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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 10:15

Tout le monde a le Bac, mais l’illettrisme progresse de manière assez hallucinante. On voit fleurir sur les réseaux sociaux des extraits de copies de Bac et on hallucine un peu sur la perte du français qui opère jusqu’en Terminale.
Le Bac n’a plus aucun sens dans la mesure où certains candidats arrivent en Terminale sans maîtriser totalement le français.

Jean-Paul Brighelli : "Ce n’est pas en Terminale que cela se décide. Depuis une trentaine d’années, on a laissé courir les exigences depuis le CP.
Lors du brevet des collèges qui vient d’avoir lieu, il y avait une question de grammaire qui consistait à transformer un nom féminin en pronom. Au lieu de ‘’je mange la soupe’’, il fallait dire ‘’je la mange’’. La consigne écrite était qu’on accepterait comme bonne réponse ‘’là’’ ou ‘’l’a’’. Quand on en est là en fin de troisième, vous comprenez bien que ce n’est pas en seconde, en première ou en Terminale que l’on va se réconcilier avec l’orthographe.
J’enseigne en prépa et je vois des choses absolument hallucinantes.
Je me fiche pas mal que les élèves sachent écrire « ornithorynque ». Ce n’est pas un mot qu’on écrit tous les jours.
Ce qui a capoté complètement c’est l’orthographe grammaticale. Cela fait des années qu’on n’enseigne plus la grammaire. Les pédagos ont dit : « on va enseigner la grammaire à l’occasion de ce qu’on trouve dans un texte ». Ce n’est ni coordonné ni systématique. On est dans une débâcle absolue.
Quand on laisse tomber une langue au niveau de l’éducation, c’est qu’on a laissé tomber une nation au niveau politique. Nous sommes identifiés à notre langue. Je rappelle que tout pays se définit par la langue qu’il parle. En France, la langue officielle est le Français et non le bloubi-boulga qu’on a fini par accepter non seulement dans les banlieues chaudes, mais un peu partout.
Certains inspecteurs ont fini par dire « laissez tomber, ce qui compte c’est la spontanéité à l’oral ».
Or, l’oral en français est le point le plus contestable de la réforme Blanquer du Bac. Désormais, il est prévu deux épreuves écrites et un grand oral à partir d’un projet. Cela va favoriser de façon évidente les gens qui ont tété la grammaire et le vocabulaire avec le sein de leur mère. Il est évident que les classes les plus populaires et fragiles vont être tout à fait déstabilisées par l’exercice.
J’ai moi-même formé des gens pour des concours d’éloquence. Ces gens avaient au départ des capacités d’éloquence, mais pas forcément la culture et l’habitude qui va avec. Il a fallu totalement les reformer. Elles n’étaient que deux, alors imaginez avec toutes les classes de tous les lycées de France. Comment va-t-on former 35 élèves à la prise de parole intelligente ?
Que l’on mette une telle insistance sur l’oral dans les concours comme Sciences Po ou l’ENA signifie en clair que cette fois-ci, ce sont vraiment les enfants de cadres supérieurs divers et variés qui vont faire des performances. Les autres auront de bonnes intentions et d’excellentes idées, mais ils n’auront pas le code linguistique.
On voit immédiatement, en entendant les propos de votre interlocuteur, si cette personne est cultivée. Je ne m’écoute pas au moment où je parle, mais je sais que 80 % de mes phrases sont grammaticales. Si vous écoutez ce qui se dit dans la rue, cette statistique tombe à 20 %. Si vous écoutez ce qui se dit dans des banlieues déshéritées, elle tombe à zéro."


C’est tout le problème de la violence qui est favorisée par l’incapacité à s’exprimer avec des mots.

Jean-Paul Brighelli : "C’est valable dans toutes les langues. J’avais une collègue, professeur d’anglais qui au lieu de faire lire à ses élèves de 3e des extraits remaniés de journaux anglais, les faisait travailler sur Roméo et Juliette. Elle leur faisait apprendre des morceaux entiers y compris des injures de Roméo et Juliette.
Elle avait remarqué, qu’utiliser ces injures très littéraires au moment de la récréation, les élèves étaient passé du coup de poing dans la gueule et du coup de front sur le nez à quelque chose qui était directement du second degré très littéralisé. Il y a un art de l’apostrophe.
Quand vous conduisez et que le mec vous traite de connard, c’est la limite sud de son vocabulaire. C’est le même mécanisme que vous avez dans les réunions de supporters dans un stade. « À mort l’arbitre ». La syntaxe s’arrête-là !
Il est évident que la pédagogie de ces dernières années consistait à privilégier l’oral spontané. Il n’a fait qu’encourager la destruction systématique, au sens programmé, de la langue."

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 10:07

Macron et d’autres en Europe s’apprêtent à imposer unilatéralement le contrôle de la parole sur Internet avec de nouvelles législations en France et en Allemagne. Si vous pensez qu’il s’agit d’une question européenne, détrompez-vous.

Macron et son gouvernement tentent d’éliminer unilatéralement les pensées haineuses sur Internet. Le Parlement français a adopté une nouvelle loi qui donnerait aux entreprises comme Facebook et Google seulement 24 heures pour supprimer les propos haineux de leurs sites, sous peine d’une amende de 1,4 million de dollars par violation.

Les Français et les Allemands n’essayent plus de convaincre les États-Unis de renoncer à leur liberté d’expression. Ils se sont rendus compte qu’ils n’ont pas à le faire parce qu’en imposant de lourdes amendes, les grandes entreprises seront forcées de censurer la parole selon des normes mal définies.

La décision des Européens frappe dans l’angle mort de la Constitution des États-Unis. Le Premier Amendement permet d’empêcher les actions du gouvernement contre la liberté d’expression, et la plupart des lois qui restreignent la liberté d’expression en Europe seraient inconstitutionnelles aux États-Unis. Cependant, bien que protégés contre Big Brother, les Américains sont complètement vulnérables devant Little Brother, composé de sociétés privées qui ont un large pouvoir sur la réduction et le contrôle de la parole à travers le monde.

Ces lois criminalisent la liberté d’expression selon des normes vagues faisant référence à l’« incitation à la haine » d’autrui fondée sur la race ou la religion.

Les Nations Unies renouvellent également leurs appels à faire de la diffusion de « propos haineux » un type de crime international. Les pays musulmans veulent que le blasphème soit inclus, et Israël veut que l’antisémitisme soit criminalisé. Même dans notre propre pays (les USA ), des politiciens comme Howard Dean et divers universitaires ont déclaré que les propos haineux ne sont pas protégés par le premier amendement. La députée Frederica Wilson a demandé que des gens soient « poursuivis » pour s’être moqués de membres du Congrès. Un récent sondage a révélé que la moitié des étudiants aux États-Unis ne croient pas que la propagande haineuse devrait être protégée.

La triste ironie est de voir la France prendre la tête des pays visant à restreindre la liberté d’expression. Autrefois bastion de la liberté, la France est aujourd’hui devenue l’une des plus grandes menaces mondiales contre la liberté d’expression.

(Jonathan Turley, professeur de droit à l’Université George Washington).

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 09:54
L’enquête sur l’affaire Alstom-General Electric, impliquant Emmanuel Macron, passe au parquet national financier

Selon une information de Marianne, le député Olivier Marleix (LR) qui a conduit la commission d’enquête sur Alstom s’interroge sur la concomitance de deux événements.

Le premier : Emmanuel Macron, alors à Bercy, avait « formellement donné l’autorisation » de la vente d’Alstom énergie. Mais pas seulement, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande avait « également autorisé » d’autres cessions d’actifs « d’entreprises stratégiques françaises », comme celle d’Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia ou de Technip à FMC Technologies (États-Unis).

Le second tient à la campagne présidentielle de 2017 : Olivier Marleix relève que le candidat Macron a bénéficié d’un « montant de dons records pour sa campagne ». A partir de ces deux éléments, le député interroge « le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées. » Et de poursuivre dans sa lettre au parquet : « S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption. »

Comme le rappelle Marianne, rien que sur l’opération Alstom-General Electric, c’est un torrent d’argent qui s’est écoulé ! Les auditions de la Commission ont ainsi révélé que l’entreprise alors dirigée par Patrick Kron avait versé près de 300 millions d’euros de frais liés à l’opération de rachat par General Electric, sans compter les montants versés par GE lui-même. De bon gros honoraires représentant plus de 10% du montant du deal, proportion très au-dessus des standards (1% à 2%). L’analyse d’Olivier Marleix est qu’une partie de ces fonds se sont finalement retrouvés au travers des dons – particulièrement importants, puisque nombre des donateurs ont saturé le plafond – dans les poches du candidat Macron. Par exemple, sur les 12 millions d’euros récoltés par le parti LREM, la moitié était le fait de dons saturant le plafond de 7.500 euros.

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 09:49

La plainte arrivée il y a quelques jours sur le bureau de la  Brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris a dû surprendre ces policiers pourtant aguerris. Elle a été déposée au cours du mois de juin par le Centre national des arts plastiques (CNAP). L’établissement culturel y dénonce le vol de sept œuvres. Des statuettes en bois, en terre cuite, mais aussi un buste en bronze. Des œuvres estimées à quelques milliers d’euros. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire pour les enquêteurs de la BRB spécialisés dans le vol d’œuvres d’art.

Le lieu du larcin l’est beaucoup plus : ces statuettes n’ont pas été dérobées dans une salle de vente ou un luxueux appartement, mais… au sein même de la présidence de la République, dans le palais de l’Élysée ou ses annexes. Quand ? Mystère. Ce que l’on sait simplement, c’est que c’est un récolement effectué entre novembre 2012 et janvier 2013 au palais qui a permis de constater la disparition de ces œuvres déposées entre 1879 et 1984. Des recherches approfondies ont alors été menées, mais elles n’ont pas permis de retrouver les statuettes et le buste, poussant donc le CNAP à déposer plainte.

Comme ces statuettes, des milliers d’œuvres propriété de l’État ont disparu de musées, de mairies, d’ambassades, mais aussi de Matignon, de l’Assemblée nationale ou du Sénat. « Il en manque plus de 50 000 », selon les travaux de la Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art (CRDOA), créée après un rapport alarmant de la Cour des comptes, en 1997. Une grande partie est considérée comme définitivement perdue, faute de documentation précise ou pour cause de « mauvaise tenue des registres ».

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 09:47

Quinze parlementaires ou anciens parlementaires français, dont l'ex-député socialiste Jean-Christophe Cambadélis, font l'objet d'enquêtes du parquet national financier portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, a-t-on appris jeudi de source judiciaire, confirmant des informations du Monde.
Les sept députés et huit sénateurs concernés - dont certains toujours en exercice - sont soupçonnés d'avoir pioché dans leurs indemnités représentatives de frais de mandat, dont l'usage est strictement encadré, pour financer des dépenses sans rapport avec leurs activités de parlementaires.
Le préjudice s'élèverait de 20.000 à 80.000 euros selon les cas.
Ces enquêtes préliminaires ont été ouvertes à la suite de signalements de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), datant de la fin 2018, précise-t-on de même source.
Selon Le Monde, Jean-Christophe Cambadélis est notamment soupçonné de s'être servi de ces indemnités pour régler ses cotisations au Parti socialiste - ce dont il s'est défendu auprès du quotidien.
"Je ne suis au courant de rien : ni la Haute Autorité, ni le déontologue ne m'ont interrogé", a par ailleurs réagi l'ancien premier secrétaire du PS via Twitter. "Je verrai ce sur quoi on s'interroge et j'y répondrai."

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 09:24

 

Il reste quand même des raisons de célébrer la Fête des Pères, même si Jean-Paul Sartre estime qu'il a eu de la chance de ne pas vraiment connaître son père, et que ce fut un bien pour lui. «Il n'y a pas de bon père » affirme l'auteur de "La Nausée", qui se réjouit de ne pas avoir subi « les violences abstraites » qu'il aurait exercées sur lui.

Pour bien marquer sa différence, Sartre emploie le mot "géniteur" (celui qui "engendre", en utilisant ses parties génitales). Mais on voit tout de suite que la Fête des Parties Génitales, c'est pas du tout porteur pour le commerce, ça risque de conduire tout droit au sex-shop et les cadeaux qu'en pourrait rapporter un bon fils respectueux ne feraient pas forcément plaisir à la Mère, dont j'ai également raté la Fête il y a quelque temps.

En effet, une phrase du type « Papa, je t'ai rapporté une jolie poupée gonflable ! », c'est pas très habile. La mère risque de faire la gueule. Ah ! la vie devient compliquée avec toutes ces fêtes qui sont surtout des prétextes pour relancer la consommation !

D'autant plus que les enfants ont parfois plusieurs pères, dont certains sont qualifiés de "beaux", sous prétexte que ce ne sont pas les vrais, tandis que d'autres malheureux, pourtant pas conçus par le Saint Esprit, n'ont pas de pères du tout !

A cela s'ajoutent encore les difficultés orthographiques. En effet, ne souhaitez pas une bonne fête des "pairs". Ces pairs-là sont des égaux (latin "par, paris"). Si vous "allez de pair", vous allez ensemble avec quelqu'un d'autre. Si vous êtes "au pair" vous êtes logé et nourri pour un travail qui ne vous rapportera pas grand-chose d'autre. Ici la jeune fille sera particulièrement attentive à la qualité de l'orthographe. Si la petite annonce dit clairement «Cherche jeune fille au père », méfiez-vous. L'annonceur a une idée derrière la tête, et peut-être même plus bas.

Et vous n'êtes malheureusement pas au bout de vos peines. Imaginons l'enfant naïf qui revient avec son petit cadeau bien enrubanné sur lequel il a écrit, l'innocent, « Bonne fête des paires ».
Notez, ce ne sera pas vraiment idiot, car le père fabrique son enfant avec cette paire-là, mais ce n'est pas le moment de le rappeler de façon aussi directe. L'instant est solennel !
D'autant plus que, c'est encore Alain Rey qui le rappelle, il existe une « plaisanterie insultante » que je vous livre immédiatement parce que je vous sens gourmand de bonnes friandises :
« T'en as bien une paire au cul, mais c'est pas la tienne ».

Je crois qu'il vaut mieux "se faire la paire" et là, rien d'ambigu. Il s'agit de la paire de jambes. Or, quand on ne les utilise pas pour une "partie" où ils se retrouvent "en l'air", ces membres-là sont parfaitement honorables.

 

Rolland HENAULT dans "Articles volume 2" (Editions de l'Impossible, 2019)

 

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 09:12

Une dizaine de personnels des urgences se sont injectés symboliquement mardi de l’insuline, un geste pouvant mener à la mort, pour forcer le gouvernement à répondre à leurs revendications de hausse des salaires et des effectifs.

Ces urgentistes avaient prévu de procéder à des injections toutes les cinq minutes, de façon à faire baisser drastiquement leur taux de sucre dans le sang, tant que le ministère la Santé, à proximité duquel ils menaient leur action, n’aura pas satisfait leurs revendications.

Ils ont procédé à cinq injections mais leur mouvement a été interrompu par les forces de l’ordre qui les ont interpellés. A forte dose, l’insuline peut tuer mais le personnel médical qui a pris en charge les urgentistes sur place a déclaré, après un test, que les doses étaient minimes.

Parmi les volontaires, Ines Gay, infirmière de 28 ans à l’hôpital de Lariboisière, à Paris, fait partie de l’équipe de nuit qui avait retrouvé une patiente morte sur un brancard dans la salle d’attente de son service, en janvier dernier, faute d’avoir pu consulter un médecin à temps.

“Ça a été un électrochoc. Ça nous a complètement démolis. Plus jamais on ne veut vivre ça”, a-t-elle dit à Reuters.

C’est ce qui l’a poussée à participer au mouvement de grève démarré il y a trois mois dans les services parisiens, qui touche maintenant plusieurs dizaines de services en France.

“Il y a des choses que j’ai acceptées pendant quatre ans et demi, qui sont contre mes valeurs. J’ai compris qu’il fallait compresser le temps d’attente. J’étais très bonne pour être très rapide. Je sais faire une piqûre en moins d’une minute, je sais m’occuper de quelqu’un en moins de dix minutes”, dit Ines Gay. “Mais ça n’a pas de sens de faire ça.”

“Le système est en train d’imploser. On crie des appels à l’aide depuis 15 ans. Je préfère me mettre en danger aujourd’hui devant le ministère que mettre en danger la vie des patients et des soignants pour les 20 ans à venir”, ajoute-t-elle.

Le collectif “inter-urgences”, qui est soutenu par les syndicats CGT, Solidaires et FO, entre autres, réclame 10.000 postes d’infirmiers et autres aides-soignants supplémentaires ainsi qu’une prime de 300 euros nets par mois.

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 09:04

C’est le Canard enchaîné de ce mercredi qui balance : l’ancien ministre des Finances – serait-ce une habitude ? – avait un compte en Suisse. Bien garni : 11 millions de francs suisses (±7 millions d’euros) à sa mort, en 2007. Une jolie somme que ses héritiers auraient oublié de déclarer au fisc. « Les enquêteurs ont pu suivre la piste de la fortune suisse grâce à un informateur anonyme qui a fourni, en 2013, une copie d’écran émanant du réseau intranet du Crédit suisse », rapporte le Canard.

Pas franchement disposés à s’expliquer, lesdits héritiers… Le fisc a alors mis en route « un examen de la situation fiscale personnelle » de la famille, l’obligeant à s’expliquer sur la provenance d’un patrimoine estimé à 13,6 millions d’euros. En 2013 enfin, soit cinq ans après la mort de celui qui fut aussi maire de Lyon de 1995 à 2001, l’avocat de la famille Barre proposait au fisc de régulariser la situation « en échange d’une promesse de n’engager aucune poursuite pénale », cela au motif qu’« Il y a(vait) une personnalité toujours en vie qui pourrait être éclaboussée par cette affaire si l’existence du compte suisse était révélée. »

Nous, les curieux, on aimerait bien savoir de qui il s’agit.

Bref, la famille Barre aurait versé un petit million d’euros de pénalités, rectifications et intérêts de retard, ce qui est peu, compte tenu du montant de l’infraction. Toutefois le directeur général des Finances publiques, Bruno Bézard, aurait malgré tout informé le Parquet national financier d’un possible « blanchiment de fraude fiscale ». Sans grand succès… En effet, rapporte encore le Canard, « Deux ans d’enquête préliminaire ont ensuite suivi et ont débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire en 2016, dans le plus grand secret. Une information qui semble, pour l’instant, être au point mort ».

Comme beaucoup de politiciens à la mode du siècle passé, on a dit de Raymond Barre que son épouse lui coûtait bien cher. La belle Eva Hegedűs, une hongroise qu’il avait épousée en 1954, ne regardait pas à la dépense, surtout quand les factures revenaient à l’État. À ce sujet, la lecture du livre d’Émilie Lanez sur les secrets du pavillon de La Lanterne (1) est particulièrement édifiante. On précisera d’ailleurs au passage que cette demeure royale, réservée aux Premiers ministres jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy en exige le retour dans les villégiatures présidentielles, nous a coûté plus cher encore sous les mandatures de gauche. Le budget du domaine a ainsi augmenté de 26 % sous François Hollande sans que l’on sache encore pourquoi…

(1) La garçonnière de la République, Ed. Grasset

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 09:02

Selon le Bloomberg Billionaires Index, qui classe les 500 plus grandes fortunes mondiales, les Français les plus riches ont gagné plus d’argent en 2019 que n’importe qui d’autres dans le monde. Au premier semestre, la richesse cumulée des 14 milliardaires français du classement de l’agence financière a augmenté de 34,8 %, soit +78 milliards de dollars (68,8 milliards d’euros).

Ce qui les place au premier rang mondial des plus fortes progressions, devant les grandes fortunes de Thaïlande (+32,7%), de Singapour (+30,8%), du Japon (+24,2%) et du Danemark (+23%). Cette hausse est par ailleurs deux fois plus importante que celles des riches Chinois (+17%) et Américains (+15%).

Sur les 78 milliards de dollars cumulés cette année par les milliardaires français, 53 appartiennent à François Pinault (Kering), Françoise Bettencourt-Meyers (L’Oréal) et Bernard Arnault (LVMH). Ce dernier est par ailleurs devenu cette année la troisième personne au monde dont la fortune dépasse 100 milliards de dollars (103), derrière Bill Gates et Jeff Bezos.

Avec 56,9 milliards, Françoise Bettencourt Meyers se classe huitième alors que François Pinault est 22ème avec 38,8 milliards d’euros.

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 08:58

Une énième tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin 2019 au Venezuela. Tous les protagonistes ont été arrêtés les 22 et 23 et le ministre de l’Information, Jorge Rodríguez, a longuement expliqué à la télévision les tenants et les aboutissants de l’affaire. Elle a été éclipsée par le malaise d’un des chefs lors de sa comparution au tribunal, puis de sa mort à l’hôpital. Elle est pourtant très instructive.

À la différence des fois précédentes, ce complot était observé depuis 14 mois par une unité du Renseignement militaire qui avait été formée par le Renseignement cubain. Durant toute cette période, les Vénézuéliens ont pénétré le groupe et surveillé ses communications audio et vidéo. Ils disposent ainsi de 56 heures d’enregistrement qui fournissent autant de preuves irréfutables.

Plusieurs des individus arrêtés avaient déjà été mêlés aux complots précédents de sorte qu’il est difficile de concevoir cette opération distincte de celles commanditées précédemment par la CIA.
Pas plus d’avenir pour l’opposition que pour le gouvernement

Deux remarques s’imposent. En premier lieu, ce complot était à la fois dirigé contre le président constitutionnel Nicolás Maduro et contre le président autoproclamé Juan Guaidó pour porter un troisième homme au pouvoir, le général Raúl Isaías Baduel.

Ce dernier, ancien chef d’état-major, puis ministre de la Défense, avait été démis de ses fonctions par le président Hugo Chávez, s’était retourné contre lui et avait pris la tête de l’opposition en 2009. Cependant, il s’avéra qu’il avait détourné de l’argent de son ministère. Il fut jugé et condamné à 7 ans de prison ferme qu’il purgea. Il fut à nouveau incarcéré durant le mandat du président Nicolás Maduro et est toujours emprisonné. Un commando devait le libérer et l’emmener à la télévision nationale pour annoncer le changement de régime.

Le fait de promouvoir un troisième président confirme notre analyse, publiée il y a deux ans [1], selon laquelle le but des États-Unis n’est pas de remplacer le régime bolivarien par un autre plus obéissant, mais de détruire les structures étatiques du pays. Du point de vue US, ni la majorité nationaliste ni l’opposition pro-US ne doivent espérer d’avenir.

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