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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:57

La Ligue des Droits de l'Homme a saisi, mercredi, le Conseil d'Etat afin de mettre fin à l'état d'urgence.

La Ligue des droits de l'homme a annoncé mercredi avoir saisi le Conseil d'Etat pour mettre fin, totalement ou en partie, aux mesures contraignantes de l'état d'urgence, qui, selon elle, ne sont plus justifiées. La plus haute juridiction administrative examinera dès mardi 26 janvier un "recours en référé liberté" en ce sens, a annoncé l'un de ses représentants, l'avocat Patrice Spinosi.

Des doutes sur la légitimité de certaines mesures. L'avocat a indiqué que la décision du juge administratif ne serait "pas nécessairement un bloc", et que le Conseil d'Etat pouvait par exemple ordonner au président François Hollande de lever certaines mesures (perquisitions administratives ou interdiction de réunions), mais l'autoriser à en maintenir d'autres, comme les assignations à résidence. Cette offensive des défenseurs des libertés publiques intervient en plein débat sur l'efficacité et l'éventuelle prolongation de ce régime d'exception proclamé après les attentats du 13 novembre, qui doit normalement expirer le 26 février.

Atteinte aux libertés publiques. L'état d'urgence renforce les pouvoirs de la police, en permettant les assignations à résidence, les perquisitions administratives de jour comme de nuit, ou l'interdiction de rassemblements, le tout sans contrôle du juge judiciaire. La LDH s'appuie en particulier sur un rapport sur l'état d'urgence présenté par Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l'Assemblée Nationale, qui selon elle souligne "l'essoufflement" des mesures contraignantes en question. Pour l'association, maintenir malgré tout l'état d'urgence est "une atteinte grave et manifeste aux libertés publiques", qui justifie de saisir en urgence le Conseil d'Etat.

La LDH bataille sur un autre front contre l'état d'urgence, constitutionnel cette fois. Elle vient ainsi d'obtenir que le Conseil constitutionnel se prononce, dans un délai de trois mois, sur l'absence de contrôle judiciaire a priori pour les perquisitions administratives, menées en masse après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:55

Des enfants parfois âgés de sept ans travaillent dans des conditions périlleuses dans les mines de République démocratique du Congo (RDC) pour extraire du cobalt utilisé dans les batteries lithium-ion destinées à la fabrication de smartphones ou de voitures électriques. De grandes multinationales comme Apple, Samsung et Sony n'effectuent pas les contrôles élémentaires afin de vérifier que la fabrication de leurs produits n'intègre pas de cobalt extrait par des enfants, pointent les ONG Amnesty International et Afrewatch dans un rapport publié mardi. Seule une des 16 entreprises contactées dans le cadre du rapport a reconnu utiliser du cobalt en provenance de ces mines.

"Des millions de personnes bénéficient des avantages des nouvelles technologies, sans se préoccuper de la manière dont elles sont fabriquées. Il est temps que les grandes marques assument leur part de responsabilité dans l'extraction des matières premières qui rendent leurs produits si lucratifs", explique Mark Dummett, spécialiste de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains à Amnesty International.

Amnesty a contacté 16 multinationales comme Lenovo, Microsoft et Volkswagen, inscrites sur la liste clients des fabricants de batteries recensés comme se procurant du minerai transformé auprès de Huayou Cobalt, géant chinois de l'exploitation minière opérant en RDC. L'une d'entre elles a reconnu ce lien, tandis que quatre n'ont pas pu dire avec certitude si elles achètent du cobalt provenant de RDC ou fourni par Huayou Cobalt. Six ont affirmé qu'elles enquêtaient sur ces allégations. Cinq ont nié se procurer du cobalt auprès de Huayou Cobalt, alors qu'elles figurent sur les listes clients des fabricants de batteries. Deux multinationales ont nié se procurer du cobalt provenant de RDC, rapporte l'ONG dans son rapport.

Aucune règlementation n'entoure actuellement le marché mondial du cobalt. Il n'entre pas dans la catégorie des "minerais du conflit" réglementés aux États-Unis. "Tant que les entreprises ne seront pas tenues légalement de contrôler la provenance des minerais et leurs fournisseurs et de rendre ces informations publiques, elles continueront de tirer profit de violations des droits humains. Les gouvernements doivent en finir avec ce manque de transparence, qui permet aux entreprises de tirer profit de la misère", dénonce Mark Dummett.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:50

L'effervescence gagne de nouveau la Tunisie. Cinq ans après sa révolution ayant chassé Ben Ali, le pays peine à relever la tête. L'économie en berne, les touristes qui font défaut depuis les attentats meurtriers commis par des djihadistes, il est aujourd'hui livré à des violences dans plusieurs villes du sud mais aussi du nord.

Les autorités ont décrété vendredi un couvre-feu nocturne dans tout le pays. (…)

Depuis le début de la semaine un mouvement de contestation sociale, parti de la région défavorisée de Kasserine, dans le centre, pour se propager à d'autres départements (wilayas) du pays. Kasserine, ville emblématique de cette révolte, s'est à nouveau embrasée dans la nuit malgré les renforts de forces de l'ordre. Les manifestations pour l'emploi et le logement ont connu des violences faisant plusieurs blessés. Un policier y a trouvé la mort dans la nuit de mercredi à jeudi.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:46

Le parti Alternatives pour l'Allemagne (AFD) qui se prononce contre l'immigration de masse sera interdit de débats télévisés durant les élections locales qui auront lieu en mars prochain.

Peter Boudgoust, le directeur de la station de télévision SWR, a annoncé dans un communiqué que sa compagnie avait pris la décision d'exclure «en serrant les dents» le parti après que les autres candidats ont menacé de boycotter tout débat impliquant l'AFD.

Au lieu de cela, seuls les candidats favoris des partis déjà représentés dans les parlements locaux seront autorisés à prendre part aux débats, selon Der Spiegel.

Trois Etats allemands, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et la Saxe-Anhalt, vont tenir des élections au mois de mars. Aussi, l'AFD devrait récolter un pourcentage non-négligeable de voix en lien avec l'afflux de migrants qui continue outre-Rhin.

Le principal candidat pour le Bade-Wurtemberg, Jörg Meuthen, a qualifié cette exclusion de «tentative de chantage» par les partis au pouvoir en Allemagne, ajoutant que ces derniers ont une «compréhension étrange de la démocratie».

Cette controverse intervient alors que la chancelière Angela Merkel voit sa cote de popularité s'effondrer, un sondage paru dans les médias allemands indiquant même que son parti a perdu près de la moitié de ses soutiens depuis le début de la crise des migrants.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:43

"Israël a arrêté trois défenseurs des droits humains dans ce qui paraît être une campagne orchestrée et appuyée par les autorités, pour saboter les organisations locales qui documentent les exactions d’Israël à l’égard des Palestiniens.

La semaine dernière, l’armée israélienne a arrêté Ezra Nawi, un membre de Taayush, un groupe militant palestinien et juif qui défend les droits des agriculteurs palestiniens dans les collines au sud de Hebron, en Cisjordanie occupée.

Les membres de Taayush se placent souvent entre les paysans et les colons et soldats israéliens qui les attaquent."

Lire la suite de l'article de la journaliste Adri Nieuwhof d'Electronic Intifada sur le site de l'Agence.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:40

"Nous nous associons à l'appel publié dans le Club de Mediapart le 19 janvier 2016, nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens."

Pour signer la pétition, merci de remplir ce FORMULAIRE.

La liste des premiers signataires est sur le site de la Campagne BDS France.

"Parmi les très nombreuses signatures qui ne cessent d’affluer dans la pétition lancée hier, on peut noter entre autres le peintre Ernest Pignon-Ernest, le philosophe Jacques Rancière, l'écrivain Julien Cendres, le politologue François Burgat, l’historien Enzo Traverso, les cinéastes Alain Guiraudie et Eyal Sivan, l’ancienne sénatrice Alima Boumedienne, les dessinateurs Tardi et Bob Siné, le physicien Jean-Marc Lévy-Leblond, les juristes Paul Alllès et Monique Chemillier-Gendreau, les mathématiciens Michael Harris et Joseph Oesterle, les militantes associatives Ismahane Chouder et Michèle Sibony..."

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:07

Certains esprits de mauvaise foi ont insinué que George Sand avait créé la « Cause du peuple » (1848) et qu’elle ne s’y connaissait pas en matière de presse populaire. Ils répétaient : « C’est bien joli, tu causes du peuple »… Or c’est faire un bien mauvais procès à cette pauvre femme. Déjà qu’elle est pauvre, et qu’elle a du mal pour entretenir son château. Et, en plus, faut qu’elle aille ramasser l’herbe aux lapins, et je compte pas le labourage et là il faut encore qu’elle suive son chien à la queue des bœufs, pour couper la luzerne à la faux. Sans parler des rhumatismes qu’elle a attrapés à Venise avec Alfred de Musset. Ah c’est bien du malheur de vivre à la campagne quand on n’a pas le sou ! Bien sûr, on est au grand air, c’est bon pour les bronches. Alors George elle fait des mouvements respiratoires, mais c’est toujours entre deux pignons, celui du têt à cochon et du poulailler, et elle peut glisser sur une merde de poule. Avec ses sabots galoches. Ah la George, elle n’est pas belle à voir, vers la fin de sa vie… quand elle passe près de la Mare au Diable, elle perd la tête, elle se retient de plonger dans la mare parce qu’elle voit de la boue, et ça va salir son beau corsage de communion tout neuf. Du coup, elle pense à son ancêtre, Antoine Delaborde, qui vendait des serins à Paris, qui était maître paumier et maître oiselier. Elle est envahie, possédée du démon, et l’envie démoniaque la prend de retourner à Venise piquer une tête avec les gondoliers. Elle rêve au meunier d’Angibault et à François le Champi, et même à la petite Fadette. Mais surtout, elle trouve une fourche sous le hangar et la voilà prise d’une folie agricole alors elle se met à enfourcher le fumier, et les betteraves, pour les cochons. Et le fourrage pour les vaches, et elle pense aussi aux pissenlits qui l’attendent dans le champ pointu, et combien de temps l’attendront-ils, les pissenlits ? Et donc voilà, c’était juste pour montrer que George Sand était une vraie paysanne, qui ne redoutait ni les engelures ni la bouse de vache. Elle ira ensuite danser pour l’assemblée de Nohant et elle sera contente quand un danseur lui dira : « Viens ici, plus près de mon cœur, tu sens la bouse de vache et j’aime ça… »

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:00

Les Anglais l’appelaient « French correction ». Pour son oreille infaillible, dit-on, mais pas que… Grand chef d’orchestre et grand tyran, on rend depuis deux jours des hommages inconditionnels à Pierre Boulez. C’est dire qu’une fois de plus, la mort efface tout et surtout la mémoire, car s’il était admiré, Boulez était surtout un homme détesté !

« Personnalité influente du paysage musical et intellectuel de son temps », dit sa fiche Wikipédia. Service minimum. La lecture des chapitres de sa bio est plus parlante : De la table rase au Marteau sans maître, Du « principe de non-fixité » à la « perpétuelle ductilité », Les trajectoires de « l’idée », L’idée de « trajectoire », « Le noyau infracassable de nuit », etc.

Je résume : Boulez, compositeur et maître à penser la musique, c’est une théorie fondée sur l’idéologie progressiste.
Comme l’écrit Le Monde dans l’hommage qu’il lui rend, « la mort de Boulez met un point véritablement final au XXe siècle musical avant-gardiste qu’il avait notablement contribué à façonner avec d’autres compositeurs nés au cours des années 1920″. Un courant mort, en effet, de sa belle mort parce que d’emblée fondamentalement mortifère. En effet, tous ces compositeurs avaient « adhéré à un langage qui remettait en question les acquis fondamentaux de l’harmonie classique ». Comprenez tout bazarder, tout foutre en l’air – la mélodie et le rythme, la sensibilité et l’instrument -, casser le discours, supprimer la phrase musicale – cette horreur bourgeoise -, priver les auditeurs de tout repère. Sérialisme contre musique tonale.
C’est aussi la génuflexion fascinée devant la technologie naissante, les prémices stridentes de la musique électroacoustique qui chatouille les nerfs et fait grincer des dents. Pour faire encore plus simple : l’apothéose du bruit et de la cacophonie. La traduction en musique de la « table rase », l’intrusion du nihilisme dans l’art qui nous a valu les toiles blanches, le triomphe du ready made, des Merda d’artista et autres tas d’ordures que des femmes de ménage égarées par leur perception sans doute étriquée jettent régulièrement à la benne.

Boulez est un cerveau brillant, un génie des maths qui trouve qu’Olivier Messiaen est encore trop pépère. Mais si la musique de Beethoven peut se mettre en équations mathématiques, les équations mathématiques ne font pas nécessairement de la bonne musique. Boulez est surtout un arbre sec, privé de cette sève qui irrigue la sensibilité. C’est un colérique, à sa façon un tyran devant qui les pouvoirs publics se sont couchés pendant des décennies.

Ce qu’on ne dit pas, ou si peu, c’est que ses caprices d’avant-gardiste ont coûté des fortunes à la nation, et encore je ne parle ici que des fumisteries autour de la « recherche musicale » financées par l’État. En tête l’IRCAM, la machine à fabriquer du son accolée à Beaubourg, et dont le rayonnement n’a jamais dépassé le sous-sol où elle est enterrée. Hormis les communications à la presse et les conférences d’obscurs chercheurs auxquelles assistent seuls des collègues payés pour le faire, l’IRCAM n’a jamais réussi à influencer la vie artistique, et c’est tant mieux. Mais on a payé, et fort cher, des concerts (qui ne rassemblaient qu’une poignée d’invités et d’étudiants en musique vite lassés, et dont les publications discographiques chez Erato n’ont pas été diffusées au-delà des services de presse). Mais comme l’écrivait Benoît Duteurtre dans son Requiem pour une avant-garde : « Par consentement mutuel, la musique atonale est inattaquable. » Comme l’art conceptuel, elle est politique, et dans un monde où les « élites » sont incultes, tout est dit.

Boulez, mort à Baden-Baden, crachait sur la France où « l’on n’enseigne pas la musique aux enfants». Au moins les aura-t-on préservés de la sienne, dont tout message émotionnel est banni.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:54

Dans l’affaire Charlie Hebdo, on se souvient que l’épouse du garde du corps de Charb reproche au ministère de l’Intérieur un homicide involontaire aggravé. Elle considère en effet que les services de renseignement n’ont pas traité avec diligence le signalement d’un homme qui ressemble à l’un des Kouachi, surpris en train de faire une planque devant le siège de Charlier Hebdo fin octobre 2014.

Avec une rapidité déconcertante, l’inspection générale de la police nationale (dont l’indépendance et l’impartialité sont forcément au-dessus de tout soupçon) vient de rassurer le Ministre en lui expliquant que tout va bien, et que cette affaire ne tient pas debout.

Une première accusation, concernant l’éventuelle défaillance de Patrick Hacgeman, le deuxième policier en charge de la protection de Charb, a été levée. Sylvain Louvet, un journaliste de Premières lignes, l’agence de presse située sur le même palier que Charlie Hebdo, avait appelé l’autre officier de sécurité de Charb, qui était de repos, lorsqu’a débuté la tuerie. Selon le journaliste, le policier lui aurait répondu qu’il était en congés, mais que la police n’allait pas tarder à intervenir. Mais d’après le rapport de l’IGPN, il s’avère qu’il ne serait pas resté inactif, mais aurait passé plusieurs appels, à Franck Brinsolaro et à sa hiérarchie. (…)

Le rapport de la DGPN répond à une deuxième accusation, concernant une voiture suspecte aperçue au mois de septembre 2014 à proximité de Charlie Hebdo. Le même journaliste dePremières lignes avait alerté les policiers du Service de la Protection de la présence d’un individu suspect proférant des menaces contre Charlie Hebdo qui aurait «insulté le prophète». Il avait transmis les coordonnées du véhicule aux policiers, qui avaient fait un rapport à leur hiérarchie. Il s’était avéré que le propriétaire du véhicule n’était connu des services que pour une affaire de droit commun. Pourtant, Sylvain Louvet, lorsqu’il aperçoit la photo des deux terroristes au lendemain des attentats, croit reconnaître dans Chérif Kouachi l’homme vu dans la voiture en septembre, ce qui pourrait faire croire à un éventuel repérage des Kouachi sur les lieux du drame, et surtout à une défaillance des services de protection. Mais devant les enquêteurs de l’IGPN, le journaliste était moins sûr de lui, et semble avoir reconnu le propriétaire de la voiture sur une photographie. Ce dernier serait un déséquilibré, ayant passé plusieurs mois en hôpital psychiatrique. «On est sûr à 99 % que l’homme dans la voiture n’était pas Chérif Kouachi», résume une source proche de l’enquête.

Ce n’était pas un Kouachi, qui était en planque, mais un déséquilibré, et le témoin oculaire n’est pas sûr de reconnaître le gaillard. Ah! tous ces témoins oculaires à qui on ne peut décidément pas se fier… Surtout que la présence du Kouachi est visée, dans la plainte de l’épouse Brinsolaro, fin octobre 2014, et que l’incident évoqué par la police a lieu en septembre.

La conclusion de cette enquête est évidemment ailleurs:

«Ces conclusions de l’IGPN, indique-t-on de source policière, ainsi que les investigations, ne permettent pas de démontrer les éléments constitutifs de l’infraction de non-assistance à personne en danger».

L’objectif était bien là: non pas comprendre la vérité, mais s’assurer que la plainte Brinsolaro serait classée sans suite. Le rapport de l’IGPN doit déjà être entre les mains du zélé procureur Molins, qui pourra classer en toute bonne conscience.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:51

Autant se mettre d'accord tout de suite : les adjudants dont il est question dans le titre ne sont pas les aimables « juteux » de nos casernes, qui font leur boulot, mais de hauts fonctionnaires très grassement payés (le montant de leurs primes a été récemment augmenté de 65 % – alors que le salaire des enseignants stagne depuis six ans – pour atteindre le chiffre de 25 000 euros / an) qui jouent aux flics pour ramener de l'ordre dans les troupes.

Menaces caractérisées

Après Toulouse, où a été mis en place « un outil de pré-repérage pour détecter les établissements dans lesquels la formation prévue dans le cadre de la réforme du collège s'annonce complexe » (mais le recteur a désavoué les inspecteurs qui avaient lancé cette opération) ; après Tours, où l'on a pensé à utiliser l'état d'urgence pour signaler « grèves, blocages, manifestations, rassemblements » – joli amalgame avec les « comportements terroristes » ; après Clermont-Ferrand, où le recteur (c'est comme ministre, c'est une fonction, ça ne se met pas au féminin sous prétexte que son titulaire est une femme) menace d'une retenue d'1/30e du salaire les enseignants qui se dispenseraient d'assister aux journées de présentation de la réforme ; voici Grenoble, où le recteur se fend d'une lettre comminatoire et menaçante :

« Dans certains collèges, quelques personnels expriment des attitudes d'opposition lors des premières journées de formation consacrées à la réforme. Elles peuvent notamment se traduire par une présence silencieuse et passive aux formations, ou à l'inverse par une perturbation bruyante, par une forme d'agressivité à l'encontre des formateurs, ou encore par un refus de participation.

« Ces comportements sont choquants de la part de personnels éducatifs en responsabilité d'élèves et ne sauraient être tolérés.

« En tant que fonctionnaires de l'État, ils doivent mettre en œuvre cette réforme qui s'inscrit dans la loi de refondation adoptée par le Parlement.

« Si des enseignants vous font part de leur volonté de ne pas participer à ces formations ou de les perturber en évoquant notamment le fait qu'ils n'ont pas cours, il convient de leur rappeler les règles suivantes :

- ils ont obligation de participer à la formation professionnelle continue à laquelle je les convoque (conformément à l'article 22 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 modifiée et au décret 2007-1470 modifié relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie) ;

- le temps de service des enseignants n'est pas limité aux heures de face à face pédagogique avec les élèves et inclut notamment le temps passé en formation (décret 2014-940 du 20 août 2014) ;

- cette obligation de service, étendue au-delà de l'heure de cours, a été reconnue à plusieurs reprises par le juge administratif qui considère qu'un enseignant s'abstenant de suivre une formation professionnelle continue, n'accomplit pas ses obligations de service et se trouve donc en situation de service non fait, susceptible d'un retrait sur traitement ou d'une sanction disciplinaire.

« Je vous saurais gré de me signaler les personnels qui entravent délibérément le bon déroulement des journées de formation. Je leur adresserai une lettre de remarque qui sera versée à leur dossier.»

Le Snalc (Syndicat national des lycées et collèges) s'est ému de cette épître menaçante. Il a tort : désormais, depuis la réforme l'année dernière des « décrets de 1950 » qui régissaient la profession, le temps des enseignants appartient tout entier à l'administration. Rompez, y a rien à voir – et rien à dire !

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