collaboré avec le Mossad pour créer le groupe terroriste Etat islamique. L’ancien dirigeant cubain Fidel Castro s’est exprimé ce lundi en disant que l’agence de renseignement israélienne Mossad était derrière l’État islamique (ISIS), un groupe terroriste, selon l’AFP.

Les allégations de Castro ont été faites dans une colonne publiée dans les médias cubains dans laquelle il a fustigé les États-Unis et l’Europe, et les a accusés de bellicisme. Il a aussi comparé les représentants de l’alliance militaire de l’OTAN aux SS nazis.

Castro a également attaqué le sénateur américain John Mc Cain sur la politique des États-Unis au Moyen -Orient, l’appelant «l’allié le plus inconditionnel d’Israël. »
Il a choisi Mc Cain, le candidat républicain à la présidentielle de 2008, disant qu’il avait soutenu l’agence de renseignement du Mossad  et «participé avec ce service dans la création de l’Etat islamique, qui contrôle aujourd’hui une partie importante et vitale de l’Irak et aurait un tiers de la Syrie  »

Il a accusé l’Occident de « cynisme », et a déclaré qu’il était devenu «un symbole de la politique impérialiste», selon l’AFP. En ce qui concerne l’OTAN, Castro a déclaré que les représentants de l’alliance rappelaient  l’Allemagne nazie : « Beaucoup de gens sont surpris quand ils entendent les déclarations faites par certains porte-paroles d’Europe pour l’OTAN quand ils parlent avec le style et le visage de la SS nazie, »

« L’empire basé sur la cupidité d’Adolf Hitler est entré dans l’histoire avec pas plus de gloire que l’encouragement fourni aux gouvernements agressifs et bourgeois de l’OTAN, ce qui les rend la risée de l’Europe et du monde», a ajouté Castro.

Le mois dernier, Castro a comparé l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza à une «forme dégoûtante de fascisme ».

Il a signé plus tard un manifeste international « soutenir la Palestine »  demandant à Israël de respecter les résolutions des Nations Unies et de se retirer de «Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. »

Source : http://www.euroalgerie.org/2014/09/05/fidel-castro-affirme-que-le-mossad-a-cree-letat-islamique-isis/

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:01

Les 4 et 5 septembre, les membres de l’OTAN se sont réunis à Newport, au Royaume-Uni. Au menu des discussions : l’Ukraine. Alors que le pays en appelle à l’Alliance et envisage de relancer son processus d’adhésion, l’OTAN devra trancher sur l’envoi ou non d’une aide matérielle à Kiev. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas (1), nous livre son inquiétude sur la dérive de l’OTAN et sur ses conséquences sur la diplomatie française.


Humanité Dimanche. Est-ce que l’OTAN a encore une raison d’être ?
Roland Dumas. Elle peut en avoir une, pour ceux qui la gèrent ! Historiquement, l’Alliance Atlantique était une alliance militaire qui avait une compétence géographique très limitée, l’Atlantique Nord, et qui avait un objectif : finir la guerre contre l’Allemagne. Donc, si l’on regarde l’ensemble de ces éléments, on se rend compte qu’elle n’a plus aujourd’hui de raison d’être. On avait décidé, alors que j’étais aux Affaires, du démantèlement des pactes. On ferait disparaître les deux alliances : l’Alliance Atlantique et le Pacte de Varsovie. Le Pacte de Varsovie a bien été dissous mais l’OTAN, non… elle s’est même élargie (avec la Pologne et les États baltes) et renforcée. Il suffit d’écouter M. Rasmussen, son secrétaire général, pour se rendre compte que l’OTAN est devenue un instrument guerrier.


Justement, l’Ukraine appelle l’OTAN à l’aide et envisage d’intégrer l’Alliance…
R. D. L’OTAN intervient à tout propos. En quoi son secrétaire général peut prendre la parole pour dire comme il l’a fait : « Je somme les Russes de ne plus envoyer d’armements aux russophones d’Ukraine ! » Au nom de quoi cette Alliance, qui était faite pour finir la guerre contre l’Allemagne avec une compétence sur l’Atlantique Nord, peut se mêler de choses aussi importantes que l’Ukraine ? Lorsque nous discutions du désarmement (lors de la chute de l’URSS – NDLR), mon homologue russe insistait pour que l’OTAN ne dispose pas d’armements dans les pays qui avaient fait partie du Pacte de Varsovie, c’est-à-dire à proximité de sa frontière. C’était l’essence même de la paix. Tout le monde était d’accord. Eh bien, les Américains n’en ont pas tenu compte. Ils ont acheminé des armes dans les pays Baltes et en Pologne. D’où la controverse lorsque Poutine arrive au pouvoir. Il dit : « Vous n’avez pas tenu votre parole. » On n’a vraiment aucun intérêt à agiter le chiffon rouge devant le nez des Russes pour les effrayer ou pour les faire caler. En réalité, en quoi la Russie nous menace-t-elle ? Ce n’est pas une façon de traiter une grande puissance, qui a eu, au même titre que les Américains, sa part dans la victoire de 1945. La situation est devenue explosive et elle va l’être de plus en plus. Il existait un équilibre du monde et c’est cet équilibre qui est rompu.


Quelles ont été les conséquences, pour la France, de la réintégration du commandement intégré de l’OTAN ?

R. D. Chirac voulait déjà réintégrer le commandement mais avec des compensations. Les Américains lui ont ri au nez. Les choses sont restées en l’état. Puis Sarkozy lui a emboîté le pas, mais cette fois-ci sans demander la moindre compensation ! Quant à Hollande, il n’a pas remis en cause cette décision, et ce à mon grand désespoir. Il l’a dit quasiment au lendemain de son élection… c’était assez caractéristique. Je pensais qu’il n’aurait pas, au moins dans ce domaine, un réflexe de suivisme. Aujourd’hui, la voix de la France est totalement occultée. Nous suivons la diplomatie américaine tout en essayant de donner l’illusion que nous existons sur la scène internationale. Alors nous aboyons plus fort que les autres. La France est devenue le chien d’avant-garde de l’Alliance, au risque d’apparaître comme une nation « va-t-en-guerre ». Nous avons complètement tourné le dos à la position « traditionnelle », adoptée dès l’après guerre. À chaque fois que j’allais à l’OTAN, le président Mitterrand me disait : « Surtout Dumas, souvenez vous, nous ne sommes pas dans le commandement intégré. » Comprendre : n’obéissez pas à toutes les décisions qui seront prises ! Avant, la voix de la France comptait et elle était souvent écoutée.


Peut-on encore sortir de l’OTAN ?
R. D. On peut, mais c’est une décision si importante qu’il faudrait le prestige de De Gaulle pour faire cela. Il faudrait quelqu’un avec une autorité mondiale incontestable et des circonstances qui feraient que tout le monde comprendrait cette décision. Ce n’est donc pas pour demain car aujourd’hui, ce sont des « nains ».


(1) Membre fondateur du groupe des 20 qui réunit d’anciens ministres des Affaires étrangères français et des diplomates. Ce groupe analyse la position actuelle de la diplomatie française.

 

http://www.humanite.fr/roland-dumas-la-france-chien-davant-garde-de-lotan-551010#sthash.OZKxzeaA.dpuf

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 08:55

Pourquoi cette guerre à Gaza?


Michel Warschawski: Il faut tout d’abord dire que Gaza est secondaire. Pourquoi la guerre, point. A mon avis: pour repousser le plus longtemps possible toute velléité internationale de tendre à l’ouverture de négociations. L’ennemi stratégique du gouvernement israélien, c’est la négociation. Ce gouvernement ne veut pas négocier. Certes, dans l’air du temps, il y a comme une volonté américaine et européenne de pousser Israël à négocier. Il leur faut donc faire contre-feu. Il était clair qu’en attaquant Gaza, les négociations seraient rendues impossibles. C’était l’objectif stratégique le plus important.

Dans le même état d’esprit, la cible n’est pas le Hamas, c’est Mahmoud Abbas (président de l’Autorité palestinienne et leader du Fatah, ndlr). Mahmoud Abbas est celui que la communauté internationale présente comme prêt à discuter; celui dont tout le monde dit à Israël: «C’est avec lui que vous devez parler.» En attaquant Gaza, ce gouvernement met Mahmoud Abbas dans une situation impossible. Soit il se solidarise avec Gaza et donc avec le Hamas, renforçant le discours de Netanyahou qui diabolise le Hamas et sa propre personne. Soit il se désolidarise, et perd alors toute légitimité palestinienne. Pour Israël, cela semble donc être une situation «win-win». Sauf que cela ne se passe pas tout à fait comme cela. Car Mahmoud Abbas est poussé par les Américains à jouer le rôle d’intermédiaire. Le président de la Palestine se trouve ainsi à jouer le rôle des Nations unies alors que c’est son peuple qui est attaqué. Mahmoud Abbas reste au cœur de l’action diplomatique. Ils n’ont pas réussi à le neutraliser, mais sa position est fragile.


Un sondage dit que 80% des Israéliens soutiennent l’intervention à Gaza. Quel regard portez-vous sur cette société, qui a glissé vers la droite et semble suivre aveuglément Netanyahou et Lieberman?


Il n’y a pas l’ombre d’un doute, les hommes politiques et le gouvernement, ont clairement glissé à droite en Israël. Et pourtant, je pense que la société israélienne est divisée sur le fond en deux moitiés – une grande et une petite. Un peu moins de 50% soutiennent la politique de la droite et votent pour ces partis. L’autre moitié n’aime pas les colons, se moque du Grand Israël et aspire à une solution de compromis. Et puis, il y a quand même, au milieu, une petite frange qui s’abstient ou vote pour des partis du centre.

La grande asymétrie entre ces deux pans de la société, c’est que la droite est au pouvoir. Elle agit, dans une urgence permanente, alors que les modérés, qui ne paient pas le prix de la colonisation, sont insouciants. La situation est calme, rien ne semble menacer Israël – jusqu’à cette dernière crise. La sécurité individuelle est garantie, les bombes n’explosent plus, Israël est une société performante, son économie tourne: pourquoi changer? Face à cela, la droite avance. Ce n’est pas l’absence d’une opposition potentielle, mais son anomie qui pose problème.

A la manifestation de Tel Aviv du 2 août, la majorité des participants étaient des Tel-Aviviens typiques, totalement «désidéologisés», plongés dans la consommation. C’était, je dirai presque, les bobos de Tel Aviv. Ils se sont mobilisés pour Gaza. Oh, pour certains, ils avaient même une petite larme dans le cœur. Ils avaient vu des photos, même si ici, il faut les chercher. Mais pourquoi manifestaient-ils, alors qu’ils le font si rarement? Parce qu’ils ont surtout peur pour leur Israël, leur Tel Aviv détendu, non idéologique, plutôt à gauche qu’à droite, qui est sévèrement menacé.

Ils voient désormais émerger un pays de tueurs où Netanyahou devient presque le centre! Avec comme détonateur, l’assassinat [du jeune Palestinien] Mohammad Abou Khdeir, brûlé vif par trois citoyens israéliens. Le gouvernement a eu beau dire que ce sont trois illuminés… Pas du tout. Ils sont dans la continuité d’une politique. Ce sont des gens qui viennent de bonnes familles de droite, de familles respectées.

 

Ils sont l’expression d’une partie d’Israël qui s’intègre dans un discours raciste, vote des lois racistes. On n’aurait jamais imaginé cela il y a quinze ans. Certains se réveillent maintenant en se disant: «ce n’est pas notre Israël!»


Lire l'article : http://www.lecourrier.ch/122913/pour_israel_l_ennemi_c_est_la_negociation

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