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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 09:26

 

Après quinze minutes entières, sur les trente que compte le journal de 13 heures de France 2, consacrées à la neige qui tombe désormais en plein hiver, la présentatrice des infos télévisées, Elise Lucet, évoque avec le sourire qui convient ce qu’elle appelle « une bonne nouvelle » : le contrat à venir établi entre la France et l’Inde portant sur l’achat par le gouvernement de New Delhi de 126 avions Rafale à la firme Dassault.

Là-dessus, elle cède la parole à un journaliste spécialisé – en commerce extérieur ? en questions militaires ? On l’ignore, mais l’important, en cette époque où pullulent les experts, est précisément qu’il le soit. Ce dernier précise alors que seuls 18 de ces 126 avions de combat seront fabriqués en France, l’Inde se chargeant des 108 autres, grâce à un transfert de technologies.

Inquiète, le sourire un peu terni par cette précision préoccupante, Elise Lucet l’interrompt par une question angoissée : « Mais c’est tout de même une bonne nouvelle ?! » Affichant le sourire radieux d’un agent commercial au carnet de commandes plein comme un œuf, le spécialiste se fait aussitôt rassurant : « Oui, Elise, c’est une très bonne nouvelle ! Qui va assurer plusieurs milliers d’emplois sur cinq ans ! » On entendrait presque, alors, le soupir de soulagement de la présentatrice, redevenue tout sourire.

Devant cette joie manifeste des deux personnes présentes sur le plateau, à l’annonce d’une vente colossale d’engins de mort, jamais l’envie de devenir âne paisible dans un pré ne m’a autant saisi qu’en cet instant.

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commentaires

Odette Laplaze-Estorgues 04/02/2012 12:34

Comme je te comprends, Floréal ! Mais je me demande si les ânes du Berry, du Poitou, de Katmandou (pour la rime) et d'ailleurs ont une vie si enviable que ça. J'en connais qui crèvent (au sens
propre) de froid chez certains ploucs d'un coin que je préfère ne pas citer (Je tiens à mes os.) pas loin de chez moi. Et il y en a d'autres qui trimballent des moutards braillards autour d'un lac
(lui aussi près de chez moi) et sans parler de ceux (souvent des mules ou mulets) qui se coltinent d'énormes charges que l'on ne confierait pas aux bonnes femmes... C'est dire !
Pour ce qui est de la plantureuse Élise Lucet, je te dirai que je préfère une autre Élise, bien plus fine et futée et tu auras compris à qui j'allusionne. Salut l'ami au non fleuri. OLE