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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 10:01

Egypte, Inde, Qatar et maintenant Australie... depuis plusieurs années, l'industrie militaire française se porte plutôt bien. Les entreprises d'armement de l'hexagone ont signé de beaux contrats. En voici le top 6.

Le grand bénéficiaire de ces ventes record est sans aucun doute Dassault Aviation, qui célèbre le centenaire de ses avions cette année, et qui a vu son carnet de commandes bondir de 113% en 2015 grâce aux contrats à l'exportation du Rafale, acheté par l'Egypte et le Qatar.

Pourtant, depuis son entrée en service en 2004 dans les forces armées françaises, le Rafale avait essuyé six échecs à l'export. Le récent succès de ses ventes vaudra à Serge Dassault, PDG de l'entreprise éponyme, de déclarer en janvier dernier que «François Hollande et le ministre de la Défense sont excellents pour la vente de nos avions», allant même jusqu'à sacrer Jean-Yves Le Drian de «meilleur ministre de la Défense qu'on ait jamais eu». Un superlatif qui ne risque pas de le quitter puisque le groupe français DCNS vient de remporter le contrat du siècle en Australie pour la construction de douze sous-marins diesel de nouvelle génération. Un contrat militaire de 50 milliards de dollars australiens (34 milliards d’euros), le plus important jamais passé par ce pays, dont l’annonce a été célébrée dans les deux pays. En France, du côté de l’Elysée comme de Matignon, on a aussitôt salué ce succès, particulièrement bienvenu dans le contexte actuel.

Qatar : 6,3 milliards d'euros

Après avoir longtemps été boudé et concurrencé par les F16 américains, le Rafale connaît un nouveau succès avec la vente de 24 avions de combat au Qatar en avril dernier. Les avions, six biplaces et 18 monoplaces, seront livrés à partir de 2018 avec une livraison par mois à raison de 11 avions par an, selon le ministère de la Défense. Ils seront équipés de tous les armements possibles, notamment des missiles de croisière air-sol et missiles air-air les plus récents. Une centaine de mécaniciens qataris très spécialisés seront formés en France, ainsi que 36 pilotes.

En outre, le groupe de construction navale militaire DCNS est candidat à la vente de trois frégates antimissiles à Doha - un marché de trois à quatre milliards d'euros - et le constructeur Nexter pour celle de 300 véhicules de combat de type VBCI (2 milliards d'euros).

En 2014, Doha a également signé une lettre d'intention pour l'achat de 22 hélicoptères européens NH90, d'un montant de près de deux milliards d'euros. Les appareils doivent être fabriqués en France et en Italie.

Brésil : 6 milliards d'euros

En 2008, la France signe avec le Brésil des contrats portant sur l'achat de 50 hélicoptères militaires EC-725 (Caracal) quatre sous-marins d'attaque Scorpène et la construction d'un sous-marin à propulsion nucléaire pour un moment de 6 milliards de d'euros. Parallèlement France s'est engagé à un transfert de technologie.

Egypte : 5,2 milliards d'euros

La France a signé en février dernier au Caire le premier contrat d'exportation de son avion de combat Rafale avec l'Egypte qui en a acquis 24 exemplaires. D'un montant total de 5,2 milliards d'euros, les contrats incluent, outre les 24 Rafale, une frégate multimission FREMM du groupe naval DCNS ainsi que des missiles conçus par MBDA.

Menée en un temps record, à peine trois mois, cette vente à l’initiative du Caire marque le souhait de l'Egypte de diversifier ses sources d'armements et de s'affranchir de la tutelle américaine, dont elle était très dépendante jusque-là.

A Doha, en mars dernier, Jean-Yves Le Drian a par ailleurs aussi réussi à revendre les Mistral qui avaient initialement été construits pour la Russie à l'Egypte. Le montant de l'accord s'élève autour de 950 millions d'euros.

Inde : 8 milliards d'euros... en suspens

Le PDG de Dassault aviation, Eric Trappier, espère conclure «un à deux contrats» à l'exportation du Rafale en 2016, notamment celui maintes fois annoncé avec l'Inde, a-t-il déclaré au magazine Challenges.

Les négociations de vente de 36 avions de combat Rafale à l'Inde coincent en effet sur la question de l'étendue des transferts de technologie à consentir par l'avionneur français. Ces négociations sont en phase finale, mais aucun accord n'a encore été conclu, a précisé il y a dix jours un responsable du ministère indien de la Défense à l'AFP. «Si l'Inde signe pour 36 Rafale, nous serons bien placés pour fournir, si New Delhi confirme son besoin de 126 appareils de combat, les 90 suivants», assure Eric Trappier.

Liban : 2,2 milliards d'euros (partiellement validé)

Un important contrat (dit «Donas»), de 2,2 milliards d'euros, de fourniture d'armements français au Liban conclu en avril 2015 a été suspendu en février dernier par l'Arabie saoudite qui devait le financer par un don. La France avait alors livré 48 missiles antichar Milan mais le gros du contrat n'a pas été exécuté.

Pologne : 3 milliards d'euros (non validé)

Quand Varsovie était gouverné par les libéraux centristes, elle avait opté en avril 2015 pour l'achat de 50 hélicoptères Caracal d'Airbus, estimés à plus de 3 milliards d'euros. Les contrats définitifs n'ont toutefois pas été signés et la nouvelle majorité conservatrice critique le choix d'Airbus, au nom du soutien aux usines polonaises de défense.

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 09:52

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi 23 avril à Hanovre, dans le nord de l’Allemagne, contre le projet d’accord de libre-échange transatlantique que Barack Obama et Angela Merkel défendent à l’unisson, à la veille de la visite du président américain dans le pays.

Lire aussi : Traité transatlantique: une harmonie encore à trouver

La foule – plus de 35 000 personnes selon la police, 90 000 selon les organisateurs – a défilé dans le calme jusqu’en milieu d’après-midi, arborant des pancartes contre le TTIP, un des acronymes de cet accord très controversé, également appelé Tafta.

« Nous ne voulons pas du TTIP. Nous souhaitons la démocratie, pas la culture du secret et le pouvoir des grandes entreprises », s’insurge Hanna Berlin, une retraitée de 66 ans.

« Il n’y a aucune raison de marcher dans les pas des Etats-Unis. La société européenne n’a pas besoin de progresser au détriment de l’environnement », renchérit Ladislav Jelinek, un Tchèque de 38 ans résidant en Allemagne depuis deux ans.

Avec seulement 17 % des Allemands voyant l’accord TTIP comme « une bonne chose », selon un sondage de la Fondation Bertelsmann, le pays est à la pointe de la contestation européenne et avait déjà vu défiler entre 150 000 et 250 000 personnes à Berlin en octobre. ONG et syndicats dénoncent depuis des mois l’accord, qui nivelle selon eux les normes sanitaires européennes par le bas, et laisse la possibilité aux multinationales de contester les lois d’un Etat devant une justice d’arbitrage.

Scepticisme partagé par les Américains

Le scepticisme enfle d’ailleurs des deux côtés de l’Atlantique : 15 % des Américains pensent que l’accord TTIP est « une bonne chose », contre plus de 50 % en 2014.

En visite à Londres, M. Obama s’est montré compréhensif samedi à l’égard des craintes suscitées par le projet de traité. Par le passé, les accords commerciaux ont « parfois servi les intérêts des grandes entreprises et pas nécessairement ceux des salariés des pays où elles sont installées », a-t-il reconnu.

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 09:50

Heiko Maas n’a pas été en mesure, ce 1er mai, de terminer son speech sur la place du marché de Zwickau (Allemagne). Son discours solennel a été copieusement sifflé, et il a été finalement chassé de la tribune par le public présent. Les gens n’ont pas arrêté de lui crier « traître au peuple », « rat de gauche », casse-toi », « nous sommes le peuple », et autres « Maas doit partir ». Il a donc interrompu brutalement son allocution et s’est enfui, escorté de ses gardes du corps armés, dans sa Mercedes blindée.

C’est ainsi que le journal financier international en ligne Zero Hedge décrit dans un court article le triste état de la démocratie en Allemagne. Car à travers les prétendus représentants du peuple, et leur lucrative collusion avec les intérêts économiques puissants, les hommes politiques de premier plan issus des partis soi-disant populaires de la CDU/CSU et du SPD, dirigent les affaires du pays en étant de plus en plus déconnectés des citoyens et de leurs préoccupations.

Maas est considéré « comme l’un des plus grands artisans de l’élargissement des lois de la censure » en Allemagne. Il a ainsi exigé des poursuites avec des pénalités financières ou même de la prison pour tous les « discours de haine » sur les réseaux sociaux. Récemment, son parti a accusé de lourdes pertes d’influence lors d’élections et de sondages nationaux, qui ont à l’inverse profité à l’AfD (Alternativ für Deutschland), dont les victoires lors des régionales dans l’Est du pays ont fait l’effet d’un tremblement de terre. C’est justement là que le ministre Maas a tenu à faire son discours du 1er mai, un texte que Zero Hedge a illustré avec cette vidéo qui sent la défaite [en allemand sous-titré anglais) :

https://deutsch.rt.com/inland/38106-volksverrater-hau-ab-minister-maas/​

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:50
ROLLAND HENAULT : INTERVIEW EXCLUSIVE

Rolland, vous allez sortir le 4 mai un nouveau livre (*), qui sera le quarantième, je crois. Vous avez écrit des milliers d’articles dans des dizaines de journaux, des textes, des chansons, des poésies, des conférences… Il est impossible de tout recenser aujourd’hui. Quel bilan faites-vous de votre carrière d’écrivain ?

Je n'ai pas eu de carrière d'écrivain, contrairement à plusieurs autres crétins, qui font torcher leurs livres par des nègres. Mais j'ai participé à plusieurs journaux, dont celui que j'avais créé avec des copains, "Le Provisoire", qui m'a valu des plaintes pour «injures », diffamation envers l'Armée française, par le ministre soi-même. Ce fut le début d'une longue liste de condamnations, (cinq si j'ai bonne mémoire, car j'ai une vocation de repris de justice. Mais pour de nobles raisons). Par ailleurs, j'ai participé à plusieurs journaux honteusement populaires : "Rouge" du trotskiste Alain Krivine, l'Echo du Centre, qui fut une survivance du communisme égalitaire. Et puis d'autres feuilles plus ou moins anarchistes, l'Union Pacifiste, et un hebdo dissident du "Monde Libertaire", et qui s'intitulait fièrement "Le Libertaire" (sans le Monde). Je n'ai d'ailleurs pas très bien compris ce qui les différenciait… J'ai eu le soutien de la bande de Charlie Hebdo (Cavanna, Cabu, Reiser, Tignous, Siné) avant que ça ne devienne à la mode, de se faire abattre à l’explosif...

Rolland, ce nouveau livre est très personnel. Je dirais aussi qu’il a une résonance mystique. Bien qu’il ne soit pas dépourvu d’humour. Il affiche même un certain panache, à l’image de l’autre personnage du livre, Gérard Depardieu. Etes-vous d’accord avec ce bref résumé ?

Et pourquoi voudriez-vous que les dieux ne croient pas en moi ? Ce que vous appelez une "résonance mystique", pourquoi je n'y aurais pas droit? Je parle directement avec Dieu, je suis comme Gérard Depardieu, d'ailleurs appelez-moi Rolland Hénault-DeparlagrâcedeDieu. J'ai moi-aussi le panache de Cyrano, je lui ai volé cet objet rare pendant qu'il s'amusait à débiter ses tirades… Pour le mysticisme je ne crains personne. C'est parce que je crois en Dieu, mais Dieu ne croit pas en moi ! Je m'interroge toujours pour savoir ce qu'il me reproche. Je suis plein de prières (surtout de "prières d'insérer"). Sinon je suis docile comme un enfant de Choeur…

Que faire d'autre, sinon avec panache ?

Seul, l'art, peut nous combler. Et même infiniment mal. Je suis toujours à la recherche de l'infini dans l'espace et dans le temps. C'est une fatalité qui me poursuit. Ferré peut-être vu comme un mystique.

Rolland, nous sommes en 2016 et tous les gens lucides s’accordent à dire que la civilisation française est presque décimée. Vous qui avez été aussi professeur de lettres, comment expliqueriez-vous à un jeune qui n’en a pas connaissance, le rayonnement qu’a eu notre culture dans le passé ? Et l’extrême tristesse des gens qui l’ont connue et qui la voient s’éteindre ?

Nous sommes en pleine décomposition de cette civilisation chrétienne, qui fut une civilisation fraternelle. A ce sujet il est opportun de lire le "Précis de décomposition" de Cioran. Je souscris entièrement à votre remarque.

La civilisation française est en train de mourir. Et c'est presque désespérant… Mais le seul salut est dans la poésie, dans l'Art. Le rayonnement de la culture française a duré pendant des siècles. Le Moyen Age, et bien avant… Le siècle de Rabelais et le siècle des auteurs dits "classiques". Puis, les Romantiques, le mouvement Dada, il est indécent de jeter tout ça dans les poubelles de l’histoire... Je me sens toujours professeur de lettres… toujours professeur de tout… c'est parce que je suis en possession d'une culture, et qu'elle rassemble beaucoup d'auteurs apparemment contradictoires...

Rolland, on emploie beaucoup aujourd’hui le terme « libéral-libertaire ». Il définit la génération des soixante-huitards arrivés au pouvoir, qui ont encouragé le libéralisme économique en même temps que la libération des moeurs. Quel regard portez-vous sur cette société, vous qui avez défendu toute votre vie des idées « libertaires » ?

Le terme "libéral-libertaire". Ou encore "Bourgeois-Bohême" ("Bobo"). Il y avait beaucoup de traitrises dans les affirmations, les inscriptions sur les murs de 68.

Le terme « libéral libertaire » : c'est une escroquerie ! Le libéralisme ça ne consiste pas à laisser les plus riches aliéner les plus pauvres. Les soixante-huitards sont les plus écoeurants. Il suffisait de leur montrer un petit pouvoir, et ils se jettent dessus.

Je ne sais pas trop ce que c'est que la "libération des moeurs". Pour ma part c'était l'autogestion qui me paraissait intéressante. Mais je ne crois plus que les hommes soient faits pour affronter ce néant…

Je reste près des pacifistes, mais sans illusion. Les hommes ne sont pas prêts pour le pacifisme.

Rolland, si vous deviez donner à un jeune les clefs d’une « instruction » digne de ce nom, que lui conseilleriez-vous de lire, de voir ou d’écouter ? Et même si les conseils sont rarement suivis, quelle attitude lui conseilleriez-vous d’adopter?

J'éviterais les conseils, mais je pourrais suggérer de lire les auteurs marginaux, les maudits, comme Louis Ferdinand Céline. Auparavant, j'aurais lié la littérature à l'histoire. L'une ne va pas sans l'autre. Donc, mais ce sont de simples suggestions, je m'efforcerais de les persuader de l'utilité de la chronologie. Je remonterais à la Bible… les textes fondateurs de la civilisation occidentale sont contenus dans la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Mais il faudrait aller très doucement. Observer les préceptes de Montaigne dans les Essais. Montaigne est contre l'école, il est favorable au précepteur. Bien sûr c'était pour les riches, l'enseignement individuel. Mais je pense qu'on ne peut pas s'instruire quand on est une bande de cons. Montaigne écrit: "Il est bon qu'il le (son disciple) fasse trotter devant lui pour juger de son train". Je ne crois pas possible de transmettre les connaissances autrement. Depardieu a eu la chance de rencontrer des "bergers" comme dans la Bible. Ni Depardieu ni Montaigne n'auraient supporté la vie en collectivité. J'ai fui l'école en classe de Première, j'ai fui le lycée d’Issoudun... A un moment, je ne tenais plus en place. J'ai pu lire les vrais auteurs, comme Rimbaud, comme Giono, comme Céline, comme Bernanos, parce que ces auteurs n'avaient pas de préjugés… Ils avaient le courage d'obéir à leurs instincts… En plus Rimbaud écrivait ce qu'il voyait, c'était un visionnaire, il utilisait le langage interdit...

Rolland, vous êtes né dans une ferme de la Champagne Berrichonne en 1940. Vous en êtes parti pour travailler, faire des études, voyager. Vous avez habité dans d’autres villes et connu d’autres milieux. Et pourtant, c’est dans cette ferme que vous retournez, avec ce livre. Comment expliquer qu’un si grand détour puisse vous ramener vers votre lieu de naissance?

Ce n'est pas très original, c'est mon attitude personnelle. J'y vois une adaptation du Voyage d'Ulysse qui revient à Ithaque, mais ce n'est pas prémédité de ma part… Naître dans une ferme c'est pas original du tout. Mais naître dans une ferme, on dit maintenant une "ferme-école", on apprend à vivre avec les animaux, les vaches, les chèvres, les chevaux, les chiens, les chats, la basse-cour, les coqs les poules, les pintades, et les souris, les rats… dans les granges… J'ai toujours quitté ma ferme natale avec beaucoup de regret, voire du désespoir, mais en sachant que j'allais y revenir un jour. J'en étais parti pour travailler. Garder les vaches constituait un programme qui variait selon les saisons. Je crois que les laboureurs étaient plus heureux que les salariés d’usine... Ils vivaient en harmonie avec les saisons… on goûtait aux joies de l'hiver, au réveil du printemps, à la splendeur des automnes, on faisait l'apprentissage des "Travaux et des Jours" comme Hésiode l'avait prescrit, ensuite il fallait participer aux vendanges…. on rédigeait tout ça à la manière de Louis Pergaud, et de Maria Chapdelaine, selon Louis Hémon, et on suivait les jours et les nuits, avec un intérêt d'autant plus vif qu'on avait l'illustration sous les yeux, sous le nez, ça nous entrait dans le corps… Et la fête nationale était doublée du début de la moisson. Ah! Dieu, comme on était réjoui, ravi, c'était du "ravissement" comme dans les textes sacrés. Et bien sûr ce retour au lieu de la naissance s'accompagnait d'une curiosité à l'égard des filles, on cherchait à voir "l'Origine du monde" selon Gustave Courbet...Tout travail scolaire était un déchirement, je n'ai pas trouvé d'autre mot. Car les maîtres d'école accompagnaient les saisons et le Tour de France venait nous conduire à bicyclette et on donnait des noms aux vaches qui étaient des noms de coureurs cyclistes. Et bien sûr on tuait le cochon, on égorgeait les poulets… mais on se rendait pas compte de la douleur des bêtes… Et puis il y avait les saisons, le grand gel en janvier, les premières violettes en mars avril...Tenez j'arrête ici… vous trouverez ça dans le livre, car Gérard Depardieu est un vrai paysan… Il en a les manières, la voix, les gestes.

Après j'ai voulu prolonger ces grandes vacances, et je suis allé en ville, la ville universitaire c'était Poitiers. Et j'étais pion, et, comme il fallait bien se distraire, à Argenton sur Creuse, on cherchait à imaginer des conneries, et j'ai été envoyé en « exil » à Barbezieux, puis je suis revenu à Châtellerault, c'était pratique pour suivre des études supérieures à la Fac de Lettres de Poitiers, et on était en pleine période de l'OAS, et j'étais heureux de ne pas avoir eu recours au piston, j'ai donc obtenu le CAPES écrit et je suis allé passer l'Oral à Jussieu, et j'ai été admis…. et le jury m'a félicité et j'étais connement heureux… ensuite je suis allé à Tours, parcours classique, et j'ai été nommé à Châteauroux et je n'en suis sorti que pour faire de l'enseignement en prison, (où j'ai connu des vrais bandits, qui n'étaient pas pires que beaucoup de gens "honnêtes"). Mes voyages ont consisté à visiter l'Europe Centrale (la Hongrie, la RDA) et je suis allé avec mon frère aîné en Algérie à deux reprises dans les années 72-75, et plus tard au Liban…. Mon frère aîné pensait que son grand-père lui avait refilé l'atavisme oriental. Il en parlait en disant le "Zouave".

C'est pas très original ce que je vous ai raconté. Mais il faudrait tenir compte de mes acquisitions culturelles.

Toujours les mêmes, de l'anarchisme pur en remontant vers la période de l’après-guerre... on ne choisit pas sa date de naissance....

(*) "GERARD DEPARDIEU ET MOI" de Rolland Hénault - 368 pages - Editions de l'Impossible.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:45

Dans la petite « jungle » qu’est devenue la zone du métro de Stalingrad (Paris 10e) accueillant des centaines d’immigrés clandestins de toutes origines, plusieurs violentes bagarres ont éclaté jeudi 14 avril au soir. De véritables scènes d’émeutes qui se sont déroulées sous les yeux des riverains effrayés et excédés. Hurlements, insultes, coups, jets de bouteilles, de pierres, de palettes… les différentes communautés présentes sur place, essentiellement en provenance d’Erythrée, du Soudan et d’Afghanistan, se sont littéralement écharpées, entraînant l’hospitalisation de quatre personnes. Une violence surprenante pour des personnes présentées comme “fuyant la guerre” et ne cherchant que la paix et la tranquillité en Occident. Les scènes d’affrontements de cette soirée, dignes d’un township sud-africain, donnaient malheureusement plutôt le sentiment d’une importation des conflits ethniques et religieux de leurs pays d’origine.

L’intervention des forces de l’ordre a suscité une brève union sacrée contre elle, les agents de la BAC étant accueillis par une pluie de projectiles divers.

Pour les habitants du quartier, qui subissent quotidiennement promiscuité de plus en plus pénible, ces incidents sont une nouvelle preuve de l’impuissance des pouvoirs publics à régler le problème, le campement sauvage ayant déjà été évacué deux fois, pour se reconstituer quasiment aussitôt.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:41

Le 12 avril dernier, Clovis Cornillac et, avec lui, par procuration, des centaines de milliers de téléspectateurs ont versé une larme en quittant la tribu des Miao installée dans la province chinoise du Guizhou. Avec « Rendez-vous en terre inconnue », la télévision, jamais avare de pathos, a inventé une nouvelle forme de colonialisme : le néo-colonialisme télévisuel.

À l’autre bout de la planète, les chefs de tribu accueillent, tantôt avec un enthousiasme sincère, tantôt avec une méfiance non feinte, les Zazie, Marianne James, Bruno Solo, Muriel Robin et autres Adriana Karembeu adoptant, quant à eux, un enthousiasme surjoué ou une appréhension à peine larvée. Durant les quinze jours de tournage, les échanges se décrispent au fil des conversations, des silences et des activités. Rapidement, les larmes des pleureuses sur commande coulent à flots. Au moment de la séparation avec ces peuplades reculées ayant résisté à la mondialisation, elles se déverseront par torrents.

En plein désert, au sommet d’une montagne, au milieu de la mer, les tribus vivent selon des traditions qui les protègent des méfaits de la modernité. Bien que le commentaire qui accompagne les pérégrinations des vedettes ne manque jamais d’insister sur les dangers encourus par ces villages d’irréductibles, les programmes télévisés qui pénètrent dans l’intimité des territoires inconnus, à travers l’œil pervers de célébrités véhiculant la mondialisation, brisent la part d’unicité de chacun des lieux violés.

Les caméras ont remplacé les armes. Les sourires béats des célébrités se sont substitués aux visages fermés des soldats. La colonisation passe mieux lorsqu’elle se fait en douceur.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:38

Le six avril dernier, une révolution s’est déroulée à la Chambre… pardon, à l’Assemblée nationale. Une « révolution dans les consciences », comme diraient de façon sentencieuse les nouveaux pharisiens puritains du bien-penser. Désormais, le client de prostituée encourt une punition inscrite dans le Code pénal !

Les contempteurs de la prostitution dénoncent, à juste titre, les conditions d’exercice de celle-ci. Il est intolérable que la prostitution soit l’objet de trafic d’êtres humains et de mauvais traitements. Cela est recevable pour toute activité ! La loi prévoit déjà tout un arsenal pour lutter contre le proxénétisme et l’esclavagisme. La France a la fâcheuse tendance à inventer de nouvelles lois avant d’ap-pliquer les anciennes.

Mais la nouvelle loi n’a pas réellement pour but de mettre fin aux sordides trafics de filles. La prostitution est insupportable pour une partie des féministes qui y voit, non pas une façon de « disposer librement de son corps », mais la domination masculine sur la femme. Cette conception de la prostitution relève d’idées préconçues orientées. Elle oublie déjà qu’il y a des prostitués hommes, minoritaires sans doute. Elle omet surtout qu’il y a une autre prostitution que celle relevant de la misère sordide. Il n’est pas convenable, en ces temps de puritanisme pharisien, d’affirmer qu’il y a une prostitution heureuse, dite « haut de gamme », qui ne fait pas le trottoir des villes mais plutôt les salons de palaces. L’escort-girl, version contemporaine numérisée de la courtisane, n’est ni paumée ni battue, a fait des études, cumule un emploi respectable et son commerce interlope la nuit. Cette belle de jour existe, n’en déplaise aux moralisatrices bégueules, et c’est elle qui mène la danse. La demi-mondaine choisit ses clients et n’a de compte à rendre qu’à elle-même. Elle n’est pas plus dépendante financièrement que ne le sont des millions d’autres femmes de leur mari. Que pensent les féministes abolitionnistes des femmes riches qui s’offrent les services d’un gigolo ? Pourquoi s’en prennent-elles uniquement aux clients hommes ? Depuis cette nouvelle infraction, le client doit battre sa coulpe, culpabiliser et se soumettre à la toute-puissante doxa féministe.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:32

"Nao vai ter golpe". Il n’y aura pas de coup d’Etat. C’est la consigne scandée dans les manifestations en soutien au gouvernement de Dilma Rousseff au Brésil, soigneusement occultées par nos médias. Chez nous, par contre, le récit dominant est un copié collé de la version de la droite brésilienne. Devinez sa cible ? L’entourage de Dilma au Parti des Travailleurs, ainsi que l’ancien Président et syndicaliste Lula Da Silva. L’accusation portée ? Une prétendue corruption généralisée. Et...la vérité là-dedans ? Eh bien, chers lecteurs et lectrices, nous avons le plaisir de vous dévoiler dans ce numéro les dessous de cette manœuvre coordonnée par le pouvoir judiciaire et le monopole des médias brésiliens.

Ce n’est pas un hasard si tout cela arrive en même temps. Même méthode et mêmes acteurs, le pouvoir judiciaire et les médias argentins s’acharnent contre l’ancienne Présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez, dont la popularité, quatre mois après l’arrivée au pouvoir de la droite de Macri, reste énorme. Car les peuples argentin et brésilien n’ont pas oublié les conséquences néfastes de la politique néolibérale menée pendant les années 80 et 90, ni la complicité de ses oligarchies avec les dictatures militaires issues de coups d’Etat il y a quelques décennies. Nous abordons cette face cachée de l’histoire dans les interviews de Hilda Presman et Carlos Aznarez.

Entretemps, les médias européens continuent à déformer la réalité du Venezuela lorsqu’ils montrent les effets et évitent systématiquement d’expliquer les causes. Pourtant, une véritable guerre économique se déroule sous nos yeux, suivant les mêmes méthodes que celles qui précédèrent le renversement de Salvador Allende, et qui consiste à interrompre la distribution des produits de première nécessité afin de semer le mécontentement dans la population et de briser l’union du peuple avec les leaders de la Révolution bolivarienne.

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:29

Après avoir mis le chaos dans le monde arabo-musulman, exigé des sanctions illégales contre l’Iran, puis contre la Russie, suivis bêtement par une Europe aux ordres, voilà que le boomerang se retourne contre ledit « empire » – ou ce qu’il en reste. Les familles des victimes du 11 septembre projetaient de porter plainte contre l’Arabie saoudite.

Le New York Times rapporte que le ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel al-Joubeir, en personne vient d’avertir l’administration Obama et les membres du Congrès, qu’il vendrait 750 milliards de dollars d’actifs américains en leur possession, avant que l’administration américaine n’ait le temps de geler les actifs, s’ils devaient être rendus responsables devant les tribunaux américains des attaques du 11 septembre 2001.

Pour l’instant, l’administration est intervenue auprès du Congrès, afin de bloquer le dossier. Les arrogants « spécialistes » en économie de « l’empire » déclarent leur scepticisme sur ce chantage saoudien, estimant que la vente serait difficile à réaliser et qu’elle entraînerait une paralysie de l’économie saoudienne. Lorsqu’on sait que, majoritairement, les « spécialistes » se trompent, on a de quoi être inquiet. Surtout que l’économie américaine, contrairement à ce que la « presse aux ordres » nous chante, n’est pas en bon état.

Une autre menace pourrait se faire jour dans cette escalade entre les États-Unis et le royaume wahhabite. Tout ressortissant américain voyageant à l’étranger serait en danger, ainsi que toutes représentations de l’empire. Inutile de dire que les familles des victimes sont outrées. Le Washington Post croit savoir qu’Obama se couchera devant le chantage de la pétromonarchie, comme Merkel se couche devant le sultan du Bosphore. On est gâtés ! Ici et là-bas !

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:24

Un cadre de 47 ans placé en détention provisoire après une plainte pour viol s’est suicidé par pendaison dimanche dernier à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses, a-t-on appris ce samedi auprès de son avocat, « résolu » à engager une action. Ce célibataire, qui occupait un poste à responsabilités dans une entreprise de l’agglomération toulousaine, avait fait l’objet d’une plainte d’une de ses collègues, a rapporté Me Laurent Boguet, confirmant une information de la Dépêche du Midi.

(…)

Il juge surtout « insupportable » qu’on puisse incarcérer « sans la moindre ronde, ni dispositif élémentaire » de surveillance, un homme « fragile », qui avait « toutes les garanties de représentation » et pour lequel la prison signifiait une « mécanique infernale » de déchéance professionnelle et sociale. « Résolu à obtenir des explications », Me Boguet a prévu d’engager une action pour l’ouverture d’une enquête et « s’il le faut, remonter jusqu’à la cour de justice européenne des droits de l’homme où la France sera une fois de plus condamnée pour la gestion de ses prisons », a-t-il dit.

Source

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