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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:32

Qu’est ce que l’état d’urgence ?

Extraits choisis :

"La déclaration de l’état d’urgence donne pouvoir au préfet dont le département se trouve en tout ou partie compris dans une circonscription prévue à l’article 2 :

1° D’interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté ;

2° D’instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ;

3° D’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics.

(...)

Le ministre de l’intérieur dans tous les cas peut prononcer l’assignation à résidence dans une circonscription territoriale ou une localité déterminée de toute personne résidant dans la zone fixée par le décret visé à l’article 2 dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics des circonscriptions territoriales visées audit article.

L’assignation à résidence doit permettre à ceux qui en sont l’objet de résider dans une agglomération ou à proximité immédiate d’une agglomération.

En aucun cas, l’assignation à résidence ne pourra avoir pour effet la création de camps où seraient détenues les personnes visées à l’alinéa précédent.

L’autorité administrative devra prendre toutes dispositions pour assurer la subsistance des personnes astreintes à résidence ainsi que celle de leur famille.

(...)

Le ministre de l’intérieur, pour l’ensemble du territoire où est institué l’état d’urgence, et le préfet, dans le département, peuvent ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacles, débits de boissons et lieux de réunion de toute nature dans les zones déterminées par le décret prévu à l’article 2.

Peuvent être également interdites, à titre général ou particulier, les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre.

(...)

Le décret déclarant ou la loi prorogeant l’état d’urgence peuvent, par une disposition expresse :

1° Conférer aux autorités administratives visées à l’article 8 le pouvoir d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit ;

2° Habiliter les mêmes autorités à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales."

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:29

Dans un livre à paraître prochainement, le président français admet avoir livré des armes aux rebelles syriens en violation de l’embargo européen sur ce type de livraisons à la Syrie.

Les livraisons auraient eu lieu en 2012, avant l’annulation de l’embargo en 2013. C’est du moins les propos de François Hollande tels que les a recueillis le journaliste et écrivain Xavier Panon l’année dernière. «Nous avons commencé quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient dans des mains sûres. Pour les armes létales, ce sont nos services qui ont procédé aux livraisons», a déclaré François Hollande à l’écrivain, rapporte l’AFP.

Xavier Panon a utilisé cette interview dans son livre intitulé «Dans les coulisses de la diplomatie française» qui sort en France ce mois-ci.

Selon les propos de François Hollande rapportés par l’auteur, la France a livré des canons, des mitrailleuses, des lance-roquettes et des missiles antichars aux forces qui luttent contre Bachar Al-Assad alors que le président français avait toujours dit jusqu’ici que la France n’avait envoyé des armes en Syrie qu’après la levée de l’embargo.

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision France 2, Bachar Al-Assad a accusé la France de soutenir les mêmes terroristes que ceux qui ont perpétré les attaques à Paris en janvier dernier. «Est-ce de la démocratie que d’envoyer des armes aux terroristes et de les appuyer ? Ai-je le droit de soutenir les terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo par exemple ?», s’est demandé le président syrien.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé l’Occident de soutenir les extrémistes pour renverser le régime syrien. «La Russie condamne l’utilisation des groupes extrémistes dans les efforts visant à changer le régime», avait-il asséné lors d’une conférence de presse en novembre dernier.

Xavier Panon décrit aussi dans son livre les plans d’attaque du gouvernement français en Syrie. Il s’agissait des frappes aériennes contre le régime syrien soupçonné d’avoir utilisé des armes chimiques contre son propre peuple en août 2013. Parmi les cibles, on trouve le siège des services de renseignement de l’armée syrienne que la France a jugé responsable des attaques chimiques. Mais faute de l’appui de Washington, ces plans n’ont pas pu être menés à bien.

Un conseiller politique français aurait dit à Xavier Panon que les frappes avaient pour but de changer l’ordre politique en Syrie et de déstabiliser la Russie en la forçant à changer de position à propos du conflit syrien.

La guerre civile en Syrie qui dure depuis cinq ans a fait plus de 220 000 victimes et a fait fuir des millions de Syriens dans les pays alentours. Quelques groupes islamistes ont profité du chaos pour gagner du terrain en Syrie. L’Etat Islamique, l’Armée syrienne libre et le Front islamique luttent toujours contre les forces gouvernementales.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:27
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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:25

André Glucksmann n’est plus. Et avec lui, c’est une époque qui s’en va. Né en 1937, il devient l’assistant de Raymond Aron. Pour occuper son temps libre, il devient maoïste et traite les communistes d’alors de « révisionnistes bourgeois » tout en qualifiant la France de « dictature fasciste », à l’occasion d’un article publié dans la revue Les temps modernes.

Ayant un temps repris ses esprits, il rejoint le courant dit des « nouveaux philosophes », sorte de boy’s band intellectuel de l’époque. Il a ceci de commun avec Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut d’avoir une chevelure assez télégénique, ce qui n’échappe pas à la sagacité de Bernard Pivot.

En 1979, il refait à nouveau parler de lui en posant sur le perron de l’Élysée, en compagnie de Jean-Paul Sartre et de Raymond Aron. Il s’agit alors de favoriser le tourisme de masse dans les pays émergents. Ce sera l’opération dite des Boat People. Au passage, on notera que son communisme d’antan a été oublié dans ses bagages, eux-mêmes égarés au bureau des objets et idéaux perdus.

Jamais en retard quant aux concepts philosophiques aussi audacieux qu’improbables, il tient alors le combat d’Alexandre Soljenitsyne en URSS pour comparable à celui des intellectuels français engagés contre l’Algérie française. Osé, le concept… Mais qui ne tente rien n’a rien.

En 1977, il cosigne dans Le Monde, avec d’autres intellectuels, un communiqué exigeant la libération d’adultes accusés de pédophilie sur mineurs. C’est l’époque qui veut ça, dira-t-on.

En 1981, il soutient la candidature de Marie-France Garaud à l’élection présidentielle tout en commençant à se distinguer par un atlantisme forcené. Cherchez l’erreur. Après, il est de tous les bons coups. Il soutient la première guerre du Golfe en 1990. Quatre ans plus tard, aux élections européennes, il figure en bonne position sur la liste L’Europe commence à Sarajevo, menée par Bernard-Henri Lévy. Dans un élémentaire souci de charité chrétienne, on ne vous donnera pas le résultat sorti des urnes. En 1999, il soutient évidemment la ratonnade de l’OTAN en Serbie, la seconde guerre du Golfe en 2003 et l’intervention française en Libye, en 2011, puis en Syrie, un an plus tard. Tout en n’oubliant pas de justifier les bombardements israéliens sur la Bande de Gaza. À moments perdus, il occupe ses journées de RTT en militant pour Nicolas Sarkozy. Bref, un parcours sans faute.

Le lendemain de son décès, l’inénarrable Caroline Fourest a eu ces mots : « Nous perdons l’une de ces voix qui savent déchirer le silence et foudroyer l’indifférence. » Bref, l’action deux en un, un peu comme avec les shampoings. Mieux : « André Glucksmann était la figure même de l’engagement, passionné et souvent juste. » « Souvent »… le mot est charmant.

Ces mois derniers, le dernier hobby d’André Glucksmann consistait à lutter contre la « virilité poutienne » (sic), Caroline Fourest dixit. Si l’on résume, débarrassé de Super-Glucksmann, Vladimir, tsar de toutes les Russies, a désormais le champ libre pour mener à bien ses sombres desseins de domination planétaire. À quelques jours de la sortie du prochain épisode de la Guerre des étoiles, ça tombe pile-poil.

En matière de comique troupier, on reconnaîtra donc à André Glucksmann une stature hors du commun, voire à jamais indépassable.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:22

L’auteur de ces lignes sera sûrement accusé, non sans quelque raison, de nostalgie ; mais il n’est pas toujours illicite de regretter un passé ayant fait ses preuves à un avenir s’annonçant plus que funeste. Celui du showbiz à la française, par exemple.

Autrefois, les entreprises du genre pullulaient. Quand on signait chez Vogue, ce n’était pas pour aller chanter chez Barclay… Jacques Wolfsohn, directeur artistique de cette première enseigne, et Eddie Barclay, démiurge de la seconde. À eux deux, ces hommes, passionnés de musique – Barclay était lui même un fort bon pianiste, réécoutez pour vous en convaincre la musique qu’il signa pour Bob le flambeur, l’un des premiers films de Jean-Pierre Melville – ont accompagné les plus belles pages de la chanson française et même d’une pop et d’un rock français naissants. Et il serait encore injuste d’oublier la dynastie Marouani, entrepreneurs ne reculant devant rien pour faire fructifier l’entreprise familiale, née en Algérie.

Leur palmarès ? Georges Brassens et Jacques Brel. Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, sans négliger notre Johnny national, il va de soi. Rien de moins ; et encore, la liste est longue de ces talents auxquels les producteurs de jadis laissaient le temps d’éclore et qui, même moins connus, se signalèrent par d’assez jolies carrières. C’était de l’artisanat à l’ancienne, calqué sur les méthodes de forains qui, naguère, avaient découvert d’aussi belles fleurs que Damia, Fréhel ou la grande Piaf. Parfois léonins, tout le monde n’a pas fini milliardaire, ces contrats se signaient souvent sur une nappe de restaurant ou d’une simple poignée de mains, tandis que Jacques Brel, d’un grand rire chevalin, assurait : « Le soir, quand je peine à m’endormir, je compte les Marouani ! »

Aujourd’hui, les nouveaux nababs de l’industrie du disque – ou de ce qu’il en reste –, on plus souvent fait leurs gammes à HEC que sur le clavier d’un piano bastringue. Pour raisons économiques, mieux vaudra toujours un logiciel informatique qu’un Eddie Barclay embauchant, sur un coup de tête, l’immense Quincy Jones, l’arrangeur de Frank Sinatra, excusez du peu.

Toutes les entreprises en question ayant été rachetées les unes après les autres, « concentration verticale et économies d’échelle », dit-on, n’en reste, au dernier décompte, finalement plus que deux. Celle de Vincent Bolloré (Canal Plus, D8, Universal, Olympia) et Marc Ladreit de Lacharrière (Salle Pleyel et majeure partie des Zénith).

Les deux hommes ne sont pas des gauchistes forcenés ; il n’empêche que même Le Figaro, célèbre quotidien marxiste-léniniste, en vient à s’inquiéter de cette concentration de pouvoir en passe de devenir quasi-monopolistique.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:18

Dix-huit policiers ont été blessés la nuit dernière, lors de heurts près de la "jungle", où vivent plusieurs milliers de migrants. Une violence inédite qui a été filmée par un riverain.

Aux jets de pierre répondent des tirs de lacrymogène. Les heurts qui ont eu lieu dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 novembre, entre 150 et 200 migrants et la police ont fait 18 blessés, en grande majorité côté CRS. Les policiers n'ont été que légèrement blessés. Ils "souffrent de contusions, provoquées par des jets de pierres", précise à France TV info Johann Cavallero, du syndicat CRS Alliance. Un migrant érythréen a été légèrement blessé au visage vers 3h00, sans que l'on sache si cette blessure était liée aux violences de la nuit. Il a été transporté au CHR de Calais.

Que s'est-il passé ? Pourquoi ces heurts ? Selon les syndicalistes policiers, des migrants sont d'abord montés sur un pont, route de Gravelines, près de la Jungle et ont jeté une pierre, qui a frappé le pare-brise de son véhicule, côté passager. Le chauffeur routier roumain a alors appelé la police. Une fois sur place, les CRS ont été visés par des jets de pierres. Ils ont riposté en lançant plus de 200 grenades lacrymogènes. "On n'avait pas tiré autant de grenades depuis très longtemps", affirme Denis Hurth, du syndicat de CRS Unsa-Police. Les heurts ont duré de 23h à 1h du matin.

"C'était la guerre !"

Une riveraine a vu ses heurts violents depuis sa fenêtre : "On a entendu un gros boum. On a été réveillés par le bruit. Mon gamin s'est mis à pleurer. Là on est montés de peur. On a vu tous les gyrophares. Ils ont commencé à jeter des pierres, qui ont atterri dans ma cour, sur ma maison. C'était la guerre !"

Ces violences inédites inquiètent les policiers et témoignent de la tension de plus en plus vive autour de la Jungle de Calais. "C'est la première fois que c'est aussi violent et qu'on a malheureusement autant de collègues blessés, a réagi à l'AFP Gilles Debove, responsable du syndicat SGP Police-Force ouvrière dans le Calaisis. On est inquiets. Si un jour on a une révolte au sein du camp, ça va être la folie."

La préfecture affirme pourtant que le nombre de migrants est passé en quelques jours de 6 000 à 4 500. Mais personne, côté police et association, ne croit à ces nouveaux chiffres.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 10:55
Roland Barthes plus vivant que jamais…

Si vous redoutez la lecture de l’un des plus grands auteurs du 20ème siècle, tant pis pour vous ! Faudra faire votre deuil de la culture ! Barthes est né en 1915 et mort à la sortie du travail d’un stupide accident d’autobus, en 1980. Il faut dire qu’il enseignait au Collège de France. Un lieu dangereux pour la circulation des autobus. Mais Roland Barthes est aussi connu pour avoir écrit des livres. En particulier « Mythologies » en 1957. « Mythologies » ne risquait pas le Goncourt. En effet, le livre est composé de fragments sans lien apparent. Voyez vous-même : « Le tour de France comme épopée », « Le monde où l’on catche », « Iconographie de l’abbé Pierre », « La cuisine ornementale », « La nouvelle Citroën »…Apparemment, aucun lien entre ces titres. Vous avez raison, c’est fait exprès pour faciliter leur lecture. Ici aucune histoire pour relier les textes, qui sont bien des « fragments »… mais qui nous décrivent le monde dans lequel nous vivons… Je prends l’exemple de la « cuisine ». Combien d’émissions de télévision nous offrent, en 2015, des recettes de cuisine, en soignant bien la présentation ! Ca dégouline de partout ! Mais ce sont des images ! Barthes fait la différence entre le signifiant (l’objet lui-même) et le signifié (l’image photographiée et le commentaire qui l’accompagnent). Il nous décrit donc l’essentiel ! Sans l’historiette qui devrait nous amener à la description. On gagne du temps, avec Roland Barthes. Car il se focalise sur des sujets précis. Et c’est souvent ce qu’ont fait les grands auteurs, qui refusent le carcan du genre littéraire. Montaigne, par exemple, qui pratique « l’écriture à sauts et à gambades ». (Essais livre III chapitre 8). Barthes passe de l’analyse du « look » de l’abbé Pierre, au catch, au tour de France, et au strip tease. Que nous dit-il de si intéressant ? Si l’on doit conserver une idée centrale, il s’agit de la critique du petit bourgeois. En termes sociologiques, la culture de masse, bourgeoise par nature, a tué la culture populaire. En effet on ne consomme pas les ornements des recettes de cuisines, on ne consomme pas l’apparence de l’abbé Pierre, on aimerait qu’il ne soit pas recouvert de toutes ces marques franciscaines, on ne consomme rien dans le strip tease, qui évite le moment de la consommation, et le catch est un sport bidon, en fait un spectacle. Comme le tour de France est un spectacle, et devenu de plus en plus un spectacle, même pas spectaculaire. Mais destiné à faire acheter les produits vantés par la publicité. Ainsi Roland Barthes écrit un peu comme Montaigne, il est lâché en liberté, et c’est ce qui fait le plaisir de la lecture. Et voyez comme c’est formidablement actuel, cette critique de la vie quotidienne. Un exemple : les jeux sur la troisième chaîne : Questions pour un champion et Slam. Les candidats s’identifient à des vrais champions qui sont essoufflés par l’effort et, quand ils sont sélectionnés, ils poussent un petit soupir comme s’ils venaient de remporter une vraie victoire sportive, qui leur aurait demandé des exercices physiques considérables.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 10:48

Devant la perspective d’un recul de leur influence, certaines familles de pensée que nous appellerons, par charité, progressistes ont trouvé une méthode : inoculer à leurs adversaires, comme dans Alien, le germe de leur renaissance éternelle. Quand on voit les efforts déployés par le libéralisme de gauche, en ce moment, pour secréter des simulacres d’opposition et pour inoculer, en face, son tiers-mondisme béat, son désarmement, son hédonisme social à crédit, on est stupéfait devant l’imagination de la nature. On se rappelle ces schémas, en cours de biologie, qui montraient les métamorphoses de la tique ou du ténia, lesquels avaient besoin de plusieurs organismes à parasiter pour accomplir leur cycle. Eh bien là, c’est pareil.

Prenons un exemple, pas vraiment au hasard : celui de Natacha Polony. Elle inaugure cette semaine une série de conférences à Paris sous le titre « Nous sommes la France » avec le patronage d’un journal qui la hisse en première page et dont le soutien n’est pas non plus un hasard comme on s’en doute : il s’agit de réaliser une OPA sur la faveur dont jouit la droite « forte », la plus dangereuse en ce moment, afin de lui désigner des objets contrôlables, des leurres, avant qu’il ne soit trop tard. En somme c’est du Endémol politique. On fabrique une vedette à coups de matraque, on lui inflige un répertoire passe-partout, on la promeut pour en tirer bénéfice, on lui fait faire un disque et une tournée. Accessoirement, on prétend défendre la liberté et la démocratie là où on les étrangle. En témoigne, cet affligeant comité Orwell, fondé par notre Jeanne Mas de la philosophie, avec des journalistes qu’elle prétend soucieux de pluralisme, et qui est censé réconcilier le peuple avec ses médias. Le seul ennui est que les membres de ce « collectif » se trouvent justement au cœur de la fournaise de l’entre-soi le plus féroce, de la pensée la plus contrôlée, et donnent des gages au camp adverse en commençant leurs phrases par « je sais que je vais passer pour réac, mais ». On attend avec impatience le témoignage d’une indépendance d’esprit qui ne multiplie pas ce genre de précautions liminaires pour amadouer les démocrates à la Manuel Valls. On attend de voir admettre au bercail de la pensée ceux qui gagnent le SMIC ou ceux qui ne gagnent rien, mais qui ont lu Tocqueville, Péguy, Jünger et Raspail.

Adoubée par la télévision la plus idéologiquement corrompue d’Europe, celle d’où le direct a été banni il y a vingt ans sur un coup de fil, mais qui est seule capable de fabriquer une notoriété nationale, Natacha Polony incarne une image extrêmement docile, blafarde et convenue de la pensée de droite. Elle insiste sur la transmission du savoir et de l’autorité. C’est exactement ce que faisaient ses aînés, en pure perte, depuis une génération, et c’est en quoi elle rejoint à peu près Daniel Pennac. Comme audace, on a déjà vu mieux. On lui passe ses rares foucades sur les plateaux. Elle consent à s’habiller cuir et à tutoyer le show-biz. En somme, « pour une réac elle est super sympa », comme Tillinac, mais en mieux gaulée. Le journal qui l’emploie extrait les quatre idées qu’elle professe pour les monter en neige, sans s’aviser que ses éditorialistes les professaient déjà du temps de Robert Hersant. Dernière étape, la tournée Starac de la pensée, à 20 euros la soirée. Ça commence salle Gaveau le 12 novembre, sous le titre « Nous sommes la France ». De qui se moque-t-on ? De ceux qui gagnent, en un mois, le tiers du prix de son blouson.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 10:47

Un ex-détenu français de Guantanamo, Mourad Benchellali, a été interpellé lundi soir au Canada, à l’aéroport de Toronto, où il devait participer à une conférence, a annoncé mercredi à l’AFP son avocat Me William Bourdon.

L’avocat a précisé ne pas savoir où était retenu son client, qui figure sur la « no fly list » américaine, la liste d’interdiction du survol des États-Unis. Mourad Benchellali participe désormais à des opérations de prévention de la radicalisation des jeunes musulmans français.

« L’absurdité est totale. Voilà un homme qui dédie désormais une partie de sa vie à la déradicalisation, à agir au soutien des jeunes Français qui rentrent de Syrie et qui sont désireux de réinsertion, et qui se trouve interdit de poursuivre son travail au Canada au seul motif que son passage à Guantanamo en fait un suspect éternel », s’est indigné Me Bourdon.

« Cette liste américaine d’interdiction de survol, en elle-même, et en raison de son caractère extra-territorial, méprise tous les principes fondamentaux du droit international », a-t-il poursuivi, précisant avoir mandaté un avocat canadien pour pouvoir entrer en contact avec son client, dont il est sans nouvelles depuis lundi.

En juin, Mourad Benchellali, 33 ans, avait déjà été interdit d’embarquer sur un vol entre sa ville d’origine, Lyon, et Montréal. Il s’était alors dit étonné d’apprendre que son nom figurait sur la liste des passagers interdits de vol aux États-Unis.

« Je me déplaçais pour faire de la prévention. Je raconte mon histoire. Le but est de dissuader les jeunes d’aller dans les dérives », avait-il alors dit.

Quelques mois avant le 11 septembre 2001, Mourad Benchellali s’était laissé convaincre par son frère, un jihadiste endurci, de le rejoindre en Afghanistan. Il y avait été embrigadé et y avait été arrêté par l’armée américaine. Il avait alors passé 30 mois à la prison militaire américaine de Guantanamo à Cuba, avant d’être transféré en France, où il avait été condamné à 18 mois de prison. Il a raconté son histoire dans un livre et témoigne régulièrement lors de conférences en France et à l’étranger.

Disant avoir été victime de tortures et de mauvais traitements dans le camp, où quelque 800 personnes ont été détenues, il mène aussi un combat judiciaire en France. En avril, lui et un autre Français de Guantanamo, Nizar Sassi, ont obtenu que la justice française ordonne l’audition de l’ex-commandant du camp, Geoffrey Miller. Cette audition n’a pas eu lieu.

Nizar Sassi et Mourad Benchellali avaient porté plainte en France il y a plusieurs années pour détention arbitraire et torture, et une enquête est en cours. Ils ont également engagé des démarches auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 10:44

Ahmed Chalabi avait quitté l’Irak en 1956 pour la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, où il a milité, à la tête du Congrès national irakien (CNI), contre Saddam Hussein. Des spécialistes de l’Irak soutiennent que le CNI était coaché d’abord par la CIA, puis par le Pentagone.

Les partisans de l’ancien dirigeant irakien, Saddam Hussein, doivent certainement être en train de faire la fête. La raison ? Ahmed Chalabi, l’un des principaux instigateurs de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003, est décédé hier d’une crise cardiaque à l’âge de 71 ans. Ce docteur en mathématiques chiite avait présenté à l’Administration américaine des preuves factices sur les présumées armes de destruction massive de Saddam Hussein qui avaient permis de justifier l’intervention.

Il faut dire qu’à l’époque, l’Administration Bush n’avait pas trop cherché à vérifier le bien-fondé de ces «preuves». Au contraire, les néo-conservateurs américains, poussés par les milieux d’affaires étasuniens, y ont vu une occasion en or pour régler son compte à Saddam Hussein et envahir l’Irak afin de mettre la main sur son pétrole.

Selon des révélations de l’ancien secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, reprises par le journaliste Ronald Suskind (The Price of Loyalty), le Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche discutait un plan pour l’Irak après Saddam dès février 2001, soit quelques semaines après l’arrivée à la présidence de George Walker Bush, et bien avant l’attentat du 11 Septembre. Selon ce témoin, «Bush voulait chasser Saddam Hussein à n’importe quel prix». Ahmed Chalabi lui offrit donc sur un plateau l’occasion de réaliser son plan machiavélique. Ahmed Chalabi était tellement précieux pour les néo-conservateurs américains qu’il était devenu un protégé de l’Administration Bush, en particulier du Pentagone.

Aujourd’hui, la suite tout le monde la connaît. Non seulement il se révéla que l’Irak n’entretenait aucun lien avec Al Qaîda, mais aussi que Saddam Hussein n’avait pas d’arme nucléaire. Tout le monde atteste aussi que Baghdad n’avait aucun lien avec les attentats du 11 Septembre 2001. Les accusations portées par l’Administration Bush à l’encontre de l’Irak ont été démontrées comme non fondées, y compris par le Sénat américain, Saddam Hussein considérant l’extrémisme islamiste comme une menace pour son régime.

Trahisons et escroqueries

Quid de l’argument des missiles de longue portée et des armes de destruction massive fourni par Washington pour envahir l’Irak ? L’Iraq Survey Group (ISG) chargé par le gouvernement américain de trouver ces armes déclara, en septembre 2004, qu’«il n’y avait plus aucune production d’arme chimique depuis 1991, ni aucun programme en cours en vue d’en obtenir de nouvelles, et que seules ont été alors collectées dans tout le pays 500 munitions abandonnées ou oubliées et dans un état dégradé, datant de la guerre Iran-Irak». Comme souligné plus haut, en réalité ce conflit devait surtout servir aux Etats-Unis à placer des troupes et des bases en permanence sur le sol irakien pour avoir un contrôle sur le golfe Persique.

Il permettait également à beaucoup d’entreprises occidentales de prendre le contrôle des puits de pétrole irakien. Il s’agissait donc bien d’une raison motivée par les analystes de la géopolitique du pétrole. Revenu à Baghdad dans la foulée de la chute de Saddam Hussein, Ahmed Chalabi — qui est connu pour avoir roulé pour de nombreux services de renseignement occidentaux et moyen-orientaux hostiles à Saddam Hussein — avait été nommé vice-Premier ministre, entre avril 2005 et mai 2006, et (comme par hasard) ministre du Pétrole… pour services rendus.

Mais cela n’a pas duré. Il est tombé en disgrâce à Washington quand il était devenu évident que lui et son groupe avaient menti sur l’Irak. Pis encore, soupçonné d’avoir trahi aussi les Etats-Unis en révélant certains de leurs secrets à l’Iran, Ahmed Chalabi était même devenu persona non grata jusque dans l’ambassade américaine à Baghdad. A cela s’ajoute une accusation pour détournement de plusieurs centaines de millions de dollars de la deuxième plus grande banque de Jordanie. Il fut même visé par un mandat d’arrêt. Honni des Irakiens, il vécut par la suite comme un paria. Comme tous les félons et les traîtres, il a eu la fin que tout le monde lui prédisait.

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