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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:56

L’histoire de France comme si vous y étiez…

Le mot « romantique » est galvaudé. On imagine toujours des êtres à peine vivants, transparents, diaphanes. Des pas finis. Et avec ça, de la moralité ! Jamais la moindre branlette ! Pourtant les romantiques avaient des couilles (« colea » ils causent latin, les romantiques) au cul (cul en latin signifie : « derrière ») ! Je vous le prouve. Et à partir d’exemples concrets, dont vous pourrez discuter en famille. Et d’abord les romantiques sont des durs, des vrais. Et la preuve leurs joyeuses ne jouent pas des castagnettes dans la culotte d’un zouave. (Oui, c’est faible, attendez la suite ! Mais c’est l’occasion de s’instruire : les zouaves ont été créés par une ordonnance royale du 9 mars 1831. En plein romantisme !) Ils entreprennent de longs voyages. Je cause de Chateaubriand (François René vicomte de). Bon il voulait aller vers l’Est, et il s’a gourré, comme disent les internautes. Qu’à cela ne tienne ! Il a toujours été un peu à l’Ouest, le boeuf. (Oui, c’est vraiment Chateaubriand qui a inventé la recette du bœuf Chateaubriand ! En 1821.Vous voyez on s’instruit quand même. J’en profite puisque j’ai ouvert une parenthèse, pour vous éviter une faute d’orthographe. Chateaubriand n’a pas participé aux « fusillés de Chateaubriant ». Ca s’écrit avec un « t », quand on fusille. Quand on fait de la cuisine ça s’écrit avec un « d ». Retenez la règle.) Enfin, il ne s’est jamais dégonflé ! Il a dit qu’il partait pour le Nouveau Monde, Chateaubriand. (avec un « d ») Et il est parti. Bien sûr il nous a menés en bateau. (avec un « t ») En clair il est menteur (un « t »), le René (sans « t » ni « d »)! Il décrit des paysages qu’il n’a pas vus. Mais son truc c’est qu’il parle indien. Le « Meschacebé ». (aucun « t », forcément c’est de l’indien. Les indiens ignorent le « t ». Ils ignorent aussi le « i ». Ils n’arrivent pas à dire « le Mississipi »). Ensuite les Rom’ (abréviation pour « romantique ») sont friands de femmes, mais ils ont une idée préconçue à propos des femmes. Ils les préfèrent anémiques, très pâles, leucémiques. C’est parce qu’ils sont eux-mêmes des visages pâles. Contrairement aux Indiens. Un autre exemple de poète romantique : Lamartine. (Alphonse de…). Alphonse, il a essayé d’arrêter le Temps. (il le dit dans un poème célèbre : « Le Lac… » . 1821. La même année que le bœuf Chateaubriand. C’est un bon truc pour mémoriser.) Il n’a pas réussi dans son entreprise. Il en est mort, en 1869. Après quarante ans d’efforts ! La nature refuse d’obéir aux romantiques ! Il n’avait pourtant pas ménagé son temps, l’Alphonse ! Il répétait toujours : « Ô temps suspends ton vol ! » C’était devenu une obsession. Ses amis lui faisaient des remarques : « Alphonse, cesse de nous casser les claouis. Tu te rends pas compte, tu parles au temps, et « aux rochers muets... Tu ferais mieux de fermer ta grande gueule ! »

Bon, vous vous êtes instruits : Vous pouvez vous présenter au bac. Le prof, il sera impressionné par vos connaissances. Sur les zouaves, sur les couilles, sur les rom’, sur les femmes, sur les règles de l’orthographe, sur les Indiens. Au bac et même aux Masters, vous faites une demande pour être docteur. Vous y avez droit. C’est légitime.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:47
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:45
Arthur le fugitif…

Oui, Arthur Rimbaud a été surnommé « le Fugitif ». Il s’enfuit toujours, Arthur. Il n’est pas de ce monde. Pourtant, il avait commencé par l’option « élève modèle ». (Concours Général). Sa désinvolture étonne dans ce classement universitaire. Il obtient la première place haut la main. Il va passer sa vie à tenter la belle ! Il va fuir le monde réel, « l’homme aux semelles de vent ». Il va fuir les poncifs de la littérature bien pensante, bien formatée. Voyons un exemple :

Je m’en allais les poings dans mes poches crevées

Mon paletot aussi devenait idéal

J’allais sous le ciel Muse et j’étais ton féal.

Oh là là que d’amours splendides j’ai rêvées.

Ici Rimbe (Verlaine l’appelle ainsi) reprend l’image du troubadour mais il transforme la panoplie médiévale. Par le lexique d’abord :

Le mot « paletot » est familier. Indigne de figurer dans un alexandrin.

Arthur fait subir à l’expression « les mains dans les poches » une véritable torture. Les mains deviennent des « poings » et en plus voyez l’allitération « poings poches ». Et c’est pas fini : les poches « trouées » deviennent les poches « crevées. » Vous voyez la différence ? Si, vous la voyez ! Arthur le révolté.

Ensuite l’allusion au monde féodal est légèrement ironique. La « Muse » est l’inspiratrice des poètes au Moyen Age. Mais Rimbe ne s’arrête pas là, il persiste dans l’erreur ! Il fait semblant d’être un « féal ». Le « féal » est une allusion à l’univers de la « féodalité » ! On est « fidèle » à un « suzerain ». On peut supposer qu’il s’agit d’un simple jeu avec Arthur. Arthur est très joueur. Même remarque avec le quatrième vers. C’est une allusion à la princesse enfermée dans sa tour (le « donjon », qui a donné le mot « dame »). Tous les « chevaliers » rêvent d’un amour impossible, dans l’univers de la courtoisie. En particulier « Lancelot du Lac ». Attention, Arthur est très instruit ! Il a obtenu le premier prix au Concours Général dans la catégorie « vers latins ». Rimbaud sait bien que les femmes enfermées dans une tour, ça n’existe pas. Il fait semblant d’y croire. On ne peut communiquer avec lui que par nos « lieux communs ». Comme l’Univers médiéval. Et d’ailleurs le pluriel devrait nous mettre la puce à l’oreille. Les Chevaliers n’ont qu’une seule dame. On pourrait encore faire observer que Rimbaud passe de « je m’en allais » à « j’allais sous le ciel ». Le paysage s’agrandit à la mesure d’Arthur, qui ne connaît aucune limite. Arthur s’oriente par le ciel ! Comme Christophe Colomb. N’oublions pas que Rimbaud a écrit le « Bateau Ivre », et il a découvert son Amérique à lui.

Bon je vous laisse seuls, n’en profitez pas pour faignanter. Je vous laisse le texte, « Ma Bohème » c’est le titre. Voici la suite :

Mon unique culotte avait un large trou.

Petit Poucet rêveur j’égrenais dans ma course

Des rimes, Mon auberge était à la Grande Ourse.

Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où rimant au milieu des ombres fantastiques

Comme des lyres je tirais les élastiques

De mes souliers blessés un pied près de mon cœur.

Bon, ça ira ? Vous reconnaissez les « trucs » d’Arthur. Il est l’insoumis permanent. Il procède à des rejets. (« rimes », « rosée »,) Il désarticule la syntaxe. (« La Grande Ourse » est mise là comme une enseigne de cabaret !). Arthur sème la pagaille partout. Par l’emploi de mots prosaïques (« Culotte, élastiques »). Et aussi de termes détournés de leur sens premier (« frou-frou » s’emploie pour le frottement d’une étoffe. A qui Arthur rêve-t-il ?). Et puis c’est les souliers qui sont « blessés », et vous avez vu la fin ? Le rapprochement entre le « pied » et le « cœur » ? Entre la marche et la passion de l’éternel marcheur, que fut Rimbaud Arthur ?

Mais si, vous pouvez comprendre tout seuls, il suffit de vous mettre sur la bonne voie. Je m’en vais, mais je reviens la semaine prochaine, pour de nouvelles aventures.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:38

L’abandon des animaux… Triste marronnier pour une presse en mal de scoop au cœur de l’été. On le sait car on nous le dit, on nous le répète : l’été, tous les chats sont gris et tous les chiens sont tristes. À l’heure d’entasser les mômes à l’arrière et la belle-mère dans le coffre du 4×4 entre les valises et l’épuisette, il ne reste plus de place pour le chien. Ou le chat. Ou la cage du hamster. Alors on s’en débarrasse. Et cette année plus que les autres, à ce qu’il paraît.

La SPA donne des chiffres : entre le 1er juin et le 31 juillet 2015, elle a recensé l’abandon de 2.623 animaux, dont 999 chiens et 1.624 chats. Ce qui représente un accroissement de 17,9 % par rapport à la même période de l’an passé, et 25 % de plus qu’en 2013. Ces pauvres bêtes s’ajoutent donc aux 45.000 qui peuplent déjà les refuges, abandonnées celles-là avec de sérieux motifs (réels ou fallacieux) comme « déménagement, allergie, séparation, départ en maison de retraite, etc. ». Et puis il y a « la crise », et quand il faut choisir entre les croquettes à Toutou et le forfait du portable à maman, y a pas photo : exit le chien.

Pourtant, on ne cesse aussi de nous le dire : les Français adoooorent les animaux. Tellement, d’ailleurs, qu’ils ne veulent plus assassiner les petits chatons – n’ayant pas fait stériliser la mère – et préfèrent les abandonner à leur triste sort d’affamés. D’où, nous dit la SPA, l’augmentation des chats errants. Idem pour les chiots. Il est même des coins où c’est une tradition : La Réunion, par exemple. On y croise sur les routes des bandes de chiens affreusement efflanqués partant à l’assaut des poubelles pour y trouver une pitance hypothétique. Ils traînent leur gale et crèvent de faim, mais attention, hein, on ne tue pas les chiots !

Mais il n’y a pas que les animaux. Je vous le dis en confidence : il y en a qui abandonnent aussi les vieux. S’arrangent pour les coller à l’hôpital avant de partir au camping des Flots Bleus. Les déposent aux urgences, prétendent qu’ils vont chercher une place de parking et ne reviennent pas.

À ce propos, une anecdote. On me dira que ceci n’a aucun rapport avec cela, mais je n’en suis pas si sûre…

C’est Bernadette Chirac. La dame qui se venge depuis que son bonhomme marche à petits pas comptés et tend l’oreille. On dit qu’elle est devenue méchante comme la peste. Elle le porte tellement sur sa figure que je pense qu’elle l’a toujours été ; c’est seulement qu’elle n’essaie plus de le cacher. Bref, elle rabroue sans arrêt son grand Jacques. L’humilie systématiquement en public. Lui interdit les sorties, les clopes et la Kro. Quant aux filles, n’en parlons pas : il n’a même plus le droit de les regarder passer. VSD rapporte qu’au cours d’un déjeuner dans un restaurant du XVIe, le 21 juin dernier, elle aurait hélé les gardes du corps du Président en leur disant : « Vous irez acheter un bavoir, parce qu’il me salope quatre costumes par semaine ! »

Et pourquoi pas le mettre dans un refuge, pendant qu’on y est ?

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:34

Les partisans de la loi vous dégaineront l’argument fallacieux de la « liberté individuelle ». Après tout, 29 % des actifs français travaillent déjà le dimanche ; pourquoi vouloir l’interdire aux autres s’ils veulent en faire autant ? Peut-être pour éviter qu’ils soient totalement conditionnés par la logique purement consumériste du « gagner toujours plus pour consommer toujours plus » qui amène à accepter n’importe quelle concession contre une poignée de fifrelins. Peut-être parce qu’à terme, la banalisation du travail dominical aplanira les compensations financières censées en découler et n’augmentera pas de manière significative le pouvoir d’achat. Peut-être parce que l’épanouissement individuel passe d’abord par la vie privée, et que l’humain n’est pas voué à devenir un simple outil de production économique en phase de précarisation aiguë et à la disposition du marché.

Le travail dominical est à la fois une marche arrière sociale et une fuite en avant sociétale. Il asservit les employés et conforte les consommateurs dans l’idée que leurs désirs d’achats compulsifs doivent être exaucés à chaque instant. L’assouvissement doit être immédiat et à portée de main. L’infantilisation, encore et toujours. Le dimanche deviendra un jour comme un autre, avec son lot d’embouteillages, de nuisances sonores, de populace agglutinée, au grand dam des riverains. Tout cela pour satisfaire les grands magasins et donner l’illusion de lutter contre le chômage, à défaut de mettre en place des dispositifs réellement efficaces pour inciter les PME à investir et embaucher.

« Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai », déclarait, en 2012, François Hollande. Le même qui avait promis d’inverser la courbe et d’être le président du redressement.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 10:00

Je me propose d’instruire les Français. J’ai un peu honte pour eux. Ils ignorent leur histoire et leur littérature. Je commence par le Moyen Age. On a beaucoup craché sur le Moyen Age. Or cette période est pittoresque. D’abord à cause des chevaliers, qui ne se déshabillaient jamais. Tellement ils étaient preux ! Ils dormaient revêtus de leur armure. Avec un heaume, un haubert, et une cotte de maille, essayez pour voir ! Je sais, ils ont eu des compensations, on les a surnommés, à cause de cette particularité les Pieux. Vérifiez, un roi de France est connu sous le nom de Robert Le Pieux. Quand un Pieux allait au lit, ça ne plaisait pas aux femmes. Elles tâtaient le chevalier et souvent elles faisaient des remarques désobligeantes. Elles disaient : « T’es tout froid, Chilpéric… et puis ton slip en cotte de maille sent la merde. Tu devrais te laver plus souvent… » A quoi Chilpéric répondait : « les Romains ils étaient pédés, mais ils avaient inventé les Thermes… Nous on n’a même plus de salle de bains, Frédégonde !... » Et Frédégonde s’écrasait. Elle s’envoyait un vilain, parce que les vilains se trempaient dans les rivières. Au moins deux fois par an. Pour la Saint Trou du Cul et la Saint Jésus de Nazareth. Ca tombait le même jour. Je vous avais promis de l’histoire, vous êtes servis. Les chevaliers conservaient souvent les femmes dans les donjons. Ils bouclaient la ceinture de chasteté, avec un gros cadenas. On peut voir encore des cadenas du 12ème siècle, au Musée de Cluny, dans le 5ème arrondissement de Paris. Pendant que vous rêvez aux ceintures de chasteté, peut-être que votre légitime s’envoie en l’air avec un vilain ? Alors achetez un cadenas au Musée de Cluny. Ou mieux encore, une Licorne ! La licorne, c’est magique. Vous la disposez sur la cheminée à côté du chien de plâtre. La licorne tue les insectes et chasse les vilains. Avec la licorne, vous êtes tranquille, vous pouvez aller draguer Sainte Geneviève, qui fait le tapin dans la rue de la montagne du même nom. Au Moyen Age il y a plein de prêtres lubriques, qui s’envoient en l’air avec les paroissiennes du quartier latin. Et qui vont au bordel, comme les vrais hommes. Les femmes vont prendre des bains, à cause de la vapeur, ça fait un vrai brouillard : ni vues ni connues. On confond la Berte au grand pied avec la jeune Oiselle. Si vous allez rue de la Foire, c’est que vous ne savez pas lire. La rue du Fouarre, le fouarre, c’est de la paille. Autrefois c’était la rue des universités. Les étudiants s’asseyaient sur des bottes de paille et ça leur chatouillait les valseuses. De là vient le mot « paillard ». Le paillard est celui qui mène une vie de patachon, comme François Villon. Et tout ça finit par la pendaison au gibet de Montfaucon. Villon se vante d’avoir « fui l’eschole ». Il aurait mieux fait d’apprendre l’orthographe. Mais il paraît que la pendaison, c’est pas loin de la bandaison. Je vous avais prévenus. On s’instruit avec le Moyen Age.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:54
La langue française selon Raymond Q…

Suite au succès inattendu de « Zazie dans le métro », Raymond Queneau a été rebaptisé Raymond Q… Cet écrivain est connu, notamment, pour ses variations sur la langue française populaire parlée… Voici un exemple, vous m’en direz des nouvelles :

Je mdemandd squ’on fait icigo

Sur cette boule d’indigo

C’est pour la rime qu’on dit ça

Et c’est pour la raison sans doute

Que tout lmonde va sfairfoutre

En grand habit de tralala

Oui je suis d’accord avec vous on sait pas par quel bout prendre un machin comme ça…

Remarque générale : Raymond Q. prend d’incroyables libertés avec le lecteur. On croit d’abord être en présence d’un illettré… gardez-vous de raisonner ainsi. Queneau a étudié la philosophie. Ce qui vous déroute c’est cette orthographe, « qu’on dirait un internaute ». Mais un internaute même très crétin y rajouterait pas des lettres apparemment inutiles, En réalité Raymond Q. trafique le vocabulaire. Et le résultat c’est qu’il recrée le monde, comme dans la Bible.

« Je m’demandd » ça existerait pas sans Raymond Q. Pourtant Raymond Q. Il agit pas au hasard. A l’oral on prononce le « dd ». Essayez vous-même. Vous voyez bien. Je l’appelle Raymond parce qu’on se connaît. Même remarque pour « squ’on fait ». Après ça se complique, je devrais dire ça se simplifie. Parce qu’icigo c’est de l’argot. Et alors qu’allez-vous faire de cette « boule d’indigo » ? On touche ici (icigo ?) à l’essentiel. Le Raymond il nous mène en bateau. La « boule d’indigo » c’est la planète bleue. En fait Queneau R. aborde ici une question philosophique : « le sens de la vie ». Mine de rien. En langage populaire, en langage parlé. Zallez pas croire que les Araméens et les Grecs savaient tous lire ! Ils savaient s’enculer les anciens grecs et d’ailleurs ça se voit plus loin ils allaient « s’fairfoutre » et, suprême élégance, en « grand habit de tralala ». Ils s’enculaient certes mais dans le respect des bonnes manières. « Zavez comprite » maintenant ? Avec Raymond faut toujours être sur ses gardes. Sinon vous vous faites enculer. Le lexique est piégé. Vous continuez tout seul. « Zavez vu » le jeu de mots sur la rime et la raison ? Vous êtes grands vous pratiquez le « RaymondQ.sanspeine ».

Je vous donne la strophe suivante :

On est là comme cornichons

Susglobnaturellement rond

Comment trouver d’autre épithète

De même qu’après l’agonie

Quand on sait que c’est bien fini

Faut dire qu’en fait il réquièste

Maintenant que vous zavez comprite je vous « laisse reposer en paix ». C’est d’ailleurs le sens de « resquiescat in pace » sous sa forme Queneautienne. Vous êtes aussi intrigué par ce très long adverbe au vers 2. Faites la diérèse, sinon Raymond sera pas content. Je veux dire : « Prononcez les « e » muets… Vous zobservez également un contraste au vers 2 entre la longueur inhabituelle de l’adverbe et la brièveté de l’adjectif.

Je vous donne la troisième strophe puisque vous insistez. Allez je suis trop bon :

Les gens vont à droite et à goche

Comme si y avait pas d’anicroche

Car c’est la vie euh qui veut ça

Et c’est la mort assurément

Qui provoque ces enterrments

Qu’on aperçoit ici et là

Vous pouvez marcher tout seul maintenant. On dit merci Raymond Q.

« Merci Raymond Q » ! Plus fort que ça, je vous ai pas zentendudanl’fon !

Ah ! j’avais oublié l’titre, levoilà :

Ombre d’un doute

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:41
Tel-Aviv sur Seine

Evitez ce coin-là !

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:34

Après 24 jours de grève de la faim, après avoir campé nuit et jour devant le rectorat de Toulouse, l'enseignante du collège de Bellefontaine a obtenu gain de cause. Cette prof de SVT est réintégrée dans son poste à la rentrée. Épuisée par l'épreuve, elle se repose chez elle dans le Volvestre.

Comment allez-vous ?

Laure Betbeder : le retour a été dur, j'ai le contrecoup de ces quatre semaines sans manger. Au début ça allait, mais à la fin tout était très dur, même si j'étais très soutenue, par mes proches, des amis, des collègues et même s'il y avait une bonne ambiance autour de moi dans le parc du rectorat.

Le plus difficile c'est la faim ?

Non je n'avais plus faim. Le corps s'habitue assez vite à l'absence de nourriture, mais j'avais très chaud, j'étais très fatiguée, et les derniers jours je ressentais une grande lassitude. J'ai dû être hospitalisée vendredi. Ma mère aussi, qui avait entrepris une grève de la faim avec moi. Elle est rentrée chez elle et reprend petit à petit ses habitudes. Moi, la seule chose dont j'ai envie, c'est de rester tranquille à la maison et de retrouver la santé. J'avais perdu 10 kg, j'en ai repris trois. Essentiellement de l'eau. J'étais déshydratée.

Comment avez-vous appris votre réintégration ?

C'est la rectrice elle-même qui est descendue vendredi vers 13 heures m'apporter une enveloppe m'informant de la décision du ministère. Par contre nous étions six enseignants concernés et je suis la seule réintégrée. Tous mes collègues sont mutés, y compris celle qui a été en conseil de discipline. C'est incompréhensible.

Vous étiez en conflit avec le chef d'établissement. Vous ne craignez pas de le retrouver à la rentrée ?

Cela ne sera pas le cas car il a lui-même été muté dans un autre collège de l'agglomération, dans l'intérêt du service. Théoriquement, je reprends mes fonctions comme s'il ne s'était rien passé, comme si j'étais à part des autres et j'ai du mal à l'accepter car nous étions tous dans la même galère depuis des mois.

Qu'est-ce qui se passait exactement au sein du collège ?

Au départ c'est parti d'un problème local, dans un collège difficile. Nous étions en lutte depuis le mois de novembre et nous avions fait grève pendant trois semaines en décembre, pour dénoncer le manque de moyens pour appliquer la réforme des réseaux d'éducation prioritaire. Nous étions en conflit avec le chef d'établissement. Cependant nous souhaitions rester au collège Bellefontaine. Jusqu'au 22 mai, où nous avons été convoqués au rectorat et où on nous a annoncé que nous étions déplacés d'office, sur des motifs discutables. Je ne pensais pas que de telles relations soient possibles dans la fonction publique. Je crains que la réforme qui prône l'autonomie des collèges et donne plus de pouvoir aux chefs d'établissement ne conduise à d'autres dérives similaires dans l'Académie.

Comment analysez-vous ce qui vous est arrivé ?

Je me suis rendu compte que ce qu'on nous demande d'appliquer avec les élèves, dialogue, écoute, aide, on ne le fait pas pour nous enseignants. Exemple, il a fallu que j'attende le dix-huitième jour de grève, le 10 juillet, pour être enfin écoutée par la médiatrice de l'Éducation Nationale missionnée par la ministre, qui a mis en place un protocole de médiation, et après avoir écouté tout le monde, a fait valider ma réintégration.

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/22/2147650-laure-begbeder-le-retour-est-dur-j-ai-le-contrecoup.html​

Voir aussi : http://www.questionsdeclasses.org/?Justice-pour-les-enseignantes

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:31

L’interpellation, le 11 novembre 2008, d’une vingtaine de personnes dispersées à travers toute la France mais réunies pour la circonstance sous le nom de « groupe de Tarnac », avait marqué la fracassante entrée en scène de la toute nouvelle DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur). Sept ans plus tard, que reste-t-il ce qui avait été présenté à l’époque comme un succès retentissant de la lutte anti-terroriste ? Un faisceau d’approximations, d’erreurs et de mises hors de cause qui n’est pas sans rappeler le fiasco policier et judiciaire de l’affaire dite des Irlandais de Vincennes qui, après les avoir nimbés de gloire, avait couvert de ridicule les super-gendarmes du capitaine Barril et du commandant Prouteau.

S’agissant de l’affaire dite de Tarnac, les faits avérés se sont au fil des années réduits à assez peu de chose.

Il est incontestablement établi que dans la nuit du 8 au 9 novembre 2008 la pose d’un crochet sur une caténaire, non loin du village de Dhuisy (Seine-et-Marne) sans mettre en danger la vie des voyageurs, fut à l’origine de retards significatifs sur la ligne du TGV-Est. C’est tout. C’est maigre.

Cette même nuit d’automne, il est communément admis que Julien Coupat, cerveau et animateur du « groupe » et sa compagne d’alors, aujourd’hui sa femme, Yldune Lévy, se trouvaient en voiture dans l’immédiate proximité des lieux du sabotage. Comme c’est bizarre, comme c’est étrange, et quelle coïncidence ! Mais à en croire les deux intéressés, leur halte n’obéissait qu’à des motifs personnels, plus précisément amoureux. Le désir frappe où il veut. Il aurait donc conduit les deux tourtereaux jusqu’à Dhuisy. Sans vouloir être désobligeant envers les habitants de Dhuisy ou des communes avoisinantes qui ont nom Marigny-en-Orxois et Bézu-le-Guéry, jamais jusqu’alors dans leur histoire modeste et même obscure, ils n’avaient été la destination de croisières touristiques, de voyages de noces ni même d’excursions romantiques, et l’idée que M. Coupat et Melle Lévy se sont payé la tête des enquêteurs a plus de vraisemblance que leur version. Alors ? Étaient-ils en mission de repérage ? De surveillance ? De recueil ? Rien ne permet de trancher sur ce point, et il ne semble pas non plus qu’ils soient allés jusqu’à la voie de chemin de fer visée.

S’ils l’avaient fait, cela aurait-il pu échapper aux as de la DCRI présents sur place ? Difficile à croire, tant ce coin d’Ile-de-France, habituellement si paisible, ressemblait en cette nuit fatidique à la forêt enchantée du Songe d’une nuit d’été et grouillait d’oreilles attentives et de regards indiscrets. Malheureusement, les procès-verbaux dressés par les divers services de police, ordinaire ou secrète ne sauraient faire foi. Certains de ces documents sont en effet signés par des policiers qui ne pouvaient être présents sur les lieux, tandis que n’y figurent pas les noms d’autres policiers qui, eux, y étaient. La surveillance dont le « groupe de Tarnac », à son insu, était depuis longtemps l’objet (écoutes, pose de balises sur les voitures, etc.) était pleinement illégale et ses conclusions ne peuvent donc être retenues dans un État de droit. Enfin, et surtout, les inexactitudes, les incohérences et les étonnantes lacunes de ces rapports s’expliqueraient assez facilement si elles avaient eu pour raison d’être le désir maladroit de cacher l’existence d’indicateurs ou de provocateurs sans lesquels ni l’attentat n’aurait été perpétré ni les suspects n’auraient été repérés ni les amoureux n’auraient eu l’étrange idée de voir Dhuisy by night.

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