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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 08:27

« Nous allons donc parler du cas de Vincent Reynouard qui est donc en prison, dans une prison française, après avoir été extradé de Belgique. Le seul crime qu’il ait commis ou le seul délit qu’il ait commis, c’est d’avoir émis une opinion interdite sur le sujet des chambres à gaz dans les camps de concentration.

— Jean-Yves Le Gallou : Il a diffusé un opuscule de 16 pages, je crois, révisionniste, qui lui a donc valu d’être condamné à un an de prison par la Cour d’appel de Colmar – en première instance, d’abord, puis par la Cour d’appel de Colmar ensuite. Alors, vous me direz : un an de prison, en général, quand on est condamné à un an de prison, on ne le fait pas puisque justement on manque de place dans les prisons et là, en l’occurrence, on a trouvé une place ; en l’occurrence, ce père de famille de 8 enfants a eu beaucoup de chance puisqu’on lui a trouvé une place dans une prison ! Il était en Belgique et le gouvernement français a obtenu son extradition et il est maintenant en détention à la prison de Valenciennes. C’est quand même un événement dont la presse n’a absolument pas parlé. Or, la réinformation, ça consiste à parler aussi des événements réels dont la presse et les grands médias ne parlent pas : et c’est un événement important puisque c’est la première fois en France, depuis très, très longtemps, que quelqu’un est en prison exclusivement – non pas pour un acte, non pas pour une violence, non pas pour un vol – exclusivement pour l’émission d’une opinion. Alors, on va dire, effectivement : « Ah oui mais, c’est une opinion odieuse », ce qui n’est évidemment pas un argument. La question de savoir si l’opinion est odieuse ou pas n’est pas un argument pour savoir si on doit mettre quelqu’un en prison puisque jamais aucun régime n’a mis en prison les gens dont il trouvait les idées sympathiques : ni Mao, ni Staline, ni Kim Il-Sung, personne ne met en prison les gens dont il trouve les idées sympathiques. Donc dire « il a des idées odieuses » ce n’est évidemment pas un argument recevable ; de même que dire : « Oui mais c’est contraire à la vérité » n’est pas non plus recevable dans la mesure où dans les domaines historiques, dans les domaines scientifiques ou dans les domaines politiques on considère, dans les sociétés européennes – depuis très longtemps parce que ça ne remonte pas seulement à la Déclaration des droits de l’homme, ni à la Renaissance, ça remonte à la réforme papale du XIe siècle et même au-delà, aux Grecs : est vrai dans ces domaines-là ce qui est librement réfutable ; c’est-à-dire qu’on peut dire : une proposition est vraie si d’autres ont la possibilité de démontrer qu’elle est fausse. Eh bien, malgré cela, Vincent Reynouard est en prison, en France, pour délit d’opinion et ça, je crois que c’est un événement qui mérite d’être souligné. Cela a valu à la France – c’est quand même un peu triste – des déclarations des autorités iraniennes et des autorités vénézuéliennes pour condamner cette atteinte aux libertés, ce qui est évidemment un petit peu ironique mais, après tout, la vérité c’est qu’effectivement il y a des choses qu’on peut dire à Paris et pas à Téhéran, mais il y a aussi des choses qu’on peut dire à Téhéran mais qu’on ne peut pas dire à Paris. »

Extrait de : http://www.polemia.com/non-a-la-prison-pour-delit-dopinion/​

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 08:20

Invité il y a quelques jours au 7/9 de France-Inter – quintessence de la pensée conforme – pour présenter l’édition 2015 du Festival d’Avignon officiel et ministériel, celui qui est dit « le IN », Olivier Py, son directeur, qui l’an dernier voulait l’exporter dans une autre ville, si le Front national prenait la mairie, et ce pour éviter que ce Festival prétendument populaire ne tombe entre les mains des populistes, Olivier Py donnait déjà le la, en annonçant le titre de cette nouvelle édition : “Je suis l’autre”.

Dans le registre des niaiseries socialistes, difficile de faire mieux, plus conformiste et plus actuellement France-Inter. Puis s’en sont suivi le sempiternel laïus et les belles postures… À commencer par les migrants qu’il faut accueillir, et même le monde entier (enfoncés Kouchner et BHL !) puis la Culture, selon lui censée lutter contre l’ultra-libéralisme marchand, lui qu’un gouvernement socialiste ultra-libéral, européiste et mondialiste a mis là où il est, grassement payé par le contribuable, etc.

L’ennui, c’est que la culture de son festival ne lutte contre rien du tout, ne fait réfléchir sur rien du tout, sinon sur l’essence de la niaiserie et de l’art officiel ; c’est une compilation de conformités ministérielles dont le ronron bien-pensant ne dérange pas le pouvoir en place, qui fait fuir le public populaire et donne du théâtre une image repoussante d’entre-soi, de pédantisme et d’ennui mortel !

Tous les ans la même caricature : une inflation de spectacles pour la plupart sous-titrés d’après… Une simple pièce écrite par un auteur de théâtre vivant, surtout s’il est français, et pire s’il plaît au public, cela ne fait pas assez bien ! Non, le spectacle ministériel/culturel à l’originalité convenue doit d’être un spectacle d’après… d’après un roman, une nouvelle, un récit, une chronique, d’après les pages jaunes ou le guide Michelin, d’après un traité de philosophie, d’après une correspondance (l’an dernier, celle du poète Hölderlin durait trois heures, imaginez le pensum, même le critique de Libé a émis quelques réserves !) mais un “d’après…” sur lequel un metteur en scène — car le théâtre public est sa propriété, et le gros gâteau d’argent public qui va avec — vient poser son génie scénique.

Avignon 2015, comme 2014, 2013… cela fait tant d’années qu’on prend les mêmes et qu’on recommence… Quid novi sub sole (Quoi de neuf sous le soleil ? Parlons un peu le latin, avant que l’inculte Belkacine ne l’ait éradiqué de la culture de Monsieur Py) ? Rien, toujours les mêmes tartes à la crème d’où le gogo piégé sortira furieux qu’on l’ait pris pour tel, et où les bobocritiques du Monde Libéré découvriront « le must ».

Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? disait Cicéron dans un fameux discours. Jusqu’à quand abuseras-tu, Catili-Py, de notre patience ? pourrait-on dire aujourd’hui…

Donc, si vous voulez voir un théâtre authentique, original, inventif, où subsistent encore liberté et diversité de création, un théâtre vivant — et non un musée ministériel ou une salle des momies égyptiennes repeinte à la mode plug anal — fuyez le IN, oubliez qu’il existe ! Précipitez-vous plutôt au festival dit OFF ! Là, vous trouverez — et je vous recommande en particulier Le Théâtre du Chêne Noir, Scène Permanente d’Avignon, créée par un Avignonnais à Avignon — vous trouverez peut-être encore une culture authentique, un théâtre exigeant et populaire, celui qu’en principe défendait Jean Vilar, le fondateur du Festival.

Mais dépêchez-vous, avant que Belkacina Inculta ne l’ait fait supprimer et remplacer par Les mille et une nuits des poncifs sociétaux et du théâtre hallal !

Source

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 08:15
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 08:12

Les investissements étrangers en Israël ont chuté de près de 50 % en 2014, un fait attribué à l’offensive de l’été dernier sur Gaza et à l’impact grandissant des boycotts.

Cette semaine, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a publié son Rapport annuel sur l’investissement dans le monde qui traite des investissements directs étrangers (IDE) – la masse monétaire que des investisseurs de l’étranger introduisent dans un pays pour investir dans des entreprises, construire des usines ou lancer d’autres projets économiques.

Selon le rapport, les IDE en Israël sont passés de 12 milliards de dollars environ en 2013 à tout juste 6.4 milliards de dollars en 2014.

Le chiffre de 2014 semble avoir atteint son niveau le plus bas depuis plus d’une décennie. Les investissements directs étrangers en Israël atteignaient en moyenne environ 9 milliards de dollars par an entre 2005 et 2012.

« Nous croyons que les causes de la baisse des investissements en Israël sont l’Opération Barrière protectrice et les boycotts que subit Israël », a déclaré Roni Manos, un économiste israélien, co-auteur du rapport, au site israélien Ynet.

« L’Opération Barrière protectrice » est le nom qu’a donné Israël à son offensive de 51 jours, l’été dernier, qui a ravagé une grande partie de Gaza et tué plus de 2200 Palestiniens dont 551 enfants.

Suivant la tendance mondiale, les IDE ont baissé dans d’autres pays de la région, mais aucun d’eux n’a connu une baisse aussi forte qu’en Israël. Les IDE ont baissé de 1,7% en Turquie, de 6,8% en Irak, de 4% aux Emirats Arabes Unis et de 9,6% en Arabie Saoudite. Par contre ils ont augmenté de 6,6% au Liban.

L’Iran, qui a subi de lourdes sanctions internationales, a vu ses investissements extérieurs diminuer d’environ un tiers, atteignant un peu plus de 2 milliards de dollars.

« Les touristes ne viennent plus »

La nouvelle de la fuite des investisseurs n’est que le dernier coup porté à Israël suite à son offensive sur Gaza.

En mai, Ynet a révélé une chute spectaculaire du nombre de visiteurs dans le pays dans un article intitulé « Les touristes ne viennent plus en Israël ».

Pendant l’offensive sur Gaza, des organisations de la résistance palestinienne ont considéré comme un succès stratégique important d’avoir pu contraindre à la fermeture du principal aéroport international d’Israël pendant plusieurs jours, portant un sérieux coup à l’économie et à la réputation d’Israël.

Mais, semble-t-il, les dommages durent plus longtemps que la fermeture de l’aéroport.

​Lire la suite

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 08:09

Nous refusons l’ouverture/extension d’un élevage de 1 600 primates du SILABE (Simian Laboratory Europe) destinés à l’expérimentation animale, situé au Fort Foch de Niederhausbergen (près de Strasbourg) et demandons la fermeture du centre de primatologie déjà existant.

Plus d'infos

Voici pourquoi :

* Cette ouverture/extension est en contradiction avec la règle des 3R (Réduction, Raffinement,Remplacement) confirmée par la Directive Européenne 2010/63/EU relative à la protection des animauxutilisés à des fins scientifiques.

* Les primates lémuridés, ainsi que la nouvelle famille introduite, les callithricidés, appartiennent àl’annexe I (CITES) et A (CE) et sont des espèces menacées d’extinction.

* Les objectifs scientifiques ne sont pas fiables : aucune espèce ne peut être prise comme modèle biologique pour une autre. De ce fait, le recours au modèle animal est non seulement contre-productif, mais les effets secondaires des médicaments mettent en danger la vie des citoyens et ont ainsi provoqué en France en 2013 : 140 000 hospitalisations et 13 000 décès avérés (selon les informations données par l’Assurance Maladie).

* De plus en 1997 le Ministère de la Santé avait déjà rejeté un projet d’ouverture d’une structure

identique et des mêmes requérants, à Holtzheim (Bas-Rhin), au motif que le primate n’est pas un modèle biomédical pour l’homme.

* C’est aussi un problème éthique inacceptable car rien ne justifie d’infliger de telles souffrances à ces animaux si intelligents et si proches de nous.

* Toutes ces préoccupations ont d’ailleurs fait l’objet d’une « Initiative Citoyenne Européenne » : « Stop Vivisection » qui a recueilli plus de 1,2 millions de signatures.

* Beaucoup de méthodes alternatives issues des progrès de la science sont à notre disposition : ( www.proanima.fr). et c’est dans leur développement qu’il faut mettre tous les moyens mobilisables.

* L’élevage se situe tout près d’une zone de captage d’eau, ce qui peut entraîner un risque important de pollution de la nappe phréatique par les traitements vétérinaires, les matières organiques, les déchets résiduaires…

* Parce qu’il y a des risques pour notre santé : diffusion possible de nouveaux virus

* Et parce qu’on dilapide l’argent de nos impôts.

Lire et signer la pétition

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 08:38

Voilà les taxis qui se révoltent. A quand les concierges ? Mais les taxis, ça va poser des problèmes plus importants. Je parlais des concierges parce qu’on associe souvent ces deux professions. En fait, tout bien pesé, je vois les taxis plus importants que les concierges. D’abord les taxis ont pour eux l’ancienneté. A Byzance on pouvait louer un char entier. Comme on loue des avions en France quand on est premier ministre. Mais à Byzance, il fallait payer et déjà il existait un système de boulier qui évitait les resquilleurs. Je continue l’histoire des taxis ? Je vois que vous m’approuvez. Vous avez raison, sans la connaissance de l’histoire on n’est rien. On se fait toujours avoir. Vous savez tous qu’au Moyen Age, il existait un service de chaises à porteurs, pour, me dit mon ouvrage spécialisé, « les personnes de qualité ». Question : comment définissait-on une personne de qualité ? Et un enfant de qualité ? Question annexe : existait-il des chaises percées à porteur ? Oui, pour les trous du cul, je veux dire pour les rejetons des personnes de qualité. Vous avez conservé le souvenir des pousse-pousse, que les populations asiatiques utilisaient pour transporter leurs exploiteurs. En plus, on voyait bien que les jaunes étaient inférieurs aux blancs. Ils les tiraient, les pousse-pousse ! Pas étonnant, ils n’étaient pas évolués, les jaunes à cette époque ! Ils avalaient un bol de riz par jour, et en route ! Ah ils ne faisaient pas des histoires comme aujourd’hui ! Il faut dire que les uberPop c’est piloté par des blancs d’aujourd’hui. Les blancs sont plus exigeants sur les salaires que les jaunes. Mais je parle de la modernisation des taxis, évidemment il y a des avions taxis. En principe, c’est payant, mais pas pour tout le monde. Ceux pour qui la vie « c’est Byzance » sont dispensés. J’espère avoir montré que les taxis c’est utile et surtout pour les personnes de qualité. N’importe quelle qualité ! Pour les personnes de qualité dont les qualités sont tellement utiles qu’on les demande un peu partout dans le monde. Tandis que les concierges sont beaucoup moins utiles, et on les appelle aussi les bignolles, parce que c’est souvent des femmes. Et les femmes ont la réputation de bignoler, de regarder par en dessous. Mais observez bien les femmes de qualité (Supérieure, la qualité). On les traite pas de concierges, encore moins de bignolles. On préfère dire des égéries. Voire des Muses, des inspiratrices pour les mâles de qualité. Voyez la Julie Gayet avec le président normal. Faut voir ce qu’elle lui inspire à François Hollande ! On voit bien que c’est pas une bignolle, la Julie. Et d’abord les personnes de qualité ça n’a pas besoin de concierges, l’avion taxi, ça leur suffit. Remarquez dans la vie des personnes de qualité il y aussi bien du malheur. Par exemple, il faut prononcer des discours devant des victimes assassinées et parfois décapitées. Et tout ça en pleine canicule. Et c’est pas Byzance tous les jours, mais alors pas du tout !

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 08:30
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Publié par ELIZABETH
27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 08:16

Comme le révolté, le rebelle refuse l’ordre dominant du monde au sein duquel il a été jeté. Comme le révolutionnaire, il le refuse au nom d’un autre système de valeurs, d’une autre conception du monde, qu’il trouve en lui-même et dont il est le porteur. Cependant, contrairement au révolté ou au résistant, le rebelle tire avant tout de lui-même ce qui inspire son attitude. La révolte est liée à une situation, à une conjoncture qui en constitue la cause. Elle prend fin lorsque cette cause a disparu, et que la situation a changé.

La rébellion n’est pas seulement liée aux circonstances.

Elle est d’ordre existentiel. Le rebelle ressent physiquement l’imposture, il la ressent d’instinct. On devient révolté, mais on naît rebelle.

Le rebelle est rebelle parce que tout autre mode d’existence lui est impossible. Le résistant cesse de résister quand il n’a plus les moyens de résister. Le rebelle, même emprisonné, continue d’être un rebelle. C’est pourquoi, s’il peut être perdant, il n’est jamais vaincu. Les rebelles ne peuvent pas toujours changer le monde. Le monde, lui, ne pourra jamais les changer.

Le rebelle peut être actif ou méditatif, homme de connaissance ou d’action. Sur le plan stratégique, il peut être lion ou renard, chêne ou roseau. Il y a des rebelles de toutes sortes. Ce qu’ils ont en commun est une certaine capacité de dire non. Le rebelle est celui qui ne cède pas. Celui qui refuse, celui qui dit : je ne peux pas. Il est celui qui dédaigne ce que recherchent les autres : les honneurs, les intérêts, les privilèges, la reconnaissance sociale. À la table de jeu, il est celui qui ne joue pas le jeu. L’esprit du temps glisse sur lui comme la pluie sur les canards. Esprit libre, homme libre, il ne met rien au-dessus de la liberté.

Il est la liberté même. « Est rebelle, écrit Jünger, quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté ».

Face à un monde pour lequel il n’éprouve que mépris amusé ou dégoût affirmé, le rebelle ne peut se satisfaire de l’indifférence, car celle-ci est encore trop proche de la neutralité. Le rebelle est fait pour la lutte, fût-elle sans espoir. Le rebelle s’éprouve comme étranger au monde qu’il habite, mais sans jamais cesser de vouloir l’habiter : il sait qu’on ne peut nager à contre-courant qu’à condition de ne pas quitter le lit du fleuve. La distance intérieure qui est la sienne ne l’amène pas à refuser le contact, car il sait que ce contact est nécessaire à la lutte. Et s’il a « recours aux forêts », pour reprendre une expression connue, ce n’est pas pour s’y réfugier — bien qu’il soit souvent un proscrit —, mais pour y reprendre des forces vives. D’ailleurs, dit encore Ernst Jünger, « la forêt est partout présente. Il existe des forêts au désert comme dans les villes, où le Rebelle vit caché sous le masque de quelque profession. Il existe des forêts dans sa patrie, comme sur tout autre sol où peut se déployer sa résistance. Mais il existe surtout des forêts sur les arrières mêmes de l’ennemi ». Le révolutionnaire entend parvenir à un but là où le rebelle incarne avant tout un état d’esprit et un style. Mais bien entendu, le rebelle sait aussi se fixer des objectifs. Par rapport au monde qui l’entoure, par rapport au « cours historique », c’est-à-dire à la conjoncture, il s’efforce d’identifier le moment favorable et de saisir ce moment.

Pour rompre l’encerclement, pour tenter d’introduire un grain de sable dans la machine, il raisonne sur des situations concrètes. En cela, il est avant tout mobile. Il mobilise la pensée, et il use d’une pensée mobile. Il n’est pas soldat, mais partisan.

Il ne se tient pas derrière une ligne de front — il sait traverser tous les fronts.

Contre quoi doit-on se rebeller aujourd’hui ? Devant la montée de la pensée unique, devant la montée d’une vague prodigieuse de ce qu’il faut bien appeler le conformisme planétaire, devant les pathologies diverses qui affligent nos sociétés, devant les menaces variées qui pèsent sur elles et assombrissent leur avenir, on n’a que l’embarras du choix. Il me semble cependant que la plupart de ces phénomènes vis-à-vis desquels nous cherchons à réagir ont en grande partie une cause commune, qu’ils se révèlent comme autant de conséquences d’une idéologie bien précise, idéologie séculaire et polymorphe que je propose d’appeler l’idéologie du Même.

Alain de Benoist

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 08:12

Après le mémoire de 120 pages préparé par La Quadrature du Net, FFDN et FDN, un autre recours préparé par une organisation de la société civile a été déposé au Conseil constitutionnel, pour suppléer les recours déposés jeudi par le président François Hollande et par les parlementaires.

Fondée par Gaspard Koenig et Rubin Sfadj, l'association Génération Libre, qui se définit comme un think-tank libéral, a en effet annoncé le dépôt de son propre recours, qui a l'originalité de mêler "observations historiques et juridiques" pour éclairer le Conseil constitutionnel sur les motifs d'une censure. "Le 27 juillet 1789, le comte de Clermont-Tonnerre, député du Tiers, rappelait aux États-généraux combien le peuple s’était insurgé, dans les cahiers de doléance, contre « la violation du secret de la poste, l’une des plus absurdes et des plus infâmes inventions du despotisme ». Une des premières mesures de l’Assemblée nationale constituante fut donc de sacraliser le respect de la correspondance privée", rappelle en préambule Génération Libre.

A travers son mémoire qui flirte parfois avec la philosophie et le tract politique, l'association convoque Hobbes et Locke, et explique vouloir défendre "la conception lockéenne" de la liberté, plutôt que "l'approche hobbesienne du pouvoir actuel". Dit plus simplement, le groupe invite à privilégier la liberté sur la sécurité, s'il fallait sacrifier l'un des deux. Ou à ne rien faire de sécuritaire qui ne soit pleinement justifié par le souci de préserver une liberté.

L'association conteste ainsi l'extension du champ d'application des méthodes d'espionnage, en particulier dans le domaine économique (selon elle une violation de la liberté d'entreprendre), dénonce le contournement du pouvoir judiciaire qui seul doit pouvoir veiller à la proportionnalité des atteintes à la vie privée, et critique le caractère invasif des techniques envisagées.

"Collecter et analyser systématiquement les métadonnées, véritables véhicules de nos correspondances numériques, revient donc à organiser le viol massif et aléatoire du secret des correspondances : c’est, en somme, remettre au goût du jour les cabinets noirs de sinistre mémoire, mais dans une nouvelle version erratique et paranoïaque", écrivent-ils par exemple.

En savoir plus sur http://www.numerama.com/magazine/33519-autre-recours-de-la-societe-civile-contre-la-loi-renseignement.html#FlI3hXMVRck62ylV.99

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 08:05

Lors d'une conférence de presse improvisée suite à l'attentat commis en Isère, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve n'a pas manqué de rappeler à la presse que deux lois contre le terrorisme avaient déjà été adoptées par la majorité, et qu'une troisième loi, la loi sur le renseignement, venait d'être adoptée définitivement par le Parlement. "C'est une loi qui donnera aux services des moyens nouveaux qui leur faisaient cruellement défaut", a-t-il affirmé, alors que la loi a été présentée surtout comme une loi de blanchiment de techniques de renseignement déjà employées dans l'illégalité.

Bernard Cazeneuve a par ailleurs expliqué que le suspect, Yacine Sali, avait été fiché par les services de police en 2006 pour sa radicalisation, mais que son fichage n'avait pas été renouvelé en 2008. Son casier judiciaire était resté vierge, et il n'était donc probablement plus suivi activement par les agents de la DGSI.

Le ministre de l'intérieur répond ainsi aux critiques sur le fait que le suspect était déjà connu et aurait pu faire l'objet d'une vigilance particulière. Mais surtout, implicitement, en affirmant que le projet de loi sur le renseignement offre des moyens "qui faisaient cruellement défaut", Bernard Cazeneuve met la pression sur le Conseil constitutionnel. Alors que les arguments sont forts et nombreux pour demander la censure au moins partielle du texte, en particulier sur les boîtes noires dont tout démontre qu'elles sont une violation des droits fondamentaux, le ministre fait savoir aux sages qu''ils autoriseront de nouveaux attentats s'ils n'autorisent pas à l'Etat à disposer de "moyens nouveaux qui font cruellement défaut" pour prévenir ce type d'attentats.

Il est toutefois de la responsabilité du Conseil constitutionnel d'arrêter immédiatement la surenchère à la surveillance de la population, au moins aussi menaçante que le terrorisme dans l'attaque aux fondements de la société démocratique.

Le Conseil constitutionnel dispose d'un mois pour rendre sa décision.

En savoir plus sur http://www.numerama.com/magazine/33530-loi-renseignement-cazeneuve-met-la-pression-sur-le-conseil-constitutionnel.html#fWzQ80GrYmvAfIEH.99

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