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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:07

Certains esprits de mauvaise foi ont insinué que George Sand avait créé la « Cause du peuple » (1848) et qu’elle ne s’y connaissait pas en matière de presse populaire. Ils répétaient : « C’est bien joli, tu causes du peuple »… Or c’est faire un bien mauvais procès à cette pauvre femme. Déjà qu’elle est pauvre, et qu’elle a du mal pour entretenir son château. Et, en plus, faut qu’elle aille ramasser l’herbe aux lapins, et je compte pas le labourage et là il faut encore qu’elle suive son chien à la queue des bœufs, pour couper la luzerne à la faux. Sans parler des rhumatismes qu’elle a attrapés à Venise avec Alfred de Musset. Ah c’est bien du malheur de vivre à la campagne quand on n’a pas le sou ! Bien sûr, on est au grand air, c’est bon pour les bronches. Alors George elle fait des mouvements respiratoires, mais c’est toujours entre deux pignons, celui du têt à cochon et du poulailler, et elle peut glisser sur une merde de poule. Avec ses sabots galoches. Ah la George, elle n’est pas belle à voir, vers la fin de sa vie… quand elle passe près de la Mare au Diable, elle perd la tête, elle se retient de plonger dans la mare parce qu’elle voit de la boue, et ça va salir son beau corsage de communion tout neuf. Du coup, elle pense à son ancêtre, Antoine Delaborde, qui vendait des serins à Paris, qui était maître paumier et maître oiselier. Elle est envahie, possédée du démon, et l’envie démoniaque la prend de retourner à Venise piquer une tête avec les gondoliers. Elle rêve au meunier d’Angibault et à François le Champi, et même à la petite Fadette. Mais surtout, elle trouve une fourche sous le hangar et la voilà prise d’une folie agricole alors elle se met à enfourcher le fumier, et les betteraves, pour les cochons. Et le fourrage pour les vaches, et elle pense aussi aux pissenlits qui l’attendent dans le champ pointu, et combien de temps l’attendront-ils, les pissenlits ? Et donc voilà, c’était juste pour montrer que George Sand était une vraie paysanne, qui ne redoutait ni les engelures ni la bouse de vache. Elle ira ensuite danser pour l’assemblée de Nohant et elle sera contente quand un danseur lui dira : « Viens ici, plus près de mon cœur, tu sens la bouse de vache et j’aime ça… »

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:00

Les Anglais l’appelaient « French correction ». Pour son oreille infaillible, dit-on, mais pas que… Grand chef d’orchestre et grand tyran, on rend depuis deux jours des hommages inconditionnels à Pierre Boulez. C’est dire qu’une fois de plus, la mort efface tout et surtout la mémoire, car s’il était admiré, Boulez était surtout un homme détesté !

« Personnalité influente du paysage musical et intellectuel de son temps », dit sa fiche Wikipédia. Service minimum. La lecture des chapitres de sa bio est plus parlante : De la table rase au Marteau sans maître, Du « principe de non-fixité » à la « perpétuelle ductilité », Les trajectoires de « l’idée », L’idée de « trajectoire », « Le noyau infracassable de nuit », etc.

Je résume : Boulez, compositeur et maître à penser la musique, c’est une théorie fondée sur l’idéologie progressiste.
Comme l’écrit Le Monde dans l’hommage qu’il lui rend, « la mort de Boulez met un point véritablement final au XXe siècle musical avant-gardiste qu’il avait notablement contribué à façonner avec d’autres compositeurs nés au cours des années 1920″. Un courant mort, en effet, de sa belle mort parce que d’emblée fondamentalement mortifère. En effet, tous ces compositeurs avaient « adhéré à un langage qui remettait en question les acquis fondamentaux de l’harmonie classique ». Comprenez tout bazarder, tout foutre en l’air – la mélodie et le rythme, la sensibilité et l’instrument -, casser le discours, supprimer la phrase musicale – cette horreur bourgeoise -, priver les auditeurs de tout repère. Sérialisme contre musique tonale.
C’est aussi la génuflexion fascinée devant la technologie naissante, les prémices stridentes de la musique électroacoustique qui chatouille les nerfs et fait grincer des dents. Pour faire encore plus simple : l’apothéose du bruit et de la cacophonie. La traduction en musique de la « table rase », l’intrusion du nihilisme dans l’art qui nous a valu les toiles blanches, le triomphe du ready made, des Merda d’artista et autres tas d’ordures que des femmes de ménage égarées par leur perception sans doute étriquée jettent régulièrement à la benne.

Boulez est un cerveau brillant, un génie des maths qui trouve qu’Olivier Messiaen est encore trop pépère. Mais si la musique de Beethoven peut se mettre en équations mathématiques, les équations mathématiques ne font pas nécessairement de la bonne musique. Boulez est surtout un arbre sec, privé de cette sève qui irrigue la sensibilité. C’est un colérique, à sa façon un tyran devant qui les pouvoirs publics se sont couchés pendant des décennies.

Ce qu’on ne dit pas, ou si peu, c’est que ses caprices d’avant-gardiste ont coûté des fortunes à la nation, et encore je ne parle ici que des fumisteries autour de la « recherche musicale » financées par l’État. En tête l’IRCAM, la machine à fabriquer du son accolée à Beaubourg, et dont le rayonnement n’a jamais dépassé le sous-sol où elle est enterrée. Hormis les communications à la presse et les conférences d’obscurs chercheurs auxquelles assistent seuls des collègues payés pour le faire, l’IRCAM n’a jamais réussi à influencer la vie artistique, et c’est tant mieux. Mais on a payé, et fort cher, des concerts (qui ne rassemblaient qu’une poignée d’invités et d’étudiants en musique vite lassés, et dont les publications discographiques chez Erato n’ont pas été diffusées au-delà des services de presse). Mais comme l’écrivait Benoît Duteurtre dans son Requiem pour une avant-garde : « Par consentement mutuel, la musique atonale est inattaquable. » Comme l’art conceptuel, elle est politique, et dans un monde où les « élites » sont incultes, tout est dit.

Boulez, mort à Baden-Baden, crachait sur la France où « l’on n’enseigne pas la musique aux enfants». Au moins les aura-t-on préservés de la sienne, dont tout message émotionnel est banni.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:54

Dans l’affaire Charlie Hebdo, on se souvient que l’épouse du garde du corps de Charb reproche au ministère de l’Intérieur un homicide involontaire aggravé. Elle considère en effet que les services de renseignement n’ont pas traité avec diligence le signalement d’un homme qui ressemble à l’un des Kouachi, surpris en train de faire une planque devant le siège de Charlier Hebdo fin octobre 2014.

Avec une rapidité déconcertante, l’inspection générale de la police nationale (dont l’indépendance et l’impartialité sont forcément au-dessus de tout soupçon) vient de rassurer le Ministre en lui expliquant que tout va bien, et que cette affaire ne tient pas debout.

Une première accusation, concernant l’éventuelle défaillance de Patrick Hacgeman, le deuxième policier en charge de la protection de Charb, a été levée. Sylvain Louvet, un journaliste de Premières lignes, l’agence de presse située sur le même palier que Charlie Hebdo, avait appelé l’autre officier de sécurité de Charb, qui était de repos, lorsqu’a débuté la tuerie. Selon le journaliste, le policier lui aurait répondu qu’il était en congés, mais que la police n’allait pas tarder à intervenir. Mais d’après le rapport de l’IGPN, il s’avère qu’il ne serait pas resté inactif, mais aurait passé plusieurs appels, à Franck Brinsolaro et à sa hiérarchie. (…)

Le rapport de la DGPN répond à une deuxième accusation, concernant une voiture suspecte aperçue au mois de septembre 2014 à proximité de Charlie Hebdo. Le même journaliste dePremières lignes avait alerté les policiers du Service de la Protection de la présence d’un individu suspect proférant des menaces contre Charlie Hebdo qui aurait «insulté le prophète». Il avait transmis les coordonnées du véhicule aux policiers, qui avaient fait un rapport à leur hiérarchie. Il s’était avéré que le propriétaire du véhicule n’était connu des services que pour une affaire de droit commun. Pourtant, Sylvain Louvet, lorsqu’il aperçoit la photo des deux terroristes au lendemain des attentats, croit reconnaître dans Chérif Kouachi l’homme vu dans la voiture en septembre, ce qui pourrait faire croire à un éventuel repérage des Kouachi sur les lieux du drame, et surtout à une défaillance des services de protection. Mais devant les enquêteurs de l’IGPN, le journaliste était moins sûr de lui, et semble avoir reconnu le propriétaire de la voiture sur une photographie. Ce dernier serait un déséquilibré, ayant passé plusieurs mois en hôpital psychiatrique. «On est sûr à 99 % que l’homme dans la voiture n’était pas Chérif Kouachi», résume une source proche de l’enquête.

Ce n’était pas un Kouachi, qui était en planque, mais un déséquilibré, et le témoin oculaire n’est pas sûr de reconnaître le gaillard. Ah! tous ces témoins oculaires à qui on ne peut décidément pas se fier… Surtout que la présence du Kouachi est visée, dans la plainte de l’épouse Brinsolaro, fin octobre 2014, et que l’incident évoqué par la police a lieu en septembre.

La conclusion de cette enquête est évidemment ailleurs:

«Ces conclusions de l’IGPN, indique-t-on de source policière, ainsi que les investigations, ne permettent pas de démontrer les éléments constitutifs de l’infraction de non-assistance à personne en danger».

L’objectif était bien là: non pas comprendre la vérité, mais s’assurer que la plainte Brinsolaro serait classée sans suite. Le rapport de l’IGPN doit déjà être entre les mains du zélé procureur Molins, qui pourra classer en toute bonne conscience.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:51

Autant se mettre d'accord tout de suite : les adjudants dont il est question dans le titre ne sont pas les aimables « juteux » de nos casernes, qui font leur boulot, mais de hauts fonctionnaires très grassement payés (le montant de leurs primes a été récemment augmenté de 65 % – alors que le salaire des enseignants stagne depuis six ans – pour atteindre le chiffre de 25 000 euros / an) qui jouent aux flics pour ramener de l'ordre dans les troupes.

Menaces caractérisées

Après Toulouse, où a été mis en place « un outil de pré-repérage pour détecter les établissements dans lesquels la formation prévue dans le cadre de la réforme du collège s'annonce complexe » (mais le recteur a désavoué les inspecteurs qui avaient lancé cette opération) ; après Tours, où l'on a pensé à utiliser l'état d'urgence pour signaler « grèves, blocages, manifestations, rassemblements » – joli amalgame avec les « comportements terroristes » ; après Clermont-Ferrand, où le recteur (c'est comme ministre, c'est une fonction, ça ne se met pas au féminin sous prétexte que son titulaire est une femme) menace d'une retenue d'1/30e du salaire les enseignants qui se dispenseraient d'assister aux journées de présentation de la réforme ; voici Grenoble, où le recteur se fend d'une lettre comminatoire et menaçante :

« Dans certains collèges, quelques personnels expriment des attitudes d'opposition lors des premières journées de formation consacrées à la réforme. Elles peuvent notamment se traduire par une présence silencieuse et passive aux formations, ou à l'inverse par une perturbation bruyante, par une forme d'agressivité à l'encontre des formateurs, ou encore par un refus de participation.

« Ces comportements sont choquants de la part de personnels éducatifs en responsabilité d'élèves et ne sauraient être tolérés.

« En tant que fonctionnaires de l'État, ils doivent mettre en œuvre cette réforme qui s'inscrit dans la loi de refondation adoptée par le Parlement.

« Si des enseignants vous font part de leur volonté de ne pas participer à ces formations ou de les perturber en évoquant notamment le fait qu'ils n'ont pas cours, il convient de leur rappeler les règles suivantes :

- ils ont obligation de participer à la formation professionnelle continue à laquelle je les convoque (conformément à l'article 22 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 modifiée et au décret 2007-1470 modifié relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie) ;

- le temps de service des enseignants n'est pas limité aux heures de face à face pédagogique avec les élèves et inclut notamment le temps passé en formation (décret 2014-940 du 20 août 2014) ;

- cette obligation de service, étendue au-delà de l'heure de cours, a été reconnue à plusieurs reprises par le juge administratif qui considère qu'un enseignant s'abstenant de suivre une formation professionnelle continue, n'accomplit pas ses obligations de service et se trouve donc en situation de service non fait, susceptible d'un retrait sur traitement ou d'une sanction disciplinaire.

« Je vous saurais gré de me signaler les personnels qui entravent délibérément le bon déroulement des journées de formation. Je leur adresserai une lettre de remarque qui sera versée à leur dossier.»

Le Snalc (Syndicat national des lycées et collèges) s'est ému de cette épître menaçante. Il a tort : désormais, depuis la réforme l'année dernière des « décrets de 1950 » qui régissaient la profession, le temps des enseignants appartient tout entier à l'administration. Rompez, y a rien à voir – et rien à dire !

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:47

La presse subventionnée n’en finit pas de changer de « version définitive » sur les attentats du 13 novembre, pendant que la police s’efforce d’étouffer les polémiques sur l’attentat de Charlie Hebdo. Voici un petit condensé des grands délires auxquels nous assistons.

Les attentats du 13 novembre et les ceintures d’explosifs

Je lis dans le Figaro un article divertissant sur l’origine bruxelloise des ceintures d’explosifs qui ont servi au stade de France. En voici le best of:

Composés d’un bouton pressoir servant de détonateur, de TATP (peroxyde d’acétone) utilisé lors des attentats de Londres en 2005 ainsi que d’une charge primaire pyrotechnique de quelques grammes placée dans un détonateur, ces engins très instables, susceptibles de détoner au contact de la chaleur humaine, ont été confectionnés dans un appartement de Schaerbeek, quartier populaire du nord de Bruxelles. Là, dans un bâtiment situé rue Henri-Bergé, les policiers ont retrouvé le 10 décembre dernier du matériel destiné à la préparation d’explosifs, des traces de poudre suspectes ainsi que trois ceintures «qui pourraient avoir été destinées à transporter des explosifs».

Lors de la perquisition de ce laboratoire clandestin, les policiers ont aussi découvert une empreinte digitale de Salah Abdeslam, unique rescapé des commandos du vendredi sanglant et plus que jamais désigné comme «objectif prioritaire» de toutes les polices.

Nous sommes très contents d’apprendre cette information de premier ordre, manifestement donnée par la police. Son seul problème est de contredire une autre version policière donnée il y a quelques jours par le Monde.

On y lisait en particulier que les ceintures d’explosifs ayant servi à Saint-Denis avaient été confectionnées la veille de l’attentat dans la maison que les terroristes avaient louée à Bobigny. On aurait même retrouvé des rouleaux de scotch dans la maison, pour preuve de cette intense préparation.

Allez comprendre!

L’incompréhensible agenda des terroristes... (lire la suite)

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:42

Voilà bientôt un an que plus d’un million de personnes — menées par les tyrans les plus répressifs de la planète [3] — défilèrent ostensiblement à Paris en faveur de la liberté d’expression [4]. Depuis lors, le gouvernement français, qui dans le sillage des meurtres de Charlie Hebdo avait ouvert le chemin en claironnant l’importance vitale de la liberté d’expression, à plusieurs reprises poursuivit différentes personnes pour les opinions politiques qu’elles avaient exprimées, et sinon exploita la peur du terrorisme pour écraser les libertés civiles en général. Il l’a fait en recevant à peine un regard de protestation furtif de la plupart de ceux qui, partout dans le monde occidental, agitaient les drapeaux de la liberté d’expression à l’appui des dessinateurs de Charlie Hebdo.

C’est pourquoi, beaucoup de ces croisés de fraîche date pour la liberté d’expression, exploitant les meurtres de l’Hebdo, n’étaient pas, comme je l’avais soutenu à l’époque [5], des partisans authentiques en cohérence avec la liberté d’expression — au lieu de cela, ils invoquent ce principe seulement dans les cas les plus faciles et les plus égoïstes, à savoir la défense des idées qu’ils soutiennent ; mais quand les gens sont punis pour avoir exprimé des idées qu’eux détestent ils restent silencieux ou appuient l’interdiction : tout le contraire d’un plaidoyer sincère pour la liberté de parole.

Quelques jours après la marche de Paris, le gouvernement français arrêta le comique Dieudonné M’bala M’bala « pour être “un apologue du terrorisme” d’après la suggestion sur Facebook qu’il éprouvât de la sympathie pour un des bandits armés de Paris. » [6]. Deux mois plus tard, il fut reconnu coupable, recevant une peine de prison de deux mois avec sursis [7] [8]. En novembre, pour des charges séparées, il fut reconnu coupable par un tribunal belge « de racisme et de commentaires antisémites dans un spectacle en Belgique » et reçut une peine de prison de deux mois [9]. Il n’y a pas eu de hashtag #JeSuisDieudonné en tendance, et pour cette attaque à la liberté d’expression il est à peu près impossible de trouver des dénonciations par les voix les plus fortes des croisés de la liberté d’expression post-Hebdo, à l’égard des gouvernements français et belges.

En France, dans les semaines qui suivirent la marche pour la liberté d’expression, des dizaines de personnes « furent arrêtées pour discours de haine ou autres actes insultant les croyances religieuses, ou acclamant des hommes ayant perpétré les attaques. » [10]. Le gouvernement « ordonna aux procureurs à travers le pays de réprimer le discours de haine, l’antisémitisme et la glorification du terrorisme ». Il n’y avait pas de paliers dans la défense de leur droit à la liberté d’expression.

Au mois d’octobre, le plus haut tribunal français confirma la condamnation pénale de militants qui prônaient le boycott et les sanctions contre Israël en tant que moyen pour mettre fin à l’occupation [11]. Qu’avaient fait ces criminels ? Ils « sont arrivés au supermarché en portant des maillots arborant les mots : “Vive la Palestine, Boycott d’Israël” » et « également distribuèrent des tracts qui disaient que “l’achat de produits israéliens signifie la légitimation des crimes contre Gaza” ». Parce que le boycott contre Israël était considéré comme « antisémite » par le tribunal français, le préconiser était un crime [12]. Où étaient tous les croisés post-Hebdo lorsque ces 12 personnes furent condamnées en pénal pour avoir exprimé leurs opinions politiques critiques d’Israël ? Introuvables.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:39

Le début de l’année 2016 voit les Palestiniens de la Bande de Gaza entrer dans la dixième année du blocus de leur territoire imposé par Israël avec le soutien international, et exacerbé par l’appui égyptien. Le blocus fut mis en place à la suite des élections palestiniennes de 2006, que le Mouvement de résistance islamique palestinien, Hamas remporta à une écrasante majorité.

Des observateurs locaux et internationaux ont décrit le scrutin palestinien comme l’un des plus transparents jamais constaté. En Palestine, toutefois, on s’en souvient avec tristesse étant donné que l’élection marqua la scission politique interne et le début du siège de Gaza.

Les autorités israéliennes ont fermé tous les postes d’entrée et de sortie du territoire, ne laissant ouvert que le poste d’Erez pour des passages à pieds occasionnels (et il a été utilisé pour piéger des gens essayant de sortir), et Kerem Shalom pour l’entrée de marchandises autorisées et très réglementées. L’Egypte maintient le poste de Rafah fermé la plupart du temps. En 2015, il n’a été ouvert que 21 jours ; seuls 10 000 Palestiniens ont pu le franchir, parmi eux des pèlerins, des patients et des étudiants.

Les autorités israéliennes ont imposé des restrictions très strictes aux patients et leurs accompagnants qui transitent par Erez. Des associations des droits de l’homme ont noté l’arrestation de plusieurs patients et de leurs accompagnants alors qu’ils empruntaient le poste d’Erez pour se rendre en Israël. Les Israéliens essaient de soumettre les gens à une forme de chantage : devenir informateur contre l’autorisation de sortir de Gaza.

Gaza au bord de l’effondrement : une situation qui engendre la guerre

Quds Press a rapporté les pénuries chroniques de médicaments et de consommables hospitaliers. Le porte-parole du ministère de la santé palestinien à Gaza, Ashraf Al-Qidra, dit que les étagères sont vides en raison des restrictions imposées par les Israéliens sur les entrées et sorties des gens et les marchandises de l’enclave côtière.

Le député indépendant Jamal Al-Khodari, à la tête d’un comité populaire œuvrant pour mettre fin au siège, a déclaré à Quds Press qu’Israël essayait de « légaliser » le blocus et de le faire durer le plus longtemps possible, utilisant tous les moyens pour cela.

Le sort des Palestiniens à Gaza a suscité un large soutien populaire à travers le monde et de nombreuses tentatives ont été faites par voie maritime pour briser le siège. Bien que quelques petits bateaux aient pu rejoindre les côtes de Gaza au cours des quelques premières années, des tentatives plus ambitieuses ultérieures furent arrêtées dans les eaux internationales par la marine israélienne, souvent violemment.

En mai 2010, par exemple, des commandos israéliens ont intercepté la Freedom Flotilla. Neuf citoyens turcs ont été tués lors de l’assaut et un certain nombre d’autres personnes blessées ; l’une d’entre elles est morte en 2014, suite à ses blessures. Les bateaux ont été remorqués jusqu’en Israël et tous les passagers arrêtés.

Depuis le début du siège, Israël a lancé quatre offensives militaires majeures contre le peuple de Gaza, en 2006, 2008/9, 2012 et 2014 ; cette dernière a été la plus destructrice. Elle a duré 51 jours, des quartiers entiers de Gaza ont été rasés par les bombes israéliennes et des dizaines de milliers de personnes déplacées.

Le siège rigide et les guerres ont anéanti l’économie palestinienne à Gaza, a déclaré à Quds Press, Maher Al-Tabaa, analyste économique. « Le taux de chômage s’élève à 42% à Gaza, avec le blocus la crise économique s’approfondit, » a-t-il expliqué. D’après le Fond Monétaire Internationale, le taux de chômage à Gaza est le plus élevé du monde et il y a plus de 200 000 chômeurs à Gaza.

Al-Tabaa prévient que si le siège de Gaza continue, il ne pourra y avoir de vie normale en 2016 dans le territoire. De nombreuses organisations internationales ont lancé des mises en garde similaires en raison de l’effet des mesures oppressives israéliennes qualifiées de punition collective et qui sont illégales au regard du droit international.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:32

Dans le cadre du projet de loi Taubira, la chancellerie veut confier aux procureurs la possibilité d'obtenir dès le stade de l'enquête préliminaire toutes données présentes dans un système informatique, y compris des e-mails archivés.

L’article 3 du projet de loi Taubira révélé en intégralité par Numerama étend aux procureurs, sur autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD), la possibilité de faire installer des micros ou des caméras chez des suspects. Auparavant cette possibilité n’était offerte qu’au juge d’instruction après l’ouverture d’une instruction, donc après la découverte de premiers indices permettant de présumer de la réalité de l’infraction.

Si la loi est adoptée en l’état, le parquet pourra faire procéder aux mêmes surveillances dès le stade de l’enquête préliminaire. Le dispositif est en principe limité aux crimes et délits organisés, mais le code de procédure pénale prévient que « le fait que les opérations prévues au présent article révèlent des infractions autres que celles visées dans la décision du juge d’instruction ne constitue pas une cause de nullité des procédures incidentes » — ce qui par construction devrait s’appliquer aussi aux infractions découvertes lors d’enquêtes préliminaires.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:58

Le « travailleurmodeste ». En un seul mot comme si le travailleur avait choisi d’être modeste. De disposer d’un revenu modeste. Car l’adjectif « modeste » est une épithète de nature. Une épithète homérique. Une épithète qui place le travailleur au niveau d’un héros de l’Antiquité. L’adjectif est intégré au substantif comme je l’ai entendu prononcer à la radio. Il appartient donc à cette nouvelle catégorie de mots créés artificiellement par la novlangue. On attend maintenant le « ministrescroc ». Au fait avez-vous passé le « bachi bac » ? Avez-vous joué au « speed dating » ? Au « géocaching »? Fréquentez-vous les « bars à chicha » ? Vous pourriez y fumer le narguilé. Je vois que vous n’êtes pas dans le coup. Vous méprisez « le vivre ensemble » ! Votre cas est grave. Lors d’une émission consacrée à Jacques Tati, sur Arte, on a pu revoir l’émission « Lectures pour tous » et Roland Barthes, interrogé par Pierre Dumayet, répondait à propos de son ouvrage « Mythologies » (1957), sur la « Nouvelle Citroën» et le « Plastique ». Barthes évoquait alors la magie d’une automobile parfaite, « tombée du ciel », et la même magie se retrouvait dans le plastique. Le plastique est en somme un trompe l’œil, Barthes utilise le mot « simili ». Il ajoute que le simili a toujours marqué de la « prétention », et Barthes ajoute qu’il fait partie « d’un monde du paraître, et non de l’usage ». Il est historiquement « bourgeois » comme la Déesse participe de la « promotion petite bourgeoise ». En langage populaire on pourrait dire que le bourgeois veut péter plus haut que son cul. Montaigne disait, au 16ème siècle : « sur le plus haut trône du monde on n’est jamais assis que sur son cul ». (Essais livre III chapitre 13)

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:47

Pour ceux qui ne lisent pas la presse et qui ne regardent plus les médias audiovisuels, je les informe qu’il fait plusieurs degrés de plus, ces jours-ci en France, qu’à l’accoutumée pour un mois de décembre.

Quelques jours après la clôture de la COP21, le journal télévisé de France 2 se devait de traiter cette information autrement plus importante que la montée du chômage ou le déficit abyssal de la France. Ainsi, mardi 15 décembre dernier, le journaliste spécialiste en climatologie de la chaîne Nicolas Chateauneuf (diplômé en histoire puis d’une école de journalisme) décryptait « les températures historiquement chaudes enregistrées pour cette année 2015 ». Il est « l’expert » appelé en renfort durant le journal, par David Pujadas, depuis le licenciement de Philippe Verdier.

Comme à son habitude, il nous montrait un histogramme en 3D des températures moyennes où, sur l’axe des abscisses, aucune année n’est mentionnée, et où l’axe des ordonnées ne comporte aucune indication d’échelle. Au cas où quelqu’un essayerait de contester, il serait simple d’affirmer que ce graphique n’est qu’indicatif ; cependant, il fait son effet.

Comme habituellement, on pouvait constater la façon étrange dont cet histogramme était filmé : uniquement de biais, avec un gros plan sur l’augmentation des années 90, et la dernière barre plus haute que les autres. Seul le téléspectateur informé pouvait deviner la stagnation des températures moyennes de 1999 à 2014. Pas un mot à ce sujet et des allusions constantes au réchauffement climatique, « la tendance de fond ». Le phénomène « El Niño » exceptionnel que subit la planète cette année était évoqué brièvement, comme un événement lointain.

Et puis, vendredi, n’y tenant plus – l’occasion étant si bonne -, El Niño était oublié. Il laissait la place à une explication du spécialiste français de la question, celui que l’on interviewe exclusivement depuis des années lorsqu’il faut justifier n’importe quel phénomène météo par un lien avec le réchauffement climatique : le célèbre Jean Jouzel, celui que toute la presse et les politiques écoutent et respectent comme un prophète, oubliant au passage qu’en 2012, il s’est affilié au parti de gauche Nouvelle donne.

Et pourtant, comme en 1997, l’indice « El Niño » de 2015 est particulièrement élevé et l’on sait que ces années et celle qui les suit sont exceptionnellement chaudes. On sait également que ce phénomène océanique perturbe la circulation atmosphérique générale, qu’il dure entre 6 et 18 mois et qu’il est à son maximum vers Noël, selon le site de Météo-France. Tout ça, évidemment, il ne faut pas le dire ni le répéter : ça risquerait de se savoir !

Cependant, que France 2 et les autres en profitent bien car les « El Niño » sont souvent suivis d’épisodes froids appelés « La Niña ». Conjugué à la décroissance de l’activité du cycle solaire n° 24 que nous subissons depuis 2008, l’avenir pourrait être beaucoup plus frais que ce que cette chaîne nous suggère.

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