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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 10:07

 

C’est un — salutaire — pavé dans la mare du bon sentiment qu’a lancé il y a quelques jours la militante progressiste et féministe Jumoke Balogun, membre du réseau africain du « Guardian » et co-fondatrice du site « CompareAfrique.com ». Dans une tribune libre, traduite en français par « 7 Lames la Mer », l’activiste afro-nigeriane rappelle ce que l’idéologie humanitaire et les fièvres compassionnelles font aux indépendances africaines en général, et au Nigeria en particulier.

 

"Vous ne pouvez rien faire pour les jeunes filles disparues au Nigeria.

Votre acharnement en vue d’impliquer dans cette affaire les autorités américaines, et plus particulièrement, l’armée américaine, se retournera au final contre le peuple du Nigeria.

Je suis touchée de vous voir enfourcher le destrier de la« conscientisation » pour défendre plus de 200 jeunes filles enlevées dans leur école de Chibok.

Je suis touchée que vous ayez entendu les pleurs des mères et des pères, qui passent un nouveau jour sans leur enfant.

C’est gentil de votre part de vous en préoccuper.

Seulement voilà l’affaire : lorsque vous faites pression sur les pouvoirs occidentaux, et plus particulièrement, sur le gouvernement des États-Unis, pour qu’il intervienne dans les affaires africaines, lorsque vous vous faites vous-mêmes les hérauts d’une intervention militaire, vous devenez vous-même un élément d’un problème bien plus vaste.

Vous devenez les protagonistes, complices, d’un agenda d’expansion militaire en Afrique. Et cela n’est pas bon.

Vous l’ignorez sans doute, mais les militaires américains adorent vos «  hashtags » parce que ces derniers leurs permettent d’ancrer et d’intensifier leur présence militaire en Afrique.

AFRICOM, le commandement unifié qui supervise les opérations militaires sur le continent africain, a beaucoup profité de #Kony2012 et bénéficiera plus encore de #BringBackOurGirls.

L’année dernière, avant la tournée africaine du Président Obama, j’avais décrit les procédés grâce auxquels l’armée américaine élargit son champ d’intervention en Afrique.

Pour la seule année 2013, AFRICOM a effectué 546 « activités militaires » soit une moyenne d’une mission et demie par jour.

De ces activités, nous ne savons pas grand-chose, mais nous connaissons, en revanche, les buts revendiqués d’AFRICOM : « promouvoir les intérêts des États-Unis d’Amérique en Afrique ».

Et cette mission est bel et bien assurée : selon un rapport, les troupes américaines ont, en 2013, promu les intérêts des USA en Ouganda, au Ghana, au Malawi, au Burundi, en Mauritanie, en Afrique du Sud, au Tchad, au Togo, au Cameroun, à Sao-Tome-et-Principe, en Sierra Leone, en Guinée, en Éthiopie, en Tanzanie, au Sud-Soudan.

L’armée américaine s’est livrée à 128 « activités militaires » distinctes dans 28 pays d’Afrique entre les mois de juin et décembre 2013. Des missions qu’il faut rapprocher des expéditions de drones conduites par les États-Unis dans le nord du Nigeria et en Somalie.

Ajoutons-y les avant-postes de la lutte anti-terroriste à Djibouti et au Niger, ainsi que les bases discrètement installées en Éthiopie et aux Seychelles, qui offrent des rampes de lancement à l’armée américaine pour les frappes et les missions de surveillance effectuées par les drones.

Malgré le secret qui recouvre ces activités, nous savons que les activités militaires des États-Unis ont eu un effet déstabilisateur sur plusieurs pays. Ainsi, un article du « New-York Times » a confirmé que l’homme qui a renversé le gouvernement du Mali en 2012 avait été entraîné et cornaqué par les USA entre 2004 et 2010. Plus tard, un bataillon formé par les États-Unis en RDC avait été dénoncé devant l’ONU pour des viols de masse.

Aujourd’hui, les États-Unis gagnent du terrain en Afrique, en dépêchant des conseillers militaires et un nombre croissant de drones — pardon, de « personnels et de matériels de sécurité » — en renfort d’une armée nigeriane qui, soit dit en passant, a un bilan certain en terme d’atrocités de masse à l’encontre du peuple nigerian.

Sachant tout cela, vous pouvez comprendre mon appréhension vis-à-vis de la décision prise par le Président Obama.

Comme l’a dit l’écrivain américano-nigerian Teju Cole, cet engagement nous mènera simplement vers plus de militarisme, une sécurité moindre, et moins de démocratie encore.

Car la dernière fois que des conseillers militaires américains ont été envoyés en Afrique, ils n’ont pas fait grand bien."

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 10:01

Le célèbre peintre irlandais Jim Fitzpatrick a offert à Madame Fadwa Barghouti le portrait de Marwan Barghouti qu'il a réalisé à l'occasion du lancement de la campagne irlandaise pour la « libération de Marwan et de tous les prisonniers politiques palestiniens ». C'est ce peintre qui avait réalisé le fameux portrait du « Che ».

Barghouti.jpg

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:57

Environ 400 mercenaires d’une entreprise américaine opèrent en Ukraine aux côtés des soldats et de la police ukrainienne dans des opérations contre les séparatistes pro-russes [...]
Selon des informations basées sur des communications radio [...] les mercenaires américains coordonnent et dirigent des opérations de guérilla contre les séparatistes pro-russes autour de l’enclave de Sloviansk.
Ces 400 mercenaires travaillent pour Academi, plus connu sous son ancien nom de Blackwater, une entreprise de sécurité qui avait été privée de contrat par l’armée américaine en Irak après une fusillade sur des civils en 2007 [...]
Le Bild am Sonntag (journal allemand à la source de cette info) rappelle que la Russie avait dénoncé il y a quelques semaines la présence de mercenaires américains aux côtés des troupes gouvernementales ukrainiennes, ce que l’ambassadeur américain à Kiev, Geoffrey Pyatt, avait démenti mi-mars.
La semaine dernière, le Bild am Sonntag avait déjà révélé que des agents de la CIA et du FBI aidaient Kiev à mettre un terme à la rébellion dans l’est de l’Ukraine, et à mettre en place un dispositif de sécurité efficace, sans toutefois s’engager directement dans les affrontements…

 

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/05/11/97001-20140511FILWWW00036-des-mercenaires-americains-presents-en-ukraine.php

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:51
Vic­toire judi­ciaire devant la Cour d’Appel de Mont­pellier : Relaxe totale pour nos trois cama­rades de Per­pignan. Les demandes de nos adver­saires ont été jugées infondées. Le combat pour l’abrogation des cir­cu­laires Alliot-​​Marie et Mercier continue.

 

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:47

Le samedi 31 mai, la ville d’Alès accueillera une corrida dans ses arènes. Mobilisons-nous nombreux pour que cessent les sévices infligés aux taureaux à Alès et ailleurs en demandant la suppression de la corrida en France ! Une exception du Code Pénal permet encore les sévices graves envers les animaux au nom de la tradition culturelle !
La barbarie tauromachique espagnole en plein coeur des Cévennes. Quelle honte pour cette magnifique région française !

Signer la pétition pour la suppression de l'exception incluse dans l'alinéa 7 de l’article 521-1 du code pénal visant à punir les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés, ou tenus en captivité sauf exception locale sous couvert de tradition culturelle. L'exception concerne les corridas et les combats de coq dans un texte législatif condamnant les actes de cruauté.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:36

La cour de justice centrale de Riga, en Lettonie, vient de mettre aux arrêts le militant du parti  l’"Autre Russie" Ayo Benes, surnommé le  Lénine noir". La police de la sécurité lettone a ouvert contre lui une procédure judiciaire pour "appel au renversement violent de l’Etat et à l’élimination de l’indépendance de la Lettonie". 

Ayo Benes est l’un des plus célèbres combattants pour les droits de la langue russe en Lettonie. Ces derniers mois, il a été très actif au sein des partisans du «printemps russe» en Ukraine. Il a fait partie des rangs de la milice d’autodéfense au cours du référendum sur l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie. On se souvient aussi qu’à Donetsk, il s’est fait connaître comme brillant orateur lors des meetings pro-russes où ses discours  enflammaient la foule. Puis, il a été deux fois expulsés d’Ukraine par le Service de sécurité ukrainien. Lors de sa dernière déportation, on l’a immédiatement arrêté à Riga, capitale de la Lettonie.

Auparavant, les autorités lettones voulaient le priver de sa citoyenneté pour sa participation à la milice d’auto-défense de la Crimée. Maintenant, ils sont résolus à l’envoyer en prison . De toute évidence, ils ont peur que le «printemps russe» ne se propage en Lettonie où 40 % de la population sont Russes et dont une partie considérable est privée de ses droits civils…

 

 

Selon des informations issues de la Résistance, Alexandre Gerasimov dont je décrivais récemment la disparition,  est vivant. Il est dans un bon hôpital, soigné pour des blessures graves, surtout une fracture du bassin (pelvis). On peut ajouter à ses malheurs, des brûlures. Mais il n’a pas, heureusement, de problème pour payer les frais d’hôpital car, actuellement en Ukraine la médecine est payée à 100% par les patients. A Odessa, il y a une collecte de fonds pour les blessés du carnage du 2 mai, malgré le marasme économique.

Le représentant de la Résistance m’a informé que depuis le 16 mai, le SBU et la police ont commencé à faire des interrogatoires dans les hôpitaux mais, ils le font de façon déconcertées et séparées. Le SBU considère comme «témoins», les personnes victimes du massacre de la Maison des syndicats. Mais, selon la pratique judiciaire courante ukrainienne, les «témoins», après interrogatoire, passent en catégorie «accusés». Pour la police en revanche, ce sont des «victimes».

Dans les hôpitaux, les patients refusent de parler : «Je n’ai rien vu, je ne connais personne ; je n’ai rien compris, je ne sais pas ce qui s’est passé».

Il faut se rappeler que, pendant le procès mondialement connu dit «affaire de torture d’Odessa» (2003-2004), contre un groupe de la Résistance communiste armée dans notre ville, la cour de justice n’a pas reconnu les nombreux faits de tortures féroces, malgré les preuves flagrantes et la mort d’un des détenus suite à ces dernières. Par exemple, des cicatrices très visibles sur les mains et les pieds, avec des marques de menottes, qui servaient à les accrocher pendant des heures, ou encore les multiples fractures, etc. Les citoyens Russes, membres du groupe, étaient aussi torturés de la même manière. Le SBU et le pouvoir de l’époque avaient jugé ça très compromettant et avaient donc donné l’ordre au juge de ne rien reconnaître. Pourtant, ce dernier en parlait en privé, sans se cacher.

La même parodie de justice mâtinée de cynisme est préparée par le SBU dans les mois qui viennent. Les victimes vont être accusées à tort. D’ailleurs, ce n’est un secret pour personne.

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:30

moulin.jpgC’est Yves Rénier, lors de l’émission « C à vous », qui est l’auteur de ce « dérapage », comme on dit depuis qu’il existe un langage « jeune ». Ce langage dit « jeune » s’inscrit dans la philosophie du « Jeunisme », qui part du principe selon lequel les ignorants instruisent ceux qui disposent du savoir. Mais revenons à la « foufoune » à Sosso.

Examinons d’abord de près la foufoune de Sophie Lapix. Est-elle tondue ? Et d’abord d’où vient ce mot ? De « fesse » semble-t-il, et dans le langage enfantin. Il en résulte que Sophie Lapix serait restée infantile. Elle en serait au « stade anal » et pas encore au « stade oral », selon la terminologie de la psychanalyse. Alors pourquoi jacasse-t-elle à la télévision ? Maintenant que nous sommes instruits sur cette partie du corps de Sosso, voyons la pratique de la tonte du pubis. Quitte à décevoir les tenants de la culture « djeune », il faut avouer que cette tonte est très ancienne. Selon Mahomet, elle est aussi nécessaire que la circoncision pour les mâles. Sinon le jardin d’Allah vous passe sous le nez ! Mais on remonte encore plus loin. Ce souci, non pas esthétique mais religieux, était connu en Egypte du temps des pharaons. Certains mâles prétendent que cette fourrure en peau de porc-épic n’est pas confortable. Ce sont des petites natures, qui redoutent la peau de Sosso mal rasée ! « Ca écorche la bite », dit un lexicologue élégant, Jean-Marie Bigard. Bigard ne conseille pas la tondeuse à gazon ni la tondeuse à moutons. « C’est trop gros pour la petite « foune » de Sophie » (sic, je l’ai interrogé sur ce sujet brûlant…). Or la libération du langage ne date pas d’hier. Rabelais intitulait un chapitre de son Gargantua « De l’invention d’un torche cul » et on lui doit des formules de style très audacieuses, comme « faire la bête deux dos ». Mais ici intervient le deuxième « dérapage » du Commissaire Moulin, qui a porté ce jugement sur les représentants de l’ordre : « Tous les policiers sont des fachos ». Je ne serais pas surpris que le vrai « dérapage » soit cette réflexion faite par le même Yves Rénier. Car toutes les plaisanteries qui concernent le sexe sont acceptées mais les accusations contre les détenteurs du pouvoir constituent toujours le vrai sujet tabou.

Au fait les gendarmettes ont-elles le devoir de se raser la foufoune ? Il y va de l’honneur de la police. Quand elles vous arrêteront, demandez-leur : « Avez-vous la foufoune rasée ? »  Simple question de politesse.

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:29

Comme chaque année à cette date, nous commémorons un épisode douloureux dans nos mémoires. La Palestine, alors sous mandat britannique, est conquise par les milices armées du mouvement sioniste, qui fonde en mai 1948 l’État d’Israël, tandis qu’une majorité de Palestiniens est forcée à l’exil. Pointe avancée du colonialisme européen, et bientôt d’un néocolonialisme américain, l’État d’Israël pourra compter avec leur soutien moral, financier et militaire, pour poursuivre sa politique d’expansion contre la volonté et la résistance des peuples de la région. L’expulsion massive de 1948 ne constitue qu’une étape dans l’entreprise minutieuse de dépossession et de confinement des Palestiniens, qui se poursuit à ce jour.

Comme chaque année à cette date, nous affirmons que notre combat n’a pas changé. Sous occupation et sous blocus, dans les camps de réfugiés ou dans les prisons, nos résistances sont autant de voix qui crient : Pour le Retour et la Libération ! Rassemblement Samedi 17 Mai de 14h à 18h – Place de Stalingrad – Paris 19ème

Premiers signataires : Union Générale des Étudiants de Palestine*GUPS Paris ; Mouvement des Jeunes Palestiniens*PYM France ; Génération Palestine*Paris ; CCIPPP ; PIR ; Le Groupe des associations de Bagnolet ; Uni-T ; UJFP ; Mouvement Echaâb ; Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie ; CVPR-PO ; ISM-France ; L’inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe (l’Inter-co) ; FTCR ; Forum Franco-Palestinien ;

pour signer ce communiqué : gupsparis@gups-france.org

Source : http://www.gups-france.org/

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:23

Invité le 6 mai dernier à la Libre Antenne de Meta Tv, le Pr. Bassam Tahhan, géopolitologue réputé et islamologue, apporte dans cet entretien une analyse juste concernant les conflits déclenchés par l’OTAN dans le monde :


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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:08

assistes.jpg

L’année dernière, Le Monde diplomatique figurait à la 178e place des 200 titres de presse les plus aidés par les pouvoirs publics en 2012, très loin derrière Le Monde (1er), Le Figaro (2e), mais aussi Le Nouvel Observateur (8e), L’Express (9e), Télé 7 jours (10e), Paris Match (12e), Valeurs Actuelles (66e), Télécâble Satellite Hebdo (27e), Point de Vue(86e), Closer (91e), Le Journal de Mickey (93e), Gala (95e), Voici(113e), Prions en église (121e), Auto Moto (124e), Mieux vivre votre argent (131e), Détente Jardin (167e), Spirou (172e)…

Entre les deux premiers titres, dotés de plus de 18 millions d’euros chacun, et Le Monde diplomatique avec 188 339 euros, l’écart allait de 1 à 100. De 1 à 36 entre Le Monde diplomatique et Télé 7 jours. Dès lors que l’argent des contribuables doit servir, selon la volonté du législateur, à aider les publications qui concourent au débat public, une telle discordance entre les sommes rondelettes offertes à un titre du groupe Lagardère lardé de publicité et destiné à annoncer les programmes de télévision, et celles, fluettes, dévolues à un journal comme le nôtre, ne pouvaient que résulter d’une erreur…

Il n’en est rien. En 2013, Le Monde diplomatique a purement et simplement disparu de la liste des deux cents titres les plus aidés, rendue publique le 5 mai par le ministère de la culture et de la communication.

L’an dernier, Le Figaro a battu Le Monde d’une courte tête pour devenir médaille d’or des publications aidées par l’Etat (un peu plus de 16 millions d’euros chacun). Et Télé 7 jours… a gagné une place (9e en 2013, avec 6 947 000 euros, soit 27 000 euros de plus qu’en 2012).

Il faut féliciter l’Etat pour sa scrupuleuse impartialité : les publications les plus scandalisées par le montant des dépenses publiques, celles qui matraquent le thème du « ras-le-bol fiscal » et se montrent les plus enthousiastes quand les retraites sont gelées, n’ont pas pour autant été négligées par la « mama étatique » — une formule de l’hebdomadaire Le Point — lorsqu’elles ont tendu leurs sébiles en direction des ministères.

Le Point, justement, a continué à toucher plus de 4,5 millions d’euros, soit 22 centimes d’aide du contribuable pour chaque hebdomadaire diffusé, bien que le titre appartienne à la famille Pinault, sixième fortune de France (11 milliards d’euros). M. Serge Dassault, cinquième fortune de France (12,8 milliards d’euros), sénateur UMP et propriétaire du Figaro, a reçu, lui, 16 centimes de l’Etat pour chaque exemplaire vendu d’un journal qui exalte les vertus de l’austérité budgétaire. Et c’est sans doute parce que le quotidien Les Echos appartient à M. Bernard Arnault, première fortune de France (24,3 milliards d’euros), que ce quotidien économique qui, lui aussi, peste sans relâche contre les dépenses publiques, n’a reçu en 2013 que 4 millions d’euros du contribuable…

Lorsqu’une publication quitte un tableau, un palmarès, une autre s’y substitue. Coïncidence saisissante (c’en est une) : presque à la place qu’occupait Le Monde diplomatique en 2012, et pour un montant à peu près identique, L’Opinion a surgi en 2013 (177e avec 184 000 euros d’aides de l’Etat).

L’Opinion est ce quotidien lancé par M. Nicolas Beytout, avec des concours financiers dont la transparence n’est pas absolue, mais au service d’une ligne rédactionnelle qui, elle, ne laisse planer aucun mystère puisque c’est celle du Medef. La diffusion payée du journal de M. Beytout est confidentielle (de mille à trois mille exemplaires par jour en kiosques), mais sa seule survie permet à son créateur de naviguer d’une antenne à l’autre et d’être très généreusement cité dans la plupart des revues de presse. Ce qui, là encore, n’est pas donné à tout le monde.

Le ministère de la culture et de la communication, à qui il faut savoir gré de la publication, très pédagogique, du montant annuel des aides publiques à la presse, prétend que celles-ci « concourent à la modernisation et la diffusion partout dans le pays d’une presse pluraliste et diverse. »

Source

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