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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:40

La vie est décidément mal faite. On croit côtoyer de grands mystiques à l’âme forgée dans la matrice de la France éternelle, le terroir chevillé au cœur, façon Maurice Barrès ou François Mitterrand. Mais, en la matière, Sarkozy, ce serait plutôt Nicolas le jardinier ; et encore. En 2007, il entendait inaugurer son quinquennat tout neuf par une retraite spirituelle : « Dans un monastère », affirmait-il.

Sans trancher l’épineuse question consistant à savoir si le Fouquet’s appartient ou non à l’ordre des moines dominicains ou franciscains, si le yacht de Vincent Bolloré bat pavillon des chevaliers de l’Ordre de Malte ou celui des pénitents du Club Méditerranée, on notera néanmoins que même le plus hébété des commentateurs politiques d’alors aura remarqué que l’introduction du zigomar aux plus hautes fonctions républicaines tenait plus de la ceinture Gucci que de celle du silice. Idem pour le vocabulaire et les bonnes manières.

Heureusement, La France pour la vie était le gri-gri, le viatique, le sésame – opuscule de commande, pour être plus précis – susceptible de donner à un ex-Président connu pour massacrer, à l’oral comme à l’écrit, la langue de Molière et Vaugelas, une sorte de stature littéraire et politique, quelque part entre Cyril Hanouna et André Malraux. Mieux : une sorte de confession publique – entre cénacles maoïstes d’antan et assemblée de chrétiens exaltés d’autrefois, lui permettant d’abjurer ses péchés politico-langagiers de naguère – qui aurait pu l’aider à se refaire une virginité, à la façon de ces vieilles mondaines se faisant lifter le joufflu jusqu’aux limites du raisonnable. Bref, Nicolas Sarkozy avait changé, il fallait qu’on se le dise.

Le problème, c’est qu’aussitôt chassé, le naturel a tendance à revenir au galop, surtout chez Sarko. Ainsi, ses dernières vacances de Noël ? Au Maroc. A priori, rien d’extravagant, si ce n’est que sa sainte famille, invitée aux frais de la princesse par le roi Mohammed VI dans un riad à côté duquel celui d’Anne Sinclair doit ressembler à une chambre Ibis, y a transité dans un jet privé battant blason royal et chérifien. Tout bien pesé, Vincent Bolloré, issu d’une lignée tout aussi prestigieuse, est-il français et un peu moins trafiquant en chef de substances illicites.

Le gag, c’est que si l’affaire s’est retrouvée pleine page dans les colonnes du Canard enchaîné, c’est par une fuite de l’intérieur, celle du dernier fiston, Louis, lequel a cru malin d’épater copains et copines à grands coups de selfies, devant domestiques et piscines, ayant tôt inondé les réseaux sociaux. Familles, je vous hais… Surtout en pleine promotion du bouquin présidentiel à papa ! Sale gosse…

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:34

Comment la CIA a-t-elle financé Daesh ou Al-Qaeda? Je recommande la lecture d’un article du New York Times qui détaille de façon intéressante l’opération Bois de Sycomore (Timber Sycamore) par laquelle la CIA a utilisé l’argent de l’Arabie Saoudite pour armer et entraîner les « rebelles » en Syrie, dont les groupes qui mènent aujourd’hui des actions terroristes. Je livre ici quelques extraits traduits par mes soins de l’article.

Une politique ancienne

L’aide aux rebelles syriens n’est que le dernier chapitre d’une relation vieilles de plusieurs décennies entre les services secrets d’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, une alliance qui a traversé le scandale des contras en Iran, le soutien aux mudjahidines contre les Soviétiques en Afghanistan et les guerres par procuration en Afrique. Parfois, comme en Syrie, les deux pays ont travaillé de conserve. Dans d’autres cas, l’Arabie Saoudite a simplement rempli les chèques des opérations américaines secrètes.

Le programme conjoint d’armement et d’entraînement, que d’autres pays du Moyen-Orient ont contribué à financer, se maintient alors que les relations de l’Amérique avec l’Arabie Saoudite – ainsi que la place du Royaume dans la région – sont en mutation permanente. Les liens historiques entre pétrole pas cher et géopolitique qui ont longtemps rapproché les deux pays se sont distendus à mesure que la dépendance américaine au pétrole étranger déclinait et que l’administration Obama marchait à tâtons vers un rapprochement diplomatique avec l’Iran.

L’opération Bois de sycomore

Quand Mr Obama donna son accord pour armer les rebelles au printemps 2013, c’était en partie pour essayer de prendre le contrôle d’une région qui semblait totalement ouverte. Les Qataris et les Saoudiens avaient commencé à fournir des armes en Syrie depuis plus d’un an. Les Qataris avaient même passé en contrebande des cargaisons de missiles chinois portatifs FN-6 par la frontière turque.

Les efforts saoudiens étaient conduits par le flamboyant prince Bandar ben Sultan, alors responsable des services secrets, qui ordonnait aux espions saoudiens d’acheter des milliers d’AK-47 et des millions de cartouches en Europe de l’Est pour les rebelles syriens. La CIA donnait de son côté quelques coups de main aux transactions des Saoudiens, y compris une grosse opération en Croatie en 2012.

A l’été 2012, un sentiment de totale liberté d’action dominait le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie et les nations du Golfe y passaient argent et armes aux groupes rebelles – même certains officiels américains impliqués avaient alors des liens avec des groupes comme Al Qaeda.

La CIA agissait surtout en coulisses durant cette période, la Maison Blanche et le programme d’entraînement Bois de Sycomore autorisant la fourniture d’aide non létale aux rebelles, mais pas la fourniture d’armes. Fin 2012, selon deux anciens officiels Américains, David Petraeus, alors directeur de la CIA, donna un sérieux coup de semonce aux services de renseignement de plusieurs nations du Golfe lors d’une réunion sur la mer Morte en Jordanie. Il leur reprocha d’envoyer des armes en Syrie sans se coordonner entre eux ni avec les officiers de la CIA en Jordanie et en Turquie.

Des mois plus tard, M. Obama donna son accord pour que la CIA commence à armer et entraîner directement les rebelles depuis une base en Jordanie, ajoutant au programme Bois de Sycomore une autorisation pour l’assistance létale. Dans ce nouvel accord, la CIA prit la conduite des entraînements, pendant que les renseignements d’Arabie Saoudite, la Direction Générale du Renseignement, fournissait argent et armes, y compris des missiles anti-tanks TOW.

Les Qataris aidèrent également à financer les entraînements et autorisèrent l’utilisation d’une base au Qatar comme terrain supplémentaire d’entraînement. Mais les officiels américains affirment que l’Arabie Saoudite est restée de loin le plus gros contributeur à l’opération.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:31

Ni vu, ni connu : Hollande veut achever le retour de la France dans l’Otan.

En toute discrétion, le gouvernement français a déposé un projet de loi qui prévoit la réintégration totale de la France dans l’Otan.

Selon le Canard enchaîné, le Conseil des ministres a donné le 4 janvier son accord sur un projet de loi « autorisant l’accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu du Traité de l’Atlantique Nord », projet déposé dans la foulée à la Présidence du Sénat.

De fait, indique le Canard enchaîné dans son édition publiée cette semaine, la France, sous l’impulsion de l’actuel locataire de l’Élysée, s’apprête à réintégrer l’ensemble des instances militaires de l’Alliance.

La démarche viendrait donc compléter la décision annoncée en 2007 par le président Nicolas Sarkozy d’assurer le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, décision devenue effective en avril 2009.

La discrétion de l’actuel président français est compréhensible : fin 2008, François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste, avait défendu bec et ongles une motion de censure portée par le groupe socialiste contre le retour de la France dans la commandement intégré de l’Otan.

« Dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat dans le pays », lançait M. Hollande à la tribune de l’Assemblée Nationale fin 2008.

« Sarkozy avait commencé le travail, Hollande rompt définitivement avec la tradition d’indépendance de la France en matière militaire », commente de son côté l’hebdomadaire Marianne en écho aux révélations du Canard enchaîné. « La souveraineté militaire de la France, c’est ce que s’apprête donc à brader le gouvernement de Manuel Valls pour des motifs bien étranges ».

En effet, le texte du document en question apporte peu de clarté au sens de cette démarche. Dans le projet de loi déposé le 4 janvier rapporté par Marianne, il est ainsi écrit qu’« en 2009, la France a décidé de réintégrer la structure de commandement de l’Otan. En conséquence, elle a recommencé à accueillir du personnel de l’Organisation dans ses quartiers généraux militaires sans que ses QG ne bénéficient toutefois d’aucun statut international. Seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu’ici l’accueil de personnels de l’Otan dans les QG situés sur le sol français. L’attractivité du territoire français s’en trouve affectée de même que l’influence française au sein des structures de commandement. »

Si les motifs sont flous, la logique, elle, est très claire : de gouvernement en gouvernement, la France poursuit la logique de renonciation à sa souveraineté, et parachève son intégration au bloc atlantique. En prenant soin de ne pas consulter le peuple au sujet de ces choix stratégiques.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:29

Le Conseil d'État a annoncé mercredi qu'il refusait de suspendre l'état d'urgence instauré après les attentats de novembre, comme le lui demandait la Ligue des droits de l'homme (LDH). Le juge des référés a notamment estimé que "le péril imminent justifiant l'état d'urgence n'a pas disparu, compte tenu du maintien de la menace terroriste et du risque d'attentats", selon un communiqué publié par la plus haute juridiction administrative.

Mardi, à l'audience, la LDH avait demandé au Conseil d'État de "suspendre tout ou partie" de ce régime d'exception et à défaut "d'enjoindre au président de la République de procéder à un réexamen des circonstances de fait et de droit" qui ont conduit à sa mise en oeuvre. S'il s'est déclaré compétent pour formuler une éventuelle injonction au président de la République en tant qu'autorité administrative, le juge a en revanche rappelé qu'il est hors de son pouvoir d'ordonner directement une suspension de l'état d'urgence dont la prolongation résulte de la loi.

Ce dossier est particulièrement sensible au moment où le gouvernement veut prolonger pour la deuxième fois et pour trois mois supplémentaires ce régime, qui devait prendre fin le 26 février. Le projet de loi prolongeant l'état d'urgence sera débattu et voté le 9 février au Sénat, puis le 16 février à l'Assemblée nationale.

Dans ses motivations, le juge des référés a constaté que "des attentats se sont répétés en France" depuis l'instauration de l'état d'urgence et que "la France est toujours engagée dans des opérations militaires extérieures qui visent à frapper les bases à partir desquelles les opérations terroristes sont préparées". Autant d'arguments qui avaient été mis en avant à l'audience par la représentante du ministère de l'Intérieur, Pascale Léglise, qui avait plaidé le maintien de l'état d'urgence.

"Un piège politique"

L'avocat de la LDH, Patrice Spinosi, avait quant à lui estimé que le maintien de l'état d'urgence, par nature provisoire, ne se justifiait plus aujourd'hui. Il évoquait "un piège politique" dans lequel s'est enfermé le gouvernement de peur d'être accusé de laxisme en cas de nouvel attentat.

L'état d'urgence renforce les pouvoirs de la police en permettant notamment les assignations à résidence, les perquisitions administratives de jour comme de nuit ou l'interdiction de rassemblement, le tout sans le contrôle d'un juge judiciaire.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:26

Le tribunal de grande instance (TGI) de Nantes a décidé, lundi 25 janvier, de valider les expulsions des habitants et opposants historiques au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique. Un délai de deux mois a été prononcé pour les onze familles qui occupent des habitations, dont quatre exploitations agricoles. S’agissant de ces dernières, le délai ne s’applique pas aux bâtiments agricoles, ou au bétail. En clair, résument les agriculteurs concernés, ils ne peuvent être expulsés de leur habitation durant les deux mois à venir, mais le reste de leur exploitation pourrait être saisi ou détruit dès demain.

A la lecture du jugement, à 14h30 – « les conditions légales des demandes d’expulsion ont été jugées remplies dans tous les dossiers », a déclaré Pierre Gramaize, premier vice-président du TGI de Nantes –, les opposants au projet ont accusé le coup. Sans imaginer pouvoir empêcher l’expulsion, ils espéraient néanmoins que le juge ne rejetterait pas les demandes de transmission de questions prioritaires de constitutionnalité (QPC). Leurs avocats avaient en effet déposé une QPC, estimant que la procédure d’expulsion engagée n’était « pas conforme à la Constitution et à la Convention européenne des droits de l’homme ». Il y aurait, selon eux, une rupture d’égalité de traitement entre plusieurs procédures d’expulsion. Las, Pierre Gramaize les a jugées « dépourvues de sérieux ».

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:24

Le Léviathan Facebook a accouché d’un nouveau monstre dans un grand silence. Baptisé OCCI (Online Civil Courage Initiative/Initiative de courage civil en ligne). Entendez par là : encouragement de la délation des propos xénophobes sur le réseau social. Il a vu le jour à Berlin le 18 janvier dernier lors d’une conférence de presse où Sheryl Sandberg, directrice opérationnelle du groupe, a fermement rappelé que « Facebook n’est pas un lieu pour la diffusion de propos racistes ou d’appels à la violence ». Dans le viseur, non pas seulement les « discours de haine » mais toute forme de dissidence avec la politique migratoire allemande.

En septembre 2015, alors que l’Allemagne procédait à l’accueil anarchique de plus d’un million de clandestins, la chancelière avait lancé une croisade antiraciste sur Internet, activement soutenue par le ministre de la Justice Heiko Maas pour qui les réseaux sociaux ne devaient pas « devenir une fête foraine pour l’extrême droite ». Les procureurs de Hambourg avaient accentué la pression en novembre en ouvrant une enquête contre plusieurs dirigeants de Facebook pour avoir facilité l’incitation à la haine en ne supprimant que trop rarement (ou trop tardivement) les messages hostiles à la politique migratoire.

Ainsi, l’OCCI aura trois missions : « soutenir les ONG qui luttent contre le racisme en Europe et sur Internet » – en leur versant un million d’euros de subventions ; développer de « bonnes pratiques pour contrer la diffusion de la haine » (par l’inondation de spots publicitaires antiracistes ?) ; enfin, « s’appuyer sur la recherche universitaire » – ce qui confirme la collusion de certains milieux de l’enseignement supérieur avec l’idéologie sans-frontiériste.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:21

Outre le relèvement à 67 ans de l’âge du départ à la retraite, le quartet des créanciers d’Athènes exige de nouvelles coupes dans les pensions.

Dans la nouvelle bataille engagée avec les créanciers de la Grèce sur le dossier des retraites, la marge de manœuvre du gouvernement Tsipras est étroite. Au premier semestre 2015, dans les négociations avec la Banque centrale européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission de Bruxelles, la gauche grecque posait comme « ligne rouge » le refus de nouvelles coupes dans des pensions déjà amputées de 30 % à 50 % par l’ajustement structurel imposé à Athènes. Ce fut là l’un des points de cristallisation du conflit qui devait conduire, en juillet, à la tenue d’un référendum. Après le coup d’État financier de juillet contre la Grèce, la perspective d’une contre-réforme des retraites d’inspiration néolibérale figurait en bonne place dans le mémorandum finalement signé par Alexis Tsipras. En fait, l’adoption de cette contre-réforme censée garantir un système de retraites non déficitaire est l’une des conditions principales posées à l’octroi d’un nouveau prêt de 86 milliards d’euros sur trois ans qui doit couvrir les échéances dues, en 2016, au FMI et à la Banque centrale européenne. Le chantage à l’étranglement financier continue, donc…

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:18

Un technicien a trouvé la mort et un de ses collègues a été légèrement blessé dans l’effondrement mardi d’une galerie sur le chantier du site controversé d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse), où des vérifications sont en cours.

L’éboulement est survenu dans une galerie en cours de forage où étaient effectués des relevés géophysiques, a indiqué la préfecture de la Meuse dans un communiqué.

L’accident a coûté la vie à un technicien de la société Eiffage, et « un de ses collègues est légèrement blessé », a précisé la préfecture, ajoutant que la galerie avait été entièrement évacuée et que des vérifications de stabilité étaient en cours. Les secours avaient précédemment fait état d’un blessé grave.

Une cellule psychologique a été mise en place pour les employés.

C’est la deuxième fois qu’un accident mortel se produit sur ce site, fortement contesté par les associations antinucléaires, où doivent être enfouis à terme des déchets hautement radioactifs aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne.

En 2002, un ouvrier avait été écrasé par un tube d’aération dans le puits d’accès principal, à plus de 200 mètres de profondeur, provoquant l’arrêt du chantier pour cinq mois.

En décembre 2001, un ouvrier avait été blessé après une chute de 11 mètres dans le même puits.

– « Abandon immédiat du projet » –

Baptisé Cigéo, le projet supervisé par l’Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra) doit accueillir les déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français (3% du total) à 500 mètres sous terre, ainsi que ceux ayant la durée de vie la plus longue.

Récemment, le ministère de l’Ecologie et de l’Energie a estimé son coût à 25 milliards d’euros.

Un des deux types de déchets qui doivent être stockés sont dits de « haute activité vie longue »: il s’agit principalement des résidus hautement radioactifs issus du traitement des combustibles usés, dégageant de la chaleur. Le volume de ces déchets est estimé à environ 10.000 m3, dont 30% sont déjà produits.

Les autres déchets prévus sont dits « de moyenne activité à vie longue », et seraient stockés les premiers. Leur volume est estimé à 70.000 m3, dont 60% déjà produits.

Ces deux types de déchets représentent 3% du volume total des déchets radioactifs produits en France, mais concentrent plus de 99% de la radioactivité.

A cheval sur quatre petites communes totalisant aujourd’hui quelques centaines d’habitants, le projet engage les générations futures pendant des dizaines de milliers d’années, ce qui a généré de nombreuses protestations.

Les associations antinucléaires dénoncent « une gigantesque poubelle atomique de 300 ha en surface et 15 km2 de galeries souterraines », et pointent l’obsolescence des matériaux devant servir à contenir ces déchets.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:13

Routes et ronds-points bloqués par des tracteurs et des remorques, pneus et bottes de paille enflammés, gravats et détritus sur la chaussée: dans tous les départements des régions Bretagne, Normandie et Pays de la Loire les agriculteurs ont exprimé leur colère et exigé des mesures pour faire face à la crise que traversent leurs exploitations.

Et les mêmes scènes devraient se répéter jeudi, plusieurs responsables agricoles ayant déjà averti que ce mouvement des agriculteurs pour "crier leur détresse" allait continuer.

La situation s'est même un peu tendue en début de soirée mercredi dans plusieurs grandes villes, où les agriculteurs s'étaient regroupés.

A Quimper (Finistère), des incidents sporadiques étaient en cours peu après 23H00 près de la préfecture après que les manifestants venus à bord de plusieurs dizaines de tracteurs eurent déversé des monceaux de déchets et de pneus et allumé des feux. Les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour maintenir les manifestants à distance.

A Angers (Maine-et-Loire), quelques incidents ont également éclaté et trois manifestants ont été interpellés. Quelque 200 agriculteurs s'étaient installés en début de soirée aux abords de la préfecture, avec une quarantaine de tracteurs et remorques pleines de pneus et autres détritus, qu'ils ont déversé sur la chaussée avant d'y mettre le feu.

A Caen (Calvados), après avoir levé le blocage du périphérique et occasionné de grosses difficultés de circulation dans la ville, un convoi de 40 tracteurs qui voulait se diriger vers le centre-ville a été bloqué par les forces de l'ordre, selon un journaliste de l'AFP sur place. Ils ont quitté les lieux vers 23H00.

Au Havre (Seine-Maritime), des manifestants s'étaient également regroupés en début de soirée aux abords de la sous-préfecture avec une vingtaine de tracteurs et de remorques remplies de 350 tonnes de fumier, mais sont finalement repartis dans le calme, annonçant de nouvelles actions à Rouen jeudi.

Par ailleurs, plusieurs des barrages installés tout au long de la journée de mercredi sur les grands axes routiers de la région étaient toujours en place pour la nuit.

Dans le Morbihan, la préfecture faisait état de quatre points de blocage à Arzal, sur la RN 165, à Ploërmel (RN 24) à Plouay et Cléguer.

En Ille-et-Vilaine, selon la préfecture, trois barrages routiers restaient également en place à Saint-Étienne en Coglès sur l'A 84, à Etrelles (RN 157) et Bréal-sous-Montfort (RN 24). La RN 12 restait coupée en deux points dans les Côtes-d'Armor.

A Laval (Mayenne), la RN 162 en direction de Tours était bloquée par une centaine d'agriculteurs interdisant toute circulation.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 10:15

Quand je me suis présenté à la caserne de Romorantin, (BA 273), je n’ai pas été bien reçu. Le commandant de la place m’a fait des remarques désobligeantes. Il m’a très mal accueilli : « Alors mon gaillard, déjà en retard ! » Il a ajouté : « Que ça ne se reproduise pas ! Sinon vous me ferez huit jours… ». Ensuite il m’a donné des précisions sur mon retard. J’ai vu, bien qu’il fût apparemment brut de décoffrage, qu’il avait un minimum d’instruction. Il aurait pu entrer dans la catégorie des SLEC (Sait Lire Ecrire et Compter). Il m’a dit exactement : « On vous avait envoyé un ordre de mobilisation en 52 avant Jésus Christ ! Je n’avais jamais vu un retard pareil ! » J’ai voulu répondre avec pertinence, j’ai essayé de lui dire que les artistes vivaient hors des contingences temporelles. Mais j’ai vu que je l’avais vexé. A cause du vocabulaire que j’employais. Le commandant n’avait jamais fréquenté d’artistes. Il ignorait le sens des mots. Je n’ai pas cherché à l’humilier. Alors j’ai expliqué que j’avais musardé, que j’avais fait la guerre buissonnière. Mais j’étais un des plus anciens combattants et j’avais participé à pas mal d’empoignades qui avaient provoqué un nombre considérable de cadavres. J’en citai quelques unes parmi les meilleures. La guerre des Gaules, les Chansons de Gestes du Moyen Age, qui se chantaient la gueule ouverte en jouant du cor de chasse. Je me souviens très bien d’un félon, un nommé Ganelon, qui avait trahi Charlemagne, l’empereur à la barbe fleurie. Résultat, les Sarrasins, c’était le nom des anciens arabes, avaient massacré l’arrière garde. Et Roland, très en colère, n’avait pas pu se retenir de briser une montagne avec sa Durandal, une épée de l’époque. Ensuite je m’étais habitué à l’huile bouillante qu’on se ramassait sur le crâne, quand on partait à l’assaut des châteaux forts. Et puis j’avais assisté de près aux campagnes de Jeanne d’Arc. Mais sans enthousiasme, vu qu’elle était secondée par Gilles de Rais, qui se rendra célèbre sous le nom de Barbe Bleue, et qui avait pris l’habitude de massacrer des petits enfants. Cependant, le commandant de la place de Romorantin (BA 273) faisait la gueule. Il écoutait distraitement. Il me répétait sans arrêt : « ça n’est pas une excuse valable… et puis cessez de me raconter des sornettes. Où étiez-vous pendant qu’on s’étripait à Fontenoy ? Avec Messieurs les Anglais ? Où étiez-vous pendant les campagnes de Napoléon ? » J’eus beau lui répliquer que j’arrivais toujours en retard, forcément, je tenais à parfaire ma préparation militaire, et je voulais arriver à la caserne tout en étant au top ! Le commandant me fit une remarque qui prouve qu’il était soucieux de conserver la langue française et qu’il n’était pas aussi abruti qu’on aurait pu croire : « Je ne comprends pas le mot « top »… C’est un anglicisme ? ». Le commandant insistait toujours sur l’été 1939 : « Où étiez-vous ? Vous n’avez pas répondu à ma question ? Et début août 1914 ? » Alors, pour voir où en était ma formation militaire, le commandant me posa cette ultime question : « De quoi sont les pieds du fantassin? ». Il fallait répondre : « Les pieds sont l’objet de soins constants de la part du fantassin… ». Ainsi je ratai la première guerre mondiale et la seconde également. Je sens comme une énorme lacune. Je crois que je ne m’en remettrai jamais…

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