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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:02

 

Les raves parties de Marouillat le Marneux

D'obliques qu'ils étaient encore il y a peu, les rayons de l'astre du jour étaient vite devenus parallèles à la surface du sol, et la nuit en profita pour allonger ses pas, que nous avions qualifiés de petits à l'époque.

Pour parler plus clairement, car il y en a sûrement qui sautent des paragraphes, histoire d'arriver avant les autres pour faire les marioles, disons qu'il faisait nuit.

Nuit noire. Noire comme dans le cul d'un nègre, comme dit ma cousine Pierrette qui est gastro-entérologue à Bamboula, en Guinée Bissau.

Ou une nuit blanche comme Blanche de Castille, comme dit ma belle soeur qui prépare un DEA sur Philippe Auguste, le fondateur du monde occidental, (ceci afin d'éviter une plainte du MRAP, de la LICRA, du PTAX, de la FTUMIZA, de l'UJIPA, du COPORI et de quelques autres, qui prétendent que les nègres sont blancs et les blancs complètement noirs).

 Il est d'ailleurs paradoxal de noter que plus on parle clairement, moins on y voit clair! Décidément, cette histoire est aussi obscure qu'originale.

- Tu trouves pas que c'est une drôle d'histoire, Arnesse, qu'on est en train de vivre, là, sur les premiers contreforts de ce Massif Central?...

- Etrange affaire en effet, mais c'est la vérité pure. C'est une histoire véridique, qui met en scène des habitants de nos campagnes désertifiées par l'Aménagement du Territoire, sur fond de vieilles croyances ancestrales...

- Sans oublier l'aspect écologique, avec les piafs, notamment...

- Et la question du quatrième âge, qui est un problème de société ! C'est presque la Marche du Siècle, notre histoire... ou le siècle de la Marche... hi hi hi !!!

- Ca mériterait des encouragements, c'est sûr, nous faisons oeuvre d'ethnologues... on devrait au moins être invités chez Cavada... Il est con, il est arriviste, mais pas plus que les autres...

- Nous provoquons même une prise de conscience face au problème du vieillissement...

- Ca mériterait une subvention... de la DRAC, par exemple...

- C'est ce que j'entendais par encouragements...

La conversation aurait pu continuer longtemps ainsi, mais nous nous serions endormis au volant. Il faut vous dire que nous sommes en XM V6 et que nous atteignons les 70 km/h dans les lignes droites, quand la route est bitumée.

Des panneaux Dunlop, plantés là en 1949, nous fournissent de précieuses indications : roulez au pas... Gouzardon 3,2 km... au trot pendant 350 mètres... Lapiau-Défaisse 0,8 km... Arbouzat-le-Grand 7,6 km... Sanatorium de Pneumachou 5,4 km... au galop... Asile de Bigourneix-le-Tavelu 3,5 km...

- On arrive dit Arnesse, je reconnais le tas de fumier à droite, et la fourche plantée à l'envers avec la chouette empalée dessus...

- Tu crois que c'est encore ouvert ?... il est 21h30... et je tiens pas compte du décalage horaire...

- Pas de problème, c'est un Eros Center de campagne, c'est subventionné par la DASS, pour retenir les jeunes dans les zones herbues, sinistrées par les ronces et les gratte-culs... y a même un distributeur de capotes... dame !... elles sont d'occasion... ils les lavent bien, les font sécher sur la corde à linge, y a rien à redire...

- Ecoute, je te fais confiance...

Mais voilà soudain qu'apparaissent les premières chaumières du bourg, la boutique du maréchal, le sabotier, un lampadaire, un autre, accroché au bout d'une longue perche en bois, et puis c'est la place, avec son épicerie-galoches et sa superbe supérette toute neuve, ils ont mis supérete, ce jour-là le droguiste était en rupture de stock, question peinture.

- C'est mieux que d'avoir supprimé une autre lettre...

- Sûr, "Upérette", ça veut rien dire...

- Et suprette non plus....

- Supérett ça fait américain...

- T'as aussi spérette, mais je crois que la conversation s'enlise encore, on est fatigués, il est grand temps qu'on reprenne des forces...

- C'est marrant, on va perdre des forces et c'est ça qui va nous en redonner...

- Comment ça ?... toi, je te vois venir, tu veux tester de la cuisse creusoise, mon salaud. Ecoute, on est là pour bosser ! La rigolade, c'est après...

Mais Arnesse a dit en stationnant sur un manche de pioche :

- On voit bien que tu les as pas vues, les gonzesses du département 23...

Alors on est descendus, on avait devant nous l'Etablissement en question, travaux financés par le Ministère de la Santé avec le concours de la Région Limousin et le sponsoring du Crédit Agricole :

                       Avec le Crédit agricole

                       Pas de danger d'attraper la vérole

                       Avec nos sicav

                       Y a de quoi en faire des raves

- Y sont vraiment attachés à la glèbe, tes ruraux... t'as vu les panneaux...

- Tu y es pas du tout, me fait Arnesse, raves c'est pas les légumes...  finis les rutabagas... c'est les raves parties... ils prononcent le "a" à la française, ça les coupe moins de leurs racines...

Arnesse actionne la fermeture centralisée, ça réveille deux pintades dans le poulailler voisin. Elles se mettent aussi sec à entonner la Marseillaise :

                 Nous sommes des pintades françaises

                 Les pieds calés dans la terre glaise...

 Une bougie s'allume dans une maison du bout de la place.

- Comment tu sais que c'est une bougie ?...

- La vieille mère Lucienne Tripotat, la bonne du curé... elle est seule, maintenant que son confesseur est à "L'Eternel Repos"...

- Ecoute, je sens qu'on va dire des cochonneries...

- Ca fait rien le Ministre de la Santé demande bien aux jeunes de s'enculer proprement, et encore sur France Inter!...

- Il dit "pénétration anale", c'est plus poli... espèce de gros porc!...

Je sais que Arnesse veut me faire bisquer. Il y arrivera pas.

- Espèce de pénétré anal! que je lui lance...

- Ah non, enculé, je veux bien, mais pas pénétré anal, ah non!...

- Eh bien! tu vois !... c'est pas des grossièretés qu'on dit, quand on raconte que la Lucienne Tripotat, elle se fourbit la motte avec une bougie, selon la tradition du Massif, et même des régions plates... même que d'ailleurs c'est ce qui réactive le rayon droguerie de la supérete avec un seul "t"!...

- C'en est pas non plus si j'ajoute, à seule fin d'être exact, que le curé de Marouillat, il se fait mettre par le pé Gastounet de Chambougnat... un pédé de campagne... ce qui l'empêche pas d'enfiler la vieille Simone Chambourcy, et tout ça équipé des capotes réglementaires, comme les jeunes, et avec les encouragements de Monseigneur Gaillot...

- Les capotes, ils les bénissent avant... comme ils faisaient pour les bombardiers...

- La religion, moi je critique pas, j'ai jamais rien compris...

- Ecoute, on va entrer. Y a un mot de passe...

- C'est le cas de le dire...

Le voilà qui donne deux coups de pieds légers dans la porte en châtaignier du pays, et le judas s'entrouvre :

- Qui que t'es donc, mon grous chat félin, à c't'heure bin tardive du souèr couchant ?

- Topinambour sac à patates

   Chacun son tour

   De voir ta chatte

- OK, boy... i am ready... darling... good night... soyez les bienvenus... guten tag... buenas noches...

Arnesse m'explique :

- C'est une femme de langue... elle est au moins quadrilingue...

- Je comprends que tu reviennes... putain !... quatre langues en même temps...

- Mais non eh patate... les langues, je veux dire le langage... il faut ça, avec l'Europe...

- Elle suce en plusieurs langues ?...

- Je t'ai dit qu'on les arrêtait, les plaisanteries...

- Mme Hubert, elle dit le contact buccho-génital, elle est médecin et ministre, alors forcément elle cause dans son baragouin à elle, je sais pas si les gens comprennent...

- Et on s'en fout d'ailleurs... entrons!

Et on entre!

Et le point d'exclamation, croyez-moi ça le mérite!

Et même plusieurs!!!

Parce que la call-girl de Marouillat-le-Marneux, elle a rien à envier à celles de Pantruche, ni d'Amsterdam, ni aux gretchens du port d'Hambourg ! Ah ça c'est de la gonzesse, on m'aurait dit une heure plus tôt "tu vas trouver un top model comme ça dans le département 23, j'aurais dit non, vous plaisantez.... l'établissement ouvre la nuit pour qu'on les voie pas en entier"...

Préjugés que tout ça !

 Elle est là, la créature! des cannes fines et bronzées, avec des pleins et des déliés, que même les instituteurs de la Troisième République, ils arrivaient pas à en calligraphier de pareils sur les cahiers d'écriture !... fines, les courbures du molleton, tiens d'ailleurs on a envie d'écrire un mollet !

Un vrai mollet de gonzesse, bien placé entre le jarret et la cheville, charnu, avec un triceps sural du tonnerre!... ah vous connaissez pas le triceps sural ? mais alors vous leur faites quoi, aux gonzesses ? vous leur chatouillez les doigts de pieds?... c'est bien aussi, évidemment, mais le triceps sural, c'est formé des deux jumeaux avec le soléaire, il faut leur pincer doucement le soléaire, et puis tout d'un coup sans prévenir vous attrapez les deux jumeaux et vous entreprenez de les masser furieusement... comme ça oui, attention, pas trop fort sur le jumeau de gauche... reprenez le soléaire... voilà, comme ça... bon, c'est juste pour faire voir, une autre fois vous saurez, vous aurez l'air moins niais en entrant dans les Eros center creusois...

Bon, on lui lâche le mollet.

Elle en a un autre !

Mais c'est de la folie!...

Et le jarret !... j'en ai pourtant vu, des jarrets, à mon âge, et des genoux et des chevilles, mais là c'est le haut de gamme... je pourrais certes vous décrire la cuisse, le mystère poilu, le nombril, tout absolument tout puisqu'elle est nue, entièrement, c'est comme ça, la Creuse mignarde, sous les habits ils sont à loilpeu, comme dit mon neveu qu'est diplômé de verlan, bac+9, à la Faculté de Chanteloup-les-Vignes... Je pourrais décrire, surtout qu'elle bouge pas vite la fille, elle est même carrément immobile en ce moment... mais si je vous décris, je me connais, je vais faire ça si bien que ce sera mieux que la réalité et, du coup, vous irez pas, à Marouillat. Par le fait, je nuirai au tourisme sexuel dans l'arrondissement de Guéret.

Non, allez-y, je peux même vous dire qu'il y en a d'autres...

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:00

 

L’Hélicon

Mon fils tu as déjà soixante ans

Ta vieille maman sucre les fraises

On ne veut plus d’elle au trapèze

A toi de travailler il serait temps

Moi je veux jouer de l’hélicon

Pon pon pon pon

Etc…

 

Boby Lapointe

N’oublions jamais Boby !

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:55

 

depardieuOn se plaint, on se plaint mais d'autres souffrent plus que nous... En ces périodes de fin d'année, pensons aux plus défavorisés et accueillez deux demandeurs d' asile chez vous ! Invitez-les à votre table et partagez un peu de votre repas avec eux, leur sourire et la joie d'être accueillis seront votre plus beau cadeau pour l'an nouveau !

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:53

A la veille d’une importante manifestation contre une loi famillicide portée par un gouvernement destructeur des vraies valeurs, nous soussignés souhaitons réaffirmer toute l’importance du nécessaire équilibre qu’apporte, pour les enfants, la présence d’une mère et d’un père dans la douce quiétude d’un foyer.
Qui peut dire ce que seraient devenus nos illustres descendants, entrés pour toujours dans l’Histoire, s’ils n’avaient connu, enfants puis adolescents, l’irremplaçable amour d’une maman et d’un papa ? Des monstres sanguinaires, peut-être, qui sait ?
Redisons-le avec force : une maman et un papa, c’est mieux ! Pensons à nos enfants !

Les signataires : M. et Mme Mussolini, parents du petit Benito ; M. et Mme Pot, parents du petit Pol ; M. et Mme Staline, parents du petit Joseph ; M. et Mme Il-Sung, parents du petit Kim ; M. et Mme Pinochet, parents du petit Augusto ; M. et Mme Franco, parents du petit Francisco ; M. et Mme d’Iran, parents du petit Shah ; M. et Mme Hitler, parents du petit Adolf ; M. et Mme Mladic, parents du petit Ratko ; M. et Mme Zedong, parents du petit Mao ; M. et Mme Hussein, parents du petit Saddam ; M. et Mme Barbie, parents du petit Klaus ; M. et Mme Ahmadinejad, parents du petit Mahmoud ; M. et Mme el-Assad, parents du petit Bachar, etc.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:48

 

Nathalie Solence, Vania Adriens Sens, Jules Bourdeaux et leurs invités :

Malek Sadki (contrebasse), Mathilde Rance, Michel Bühler, Philippe Boischot, Jean-Claude Mérillon

vous donnent rendez-vous à la VIEILLE GRILLE au 1, rue du Puits de l’Ermite 75005 Paris

les vendredi 18 et samedi 19 janvier à 21 heures et le dimanche 20 janvier à 17 heures - Réservations : 01 47 07 22 11

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:44

Pourquoi s'embêter à porter des packs d'eau si l'eau du robinet est potable chez nous.
Testons-la sans bouger de la maison. Il n'est plus nécessaire d'aller en mairie lire le panneau concernant la qualité de l'eau de votre ville. Trouvez votre commune et vous aurez le résultat . . . la date du test est indiqué en haut de page. http://www.sante-sports.gouv.fr/resultats-du-controle-sanitaire-de-la-qualite-de-l-eau-potable.html

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:42

CERTAINES PÉRIODES DE MA JEUNESSE ME FONT PENSER A CETTE CHANSON QUI NOUS DISAIT EN MODE MINEUR : Y A DES IMAGES, DES TAS DE PERSONNAGES QUI TRAVERSENT LES PAGES... ET S’ENFUIENT ».

CETTE NOSTALGIE, QUI SOUVENT ÉVOQUE MAL LE PASSÉ ET TRANSFORME PARFOIS LES RÉALITÉS EN SUBLIMATIONS DE PACOTILLE, S’EST ENSUITE ÉTENDUE À BIEN D’AUTRES MOMENTS DE MA VIE D’ADULTE.

NOTAMMENT DANS CES ANNÉES 2000 OU DE TROP NOMBREUX PARMI MES COMPAGNONS ONT QUITTE LA SCÈNE DE CES MULTIPLES APPARENCES POUR SE RÉFUGIER DANS DES COULISSES IMPROBABLES. LÀ OU DES MYTHOLOGIES DE CARTON PÂTE VOISINENT LE LUTRIN DE BOILEAU, LE NEZ DE CLEOPATRE, LE FAUTEUIL DE MOLIÈRE, UN BUSTE DE BEAUMARCHAIS SANS OUBLIER LA JAMBE EN BOIS DE SARAH BERNHARDT.

ET VRAISEMBLABLEMENT, JE DISPARAITRAI DE CE PETIT THÉÂTRE D’OMBRES OU J’AI FAIT UN PEU DE FIGURATION SANS SAVOIR SI C’ETAIT LA DROITE OU LA GAUCHE.

 

CLAUDE Janvier 2013

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:40
Chemineaux 52...
Une nouvelle aventure littéraire, à laquelle je suis heureux et fier de participer. Un blog à 3 voix : Bertrand Redonnet, Stéphane Beau et moi-même. Chacun de nous y publie en alternance un texte toutes les 3 semaines.
Nous serons ravis de cheminer en votre compagnie pendant un an.
 
 
Déjà paru :
02/01/13 : Un oiseau de malheur (Bertrand Redonnet)
09/01/13 : Dix euros, feuilleton social, épisode 1 (Stéphane Beau)
 
A paraître :
16/01/2013 : L'ire des livres / Auteurs et livres de colère et de révolte, chronique 1 (Philippe Ayraud)
 
Ci-dessous un extrait de la présentation de Chemineaux 52 par Bertrand :
 
"C'est donc parti pour ce nouveau blog à trois voix : Stéphane Beau, Philippe Ayraud et mézigue.
L’entrée est libre et, si le cœur vous en dit, c’est par ici.
Ce sera un blog à durée déterminée, cette durée déterminée étant le pari que j’ai fait (et proposé à mes deux acolytes) sur sa pérennité. Il voguera pendant les douze mois de cette année avec un texte par semaine, le mercredi, avant de se saborder en décembre.
Si toutefois il ne fait pas naufrage avant. Sait-on jamais… Même quand on pose à sa promenade une limite dans le temps, il arrive qu’une tempête vienne en contrarier la route, n’est-il pas ?"
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:37
parrainPar­rainer un(e) prisonnier(e) poli­tique palestinien(ne) : plus de 1 600 par­rains inscrits !

Le par­rainage de pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens est une démarche de soli­darité qui vise à la fois à mobi­liser et à sen­si­bi­liser sur cette question en France mais aussi à exprimer une soli­darité concrète envers les pri­son­niers en leur témoi­gnant un soutien direct et en mettant en lumière leur situation à un niveau inter­na­tional. Cette cam­pagne doit notamment per­mettre de mettre une pression inter­na­tionale sur les auto­rités israé­liennes pour qu’elles accèdent aux reven­di­ca­tions légi­times des pri­son­niers poli­tiques palestiniens.
> Lire la suite : http://www.france-palestine.org/Parrainer-un-e-prisonnier-e

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 09:47

 

Mais on est où, exactement ?

Encore une excellente question.

On est toujours à l'Eternel Repos. Plus précisément, dans le bureau de monsieur le Directeur, qui est situé stratégiquement au premier étage et qui donne sur la cour d'honneur. Arnesse m'a offert l'hospitalité.

- Que tu restes quelques jours, voilà qui serait une bonne chose... je te propose l'appartement circonvoisin du mien. Un très bon poste d'observation... à moins que tu ne préfères te déguiser en vieux...

- Ecoute, Arnesse, c'est impossible...

 Il insiste.

 Il en rajoute, même :

- Je t'assure, c'est à peine un rôle de composition... en fin de soirée tu claudiques...

- Je claudique pas... je me déhanche un peu, pour me reposer...

- Je te dis que tu claudiques... même, des fois, tu boites... et puis t'as vu ces taches sur la peau...

- C'est des grains de beauté...

- Des taches de vieillesse, mon vieux... t'as la peau des mains toute ridée...

- Tannée, hâlée... pas ridée!

- Je t'assure... tu te vois pas, mais tu ferais un octo très convainquant...

- J'ai cinquante six ans!...

- J'en ai bien un de trente sept ans...

- Je suis pas breton, je suis pas vieux, je suis pas ridé, je suis pas catholique, je claudique pas... je bois relativement modérément, je me déplace avec une certaine élégance, un peu chaloupée, je suis un homme entre deux âges, et tu vas voir, dès mon installation, tes infirmières, elles vont pas s'y tromper... j'ai même peur de semer la perturbation dans le service...

Arnesse abandonne la lutte :

- Te vexe pas... pour un sexa, t'es pas trop abîmé... j'en ai vu des pires... j'ai dit ça comme ça...

- Ecoute, moi j'ai une autre idée...

- Je suis prêt à écouter toutes les suggestions, fussent-elles jaillies du cerveau d'un sénescent !

- Eh bien voilà, le père Eugène.

- Le père Eugène, quoi?

- Le père Eugène, l'Ugène comme tu dis... ce gars là est un malin... il sait sûrement quelque chose. Seulement, il est pingre... il causera que donnant donnant...

Arnesse bondit !

- C'est bien le monde à l'envers! Ca c'est trop fort, je vais payer mes pensionnaires... tu débloques, t'es pas sénescent, t'es sénile... dangereux même...

Il a mis la main sur le bigophone.

- J'appelle le Centre de Psychothérapie du Vieillard, qu'y z'envoient le SAMU en extrême urgence, et l'hélico juste après... t'as un fusible qu'a pété, il y a pas une seconde à perdre...

Alors, d'un coup absolument prodigieux, je lui ai rabattu ma paluche musclée sur ses doigts grassouillets et le téléphone s'est aplati comme une bouse de Bourganeuf sur laquelle eût roulé un tracteur de la même région.

 Alors il a compris que j'étais encore un homme, un vrai !

- Ecoute, on arrête les conneries, sinon je me casse. D'ailleurs l'Eugène, tu fais semblant de le payer, tu lui augmentes d'autant le tarif de sa pension... et puis il va t'apporter des clients...

 Le voilà quand même un peu apaisé:

- Franchement, je suis pas emballé par ton plan. Mais j'ai guère le choix. Je sais pas si t'es de mon avis... on est des vieux potes...

- Des vieux potes, mais des hommes, des vrais, et encore jeunes !

- Faut pas qu'on s'engueule!

- Faut pas !

- Sinon, l'affaire est foutue...

- Entièrement d'accord...

- Je vais te dire ce qui nous a énervés...

- Dis-le...

- On est là, tous deux dans un polar... quasiment seuls, dans un lieu clos... la tension monte. Ce qu'il nous faut, c'est un peu d'air. L'astre du jour lance des rayons de plus en plus obliques...

- C'est exact... obliques...

- La nuit marche à petits pas...

- Tout petits... vraiment très petits...

- On avait promis des piafs au lecteur...

- Il les aura, fais-moi confiance, parce que c'est bon pour nous d'abord, et ensuite parce qu'on sait tenir nos promesses.

Alors on est descendus dans la cour d'honneur parmi les plantes aux noms latins. Les piafs étaient là, en quantité surabondante.

Il y avait le passereau de la Souterraine, le roitelet de la Courtine, le rossignol de Crouillat-en-Combrailles. Mais c'est pas tout. Car en plus, le troglodyte mignon, appelé aussi robry ou rouzby dans certaines régions, commençait à lancer ses stri stri , tandis que le pinson des arbres, appelé aussi tahin dans certaines régions, lui répondait par son fameux fink fink qui se termine traditionnellement par un iack iack des plus mélodieux.

Pendant ce temps, le moineau, le chardonneret et l'hirondelle, les accompagnaient de leur stig-lit stig-lit pour le premier, de leur zi-wit zi-wit pour les autres. Je ne connais malheureusement pas la traduction exacte de ces langages, mais ils produisaient une harmonie particulièrement touchante et bien propre à réconforter des hommes tourmentés, comme nous, par un aussi terrible secret.

Dans les berberis funambula, les fauvettes à tête noire, les rouges gorges et les pouillots fitis (appelés aussi Touïte dans certaines contrées) lançaient des trilles qui n'étaient pas loin de constituer des sérénades, voire des mélopées, peut-être même des symphonies pastorales.

 Le prunus ombrella balançait ses palmes vermiculées près du couillus enculeris, qui s'agitait au rythme des larges feuilles mordorées du clitoridium fessu, dans lequel chantaient la fauvette grise, le bouvreuil ordinaire, la mésange bleue, la pie voleuse et le torcol fourmilier. L'engoulevent d'Europe faisait entendre son fameux err-eurrr, bien connu des ornithologues. Le traquet motteux rasait le sol, comme un coiffeur fou qui ne reconnaît plus les joues de ses clients, en lançant son fameux cri d'appel: tac tac vitrec tac tac vitrec tac tac vitrec tac tac vitrec (c'est un peu agaçant à la longue, mais je me suis documenté, en principe la femelle devrait arriver dans les trente secondes... bougez pas, la voilà, observons un instant les jeux d'amour de ces créatures angéliques. Le mâle sautille d'abord sur la patte gauche, puis il sautille sur la patte droite en poussant le fameux tac tac en cadence pendant que ses ailes se hérissent et que son col se rengorge. Alors, la femelle, subjuguée, le regarde d'un air ahuri en écartant les pattes, le mâle tourne cinq fois autour, tout ça sur la même fragile brindillette, il est habile, le mâle, alors la femelle s'allonge sur le dos comme tout le monde, mais le mâle est un fier oiseau ah ça oui il est fier ! et un peu macho alors il lui dit à la femelle :

- Femelle, je t'ai dit en levrette!

Et la femelle s'exécute, ce qui est particulièrement difficile tout ça sur une seule brindille, pendant qu'on entend les tac tac vitrec qui sont vachement agaçants à la longue, elle en a du mérite, la femme du traquet motteux, surtout que lui, il fait le mariole mais en réalité il est équipé d'un très minable instrument, on le voit même pas au milieu des plumes, moi je dis qu'elle a bien du mérite, oui, la femme, dans ce milieu-là, et j'insiste pas sur la fragilité de la brindille, certains jours il y a du vent, ça balance fort et puis il y a d'autres oiseaux c'est chacun son tour d'être sur la brindille !...

 Il y a le martin-pécheur qui fait la queue avec sa femme, lui aussi !... et la bergeronnette grise avec son amant, elle s'envoie en l'air avec l'étourneau sansonnet, qui est sensiblement plus gros, ce qui ne facilite pas les choses ! Et le pic-vert, lui, quand il a fini de becqueter les troncs d'arbres, il revient du boulot, c'est le soir, une rude journée, il a peut-être envie aussi de se donner un peu de bon temps, vous trouvez pas ça légitime ? Et le loriot jaune, et la sittelle torchepot, c'est pas parce qu'on a un nom à la con qu'il faut en plus se priver des pauvres joies de l'existence !

Et l'ortolan, vous croyez qu'il passe toute sa vie sous une couche de sauce à la canelle dans les restos de luxe ? Sûrement pas, c'est un chaud lapin, l'ortolan, avec des pulsions très fortes, comme le grimpeur familier, mais lui on s'en doute, rien qu'au nom. Et il y en a d'autres, des petits oiseaux, comme la bécassine, l'épervier de Maheux, l'aigle de Meaux etc... tout ça dans la Creuse et entre parenthèses s'il vous plaît!)

Avec Arnesse, on est restés sidérés devant une telle abondance ornithologique, devant une telle luxuriance faunesque, devant une telle profusion animalière ! Et encore on s'est pas vraiment intéressés à la flore, qui est extrêmement diversifiée aussi. A Arnesse, ça lui a même donné une idée :

- Si on allait au troquet...

- Au troquet motteux?...

- Mais non... dans un estaminet... siroter une bonne bolée de cidre du pays.

- Où t'as vu un estaminet ?

- Faut pousser jusqu'à Marouillat-le-Marneux... après c'est au coin de la route de Serculeix- sur-le-Fion...

Je lui ai dit que c'était peut-être pas une mauvaise idée, parce que j'en avais ma dose, des moeurs des oiseaux dans les branchages latins de l'Eternel Repos. Des oiseaux, il en faut, je suis d'accord, mais on n'est pas obligés de les regarder tout le temps, sinon ça fait comme la télé, on sature et on s'instruit plus.

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