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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 07:56

L’Arrache Cœur comme roman de l’Apocalypse agricole des chieurs de long et de la civilisation cambroussarde de merde qui n’en mène pas large (8)

Précisions sur les instruments de guerre de la nouvelle agriculture, et sur le moyen de se débarrasser des plantes maudites. (Monsanto contre l’ivraie, on va voir ce qu’on va voir, bordelacutoume !)


La déconstruction du monde horticole.

 Elle prend un caractère systématique et il faut s’en donner les moyens. Clémentine charge Jacquemort du recrutement des travailleurs manuels et des instruments de déconstruction. N’oublions pas que le roman a été rédigé une dizaine d’années après la guerre, qualifiée de Seconde Guerre Mondiale. Appellation menteuse, car, et c’est un scoop, dans cet apparemment petit commentaire.

Car, disais-je, la guerre de 1914-18 n’a pas été une guerre mondiale. Ni les Inuits, ni les Précolombiens ni les asiatiques n’y avaient participé, ni les Pygmées, et donc par voie de conséquence, le Général Bongo n’avait pas la taille réglementaire et n’a pu y exercer ses talents de brute.

 On dut se satisfaire d’une guerre de laboureurs, et mal équipés d’instruments archaïques. Voici les ordres que Clémentine donne à Jacquemort. A la question pertinente du psychiatre, l’homme des profondeurs de l’âme répond :

-« Quels hommes ? demanda Jacquemort.

Et Clémentine a déjà répondu :

-« Oh ! Je ne sais pas, moi…les élagueurs, les bûcherons…les bûcherons, voilà ! Je vous demande de prier qu’on m’envoie quelques bûcherons »

 

Matériel d’artiste à grand rendement

Je sens que vous aimeriez la suite, et je vous obéis la voici :

« L’après midi les hommes arrivèrent. Ils portaient de nombreux instruments de fer, des aiguilles, des crochets et des réchauds…Ils étaient cinq, en outre ils avaient amené deux apprentis : l’un d’une dizaine d’années, malingre et rachitique, l’autre un peu plus âgé, avec un bandeau noir sur l’œil gauche et une jambe comiquement tordue…

On se souvient que lors de l’enterrement de Chloé, les porteurs ont également des « jambes tordues »

Il est remarquable que cette description est en accord avec l’Art dit Contemporain, comme si tous les arts n’étaient pas contemporains de leur époque. Dans ce cas on ne dit pas « démolition » ni « massacre », car les œuvres d’Art Contemporain sont destinées aux milliardaires et l’on ne souhaite pas traumatiser cette catégorie sociale, qui comporte des amateurs distingués comme Laurent Fabius et Claude Berri…

 

Le silence de la mer…

Malgré le nombre et la diversité des plantes décrites dans l’Arrache Cœur, on est obligé de faire un effort d’imagination pour trouver des couleurs dans les paysages. Je pense que la dominante est bien celle de la mer. La mer est grise. La mer est en semi deuil. Souvent, des embruns, de la pluie, qui, pourtant, est appelée des vœux des paysans.

 J’ose avancer que c’est Clémentine, très dominatrice, qui imprime sa marque : la mer, ou la mère. Et, ajouté à cette humidité persistante, le silence. Sans faire de jeux de mots incongrus, on est imprégnés du « Silence de la mer », comme dans le roman de Vercors..

La Mort absolue, c’est le silence. Le chapitre XVIII, daté du 11 octembre, commence ainsi, après l’abattage des arbres. Ce silence est le vide laissé par l’absence d’arbres :

 « Maintenant, il n’y avait plus que le silence. Tous les arbres reposaient sur le sol, et d’énormes trous criblaient la terre, comme après un bombardement de l’intérieur. De grands abcès vidés, secs, tristes… »

Et à peine plus loin, la description de cette nécropole continue, sur le même mode : « les deux apprentis devaient débiter les cadavres en bûches… »

J’ai employé le mot « nécropole » et je le justifie par le « silence », car c’est un « silence de mort », et l’évocation d’un « bombardement » ainsi que l’emploi du mot « cadavres » me semblent justifier cette image ».

 Ainsi, Clémentine est-elle la divinité qui représente Eros et Thanatos, la naissance et la Mort.

 

Les enfants et l’espoir

On ne peut rien en effet contre l’action des « salopiots ». Vian a souvent dit que les enfants étaient d’une autre race.

Ils constituent un monde à part, impénétrable pour l’adulte.

Pour vous appâter, disons qu’ils ont des pouvoirs magiques.

Il serait déplorable, pour vous, que vous n’ayez pas le courage (le « cœur ») de lire la suite de ces commentaires absolument inédits

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