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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:23

Jean Gadrey est économiste et membre en 2008-2009 de la « Commission Stiglitz ».

On nous dit que, sans croissance, c’est la régression sociale, on ne peut pas réduire les dettes, ni le chômage, ni la pauvreté, et l’on n’aura pas les moyens d’engager la transition écologique. Pourtant, je propose de dire « Adieu à la croissance », qui est le titre de mon livre (voir les bonnes feuilles sur le site d’Alternatives économiques).

Il serait temps que les économistes, s’ils veulent être « responsables », prennent en compte les risques écologiques et qu’ils se posent les questions suivantes : et si ce culte de la croissance relevait d’un aveuglement des élites économiques et politiques ? Et si la quête de la croissance, fondée sur des gains de productivité sans fin, était l’un des facteurs de crises, voire la plus grave des menaces à terme pour l’humanité ? Et si, quoi que l’on fasse, la croissance ne revenait jamais dans les pays « riches » ? Et si une « prospérité sans croissance » était possible et nécessaire pour sortir de la nasse où nous sommes ? Et si notre pays était immensément riche sur le plan économique, ce qui permettrait de faire face à tous les défis, sans croissance, dans le cadre d’une transition ambitieuse ?

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:18

Bonjour à vous, je tenais à vous remercier de tout coeur pour vos signatures, l'abattage rituel ne cesse de gagner du terrain, ceci n'a rien de "raciste" car j'ai eu beaucoup de critiques sur cette pétition! Mon but est de dénoncer la maltraitance animale et de faire ouvrir les yeux aux gens sur le sort monstrueux réservé aux animaux, je compte sur vous pour partager ma pétition, et pour boycotter les filières de la "viande", il est temps de montrer notre indignation face à ces horreurs!!!
Je vous joins un lien à partager à ceux qui ferment les yeux sur cette monstruosité!! http://www.dailymotion.com/video/xef2ot_abattage-rituel-halal_news (Attention cette vidéo comporte des scènes pouvant heurter la sensibilité)
Cordialement,
Olivier D"
Vous pouvez contacter l'auteur de la pétition à cette adresse : dum_@hotmail.fr
Lien de la pétition : http://www.mesopinions.com/petition/animaux/stoppons-banalisation-abattage-halal-casher/9311

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:14

  Bruxelles-Caracas, les Vénézuéliens nous répondent
« Au Venezuela, l’argent du pétrole ne profite plus aux multinationales, mais au peuple par des programmes sociaux. Qu’en pensez-vous ? » Telle était la question posée, en « vidéo-trottoir », à 20 Belges, au hasard dans la rue. Alors, Chavez ? Dangereux « populiste » ou alternative pour l’Amérique Latine ? Ses réformes sociales ont-elles ou non changé la vie des Vénézuéliens ? Vu que les médias n’expliquent rien de ces réformes, la seule manière de le savoir était d’aller sur place. Pour enfin donner la parole à ces Vénézuéliens.

 

Ainsi parlait Hugo Chavez
Reniflant « une odeur de souffre » à la tribune de l'ONU, poussant la chansonnette pour Hillary Clinton en conférence de presse, délivrant ses messages de paix et d'amour à la jeunesse du monde ou éveillant la fibre patriotique des Vénézuéliens « jusque dans les c... et les ovaires », Chavez ne laissait personne indifférent à travers ses interventions. Elles étaient toutefois passées sous silence dans les grands médias, quand elles n'étaient pas grossièrement manipulées. C'est donc sur Internet, grâce au précieux travail de Vincent Lapierre, qu'on a pu découvrir la verve du révolutionnaire, son humour et surtout sa profonde humanité. Extraits...

 

De tous les dirigeants politiques que j'ai rencontrés, c'est Hugo Chavez qui m'a le plus marqué.
Bien sûr par sa vision très forte et son engagement pour son peuple et pour l'Amérique latine. Bien sûr par sa solidarité exemplaire avec tous les peuples en lutte (notamment les Palestiniens), par sa volonté de construire un front international pour que l'humanité échappe enfin à la pauvreté.
Mais aussi par ses qualités humaines. Quand on lui parlait, il écoutait avec une attention très forte, le temps qu'il fallait, sans interrompre, sans chercher à abréger malgré son emploi du temps hyper-chargé. Aucune prétention, mais au contraire une grande humilité, la volonté très forte d'apprendre de chacun, quel que soit son éducation et son rang, et la volonté de faire participer, de donner un rôle important à tous. C'est grâce à cela qu'il a réussi à mobiliser tout un peuple et à mettre l'Empire en échec.
Chavez n'est pas mort, il a semé l'espoir, il a rendu l'espoir à toute l'Amérique latine, et son oeuvre est inspirante aussi pour l'Afrique, le monde arabe et l'Europe.
Ce dossier Chavez, je l'avais préparé avec Meriem Laribi et Vincent Lapierre. Il vous permettra de comprendre pourquoi ce dirigeant est un des plus importants du siècle, pourquoi les médias le diabolisent, pourquoi les Etats-Unis vont essayer de renverser la révolution, mais aussi la force de celle-ci.
>
> Chavez est un pilier de l'identité vénézuélienne contemporaine - Meriem Laribi
> Interview de Romain Migus, sociologue français vivant à Caracas.
>

> « ?L'amour est le combustible de la révolution? » - Meriem Laribi
> Violence, dictature, populisme ? Entretien avec Vincent, le sous-titreur des vidéos de Chavez.
>

> Chavez et la bataille planétaire - Charles Giuseppi
> Pourquoi l'Amérique latine s'est embrasée.
>

> Les athées prient pour Chavez - John Brown
> Ni un professionnel de la politique, ni un expert, un homme du peuple.
>
> « Tous sont Chavez même sans Chavez » - Fernando Morais
> Pourquoi la révolution lui survivra.
>
> La révolution, les femmes et la santé - Jean Araud
> A présent, tous les Vénézuéliens ont droit à des soins de qualité et gratuits.
>
> De la pauvreté extrême à la richesse humaine : les femmes au Venezuela - Jean Araud
> Récit d'une rencontre de Michel Collon avec des Vénézuéliennes.
>
> « A ceux qui me souhaitent la mort, je leur souhaite une très longue vie pour qu'ils continuent à voir la Révolution Bolivarienne avancer de bataille en bataille, de victoire en victoire.» - Hugo Rafael Chavez Frias (1954-2013)

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:11
La Commission européenne a infligé à Microsoft une amende de 561 millions d'euros pour cause de non‑respect de ses engagements consistant à proposer le choix du navigateur Web à télécharger sous Windows 7.
Joaquín Almunia, vice-président chargé de la concurrence, a déclaré : « Les engagements juridiquement contraignants contenus dans nos décisions jouent un rôle très important dans notre politique d’application des règles Antitrust. Leur non-respect constitue une infraction très grave qui doit être sanctionnée en conséquence ».
C’est la première fois que la Commission doit sanctionner une entreprise pour cause de non-respect d’une décision comportant des engagements.
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 10:07

 Guatemala : les dépouilles d'une guerre non déclarée

Comment la « Guerre contre la Drogue » au Guatemala est utilisée comme front pour libérer la terre au bénéfice des compagnies pétrolières.

 

Extrait : « En mai 2011, la municipalité de La Libertad était le lieu du massacre le plus meurtrier du Guatemala depuis le conflit interne qui a duré 36 ans et qui s'est terminé officiellement en 1996. Vingt-sept travailleurs ont été tués sur un ranch qui s'appelle Los Cocos. La plupart des morts étaient des hommes indigènes Q'eq'chi. Quand le lendemain du massacre, les autorités sont entrées dans le ranch, ils ont trouvé 26 corps et 23 têtes décapitées. « Ca va, Otto Salguero ? Bâtard que t'es... On va te trouver et te décapiter aussi. Sincères salutations, Z200 » disait un message en espagnol écrit avec du sang humain sur le côté d'un bâtiment tout près des corps. Le bâtiment appartenait soi-disant à une cellule locale des Zetas. »

 

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Agenda

>
BRUXELLES - 16 mars
>
Simon de Beer animera un atelier sur les médiamensonges et les guerres « humanitaires ».
> Journée de formation organisée par Intal.
> RESERVATION OBLIGATOIRE
> Infos et réservation ici
>

>
PARIS-NANTERRE - 18 mars
>
Michel Collon participera au débat « Guerres pour la démocratie ou guerres coloniales ? » avec Saïd Bouamama, sociologue.
> Salle des Congrès, 88 rue du 8 mai 1945, mairie de Nanterre. RER Nanterre ville.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:08

celineJ’ai eu la chance de lire, sur les conseils d’un ami communiste plus âgé que moi, le « Voyage au bout de la nuit » à l’âge de 16 ans. Je peux dire aujourd’hui que Céline m’a accompagné depuis plus de 55 ans et qu’il m’a aidé à vivre dans la traversée du désert médical !

Quand je parle de Céline je veux dire tout Céline ! On ne retranche rien d’un auteur de cette dimension !

Céline parlait mon langage de paysan, c’est bizarre à première vue. Il n’aimait pas la campagne. Mais il aimait les hommes, à sa façon, sans attendre la moindre récompense ! Je me retrouvais en lui, en tant que membre de cette vaste confrérie inorganisée qu’on appelait le « peuple ».

Céline aime les pauvres au dessous de ce qu’on appelle le « seuil de pauvreté », il aime les gueux, les vaincus, les rejetés toutes catégories, ceux qui refusent les « bonnes manières » !

Il est, pour moi, un frère, et il m’aidera jusqu’à la fin !

J’éprouve pour lui cette tendresse qu’on a pour les solitaires, les grandes gueules qui refusent toutes les trahisons. C’est lui « l’humaniste » qui, pourtant détesta autant les juifs que les aryens, les noirs, les slaves. Mais uniquement sur le papier ! Il faut faire la part du langage, car souvent l’outrance l’emporte largement. Il va jusqu’aux limites les plus extrêmes. Dans les mots. La meilleure lutte contre les maux de la société actuelle, c’est la vie de l’esprit, le pouvoir de comprendre les mots, le ton, les finesses du langage.

Céline se mérite : il faut balayer la majorité des salades universitaires qui le présentent comme un nazi !

Il faut lire. Son œuvre, en totalité. Il répète toujours la même chose mais dans un langage de plus en plus dégradé. Il se fait le prophète et le chroniqueur de notre époque décadente. C’est nous que nous voyons à travers lui et c’est ce que les bourgeois ne supportent pas. Ils ne sont en effet pas beaux à voir ! Je laisse la parole à son premier grand biographe :

 « J’ai pensé, (dit François Gibault) mieux servir sa mémoire en le montrant tel qu’il m’est apparu et en lui restituant toute sa force, par-delà et à travers ses outrances et ses erreurs…

Céline fut un humaniste authentique et un pacifiste, mais au service de ses idées, il fut un homme et un écrivain de combat ».

Quant à Henri Godard, qui l’a fait publier dans la Pléïade, et qui a réussi à le mettre au programme de l’Agrégation, il commence par cette simple observation, qui concerne le début du « Voyage au bout de la nuit » :

« Ca a débuté comme ça » écrit Henri Godard, si vous traduisez en langage bourgeois, vous allez rectifier et ça donnera : « Cela avait commencé de cette manière » et ce ne sera plus la vérité du peuple !

Céline s’intéresse aux concierges, aux gens d’en bas, et pour cette raison, son style est le leur « s’ils savaient écrire » (Bernanos). Michel Audiard est son héritier cinématographique. On sent son influence sur les plus populaires des écrivains français : San Antonio… Alphonse Boudard, et plus tard Roger Nimier. Sur les écrivains américains de la « beat génération ». Un chapitre entier de Jack Kérouac, dans « Sur la route » lui est consacré. On le sent également présent dans les textes de Bukowski, de Fante… Et puis, bien sûr il se réclame raciste et antisémite, en grande partie à cause des « marchands de canons », comme Schneider, recyclé aujourd’hui dans les appareils ménagers, ou la dynastie des Krupp, dont le dernier rejeton mourut en 1967 dans l’Espagne franquiste. Tranquillement.

Quant à son procès pour collaboration, les juges se sont trouvés devant un dossier vide. On pourrait ajouter qu’il a eu beaucoup d’amis juifs dont Hindus, qui fit le voyage au Danemark pour le rencontrer, mais je préfère terminer sur ce qui peut apparaître comme un détail. Céline n’a jamais dénoncé qui que ce soit, il n’a jamais été accepté par la revue « Je suis partout ». Il a dit leur fait aux Allemands, il s’est moqué d’eux, ouvertement.

Et puis ce tout petit détail, où l’on peut voir que les donneurs de leçons d’aujourd’hui feraient bien de fermer leur gueule de menteurs.

Quand il travaillait au dispensaire de Bezons, il s’intéressait modérément aux malades, mais il laissait la porte ouverte aux clochards, à ceux que nous appelons aujourd’hui les S.D.F et que nous laissons crever sur les trottoirs. Céline s’assurait qu’ils trouvent au moins un peu de chaleur…Il trichait sur les cartes d’alimentation, il signait de faux certificats pour éviter le S.T.O.   Bref, ce sont toujours les plus démunis de tout qu’il a aidés, et parfois même des résistants, dont l’un est venu témoigner à son procès. M. Champfleury précisément. Vous ne trouverez ça qu’en lisant.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:00
Comme tous les ans l'association Alodia organise le dimanche 10 mars
notre petit salon du livre régional.
Cette année c'est la cinquième édition (entrée gratuite)de 10 heures a 18 heures

A ce jour seront présents :
Le livre de Max Ploquin : "Aventures d'un toubib de campagne et accoucheur (sur Saint-Denis de Jouhet lors de ses débuts comme médecin ) avec une conférence de Rolland Hénault a 15 heures.
Les éditions alice lyner
Mr Gueze (Châteaumeillant - 18)
Mme bouzet (Mortroux 23)
Les éditions la Bouinotte (plusieurs auteurs)
Les éditions numériques lettropolis : 3 auteurs
Mme selleron (Lys St Georges) : "Jeux en Berry"
Mme Masson (Châteauroux)
Les éditions CPE
Mr Muller (la Châtre)
Mme Bougelot (Ste Thorette -18 )
Mme Riou Yolande(Châteauroux) : " l'Identité berrichonne".
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 09:47

Réunion de bureau

Pour les convocations, les choses sont facilitées par le petit nombre des participants et la localisation géographique des membres de l'association. Le quorum, c'est pareil, est vite atteint. A trois, on est complets. A deux, c'est théoriquement viable, mais c'est emmerdant. On est à 66, 666666 %, c'est conforme aux statuts mais si c'est l'Eugène qui manque, la réunion sert à rien. S'il envoie un pouvoir, c'est carrément idiot.

 

 Ca nous fera pas un témoignage circonstancié sur les découvertes qu'il a pu faire, au cours de sa mission.

 Alors on attend, fébriles.

Fiévreux.

Frissonnants?

J'irai pas jusque là.

On attend et on s'emmerde plutôt. Arnesse attrape des mouches, d'un geste élégant je dois dire, en lançant une main ouverte, qu'il referme au dernier moment. C'est très fort. Assez amusant à regarder, au début. Il y en a qui regardent Roland Garros, d'autres le PSG, d'autres le 100 mètres plat. Chacun ses goûts.

(Je rigole parce que je pense au type qui s'intéresse au 100 mètres plat. Il attend ça toute la semaine. Le samedi, il tient plus. Le dimanche, une angoisse le saisit dès l'aube: le 100 mètres plat, qui c'est qui va le gagner? A midi, il bouffe pas, se ronge les ongles d'une main. A trois heures il a les fièvres. Il allume la télé... Enfin le départ... il vient de finir sa kronenbourg, alors forcément il est en train de la pisser... il se rebraguette, dernière goutte... trop tard! Ca dure dix secondes, le 100 mètres plat... et le voilà qui chiale, le sportif, que sa semaine est foutue, que puisque c'est comme ça, il fera la gueule à son patron, il ira pas chez la grosse cousine Germaine, avec les gosses, dimanche prochain... il se révolte, le mec, il faut le comprendre. Dix secondes, il vivait pour ça, que pour ces dix secondes là...bon on retourne en dehors de la parenthèse voir s'il arrive, le colonial des îles?).

 Il arrive pas.

C'est pas grave, on va continuer avec les mouches. Vous savez, faut pas trop être étonné, rapport à l'habileté de Arnesse. Non, je vous vois très impressionnés, un peu sur le cul, quoi. Béats d'admiration... avouez...

Il y a vraiment pas de quoi ! D'abord, un maniaque qui passe son temps à attraper des mouches, et qui les mange même pas, qui les accroche pas à un hameçon, qui leur arrache pas les pattes, c'est pas un gars qu'a beaucoup de suite dans les idées...

 Ensuite, attraper des mouches dans la Creuse, c'est pas un exploit. Ce qui serait très fort, c'est de lancer la main en avant, de la refermer un coup sec, et de NE PAS en attraper. Voilà l'exploit : les éviter. Parce que des mouches, dans la Creuse, c'est par nuées que ça se déplace. Ca forme des nuages entiers, menaçants. Orageux. Des gros cumulo-nimbus de mouches creusoises, au-dessus du département tout entier!

Quand il a écrit "Les Mouches", Jean-Paul Sartre, qui connaissait bien la Creuse, il est venu les observer à Chardonzeix-le-Bouzat, exactement. Il a fait le voyage de Paris, exprès, en pleine Occupe, pour avoir la qualité, les détails morphologiques exacts... Jean-Paul Sartre, vous l'avez déjà oublié ? Ah ça c'est terrible... voilà un gars qui se magne le fion pour revenir du stalag quatre ans avant les autres, et qui y parvient, en plus, à force de rédiger du courrier auprès des gens bien placés, et qui écrit des pièces qui parlent des mouches, et on est dans la Creuse et vous l'avez oublié ! Attention, j'ai dit au début, aucune oeuvre d'art n'est consacrée qu'aux mouches, je maintiens. Sartre, il parle pas que des insectes, dans les "Mouches". Il aborde aussi d'autres problèmes ! bon, j'y reviens, dans la Creuse, on n'y fait même plus gaffe, elles sont vaccinées contre tous les insecticides. Ah on les entend les mouches voler. C'est le contraire des ministres, eux, on les entend pas.

Peut-être que je vous ennuie avec ce sujet subalterne? un peu léger? à l'écart des grandes questions métaphysiques?

Bon, j'arrête et voyez comme ça tombe bien, je crois qu'il arrive, l'Eugène. Je sens comme un parfum de vanille, j'entends comme une chanson des îles...Oui, c'est lui, le planteur de café, l'homme aux vastes haciendas...Ecoutez-le...

Il était sour lé haut plateau

Ouna gonzesse aux gros nichons

Qui sé lévait touiours très tôt

Pour donner la soupe aux cochons

Refrain

On l'appelait nichonina

Ca loui fésait ni chaud ni froid

Ni cho

Ni na

Ca alors, il a pas mis longtemps à s'imprégner de la culture sud-américaine. Ni de la versification française. C'est même assez joli, son petit couplet des îles...trouvez pas?

Il était sour lé bas plateau

Ouna salopa dé gonzesse

Qui sé couchait touiours su'l'dos

Pendant qu'on loui grattait lé fesses

 Refrain ?.... refrain...

On l'appelait la Fessinna

Ca loui fésait ni chaud ni froid

Ni chaud

Ni na....

Finalement, c'est pas si mal, j'en ai entendu des pires en tout cas. Au Printemps de Bourges, notamment... Il a bien pris le rythme. On sent qu'il a le tempo, les thèmes des pays chauds, sans vulgarité, juste un peu érotique, mais il en faut, surtout pour les réunions du bureau, sinon on va se faire chier... Chut, le voilà...

- Allons l'Ugène, cré nom, y avions-t-y du nouveau censément?...

- Mossieu le Directeur, j'eusse préféré que l'on usât du beau langage, sinon il faut que je m'y remettasse aussi sec, et ça exige de l'effort d'intellect et du boulot dans le subconscient...

- Parlez comme vous voulez, vieil afficionado des pampas... mais prenez place autour de cette table et rendons compte des événements marquants de la journée...

Et nous voilà assis dans nos fauteuils à bascule, le cigare à la main, l'intelligence aux aguets, l'oreille à l'écoute. L'Eugène a quelque chose à dire.

- Déclarons la séance ouverte, en présence du quorum et des pouvoirs...

- Puis-je m'informer pour que vous me répondussiez qui c'est exactement le quorum de nous trois, parce que je dois dire, si je suis dans la piau d'un coloniau, j'tiens point à passer pour un bargeaudeau, mes petits péones...

 Il est formidable ! Il s'identifie tellement au personnage qu'il en devient susceptible...

- Façon de parler le langage administratif, sinon vos déclarations sont point légales... que vites-vous, coloniau?

 Un silence, mais bref, et qu'on  sent lourd de réflexion.

- J'ai rien vu, j'ai rien entendu, mais j'ai sentu...

- Sentu quoi l'Ugène?...

- Sentu Mlle Nichonina... je l'ai sentue et ressentue... et c'est sucepet...

- Alors là vous me surprenez, l'Ugène, Mlle Nichonina, comme tout notre personnel féminin, est parfaitement exempte de toute odeur suspecte... Elle dispose d'une gamme de produits, très chers d'ailleurs, qui lui permettent d'éviter les émanations désagréables...

Là, il faut que j'intervienne:

- Quand vous dites c'est sucepet... est-ce que vous ne voulez pas plutôt dire suspect?...

- J'ai senti sucepet, mais j'écrirais plutôt suspect...

- Alors parlez comme vous écrivez et non l'inverse, je sens moi aussi qu'une piste se dessine... pourquoi, donc, est-ce suspect ?... Quels sont les indices qui vous permettent d'affirmer aussi péremptoirement, que la belle Mlle Nichonina n'est pas un personnage d'une aussi parfaite innocence que son aspect physique le laisserait supposer ?

- Je comprends la phrase en gros... Mlle Nichonina s'est montrée envers et contre moi d'une familiarisation excessivement pas habituelle... Alle était pâmée... alle se laissait aller cré vingt diou, à des gestes déplacés aux environs de mon corps humain cré diou ! dans ce qu'il a de plus sensible aux mains de femmes, la garçaille !... j'ai crute, un moument donné, excusez si je continue en patouès d'cheu nous, qu'alle allait m'arceler le sexuel et tout le toutim... j'avions prévu hûreusement, la braguette à cadenâs fabriquée par le maréchal de Marouillat... sinon j'y passions... j'trahissions l'Arnestine, mes gâs, c'est coume ça, la chair est faibe, mainme si qu'y reste surtoût que de l'os...

 Ce long discours produisit sur nous une forte impression par son aspect littéraire, mais nous ne voyions rien d'étonnant dans cette attitude de Nichonina, sinon qu'elle manifestait une conscience professionnelle tout à fait courante chez les employées sexuelles de niveau bac+8... C'est alors qu'il ajouta:

- L'a pas fait que ça... l' fait illusion à l'enlèvement des aut' vieux, je sais qu'y sont pas tous intéressants, ces vieux porcs, mais cré nom, elle sait queuque chouse en par là-dessus qu'est n'important et je pèse mes mots, Messieurs je suis un houme des hauts plateaux ousqu'on n'a qu'une parole sinon c'est la révoluzione et les pistoleros dans lé trou dou cou !

 Il s'est levé, très digne.

- Pour aujourd'hui, yé n'en dirai pas plou... yé continoue mes z'observazionnès... Badine, Chapiota, Pochetta, yé rétourne illico al trabador... signors, mes houmages...

Et le voilà qui disparaît, après avoir franchi la porte du bureau directorial, au milieu des buissons aux noms latins, parmi l'étonnante avifaune de cette superbe région à la fois centrale et massive.

Inutile de dire que Arnesse et moi-même disposons maintenant d'éléments suffisants pour nous occuper l'esprit et raisonner clairement, selon la méthode cartésienne.

Parce qu'avec le vieux bilingue, c'est pas toujours facile, je sais pas si vous avez tout compris mais souvent il faut d'abord traduire, le raisonnement n'est pas cohérent, les remarques sont vagues, sans intérêt la plupart du temps et en plus il laisse pas le temps de dialoguer efficacement.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 09:43

Installés dans leurs certitudes, dans leurs habitudes, dans leur confort. Dans leur milieu culturel, professionnel, social. Dans leur sociabilité et leur popularité de quartier. Il m’arrive d’en croiser dans des soirées, des vernissages ou des concerts. Ils se regroupent et discutent à la fin des spectacles. Ils rient, se tapent sur l’épaule, rassurés et satisfaits de leur entre-soi. Toujours les mêmes attitudes, les mêmes sourires, les mêmes connivences. Tout le monde se connaît depuis longtemps. Certains puisent l’essentiel de leur assurance dans leur appartenance au cercle. Chacun tient son rôle et à sa petite place dans le microcosme. Installés dans leurs relations comme dans un canapé moelleux, ils contemplent le vide qui tapisse les murs de leurs rapports de salon. La sensation qui s’en dégage m’est angoissante. Ils me font penser à des germes, des amibes heureux et rassurés de se développer et croupir dans une eau stagnante. Flippant !

Extrait de l'Autrement dit.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 09:41

Deux grandes figures admirables !

einstein-copie-1.jpg


Rencontre entre Chaplin et Einstein :
Ce que j’admire le plus dans votre art, dit Albert Einstein c’est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant... le monde entier vous comprend.
C’est vrai, réplique Chaplin. Mais votre gloire est plus grande encore : le monde entier vous admire, alors que personne ne vous comprend.

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