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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:25

« Les US sont une oligarchie d’une corruption illimitée. » C’est ce qu’a déclaré, le 2 août dernier, l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter sur une radio nationale syndiquée, durant l’émission “The Thom Hartmann Program”. Il y déclare que les États-Unis sont devenus une oligarchie d’une corruption illimitée, « qui a créé la subversion de tout notre système politique, qui favorise les “contributeurs”, des démocrates aux républicains ». Carter affirme « que ces fonds illimités sont dans leur intérêt exclusif ». Jimmy Carter répondait aux questions de Hartmann sur les décisions récentes de la Cour suprême concernant la décision du financement de campagnes, comme celle de Citizens United. En voici la traduction :

Hartmann : la Cour suprême vient de déclarer que les fonds en politique « seront illimités ». On dirait que cela est une violation de tous les principes de la démocratie. Qu’en pensez vous ?

Carter : cela viole l’essence même de ce qui a fait que l’Amérique était un grand pays pour ce qui concerne son système politique. Désormais, ce n’est plus qu’une oligarchie corrompue sans limite, devenue la norme pour concourir à la présidentielle et être élu président. Cela s’applique également aux gouverneurs et aux sénateurs, ainsi qu’aux membres du Congrès. Nous voyons dorénavant une totale subversion de notre système politique, transformé en pot-de-vin géant, en faveur des contributeurs importants, qui attendent et exigent d’obtenir des retours sur investissement pour eux-mêmes lorsque les élections sont passées. Ceux qui sont en exercice, les démocrates et les républicains, comptent sur ces fonds illimités comme un grand bénéfice pour eux-mêmes. Ceux qui sont déjà en place au Congrès ont plus à vendre à un contributeur avide que d’autres qui ne sont que des challengers.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:22

Notre « audacieux » Président n’aura cessé de se prendre les pieds dans le tapis de la géopolitique internationale et d’envoyer la facture aux inépuisables contribuables français.

Le Canard enchaîné nous annonce, cette semaine, que la note pour les deux Mistral non livrés sera de deux milliards. C’est oublier que ce ne sont pas deux mais quatre Mistral qui étaient initialement prévus. Tout commence, en effet, en 2011 : le ministre de la Défense d’alors, Alain Juppé, signe, le 25 janvier 2011, à Saint-Nazaire, avec le vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, Igor Setchine, une lettre d’intention portant sur la construction de quatre navires de classe Mistral, dont deux sont mis en chantier dans la foulée pour une modique somme tournant autour du milliard d’euros. Le manque à gagner est donc d’un milliard et la facture de deux milliards. Total : trois milliards.

Il faut dire que – coïncidence ? – pendant ce temps, les superbes mais trop onéreuses réalisations aéronautiques comme le Rafale peinent franchement à trouver acquéreur. L’épineux blocage de la vente des Mistral prend alors la tournure cocasse que nous connaissons. À mesure qu’il devient plus évident que leur livraison n’aura pas lieu, abracadabra : des Rafale (impossibles à vendre jusqu’alors) se trouvent enfin fourgués en Égypte puis en Inde. Le montant des contrats correspondants (5 milliards d’euros pour l’Égypte et presque autant pour les 36 Rafale indiens, à 4,3 milliards d’euros) compenserait largement les pertes encourues sur les deux Mistral russes.

Outre l’annulation du contrat sur les Mistral, le plus gros morceau du contrat indien passe définitivement à la trappe, puisque l’Inde ne veut plus des 126 avions escomptés (ils préfèrent acheter des avions russes !). Manque à gagner : 48 milliards d’euros.

D’autre part, la structure même du montage financier égyptien laisse perplexe : sur les 5,2 milliards concernés, dont pour le moment seul un acompte de 500 millions a été versé, la moitié est constituée de prêts négociés par l’État égyptien auprès de banques… françaises. Autrement dit, un État, endetté jusqu’au cou, actuellement assez instable politiquement et dont la qualité du crédit, si elle n’est certes pas grecque, n’est tout de même pas franchement excellente, emprunte 2,6 milliards d’euros auprès de banques d’un pays lui-même financièrement à la rue pour acheter des avions coûteux, et on est prié de croire que tout va se passer comme sur des roulettes.

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:28

La presse dans son ensemble a commémoré l’anniversaire de la bombe sur Hiroshima. Disons tout de suite que c’est très surfait, cette histoire de bombe. Et ça n’a obtenu une certaine réputation que parce que ces jaunes sont très douillets. Et puis, ces bridés, ça se reproduit très vite. Alors, trois cents mille lascars de plus ou de moins, ça ne peut pas nous arrêter, en 2015. D’ailleurs on les compte plus les victimes de Hiroshima et de Nagasaki. Ca prendrait trop de temps. L’essentiel c’est de faire progresser le progrès. Or, il y a incontestablement un progrès. Quand on pense au nombre des victimes qu’on pouvait obtenir au moyen âge, les progrès sont très significatifs. Je vous donne un exemple. Bouvines le 27 juillet 1214, on en a fait tout un plat. Alors qu’on a ramassé à peine une centaine de cadavres dans chaque camp. Ca tient aussi à la surface du champ de bataille : à peine quinze hectares, nous dit Georges Duby, qui s’y connaît. Comment rivaliser avec Hiroshima ? Il aurait fallu agrandir le champ de bataille, et à l’époque, ça n’était pas possible. Il aurait fallu se lancer dans des travaux de défrichage. Et ça n’aurait pas encore suffi. Pourquoi ? On manquait cruellement d’habitants au 13ème siècle. Et comment faire un bon score, si on ne dispose pas de victimes en quantité suffisante ? Quant à repeupler les environs de Bouvines, il ne faut pas y penser. La mortalité infantile était trop forte. Trois enfants sur quatre rendaient la main avant l’âge de la première communion. Sans compter qu’avec ces armures les mâles hésitaient. Ils avaient peur de se faire couper les couilles en plein viol patriotique. Ah non ! On n’était pas évolués comme au débarquement du 6 juin 1944. Le 6 juin 1944, on se fichait des cadavres. On repeuplait la Normandie sur la lancée. Un coup j’en tue une, un coup j’en viole une autre. Ah ! ils avaient le moral, les Alliés du 6 juin 44. Avec leur grosse majuscule. Et aussi leurs grosses bites. Ils avançaient la braguette ouverte, face aux boches. Et puis, ce qui les a démoralisés à Bouvines, c’est qu’on tuait un dimanche. Oui, le 27 juillet 1214, ça tombe un dimanche. Vérifiez sur le calendrier des postes de l’époque. Et au moyen âge on n’a pas le droit de se massacrer le dimanche. Le pape, il a interdit les bagarres le dimanche. Sinon Dieu, il descend de son petit nuage, car Dieu, au 13ème siècle, il est général. Commandant en chef de toutes les armées de l’époque. En 2015, on ne s’arrête pas à ce genre de détails. On tue les jours de semaine et on n’a pas l’idée d’arrêter le dimanche. Le dimanche les militaires travaillent. Les militaires ne sont pas des tafioles comme en 1214. Ils savent qu’ils vont être virés de leur boulot s’ils ne travaillent pas le dimanche. Pas payés et alors comment ils iront faire leurs courses ? Comment ils iront aux soirées libertines avec DSK ? Non, c’est très surfait cette histoire de Nagasaki et d’Hiroshima. En 2015, on a honte d’appeler ça une victoire. Je vous le dis, lecteurs, Hiroshima, c’est à peine un bizutage, un peu excessif. Tout au plus…

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:22
Robert Desnos lâché en liberté…

Robert Desnos est l’un des poètes les plus attachants et les plus étonnants parmi les surréalistes français. D’abord il est né en 1900. Essayez de naître en 1900 ! Ensuite il oublie sa famille pour vivre sa vie à lui. Je ne raconte pas sa vie. Sa vie, elle se termine en 1945, au camp de concentration de Térézine. Il finit donc « libéré ». Desnos est un homme libre à jamais.

Un extrait de son poème « Baignade » permet d’entrer en contact avec Desnos le poète. Cette « baignade » est un plongeon dans un univers de fruits et légumes. Une baignade dans les hors d’œuvres. Si! sa poésie est alimentaire, on en mangerait, et d’ailleurs on en mange ! C’est une poésie à déguster…voyez vous-même :

« Où allez-vous avec vos tas de carottes ?/Où allez-vous nom de Dieu ?/Avec vos têtes de veaux et vos cœurs à l’oseille ? »

Je vous le disais, un poème de Desnos, ça se mange sur place. C’est fait pour le pique nique. Vous avez le menu, vous pouvez préférer la viande ou vous restez végétarien ? A moins que « l’oseille » vous évoque l’argent et alors « le cœur à l’oseille », ce n’est plus une recette de cuisine. Mais ça fait penser à tous ces écrivains qui sont motivés par le fric. Attendez la suite :

« Nous allons pisser dans les trèfles et cracher dans les sainfoins ! »

Excellent programme !

Cette étrange invitation au voyage marque une incontinence (pisser) sans aucune retenue.

Desnos refuse les bonnes manières. On le voit avec « cracher ». « J’irai cracher sur vos tombes » n’est pas loin. Et sur quoi crache-t-il et pisse-t-il, Robert Desnos ? Sur la création elle-même :

Les « trèfles » (l’argent?) et les sainfoins (ou peut-être les saints foins ?) Desnos crache sur tout ce qui est sacré dans notre société.

Reste une phrase dont il serait criminel de vous priver :

« Avec vos cœurs d’andouille, avec vos couilles de lion »

On reconnaît Richard couille de lion, bien connu des historiens. Sous une autre appellation. L’avantage de cette version culinaire, c’est qu’on peut manger l’andouille avec Richard. Richard est devenu une nourriture terrestre. Et tout ça assaisonné avec les carottes, et l’oseille. On aurait tort de s’en priver

Vous reprendrez bien un peu de Robert Desnos ?

J’ai le pélican façon capitaine Jonathan, voici ce que ça donne :

Le capitaine Jonathan

Etant âgé de dix huit ans

Capture un jour un pélican

Dans une île d’extrême orient…

Et vous savez ce qui se passe ?

Le pélican se met à pondre (un œuf tout blanc, sinon ça ne rime pas)

« Et il en sort un pélican

Lui ressemblant étonnamment »

Et ainsi de suite indéfiniment. Desnos procède à la multiplication des pélicans.

Heureusement on peut s’arrêter quand on est rassasié. Robert Desnos conseille l’omelette :

« Cela peut durer pendant très longtemps

Si l’on ne fait pas d’omelette avant. »

Il a encore d’autres recettes de cuisine, Robert Desnos, comme par exemple « cette fourmi de dix huit mètres, avec un chapeau sur la tête »

Avalez sans modération !

« Et les quatre sans cou », ça se mange aussi ! Allez vous servir vous-même.

La poésie de Robert Desnos est alimentaire, je vous le disais. Et faite avec des bons produits, comme on dit tous les jours en 2015 à la Télévision…

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:17

Si tu vas à Rio
N’oublie pas de monter là-haut
Dans un petit village
Caché sous les fleurs sauvages
Sur le versant d’un coteau »…

Ainsi chantait Dario Moreno, et il avait raison : mieux vaut contempler la baie de Rio depuis le Pain de Sucre que d’y tremper ses fesses. C’est pourtant là, à Copacabana, que se dérouleront dans un an tout juste les épreuves aquatiques de la XXXIe Olympiade.

Ayant déjà abordé le sujet des Jeux olympiques ces jours derniers, n’allez pas croire que j’ai quelque chose a priori contre les vieux barbons du CIO. Non, j’ai simplement, au vu des faits, des doutes sur le bien-fondé de leurs décisions. Je sais bien qu’à leur âge, on résiste mal au désir de contempler les cariocas frétillant de leurs appas siliconés, mais bon, ces gens-là ne peuvent ignorer que la baie de Rio est l’une des plus polluées au monde…

Une enquête d’Associated Press, reprise jeudi par le Guardian et chez nous par L’Équipe, vient de jeter un pavé dans les vagues en révélant « des taux de pollution sur les sites (baie de Guanabara, marina de Glória ou encore lac Rodrigo de Freitas) qui hébergeront plusieurs disciplines (voile, canoë-kayak, aviron, ou encore la partie natation du triathlon) jusqu’à 1,7 million de fois supérieur au seuil maximal toléré sur une plage de Californie ».

Chose que l’on sait depuis un moment déjà, de nombreux articles ayant ces dernières années attiré l’attention sur le sort malheureux des pêcheurs (notamment) qui n’attrapent plus guère que des poissons crevés. Sous la surface des eaux bleues, « des tonnes d’ordures et de produits toxiques ». « La baie de Rio (ou baie de Guanabara) est aujourd’hui une immense latrine et une poubelle », confiait le biologiste Mario Moscatelli à l’AFP en 2012. « Elle est victime de tout ce qu’elle reçoit des rivières qui, elles, pâtissent du déversement incontrôlé des égouts », reconnaissait le responsable du projet d’assainissement de la baie, expliquant que « quinze municipalités sont traversées par des rivières qui déversent dans la baie 20.000 litres d’eaux usées par seconde », dont seulement un tiers est traité. À quoi il faut ajouter les résidus de la fuite de près d’un million de litres de brut survenue il y a douze ans lors d’un accident dans une raffinerie du géant pétrolier brésilien Petrobras.

Un programme de dépollution de la baie a été lancé lors du Sommet de la Terre Rio-92, il y a 23 ans. La coquette somme d’un milliard de dollars (financés par la Banque interaméricaine de développement [BID], l’Agence de coopération internationale du Japon [JICA] et le gouvernement de Rio) y ont déjà été engloutis pour un résultat très hypothétique. On invoque pudiquement des « erreurs de gestion ». En 2012, on estimait encore à 20 ans le temps nécessaire pour assainir la baie…

Bref, pour résumer, les athlètes du monde entier – 1.400 sont concernés dans ces épreuves – vont concourir au milieu des résidus de pétrole, des détritus et des matières fécales. L’Équipe rapporte qu’« une équipe de voile autrichienne a pu constater en juillet la pollution du site dédié. Plusieurs athlètes ont ainsi souffert de fièvre, de vomissements et de diarrhées. » Mais le CIO s’en fout : l’essentiel n’est-il pas de participer ?

Alors, Mesdames et Messieurs les athlètes, si vous ne déclarez pas forfait, je n’aurai qu’un conseil : munissez-vous d’antibiotiques, et surtout placez-vous sous la protection du Christ Rédempteur avant d’aller vous tremper les fesses.

Source : Boulevard Voltaire

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:05
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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:03

Et de trois. Après l'hébergeur français Altern.org, qui avait annoncé dès le 17 avril son intention de déménager hors de France en réaction au projet de loi sur le renseignement, et le service Eu.org, qui a pris une décision similaire au même moment, c'est au tour du projet CaliOpen de faire savoir son intention de quitter le pays dans les plus brefs délais afin d'échapper à cette nouvelle législation.

Dans un article publié ce mercredi, CaliOpen explique qu'il n'est pas raisonnable de poursuivre ses activités en France sans prendre le risque de porter tôt ou tard atteinte aux idéaux qu'il veut défendre dans son projet. Il faut donc partir. Et même si la destination d'arrivée n'est pas encore décidée avec certitude, le choix du Luxembourg a pour le moment les préférences de l'équipe.

"Quel que soit le destin du texte après son examen par le Conseil constitutionnel, il nous paraît impossible de garantir aux futurs usagers de CaliOpen une véritable confidentialité si leurs données devaient dépendre d'un pays dont les représentants élus ont voté en faveur de l'installation de boîtes noires au sein des fournisseurs d'accès à Internet et des hébergeurs web".

Anticipant les critiques qui pourraient se manifester à en cas d'un déménagement au Luxembourg, CaliOpen déclare que cette destination n'a pas été choisie pour des considérations fiscales mais pour la proximité géographique et linguistique, et "particulièrement pour la garantie de non-ingérence de l'État au regard des informations confidentielles que la future entité sera amenée à gérer".

Bâti selon le principe du logiciel libre, Caliopen est un projet dirigé par Laurent Chemla, un informaticien connu pour avoir fondé le bureau d'enregistrement Gandi et pour son opposition remarquée lors des débats parlementaires sur la loi Hadopi. En sommeil pendant un temps, CaliOpen a été remis sur les rails à la suite des révélations d'Edward Snowden sur la surveillance de masse déployée par la NSA.

En savoir plus sur http://www.numerama.com/magazine/33865-loi-renseignement-au-tour-de-caliopen-de-quitter-la-france.html#jQPTUgyEvosqfpAf.99

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 08:54

Laissez-moi faire l’éloge du patrimoine mais pas n’importe quel patrimoine. Si on part d’un raisonnement très simple, qui est celui qu’on applique à la corrida et aux combats de coqs, il s’agit bien du droit de trucider un adversaire. Et je pense soudain à cette histoire de vol dans un « site militaire » à Miramas. Les armées ne feraient-elles pas partie du patrimoine de la France ? Alors préservons le patrimoine ! Laissons les voleurs jouer avec les soldats, avec les gendarmes. Le vieux, le très ancien jeu, désigné sous l’appellation de « Aux gendarmes et aux voleurs » fait partie intégrante de notre patrimoine. Le détruire ce serait porter atteinte à notre culture ! Laissons les voleurs jouer en paix aux voleurs. Laissons les gendarmes jouer aux gendarmes. Laissons les soldats jouer aux soldats. Qu’on ne soit pas ému par ces vols de munitions. Qu’on ne soit pas ému par le fait que le droit de tuer soit réservé à une classe de citoyens en uniforme. La démocratie est à ce prix. Démocratisons le vol et le meurtre avec préméditation. Mais il faut encore aller plus loin. Démocratisons les anciennes batailles. Les commémorations des guerres mondiales, ça suffit ! Revenons à des reconstitutions historiques. Des vraies. Avec des vrais cadavres. On assiste, en été, à des simulacres de batailles. Disons-le franchement : qui peut se satisfaire de ces simulations ? Ce sont des bien piètres amateurs de guerres. Dans les vraies guerres, ça saignait davantage. Voyez les chansons de gestes, ça c’est du vrai patrimoine ! Du patrimoine vivant avec beaucoup de morts et de blessés. Puisqu’on prétend préserver les corridas et les combats de coqs, en « live », il faut préserver les grandes batailles en « live » également. Serions-nous devenus des taffioles ? « Que nenni » comme on disait au moyen âge. Et sus à l’ennemi ! Attention à l’orthographe, ceux qui seront surpris en train de sucer l’ennemi seront tondus et brûlés vifs. Ca leur fera les pieds. Le patrimoine, il faut le supporter. Il faut avoir le courage de le regarder en face. Il y a bien un public pour les corridas et pour les combats de coqs ! Alors pourquoi pas un public pour les reconstitutions historiques au nom de la préservation du patrimoine ? Arrière les poules mouillées ! Arrière les déserteurs ! Arrière les couards ! Et ne soyons pas émus par cette histoire de vol de munitions dans une caserne de Miramas ! Les voleurs sont des individus de bonne volonté. Laissons les aller en paix…

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 08:42

La formule peut surprendre le lecteur superficiel. Celui qui n’a pas voulu voir que Céline est constamment dans l’excès… Ferdinand pose sans cesse des explosifs pour faire éclater les lieux communs du langage ! Du langage ordinaire des gens bien élevés.

Ca commence dès le début du Voyage, dès la page 2 :

«… la race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis… c’est ça la France et puis c’est ça les Français… »

Où est la belle race aryenne ? Dès que Céline commence à parler, ça déconne… enfin on dit que ça déconne. Mais en vérité Céline est étranger à toute idéologie. C’est le révolté à l’état pur. Voyez l’accumulation des adjectifs… Céline se damne tout seul. (Jean Guénot « Céline damné par l’écriture »). Il va toujours aux extrêmes. Ainsi on passe de « chassieux » à puceux » (néologisme) et on revient à « transis », un mot du langage officiel. J’aurais pu citer la suite : « Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours. » Et la recherche de la limite est là, encore. Il agit pareil avec les juifs, avec les colons sur l’amiral Bragueton, Il y en a pour tout le monde :

Céline parle de « l’angoissante nature des Blancs ». C’est la vraie nature des Blancs que Céline nous donne à voir : « l’aveu biologique » dès que l’homme blanc a passé les tropiques. Le Blanc pue autant que le juif, autant que le noir. C’est l’humanité qui pue. Le Blanc il est impossible de le laver, impossible de le récurer, la mer n’y suffit pas, impossible de le désinfecter : « on peut apercevoir des Blancs, une fois que la mer s’en retire : la vérité, mares lourdement puantes, les crabes la charogne et l’étron. »

L’humanité, c’est vraiment de la merde et Ferdinand le dit avec une certaine élégance. La mer devient une « mare » et laisse des crabes, comme des « paniers de crabes », des crabes sournois et en plus elle « pue » la mer. Et Céline reste poli, avec « la charogne » (dépouille d’un animal mort » et même avec « l’étron », dont le singulier peut apparaître comme « poétique », vu que l’étron c’est pas de la vraie merde, à l’état naturel… l’étron c’est de la merde élaborée, de la merde comme une sculpture. Une œuvre d’art.

Et Ferdinand ne prend pas non plus de pincettes avec les noirs. Il est vrai que l’amiral Bragueton est en partance pour « Bambola-Fort-Gono ». (« gonocoque » dans la version abrégée). Alors on ne s’étonne plus de rien. Bambola, c’est la version douce de « Bamboula », comme le navire était l’amiral Bragueton…Tout le monde se débraguette sur l’amiral Bragueton…

On comprend, si on veut comprendre, que c’est la race humaine dans son intégralité qui est visée par Louis Ferdinand Céline.

Donc Louis Ferdinand Céline n’est pas raciste, il est même antiraciste.

C’est l’humanité entière qui est une sale race.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 08:36

On ne comprend plus grand-chose à ce qui se passe en Grèce. Grâce ou à cause d’Aléxis Tsípras, les Grecs ont massivement voté « non » aux diktats lors du référendum du 5 juillet, mais deux jours plus tard le même Tsípras acceptait de se soumettre à des mesures encore plus coercitives…

Le 5 juillet, les Grecs ont dit non, massivement non, à la politique d’austérité imposée par l’Union européenne. C’est la première fois qu’un peuple était appelé à se prononcer sur la sauce à laquelle on prétendait le manger. Plus précisément, c’est la première fois qu’un peuple se voyait donner la possibilité de se prononcer politiquement sur une doctrine économique, en l’occurrence la dogmatique de l’orthodoxie néolibérale imposée par les prêteurs usuriers de l’oligarchie mondiale. Ce n’est pas rien. Et cela restera une date historique, quoi qu’il se soit passé par la suite. Exactement comme le « non » français du 29 mai 2005, qui fut lui aussi bafoué.

La volte-face d’Aléxis Tsípras a surpris tout le monde, mais s’explique finalement très bien. Tsípras ne voulait pas quitter la zone euro, et les Grecs ne le voulaient pas non plus. Or, le maintien dans la zone euro impliquait l’austérité. Vouloir conserver l’euro sans avoir l’austérité, c’est vouloir un cercle carré. Face aux exigences toujours plus dures de l’Eurogroupe et de la Troïka, Aléxis Tsípras n’avait le choix qu’entre renverser la table ou passer dessous. N’ayant pas voulu la renverser, il a suffi de le menacer d’une expulsion de son pays de la zone euro pour l’amener à capituler.

Une monnaie unique n’est viable qu’entre des pays de structure et de niveau économique comparables, ou bien alors comme monnaie d’une Europe politiquement unifiée, aujourd’hui inexistante, avec ce que cela implique de transferts financiers entre les pays les plus riches et les plus pauvres. La Grèce n’aurait jamais dû rentrer dans l’euro, car son économie ne peut pas fonctionner avec une monnaie qui n’est qu’un mark étendu.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

On repart pour un tour. Plutôt que de restructurer la dette grecque, ce qui aurait impliqué des pertes pour les banquiers ayant investi dans cette dette, on va continuer à accorder de nouveaux prêts à une entité en faillite, avec en contrepartie des exigences d’une ampleur jamais vue, qui ne pourront être satisfaites qu’au prix d’un nouvel appauvrissement, d’une nouvelle baisse des rentrées fiscales, d’une déflation qui alourdira le poids de la dette, sans aucune possibilité de redressement de la situation ni possibilité de procéder aux réformes de structure nécessaires.

Les perroquets qui répètent des propos de bistrot peuvent bien dauber sur la « fainéantise » des Grecs et la « gabegie des fonctionnaires ». Ils feraient mieux de consulter les chiffres de l’OCDE. En 2014, les Grecs ont travaillé en moyenne 2.042 heures, soit plus que les Français (1.489 heures) et les Allemands (1.371 heures). En 2011, les fonctionnaires représentaient en Grèce 8 % de l’emploi, contre 11 % en Allemagne. En réalité, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, tous deux prix Nobel d’économie, l’ont dit avec netteté, et l’ancien ministre Yánis Varoufákis n’a lui aussi cessé de le rappeler, l’économie grecque s’est effondrée, non pas en dépit, mais à cause des mesures d’austérité qu’on lui a imposées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on se retrouvera dans quelque temps exactement dans la même situation qu’auparavant. Le FMI prévoit déjà que le taux d’endettement atteindra d’ici deux ans 200 % du PIB. D’ici là, une crise politique est plus que probable. Comme disait le regretté Philippe Muray, « le réel est reporté à une date ultérieure ».

Mais en plaçant la Grèce sous tutelle politique, administrative et financière, au moyen d’un véritable coup d’État de fait, l’Union européenne a également révélé son véritable visage. La « Déclaration » adoptée à Bruxelles le 12 juillet est à cet égard sans équivoque : « Le gouvernement [grec] doit consulter les institutions [européennes] et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement. » On savait déjà, grâce au « théorème de Juncker » (« Il ne peut pas y avoir de choix démocratiques contre les traités européens »), que l’idéologie dominante repose sur ce principe simple que les contraintes économiques et sociales édictées par l’oligarchie ne peuvent en aucun cas être modifiée par des résultats électoraux. On voit maintenant, les résultats du référendum ayant été transformés en leur exact contraire par une sorte de diktat de Versailles à l’envers (« La Grèce paiera ! »), que l’aboutissement logique de l’orthodoxie néolibérale est bien de faire disparaître toutes les souverainetés politiques au profit d’une coalition de puissances privées et de transformer les nations européennes en autant de colonies ou de protectorats soumis à la « politique de la canonnière » des firmes multinationales et des marchés financiers.

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