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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:35

Vendredi 13 janvier au soir, à une heure de grande écoute, était retransmise sur une chaîne de télévision du service public l’édition 2012 de ce qu’ « ils » appellent « La fête de la chanson française ». Au programme, bien sûr, tous ces artistes qu’il est permis de voir et d’entendre en permanence, tout au long des années qui passent, sur le petit écran et sur les ondes radio. Toujours les mêmes.
Car la « chanson française », c’est devenu ça : le show-biz, les paillettes, on tape dans ses mains, les bons sentiments qui dégoulinent jusque sur la zapette, on s’aime tous, on s’embrasse, le dernier jeune talent qui promet beaucoup, la preuve il chante avec un chapeau sur la tête, on reprend en chœur l’immortel succès d’un grand ancien disparu, « qui nous manque tant », précisera une présentatrice un peu « bas de plafond ». La grand-messe peut commencer. Et pour la bénédiction, on fera même venir une grande vedette vieillie qui aime tout le monde, un Aznavour ou cette pauvre Juliette Gréco, caricature d’elle-même.
Vendredi 13 janvier, pour cette prétendue fête annuelle de la chanson française, comme lors des années précédentes et celles à venir, n’ont pas été conviés Véronique Pestel, Béa Tristan, Gérard Pierron, Anne Sylvestre, Rémo Gary, François Gaillard, Melaine Favennec, Philippe Forcioli, Sarcloret, Gilbert Laffaille, Yvan Dautin, Jean-Michel Piton, Michèle Bernard,  Francesca Solleville, Thomas Pitiot, Gérard Morel, Michel Bühler, Jacques Bertin, Alain Sourigues, Xavier Lacouture, Pierre Delorme, Hélène Maurice, Vincent Absil, Hélène Martin, Louis Capart, Hervé Akrich, Wladimir Anselme, Laurent Berger, Michel Arbatz, Clément Bertrand, Nicolas Bacchus, Môrice Benin, Michel Boutet, Céline Caussimon, Anne Peko, Anna Prucnal, Annick Cisaruk, Christian Camerlynck, Henri Courseaux, Christiane Courvoisier, Claire Elzière, Natacha Ezdra, Entre 2 Caisses, Eric Toulis, Bruno Daraquy, Jean Duino, Agnès Debord, Dominique Grange, Joël Favreau, Jean-Luc Debattice, Marc Havet, Michel Hermon, Bernard Joyet, Jehan, Jofroi, Jean Guidoni, Marcel Kanche, Alice Dézailes, France Léa, Romain Lemire, Nicolas Reggiani, Elizabeth, Jean-Pierre Réginal, Gilles Roucaute, Claude Semal, Gilles Servat, Bruno Ruiz, Nathalie Solence, Lou Saintagne, Valérie Mischler, Annick Roux, Jean Vasca, Laurent Viel, Zaniboni, Madame Raymonde, Coline Malice, Vanina Michel, Pascal Mary, Laurent Malot, Pierre Lebelâge, Yannick Le Nagard, Hervé Lapalud, Gérard Pitiot, Dominique Ottavi, Jeanne Garraud, Gaëlle Vigneaux, Alain Léamauff, Alain Nitchaieff, Nathalie Miravette, Louis Arti, Gildas Thomas, Coko, Alain Aurenche, Presque Oui, Rue de la Muette, Christian Paccoud, Henri Tachan, Aline Dhavré, Hervé Suhubiette, David Sire, Emmanuel Depoix, Philippe Guillard, Claude Astier, Frédéric Bobin, Paule-Andrée Cassidy, Ariane Dubillard, Mona Heftre, Jean Dubois, Grabowski, Thomasi, Olivier Trévidy, Wally… (j’en oublie beaucoup, liste à compléter par le lecteur)…
Comme Allain Leprest, qu’un crétin branché à carte de presse oublie de citer dans l’article de Libération qu’il consacre aux chanteurs disparus au cours de l’année 2011, vous n’existez pas, amis de la chanson de paroles, ou si peu…
Mais le trou dans lequel on vous enterre chaque jour un peu plus ne semble pas encore assez profond aux yeux de tous. Interrogé sur son métier pour le journal La Croix, Bénabar, chantre avant-gardiste du banal, porte-voix de la réhabilitation de l’insignifiant, de l’exaltation du dérisoire et du futile, s’est trouvé un combat urgent et d’importance à mener : « Je défends bec et ongles la chanson de divertissement. Si vous écoutez les mêmes chansons que votre boulangère, vous n’avez pas forcément échoué dans la vie. »
Et ta boulangère, Bénabar, elle a une Rolex ?

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:26

Pour l’égal traitement, je suis d’accord…, mais avec le retrait de TOUTES les religions en terres laïques où la conscience universelle doit remplacer le fol irrationnel obscurantiste. Je me suis moi-même prononcé pour tout ce qui est indigne dans « nos » fêtes de Noël :
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/les-jours-obscenes-107199
L’incroyable, pour moi, c’est que ce soit justement les dits Écologistes qui fassent la promotion d’un bonus de cruauté animale, alors qu’on les attend ailleurs.
Mais réflexion faite, je ne suis pas trop surpris, c’est dans la ligne, les Verts de toutes sortes n’aiment pas plus les animaux que la nature, nous avons affaire à des environnementalistes d’une banalité lamentable, comme il en est de tous ceux qui ne se sentent pas biocentristes. Je n’ai jamais vu un « écolo » (au sens électoraliste) s’indigner contre la souffrance animale. Alors, ces anthropocentristes ne peuvent que faire l’apologie de l’égorgement pour… gagner quelques voix. Effa Choli s’était déjà prononcé favorablement pour la corrida et pour la chasse. Il lui reste à cosigner la vivisection et le port des fourrures…
Il devient désespérant d’être Vert, et encore plus sous le sigle EELV.
 
Pourquoi les Verts ne sont-ils pas animalistes ? CQFD :
http://unautreregardsurlemondetarrier.wordpress.com/2011/05/26/pourquoi-les-ong-ecolos-et-les-partis-verts-ne-sont-ils-pas-animalistes/
Moralité, un flop :
http://www.liberation.fr/societe/01012382974-avec-ses-jours-feries-eva-joly-fait-un-flop
Réponse de Madame Bardot (lire sa lettre en lien dans l’article) :
http://www.francesoir.fr/actualite/politique/aid-el-kebir-brigitte-bardot-attaque-eva-joly-173544.html
EELV : la débandade
http://24heuresactu.com/2012/01/13/eelv-cohn-bendit-voterait-hollande-et-pas-eva-joly/
 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:23

On a du mal à croire un truc pareil ! et pourtant...
Un sénateur présente ses notes de frais à la trésorerie du Sénat, dont deux notes d'un même restaurant : l'une de 1.428 euros (51 convives) et l'autre de 1.064 euros (38convives), etc.
Les services de la trésorerie ont cependant un doute : il semblerait qu'il s'agisse de fausses factures … aah bon? ...que le resto en question appartient à la propre fille de ce sénateur  ... aaah bon? ... lequel sénateur y détient aussi des parts du capital … aaaah bon ?
Allégations évidemment réfutées par le sénateur qui s'indigne de ces soupçons et déclare vouloir porter plainte pour diffamation. Il produit à l'appui de ses protestations d'innoncence un communiqué de soutien de la Présidence du Sénat ( sur papier à en-tête de la présidence, avec signatures et tout et tout ...).
Problème : après une rapide enquête, ce document se révèle être un faux !
Récapitulons : népotisme, fausses factures, faux en écritures publiques, tentative de détournement de fonds publics, la totale quoi !
Vous-vous dites qu'une histoire comme celle-là se passait en Tunisie avant la révolution jasminisée, ou bien au Tadjikistan oriental ou à la rigueur dans une quelconque république bananière d'Amérique du Sud !
Et bien non camarades ! Ca se passe en France et en ce moment (2011) !
Le sénateur en question s'appelle Jean-Marc Pastor (PS) et, tenez-vous bien, il est un des trois «questeurs» du Sénat, c'est-à-dire un des 3 bons garçons à l'attitude exemplaire chargés de gérer et de contrôler les 350 millions annuels que nous coûte cette « noble » institution et qui ont essayé (je parle toujours des 3 questeurs) de s'octroyer dans la plus ou moins grande discrétion 3.500 euros de « prime" fin juin 2011.
Les sénateurs (de tous bords politiques faut-il préciser...) ont tenté en vain d'étouffer l'affaire afin qu'elle ne s'ébruite pas. Ca ferait mauvais effet pour eux....
Trop tard ! L'information a filtré !
Question : messieurs les sénateur vont prendre des sanctions contre J.M. Pastor, révoquer son mandat, porter plainte contre lui ou quelque chose dans ce genre ?Vous pouvez toujours courir mes amis ! L'année prochaine ou dans  3 ans, Pastor sera toujours sénateur et tout aura été oublié …
Le traintrain quotidien dans les institutions de la République, quoi...!


http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/07/05/les-notes-de-frais-d-un-questeur-du-senat-empoisonnent-l-atmosphere-au-palais-du-luxembourg_1544843_3224.html

 

http://www.franceinfo.fr/france-politique-2011-07-05-le-senateur-jean-marc-pastor-va-rembourser-ses-notes-de-frais-548520-9-10.html

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:17

Cher Père,
Bruxelles est une ville merveilleuse, les belges sont gentils et j'aime vraiment cette ville.
Mais, papa, j'ai un peu honte d'aller à l'école avec ma Ferrari 599GTB plaquée or, alors que les profs et les autres élèves viennent en train.
Ton fils qui t'aime, Nasser.


Le jour suivant, il obtint une réponse :
Mon cher fils adoré,
Vingt millions d'Euros viennent d'être transférés sur ton compte personnel.
Ne fais plus honte à tes parents et va vite toi aussi t'acheter un train !
Ton père qui pense à toi.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:13

vaseline.jpgInstituteur : 1.600 € pour préparer à la vie.
Gardien de la paix : 1.600 € pour risquer sa vie.
Pompier professionnel : 1.800 € pour sauver une vie.
Médecin : 5.000 € pour nous maintenir en vie.
Sénateur : 19.000 € pour profiter de la vie.
Ministre : 30.000 € pour nous pourrir la vie !!!
Petite comparaison entre deux démocraties :
États-Unis : 300 millions d’habitants
100 sénateurs
435 représentants
France : 60 millions d’habitants
350 sénateurs
577 députés.
Si les États-Unis faisaient comme nous, ils auraient 2100 Sénateurs et 3462 députés !
Si, en France, nous faisions comme les États-Unis, nous n’aurions que 17 sénateurset seulement 73 députés!!
Et là, nous ferions des économies, tout en restant une démocratie !
C’est court, c’est précis, c’est éloquent et… ça nous coûte très, très, cher !!!

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:03

librepensee.jpg

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:56

Vous serez peut être étonnés d'apprendre que Moscovici est le vice-président du Cercle de l’Industrie, un des plus importants lobbies patronaux du CAC 40. Et, bien oui, le directeur de campagne du candidat socialiste est un des dirigeants d’un des plus importants lobbies du CAC 40 !
Si c’est vrai ça confirme que l’UMP ou Les socialistes, Le MODEM ou N’importe lequel des partis établis nous mèneront vers la continuation de la débâcle !!!
Pour Hollande, on savait déjà que c'était ainsi et même Strauss Kahn en est un des membres fondateurs. C’est pas demain que les classes moyennes et ouvrières seront défendues par ces professionnel de n’importe quel bord au service de profits avant toute chose. il n’y a pas de décision prise aujourd’hui qui ne mette en priorité l’avantage “profit” au détriment de l’avantage “hommes” !!!

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:53

Le président du Parlement palestinien, Aziz Dweik, membre du Hamas, a été arrêté jeudi par l'armée israélienne en Cisjordanie, a déclaré à l'AFP son directeur de cabinet.
M. Dweik, a été arrêté à un barrage de l'armée israélienne à Jabaa, entre Ramallah et Jérusalem, alors qu'il se rendait à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, a précisé son directeur de cabinet, Bahaa Youssef.
Les soldats israéliens l'ont arrêté au barrage et l'ont informé qu'il se trouvait en état d'arrestation, selon la même source.
En mai, M. Dweik avait été bloqué à un barrage militaire israélien en Cisjordanie avec trois autres députés du Hamas, dont un, Nizar Ramadan, avait été arrêté tandis que ses camarades étaient autorisés à repartir.
 Le premier vice-président du Parlement palestinien Ahmad Bahar, basé à Gaza, également membre du Hamas, a dénoncé dans un communiqué l'enlèvement de M. Dweik, qui vise à saper les efforts de réconciliation (entre mouvements palestiniens rivaux, NDLR) et perturber le travail législatif en Cisjordanie.
Le porte-parole du gouvernement du Hamas à Gaza, Taher al-Nounou, a également condamné l'enlèvement d'Aziz Dweik et mis en garde contre les conséquences de toute atteinte à sa personne, dans un communiqué appelant à sa libération immédiate.
L'armée israélienne a confirmé l'arrestation de M. Dweik. Des soldats israéliens ont arrêté M. Dweik à un barrage, car il est soupçonné d'être impliqué dans les activités d'un groupe terroriste, a déclaré un porte-parole de l'armée israélienne à l'AFP.
Le Conseil législatif (Parlement) palestinien, dominé par le Hamas est paralysé depuis la prise de contrôle de Gaza par le mouvement islamiste en juin 2007 aux dépens du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.
> Les deux mouvements sont actuellement engagés dans un laborieux processus de réconciliation qui prévoit notamment la réactivation du Parlement.
> Professeur de géographie à l'Université Al-Najah de Naplouse, dans le sud de la Cisjordanie M. Dweik, député dans la circonscription de Hébron, a été élu en février 2006 lors de la séance inaugurale du Parlement après la victoire du Hamas aux législatives de janvier 2006.
Parmi les 74 députés du Hamas, sur 132 membres du Conseil législatif, 21 sont d'ores et déjà emprisonnés par Israël. La grande majorité, ainsi que deux ex-ministres, ont été arrêtés en Cisjordanie depuis octobre 2010.
La quasi totalité de ces responsables du mouvement islamiste faisaient partie des 64 parlementaires et membres du gouvernement Hamas arrêtés par Israël après la capture du soldat israélien Gilad Shalit en juin 2006 près de la bande de Gaza.
Ce dernier a été libéré le 18 octobre dans le cadre d'un échange de prisonniers entre Israël et le Hamas.
En outre, deux députés du Fatah et un du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche) sont actuellement détenus par Israël, selon des sources parlementaires palestiniennes.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:41

  Chassez le naturel, il revient au galop. J’ai d’abord eu envie de m’orienter sur d’autres films, d’autres réalisateurs, mais lorsqu’on aborde le thème du huis-clos au cinéma et qu’on est grand amateur de l’œuvre de Roman Polanski, quoi de plus normal que d’en faire son sujet de rédaction ?
  Le 19e long-métrage du cinéaste s’apprête à sortir sur les écrans (fin 2011), et il aurait certainement collé à notre sujet, puisqu’il s’agit d’une adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza, « Le Dieu du Carnage », et que l’histoire se déroule en vase clos, en la présence de deux couples. En attendant, cela ne nous empêche pas de parcourir l’œuvre que Polanski a bâtie depuis 1962, car les films proposant des huis-clos sont récurrents chez lui.

Les huis-clos qui prennent l’air
  Dès son premier long-métrage, « Le couteau dans l’eau » (1962), le cinéaste polonais met en scène trois personnages qui vont passer l’essentiel de leur temps sur un bateau. Nous ne sommes pas dans un lieu renfermé, mais au contraire ouvert sur un grand espace. La sensation d’isolement n’en est pas moins présente, surtout lorsque la tension psychologique va crescendo au fil des séquences, entre jalousie et rivalité masculine, désir et frustration. On trouve des similitudes avec ce premier film dans « Lunes de fiel », tourné 30 ans plus tard. Deux éléments y reviennent de façon significative : une bonne partie de « Lunes de fiel » se déroule sur un navire, certes plus grand que dans « Le couteau dans l’eau », mais où l’isolement des quatre personnages principaux se ressent de la même manière (il n’y a quasiment pas d’échanges avec les autres passagers, pourtant nombreux). Quant aux sentiments ambigus qui les animent, ils sont tout aussi compliqués : le final de « Lunes de fiel » sera d’ailleurs bien plus tragique. Cependant, si l’action présente du film se déroule intégralement sur le bateau, le concept de huis-clos est désamorcé avec le principe récurrent du flash-back, tout au long de l’histoire (ce qui nous permet d’en apprendre plus sur le passé des protagonistes), contrairement au « Couteau dans l’eau », où la narration est linéaire de bout en bout. 
  On retrouvera ce même isolement et aussi peu de personnages dans « Cul-de-sac », en 1966. Les acteurs sont sur la terre ferme (l’eau joue cependant un rôle, encore une fois), mais ne quittent guère le château qui leur sert d’habitation, et comme, là encore, un suspense psychologique s’installe, l’étouffement ne tarde pas à guetter le spectateur. Bien souvent, Polanski parvient à instaurer un climat oppressant dans des endroits de rêve (c’est le cas avec « Cul-de-sac »). Mais, contrairement au « Couteau dans l’eau » et « Lunes de fiel », dont le ton reste assez dramatique, le cinéaste revient avec « Cul-de-sac » à un esprit de dérision et de décalage qui était déjà l’une des marques de fabrique de ses courts-métrages, et que l’on retrouvera encore fréquemment dans ses films ultérieurs.
  Bien plus tard, en 2002, Polanski traitera dans « Le Pianiste » un sujet difficile avec beaucoup de sobriété : la Seconde Guerre mondiale. Si nous sommes loin d’un huis-clos au sens strict du terme (nous suivons le personnage principal, qui se déplace fréquemment), il y a néanmoins des passages conséquents où Adrien Brody (qui interprète le rôle-titre) se retrouve seul dans des endroits confinés, à l’abri (provisoirement) de l’énorme conflit qui se déroule autour de lui. Comme quoi, au cinéma, tout est possible, y compris montrer de façon intimiste un sujet à l’ampleur démesurée comme la Guerre.

La « Trilogie des appartements »
  Si nous avons précédemment évoqué des « faux huis-clos », cette rubrique et la suivante passeront en revue des œuvres qui correspondent plus directement au sujet qui nous intéresse. Dans les écrits consacrés à Roman Polanski, on trouve régulièrement ce terme de « Trilogie des appartements ». Il désigne les trois films suivants du cinéaste : « Répulsion » (1965), « Rosemary’s Baby » (1968) et « Le locataire » (1976). Leur principal point commun est de nous présenter trois cas de personnages sérieusement perturbés, habitant tous un appartement où se déroulent d’étranges évènements. Nous ne rentrerons pas dans des délires interprétatifs de ces films, ce n’est pas ici le sujet, mais force est de constater qu’à chaque fois, l’isolement caractérise les principaux protagonistes. Ils passent le plus clair de leur temps renfermés chez eux… là, des voisins bizarres se manifestent, les bruits insolites se multiplient, les murs ont des oreilles, des bras (cf l’appartement de Catherine Deneuve dans « Répulsion »), et parfois des dents (cf la scène mémorable du « Locataire »).
  Cette trilogie (qui n’a bien évidemment pas été pensée comme telle par le cinéaste) ne propose pas des huis-clos au sens strict, puisque quelques scènes permettent de nous échapper à l’extérieur (à chaque fois, on devine que ce n’est pas pour longtemps). Mais la sensation d’enfermement, palpable dans les films cités dans la première catégorie, devient omniprésente avec ces trois œuvres. Précisons encore que, si le final de « Rosemary’s Baby » est assez ambigu, « Répulsion » et « Le locataire » proposent un dénouement tragique, grand-guignolesque dans le second cas, et de ce fait fort dérangeant.
  Dans ces trois longs-métrages, la notion d’enfermement est avant tout dûe aux personnages eux-mêmes, qui s’isolent plus ou moins volontairement, Polanski infligeant de son côté un traitement fantastique à ses intrigues (alors que la thèse du rationnel se tient à peu près dans chaque cas).
  Parfois, le pire peut bel et bien se trouver de l’autre côté de nos murs et derrière notre porte…

Théâtre au cinéma   
  Ce n’est pas un secret, Roman Polanski a toujours entretenu des liens étroits avec le théâtre. Il y a été plusieurs fois metteur en scène ou acteur, il n’est donc pas surprenant de trouver dans sa filmographie trois adaptations de pièces (la dernière restant à découvrir en salle, comme je l’ai dit plus haut).
  « MacBeth », en 1971, fut sa première incursion dans le genre : il signe un film violent, sombre, contournant de nombreux travers propres aux adaptations de pièces en films. Respectueux de Shakespeare, le cinéaste enferme progressivement le couple principal dans son château. Lady MacBeth ne quitte jamais sa demeure, quant à son époux, il s’y emprisonne également, torturé par ses remords, ne s’échappant plus que pour consulter les sorcières, dans une séquence qui rappelle furieusement le cauchemar de « Rosemary’s Baby ». Si la première demi-heure de « MacBeth » nous entraîne dans des extérieurs vastes et pluvieux, la suite du long-métrage nous fait pénétrer dans la folie du couple principal, prisonnier à la fois de son château et de sa culpabilité. Les crimes atroces commis rongent ces personnages épris de pouvoir, et le tout débouche sur une recette fréquente dans l’univers du cinéaste : enfermement = folie (la manifestation de cette dernière est souvent illustrée chez Polanski par des hallucinations – « MacBeth » ne fait à ce titre pas exception à la règle).
  Il faut attendre 1994 pour que le réalisateur revienne au théâtre par le biais du film « La jeune fille et la mort » (adaptant la pièce du même nom, signée Ariel Dorfman). Il s’agit certainement de l’œuvre collant le mieux au sujet de ce numéro : trois personnages seulement, un décor quasi-unique, la maison isolée du couple principal (la fin se déroule à l’extérieur, non loin de la maison). Comme toujours, une tension psychologique intense s’installe au fur et à mesure de la confrontation entre cette femme et son présumé tortionnaire. La présence du mari de la victime ne parviendra pas à tempérer cette montée en puissance de l’angoisse. Tout comme Hitchcock dans nombre de ses films, Roman Polanski se révèle un excellent maître du suspense, dosant ses effets, laissant planer jusqu’au bout un doute qui finit par ronger le spectateur lui-même. L’action se déroule sur une nuit, et comme toujours, la folie guette ces personnages en proie à leurs peurs, leur paranoïa. Le final s’avérera cependant moins violent que pour la plupart des films déjà cités.
  Je terminerai ce petit périple polanskien en mentionnant le film « Une pure formalité » de Giuseppe Tornatore. Polanski ne l’a pas réalisé, mais il en est l’interprète principal aux côtés de Gérard Depardieu. Or, le film, qui aurait pu être signé du réalisateur (nous ne sommes pas loin de son univers), est un huis-clos en bonne et dûe forme, avec des personnages ambigus et psychologiquement torturés. Sorti en 1994, le film est peu connu, et à voir selon moi, tant pour ses qualités (le face-à-face Depardieu-Polanski est passionnant) que pour découvrir une autre facette du talent de Roman Polanski.
(Cet article est initialement paru dans le fanzine de l’association de cinéma castelroussine Travelling)

 

CARNAGE de Roman Polanski
  Cela faisait longtemps que Roman Polanski n’avait pas enchaîné deux films en aussi peu de temps : en effet, son 19e opus, adaptation de la pièce de théâtre écrite par Yasmina Reza, « Le Dieu du Carnage », a suivi de peu « The Ghost Writer », sorti début 2010.
  On sait que Polanski a travaillé sur le scénario de « Carnage » pendant sa retraite forcée en Suisse, entre 2009 et 2010. Il a rapidement mis en chantier le tournage suite à sa libération, s’offrant un joli casting pour interpréter ces deux couples qui vont ‘s’affronter’ entre quatre murs. Le concept de huis-clos, déjà traité par le réalisateur, est cette fois respecté dans les règles de l’art. Pendant 80 minutes, on ne quitte pas le domicile du couple Jodie Foster-John C. Reilly, où s’est rendu le second couple, Kate Winslet-Christopher Waltz. Tous les quatre veulent régler un différend concernant leurs enfants, le fils de Winslet-Waltz ayant frappé celui du couple Foster-Reilly.
  En partant d’un postulat basique, voire anecdotique, le film s’envole rapidement. Car, inévitablement, la situation dégénère, et, alors qu’à plusieurs reprises le couple en visite semble décidé à partir, un détail retient à chaque fois tout ce petit monde (ah ! l’épisode du hamster qui est mis dehors !).
  Polanski, qui a déjà traité du voyeurisme dans certains de ses films (« Le locataire », pour ne citer qu’un exemple), place ici le spectateur dans ce rôle, de façon frontale : nous assistons, et pour notre plus grand plaisir (le film est très drôle), aux engueulades successives des parents, qui essaient tantôt de minimiser la responsabilité de l’un des enfants, tantôt d’égaliser les fautes des deux côtés. Nous pénétrons dans l’intimité de chacun des personnages, et, pris au premier degré, le film pourrait devenir gênant tant les protagonistes se dévoilent, les uns après les autres. Les travers de chacun, ainsi que les manies, sont passés au crible, sous l’œil de la caméra polanskienne (il est d’ailleurs amusant de noter le caméo que fait le cinéaste, dans le rôle du voisin, dans l’entrebâillement de sa porte d’entrée – procédé auquel Polanski n’avait pas eu recours depuis un bon moment dans ses films).
  Techniquement, le film est assez virtuose, comme d’habitude avec le réalisateur : l’utilisation de l’espace est parfaite, les cadrages sont toujours justes, nous immergeant dans ce décor pourtant restreint, et se resserrant ensuite pour cerner au mieux les émotions et les expressions des personnages.
  Si Jodie Foster a physiquement pris un coup de vieux, son jeu est toujours aussi remarquable. Elle a pourtant le rôle qui pourrait être le plus agaçant… Christopher Waltz, parfait (déjà dans le film de guerre de Tarantino, il était fabuleux), donne rapidement le ton avec son personnage : la tronche qu’il tire dès les premières secondes de son apparition est à elle seule jubilatoire. Quant à Kate Winslet, elle est comme toujours impeccable, et, des années après « Titanic », demeure à mes yeux l’une des plus belles femmes du cinéma anglo-américain contemporain.
  « Carnage » vaut donc le détour, et confirme, après le brillant « The Ghost Writer » que, malgré une carrière exceptionnelle de 50 ans, Roman Polanski est toujours un cinéaste aussi surprenant et talentueux… je n’espère qu’une chose : qu’il remette vite ça !

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:14

On le sait de longue date, la liberté d'expression est un acquis fragile, sans cesse menacé, et de bien diverses manières.
Ainsi, à l'instigation des néolibéraux et de ceux qui veulent la privatiser, La Poste a mis en place des obstacles matériels et financiers de plus en plus élevés pour ne plus avoir à distribuer au tarif presse les petits journaux de la presse libre, dont « À Contre Courant » est l'un des exemples. Dans l'incapacité de satisfaire aux contraintes de routage et de coût imposées par La Poste et le gouvernement, des milliers de revues ont été asphyxiées ces dernières années. L'espace démocratique qu'elles préservent se réduit comme peau de chagrin.
«  À Contre Courant » est aujourd'hui menacé de disparaître.
« À Contre Courant » est une revue mensuelle qui paraît depuis 23 ans. Inscrite à la CPPAP (commission paritaire des publications et agences de presse), elle envoie chaque numéro à près de 1400 exemplaires au tarif presse. Outre des difficultés liées aux exigences toujours plus grandes de La Poste en matière de coût, de prétri et de présentation des envois, la revue est aujourd'hui confrontée à un véritable ultimatum de la part des responsables de la plateforme industrielle du courrier (PIC) de Mulhouse, dont elle dépend pour ses expéditions. Il lui est en effet demandé de placer impérativement ses exemplaires sous enveloppe ou sous film plastique à partir du 1er janvier 2012. À défaut de quoi, elle ne bénéficierait plus du tarif préférentiel de presse qui, même s'il augmente dangereusement depuis des années, demeure en deçà du tarif lent ordinaire.
Une « tolérance » lui est obligeamment accordée jusqu'à l'échéance, pour continuer à effectuer les envois sous bande (en l'occurrence un pli vertical serti par une étiquette qui sert également à l'adressage), modalités postales de vigueur depuis toujours.
Il s'agit là d'une contrainte odieuse pour au moins deux raisons :
La première est de principe: mettre sous enveloppe constituerait un gaspillage de papier préjudiciable à l'environnement, en contradiction avec notre sensibilité, et les propres intentions affichées de La Poste. Une mise sous plastique serait encore plus préjudiciable de ce point de vue.
La seconde est liée au coût de mise en oeuvre de la mesure. Outre l'insupportable  surcoût financier qu'elle induirait (il faudrait en passer par un prestataire de routage), elle épuiserait encore davantage l'énergie militante de la petite équipe qui porte la revue à bout de bras depuis ses origines, et accomplit la totalité des tâches de conception, depuis l'impression et la reliure jusqu'à la mise en distribution. Ceci reviendrait à signer la disparition du titre, tout au moins dans sa version papier.
Une mesure générale ?
Pour autant que nous le sachions, cette initiative concerne au moins 7 ou 8 journaux édités dans le Haut-Rhin (et peut-être d'autres en région Alsace), de l'aveu même d'un agent de la PIC chargé de son application dans le département. Les menaces qui pèsent sur la revue sont elles-mêmes à resituer dans le contexte de libéralisation/privatisation tous azimuts mis en œuvre par tous les gouvernements successifs depuis plus de vingt ans. La phase « finale » de ce processus est décrite en détail dans le « Protocole d'accord État - Presse- La Poste » du 23 juillet 2008.
Des objectifs communs
Si les nouvelles mesures menacent la survie ou tout au moins le fonctionnement dans de bonnes conditions de ces revues militantes, et donc de manière plus générale la liberté d'expression, elles sont aussi directement préjudiciables aux intérêts du personnel du centre de tri : la mise sous pli papier ou sous plastique permettrait une automatisation des tâches encore plus poussée, entraînant probablement une réduction des emplois, tout en éloignant encore l'opérateur public de l'un de ses rôles les plus précieux depuis l'après-guerre : garantir et faciliter la circulation des idées.
AGIR DES MAINTENANT
Vous pouvez nous aider de plusieurs façons :
- En appelant quelques uns des contacts spécialisés du groupe La Poste que nous mettons à votre disposition dans les 2 pages spéciales du n°228 que nous consacrons à cette histoire (en version PDF) : http://www.acontrecourant.org/wp-content/uploads/2011/10/acc228pic-presse.pdf
- En réclamant auprès du médiateur du groupe La Poste à partir de cette adresse : http://www.laposte.fr/mediateurdugroupe/
En contactant le collectif de soutien qui se structure dans le département du Haut-Rhin (car d'autres revues sont pareillement concernées), auprès notamment des syndicats SUD PTT et CGT PTT.
- En vous abonnant à la revue, en ligne par Paypal (colonne droite du site), ou par retour de courrier à : A Contre Courant BP 12123 68060 Mulhouse cedex
- En nous faisant un don via Paypal (colonne droite du site) ou par retour de courrier à cette adresse : A Contre Courant BP 12123 68060 Mulhouse cedex 2.
Merci par avance pour votre soutien.
Les coordonnées internet de la revue "A Contre Courant" sont:
Site: www.acontrecourant.org ou www.acontrecourant.info
Courriel: courrier@acontrecourant.org

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