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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:55

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:35

 

Au cas où ça t'aurait échappé, lecteur égaré dans ces pages, je dois bien te le dire maintenant au stade où on en est tous les deux mais mon co-auteur déteste le genre polar ! Il fait tout pour s'en détourner, t'as remarqué déjà, hein. Ça le fait gerber littéralement et littérairement, que c'est pas beau à voir quand il écrit ! Toute sa belle prose abîmée par son vomi. Mais c'est aussi ce qui fait son style ! Son truc à lui, c'est le délire. Et je te jure pour l'avoir vu faire qu'il se drogue en rien. Juste un peu de Reuilly de temps en temps pour booster la carbure, rien de répréhensible. Là où il est bon c'est qu'il te restitue le contexte du truc et ça, c'est déjà pas rien ! Alors bon, je vais essayer de continuer de dérouler une intrigue. Et pis lui il va continuer de délirer dans tous les sens. Faudra t'y faire mon petit lapin!

Bebert devait bien l'admettre à présent, il se faisait chier. Depuis qu'il s'était séparé, ou plutôt depuis qu'il avait séparé en deux Viviane, il s'emmerdait proprement, tout seul chez lui. Il admettait volontiers que la vie avec elle était devenue insupportable de routine quotidienne. Ils s'engueulaient jamais, pas un mot plus haut que l'autre, pas une vague, le calme plat, tout le temps, toujours. C'est d'ailleurs ça qui l'avait motivé à faire appel aux bons services de Gaston. Mais elle lui faisait de bons petits plats et puis, de temps en temps, elle se laissait saillir, à l'ancienne, allongée sur le plumard, en croix, les yeux fermés dans le noir. Lui, à ce moment-là, il pensait à une autre, se voyait en dieu du radada le temps des trois minutes réglementaires de coït. Et puis maintenant il se trouvait seul dans sa cuisine devant un café réchauffé. Bebert se mit à pleurer. Pas sur son veuvage récent, non, mais sur son sort. Des larmes égoïstes.

Benoît alla dans la salle de bain passer de l'eau froide sur sa main droite où se formaient trois petites ampoules. Il venait de se branler cinq fois de suite, la dernière s'étant faite sur la page « outillages de jardin » du catalogue ! Le pire dans tout ça, c'est qu'il godillait toujours comme si de rien n'était ! Tout en essayant de décongestionner sa main, il réfléchissait à l'attitude à adopter. Ses pensées étaient clairement parasitées par son entre-jambe en feu mais il prit quand même une décision. Il s'habilla rapidement après avoir emprunté un pantalon à son père qui faisait deux tailles de plus que lui. Juste histoire de planquer un peu l'encombrant chapiteau. Puis il se rendit dans la cabane à outil. Il avisa une hache usée dans un coin. S'en empara, la soupesa, constata qu'elle était lourde, regretta de ne jamais avoir aidé la vieille baderne imbibée d'alcool qui lui sert de paternel à couper le bois pour l'hiver, quitta la cabane avec l'outil contendant, et partit en chasse d'une femme. Voyant là le seul moyen de calmer ses ardeurs.

Le maire avait vite évoqué la gravité de la situation, comme on dit bien, à Gaston. Ce dernier lui avait répondu qu'il n'y avait jamais de problème sans solution. Le maire accablé lui avait rétorqué qu'il voyait bien le problème mais qu'il était un peu sec en solution que sinon ce serait déjà fait, vous me connaissez ! Alors Gaston l'avait traité de vieux con. Le maire avait acquiesé en disant que, ma foi, c'était pas complètement faux mais que lui aussi, le Gaston, était un con alors que sinon il aurait une solution au problème. Et là, Gaston avait parlé :

« Vous dites comme ça que y'a vach'tement plus de velus que de rombières dans notre bled ! Au lieu de vous lamenter sur ce, faudrait le voir comme une sorte de bénédiction, bougre de con d'empaffé ! Not' village a jamais été aussi tranquille ! Fini les commérages, les cancans, les minauderies ! Et je vous parle pas des ragnagnas de ces dames ! Vous commencez à opiner, hein, voyez que vous commencez à concéder, tête de chiure ! Après, je comprends bien que pour votre réputation et celle du patelin, ça le fait moyen, chuis conciliant en plein vous savez ! Surtout que, pendant ce temps, dans le village voisin, à Saint-Valentin, on vous fait péter de la fête aux namoureux z'a toison! Doivent bien se marrer de notre déroute là-bas, sûr de certain ! Maintenant, moi le Gaston, j'ai une solution! Alors ouvrez bien vos esgourdes de vieille baderne cacochyme et écoutez un peu ça ! »

Oui, le Gaston avait parlé. Et bien parlé. Et le maire avait tout approuvé. Juste à un moment il avait objecté :

« C'est une fameuse idée que vous avez là, Gaston! Mais vous ne pensez pas que cela risque d'être mal perçu par les médias ? »

Alors Gaston avait re-parlé encore :

« Faudra juste faire gaffe à la nomination du truc pour pas choquer le tout-venant ! Après tout, y'a bien la foire aux ânes à Lignières et personne crie au scandale, merde ! Alors nous, on peut bien organiser notre foire à la fumelle ici ! C'est qu'on parle d'une situation d'urgence sanitaire là, c'est du sérieux ! Faut mettre en avant que nos concitoyens en ont marre de se branler seulâbre dans leur piaule ! Faut faire jouer la corde de l'émotion, vieux con de merde !

Le maire arriva donc à la constatation que c'était une très belle idée et que dès le lendemain il préviendrai la presse locale de l'événement à venir très prochainement dans sa belle localité : une foire aux femmes ! Gaston, lui, arriva à une autre constatation sans appel : le maire était un sacré connard!

Raymonde Lenoir était certainement la femme la plus âgée de Brion. Personne n'aurait sû dire quand elle était née. Elle non plus d'ailleurs. Sa vieille maison se trouvait dans un petit renfoncement sur la gauche, rue de Liniez. Tout le monde la craignait. Car tout le monde disait d'elle que c'était une sorcière.Il faut dire que devant sa masure se trouvait un énorme billot dans lequel était planté une hache recouverte d'un sang séché depuis longtemps. On la suspectait d'autant plus qu'elle était une des dernières femmes en vie de la commune. Elle, elle trouvait cette situation plutôt amusante. Elle aimait plus que tout le sentiment de terreur qu'elle inspirait. Elle adorait faire peur aux enfants qui osaient s'approcher. Elle faisait ça pour le folklore bien sûr. Mais pas que. Car Raymonde était habitée par le pire des sentiments. Celui de la vengeance. Sa bouche édentée s'ouvrit dans une parodie de sourire. L'heure était venue pour sa prière quotidienne. Elle ne s'adressait pas à Dieu ou à un de ses sbires, qu'ils aillent tous se faire foutre ! Non, sa prière avait un but bien précis et, à ce jour, elle obtenait un résultat inespéré. Elle serait certainement partie dans un rire dément si une quinte de toux vaguement cathareuse ne l'avait interrompue.

Le cowmissaire Naze, après être tombé nez à demi-nez avec la moitié de femme, avait remarqué deux choses étonnantes. La première est qu'il avait hurlé à s'en décrocher les maxillaires. La deuxième, encore plus stupéfiante, était qu'il avait dessaoulé direct. Ensuite, il s'était mis à courir le long de la route. À en perdre haleine (qu'il avait fort mauvaise, je te le rappelle). Il vit un panneau indiquant Brion dans deux kilomètres. Il souria en con et en coin. Il était enfin dans la bonne direction ! Car, il en était sûr, c'était là-bas que se terrait le tueur à la hache et il était encore plus certain que lui, le grrrrand cowmissaire Naze, allait le coincer, ce salopard ! Il accélera son pas de course et se félicita de ne pas avoir mis ses éperons qui l'auraient ralenti considérablement. Oui, à cause de l'adhérence au bitume, mon con !

Emilie ne vit d'abord qu'un point noir s'agitant au loin, puis une forme humaine se rapprochant rapidement. Immédiatement, la peur lui noua l'estomac. C'était un homme ! Vaguement déguisé en cow-boy lui semblait-il, mais un homme quand même. C'est après avoir reçu un mail de Soeur Frenegonde que Emilie avait pris une nouvelle décision. En effet, la religieuse l'informait qu'en raison d'une surpopulation équivalente à celle de la prison des Baumettes dans son monastère, elle ne pouvait l'accepter en son sein turgescent, qu'elle le regrettait vivement, lui demandait ses mensurations juste comme ça pour savoir et voulait savoir si elle s'épilait le frifri à la cire chaude ou froide, que c'était pour un sondage personnel et qu'elle aimerait bien qu'elle lui envoie son minou en photographie couleur format paysage juste pour illustrer le dit questionnaire et qu'au final Dieu était Amour là, mais surtout là, oh oui, là ! Déçue d'être refusée dans les ordres, Emilie prit alors son sac à dos, y fourra quelques vêtements, sa brosse à cheveux et un peu d'argent. C'était décidé, elle allait découvrir le monde par elle-même, dans le but de trouver l'endroit où elle pourrait enfin vivre en paix ! Avant de partir, elle ajouta un bouquin de poésie de Rimbaud, accessoire essentiel de tout adolescent de 17 ans qui veut voyager. Paraît que Rimbaud lui-même, avant de partir en fugue, n'oubliait jamais d'emporter son livre de poésie de Rimbaud, c'est te dire ! Mais là, ce qui la chagrina vraiment, Emilie, c'est qu'elle avait pas fait cinq cent mètres en dehors du village qu'il se passait déjà du terrifiant. C'est que le gars était à présent à quelques mètres d'elle, soufflant comme un cochon, le visage cramoisi, et agitant les bras comme un dément. Mais cette fois-ci Emilie refusa de se laisser faire. Elle ne serait plus jamais une victime, c'était décidé ! Il allait voir ce qu'il allait voir cet obsédé !

Naze l'avait vu de loin. Une jeune femme, adolescente visiblement, qui marchait vers lui le long de la route. Nul doute que cette jolie donzelle allait pouvoir lui indiquer le chemin de la mairie. Mais c'est en arrivant à sa hauteur, alors qu'il essayait d'ahaner une phrase compréhensible, qu'elle sortit d'un sac un énorme bouquin qu'elle lui flanqua en pleine tronche. Naze, choqué, repartit dans le fossé jouer le dormeur du val à sa façon. Question d'habitude tu me diras si t'as lu ce qui c'était passé avant. De son côté, Emilie se félicita de ne pas avoir emporté la version poche de son poète préféré. Ragaillardie, elle reprit son chemin en sifflotant.

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:25

L’Arrache-Cœur comme roman champêtre de l’Apocalypse Agricole

 Les toutes nouvelles méthodes pédagogiques (6)

 La  pédagogie, dans l’Arrache Cœur, présente des méthodes originales, adaptées aux classes sociales, mais toutes répressives, quelles que soient  les intentions manifestées. Ainsi le désarroi auquel doit faire face l’éducation actuelle hésite entre le principe de précaution, et la répression la plus féroce. Mais dans les deux cas, nous sommes en face d’une société sans imagination, sans âme, (le mot « âme » est comme interdit, de la même façon que la « honte » dans le livre de Vian) qui n’a qu’une solution : la prison et la violence extrême.

 Les principes de précaution

Clémentine élève ses trumeaux, avec trois fois plus de précautions que s’il y en avait un seul.

Ce qui est d’une logique imparable. Le premier contact avec l’alimentation est douloureux, mais Clémentine aime la douleur (« cela soulageait un peu » dit-elle, après la première tétée). Comme elle aime le silence ou les bruits incongrus (« il fit un vilain remue ménage avec sa bouche »). D’ailleurs elle agit en tortionnaire et en chef d’état dictateur :

« Clémentine avait droit de vie et de mort sur les trois choses ». Sous entendus « les trois enfants ».

Elle a cependant un objectif pédagogique : « Dans six mois il faut qu’ils sachent marcher. Dans un an, ils liront ». Elle en veut spécialement au petit dernier, qui est sorti sans billet de retard : « Celui-là, il faudra le mater au départ. J’aurai du mal avec lui. »

 A chacun sa tâche !

Jacquemort a trouvé au moins une explication, un sens à son existence : « le rôle d’un psychiatre, c’est clair, c’est de psychiatrer »

Ainsi le langage se réduit à un rapport entre question et réponse, ce qui simplifie grandement la conversation. A la question : « Où est Blanche ?», la réponse sort automatiquement : « Elle est dans la lavanderie, en train de lavander. »

  Les Apprentis, fonctionnent comme de pures mécaniques. Le maréchal continue de ferrander, le menuisier continue de menuiser, et réfléchit de façon tout aussi mécanique, à propos de la fabrication des lits :

 

« - C’est moins coûteux à la main. Tandis que des machines ça revient cher, tandis que des ordures comme celui-ci, on en a treize à la douzaine… »

 

Et c’est ce que ne disent pas les Maîtres du monde en 2013, mais ils le font dire par le biais des « idiots de service » de façon détournée, dans tous les médias ou presque. L’aspect prophétique de Boris apparaît très clairement, à condition de lire avec soin, toute l’œuvre, et peut-être spécialement l’Arrache Cœur.

  Et voilà qui rappelle « L’Ecume des jours », il y est question d’un « boucher » et « d’une vitrine de propagande pour l’Assistance Publique ».

On est tenté de faire la comparaison avec les « hommes machines » du peintre Fernand Léger, dont les articulations sont identiques à des roulements de mécaniques.

Le menuisier peut alors conclure : « -A la ville on ne croit plus en Dieu ! » ce qui fait écho à ce Dieu de Céline, qui, mis en exergue à « l’Ecole des Cadavres », nous donne cette précision :

 « Dieu est en réparation ».

Un apprenti tombe-t-il de fatigue ? Une vieille boîte de conserve pleine d’eau sera l’unique remède. Jacquemort au retour du village, aperçoit une petite fille qui sort en chantant : « Elle portait un broc émaillé aussi grand qu’elle. Au retour elle ne chanterait plus ».

 Dans cet univers complètement imaginaire, mais profondément vrai, le menuisier ne tient aucun compte des ordres et laisse libre cours à sa fantaisie. A la question de Clémentine, voici la réponse de Jacquemort :

« -Je crois qu’il les (les lits) a faits à son idée…Deux places face à la route et l’autre en travers ».

Le paradis, ce serait donc l’autoroute ? Avec un barrage de police ?

Un mauvais traitement réservé à Culblanc et à Clémentine elle-même

Les employés et pas seulement les apprentis sont de véritables esclaves. Ainsi quand les Salopiots recrachent leur purée au lait, Culblanc a l’audace de leur faire une remarque. Elle s’entend répondre, après avoir dit :

 « -Qui va nettoyer vos cochonneries ? » par une réponse qui ne s’embarrasse pas de politesses inutiles : (extrait)

« -Et qui va nettoyer vos cochonneries ?...

-C’est toi, dit Citroën…

Clémentine entra, elle avait écouté la fin.

« -Naturellement c’est vous, dit-elle, s’adressant à Culblanc. Vous êtes là pour ça…Ils ont bien le droit de s’amuser, ces pauvres chéris. Vous trouvez qu’il fait si beau ?

-Ca n’a pas le sens commun, dit Culblanc.

-Ca suffit, vous pouvez retourner à votre repassage. Je m’occuperai d’eux. »

On voit que le travail est permanent. Après un ultime :

« -Bavez mes minets, si ça vous amuse, bavez… »

Mais les enfants, qualifiés, on le sait, de Salopiots, ils sont faits pour emmerder tout le monde y compris leur mère, qu’ils vont obliger à « jouer au petit train » où elle sera confinée au rôle de sifflet. Citroën sera le conducteur.

Quand Clémentine menace de pleurer, elle se voit répliquer vertement :

« -Tu ne sais pas pleurer. Toi, tu fais hû hû hû…nous on fait ah ! »

Mais décidément Clémentine ne sait pas jouer à faire l’enfant. Aussi quand on passe au jeu du bateau, Clémentine, qui commande pourtant à toute la maisonnée, obéit à ses enfants, qui portent pourtant des prénoms adorables…

Le monde entier est dangereux ! Il faut en faire une vaste prison!

 Car lorsque Clémentine se met à penser à cet univers de tous les dangers, elle va instituer un vrai régime sécuritaire, concentrationnaire.

Tout est dangereux. Seul, le rien, semble-t-il, ne présente pas de dangers. Nous sommes bien en 2013. On rêve de construire une très vaste prison avec impossibilité de sortir même hors du système solaire.

On ne prononce pas le mot « délinquant » mais on le remplace par d’hypothétiques victimes, dues à des constructions mentales ahurissantes. La vie elle-même est un crime, ou au moins une catastrophe. C’est particulièrement évident au chapitre VI, daté du 107 avroût, qui commence par la phrase « Comme je suis inquiète… »

 La différence avec tous les « principes de précaution » de 2013 réside dans le fait que Clémentine est réellement en proie à une inquiétude, alors que nos « maîtres du monde » sont parfaitement conscients de leurs actes.

 Le plus comiquement tragique de ces systèmes est banalisé par la formule désormais claire comme l’eau d’une fable de la Fontaine :

 « -Voulez-vous boire un verre ? appelle la réponse immédiate :

-Oui, mais avec modération !

 Et les voisins reprennent en chœur, comme pour une pièce jouée sur une scène de théâtre : « Avec modération ! »

 Ils souhaitent faire de l’univers entier un camp disciplinaire. Et c’est largement commencé, avec les réseaux routiers, les panneaux indiquant les itinéraires à suivre, toutes les restrictions, assorties de nouvelles effrayantes, comme cette dangereuse maladie dont une seule chauve souris de la planète est atteinte.

Créer la Terreur et la présenter comme  naturelle et dangereuse, car on veut montrer que la nature est dangereuse, et Monsanto parfaitement inoffensif. Voici des exemples de Boris Vian, qui montrent l’outrance du langage, lequel conduit l’imagination, par quelques exemples poussés jusqu’à l’absurde.

 Le délire de Clémentine (première période)

 Le délire de Clémentine est ainsi voisin du délire célinien…Je prendrai un seul exemple, et vous verrez.

 Vian commence avec une anecdote vraisemblable : la peur du puits.

 Tous les puits étaient généralement recouverts. Clémentine évidemment redoute les puits, mais elle enchaîne sans aucune cohérence. Les salopiots peuvent avoir mangé des fruits empoisonnés, et ça devient carrément hystérique, car les enfants peuvent aussi avoir reçu une flèche dans l’œil, si un autre enfant joue sur le chemin avec une arbalète, attraper la tuberculose, si un bacille de Kock se met en travers. Mais on part dans un autre sens, ces braves petits peuvent avoir perdu connaissance en respirant des fleurs trop parfumées, ou encore et là on passe à nouveau à un autre domaine, ils peuvent se faire piquer par un scorpion ! ramené par le grand père du pays des scorpions, et on revient à des activités moins folles : ils peuvent courir trop vite et se casser une jambe…

  Et après l’emploi du conditionnel, qui n’exprime qu’une éventualité, voilà que les malheurs possibles sont devenus réels avec l’utilisation du mode indicatif : « ils vont aller au fond du jardin » et suit un enchaînement de circonstances ahurissantes. Sous une pierre, il y a une larve jaune, qui s’envole vers le village, ensuite on passe au taureau furieux, et les grandes causes produisant de petits effets, apparemment petits, voilà le taureau furieux, échappé des mythologies de l’antiquité, tout ça pour aboutir à un fragment de métal minuscule mais animé, et ça se termine provisoirement par l’arrachage d’une aile de fourmi volante, qui s’abat dans le jardin, provoquant une catastrophe, et en tout cas, le retour à la conscience de Clémentine :

« -Eh oui, ce n’est pas arrivé cette fois, mais c’était plausible. »

On peut s’attendre à une fin du monde, parce que la vie n’est qu’un immense parcours piégé et il faut prendre des mesures préventives.

En 2013, puisque tout le travail va bientôt être réalisé par des machines informatisées, il va bien falloir conserver (voire former) des services de surveillance, au nom du fameux principe de précaution, qui va produire des lois et des décrets d’application mettant en garde contre les productions matérielles.

Boris Vian, ingénieur et poète, voit arriver cet univers de surproduction matérielle et policière. La guerre va donc se généraliser, par la victoire du Néant sur l’Etre, pour parler le partrien.

 (La prochaine fois, nous étudierons les conséquences extrêmes de cette civilisation.)

 

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:21

Nous avons parfois l'impression que les grandes puissances sont trop fortes et que les résistances ne pourront l'emporter. Un sentiment qui nous est aussi insufflé par les médias. En réalité, dans une économie capitaliste en crise profonde, les contradictions s'intensifient entre ces grandes puissances qui prétendent décider à notre place. L'article d'aujourd'hui éclaire une de ces contradictions : entre alliés, la confiance fout le camp !

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:13

 

Chacun s'interroge sur les événements d'Egypte. Badia Benjelloun analyse ici l'échec (annoncé) des Frères musulmans, les motivations de l'armée (mais est-elle unie?), le conflit croissant entre Qatar et Arabie saoudite ainsi que l'influence des Etats-Unis qui semble décliner. Une chose me frappe : Syrie, Libye, Irak et maintenant aussi l'Egypte tous plongés dans le chaos. Qui donc y gagne sinon Israël et les Etats-Unis ? Est-ce un hasard si Obama a envoyé comme ambassadeur en Egypte Robert Ford qui a auparavant travaillé à Bagdad, organisant la plongée de ce pays dans le chaos et la division ?

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Voir aussi le débat sur l'Egypte dans notre livre Israel, parlons-en ! deuxième édition

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:12

On imagine aisément qu’un commentateur sportif du service public ne se permettrait sans doute pas, à l’issue d’une de ces courtes interviews réalisées quelques minutes après la fin d’une épreuve, de lancer le plus sérieusement du monde un « Allah Akbar » en guise d’au revoir à un athlète étranger et musulman, sans que cela choque nombre de téléspectateurs.
L’impayable et très catholique Nelson Monfort s’est, lui, autorisé à adresser à un concurrent américain du triple saut, à deux reprises, un surprenant « God bless you » (« Dieu vous bénisse »). Un proche avenir nous dira si cela a choqué dans les foyers de la République laïque.
Côté athlètes, les compétitions sont désormais devenues pour eux autant de festivals de bondieuseries et de singeries liturgiques de toute sorte. Et que j’t’embrasse la sainte médaille accrochée au cou, et que j’me lance dans une série de signes de croix, et que j’m’agenouille fesses en l’air vers La Mecque, et que j’t’embrasse la pelouse ou la piste, et que j’te dirige le doigt et le regard vers le ciel, etc.
Si l’on s’en tient aux statistiques, 120 000 enfants sont morts de faim durant la semaine qu’ont duré les championnats du monde d’athlétisme. Comment un croyant peut-il en arriver à penser que son dieu tout-puissant laisse se commettre une telle horreur, parmi d’autres, dans le même temps où Il veillerait à lui faire remporter l’épreuve dans laquelle il est engagé ? Indécent, non ?

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:09

De mieux en mieux, des "anarchistes", "communistes libertaires" et "anarcho-syndicalistes", dont quelques bretons, diffusent une pétition pour dénoncer... l'islamophobie. Extraits : "Les conséquences de l’islamophobie sont grandes pour celles et ceux qui la subissent : des lois liberticides votées ces dernières années jusqu’aux discriminations insidieuses, parfois flagrantes (par exemple : les quatre animateurs de Gennevilliers suspendus car […]

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:05

La fraude fiscale atteindrait entre 60 et 80 milliards d'euros en France, selon un rapport de Solidaires-Finances publiques publié ce mardi. Soit près de 20% des recettes fiscales brutes. « La fraude a toujours un temps d'avance », a expliqué à l'AFP Vincent Drezet, le secrétaire général de Solidarité-Finances publiques (ex-Snui), qui a revu à la hausse les montants qui échappent annuellement au fisc français depuis son dernier rapport sur la question publié en 2008.

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La fortune d'Arnault multipliée par 7 en 10 ans
Selon le classement de Challenges, les 500 plus grandes fortunes françaises détiennent 280 milliards d'euros, soit 15% du PIB.
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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 10:20

L’expression « traversée du désert » était utilisée il y a... quarante ans, pour les hommes politiques qui ne parvenaient pas à retrouver leur ancienne notoriété. Rarement ils traversaient le désert à dos de chameau, mais l’expression était belle et faisait rêver d’un De Gaulle à cheval sur un chameau ou un dromadaire !

Aujourd’hui, la formule a été banalisée pour plusieurs activités dont la principale est le « désert médical » et, secondairement, le « désert culturel. »

Commençons par la première et, peut-être la plus essentielle. Le désert médical existe bel et bien, avec ou sans chameau, et j’en ai fait l’expérience. Il est désormais quasi impossible de trouver un « médecin référent » (une innovation, qui permet au moins de remplir les urgences pour de très petits bobos, amplifiés par la médicalisation à outrance des médias : une griffure de mouche, une morsure de ver luisant, et voici des « maladies orphelines », une épidémie chez les chauves souris, qui ne frappe qu’une seule de ces chiroptères !). Quand un médecin généraliste part en retraite, il faut partir vite au cimetière, attention les places sont rares même à la campagne. L’aventure m’est arrivée, comme elle a dû arriver à beaucoup de patients potentiels dans la Région Centre, qui paraît pourtant facile d’accès. Où va-t-on disperser mes cendres, quand le jour sera venu ? Là est la question ! Il ne fallait pas naître, ce que Sophocle avait déjà conseillé en 500 avant Jésus Christ. Mais on n’écoute plus les vieux.

Erreur !... Le généraliste, que l’on appelait encore il y a peu « médecin de famille » est un oiseau rare, qui est indispensable à l’accès au médecin spécialiste, dans les dix mois qui viennent, durée nécessaire à l’obtention d’un Rendez-Vous : le désert médical est vaste ! En outre, je n’ai rien contre les médecins du quart monde, mais il est moins facile de comprendre un homme de l’art, qui ne connaît la langue française que de façon très approximative. Bien sûr, je suis antiraciste, comme tout le monde, mais l’obstacle de la langue est là.

Et quand on habite Châteauroux, c’est mon cas, il est plus facile d’obtenir un Rendez Vous dans la région Ile de France, et surtout plus rapidement. Ainsi la mortalité par cancer, sur laquelle nos élites comptent pour améliorer la démographie, est-elle plus importante dans le Berry. Car la Sécurité Sociale ne rembourse plus intégralement dès qu’on sort des limites de sa Région. Et beaucoup se résignent à se laisser soigner, je devrais dire mourir, sur place, pour des raisons affectives que je peux comprendre. Pourtant, sauf incident, la ville de Châteauroux est desservie par une ligne de chemin de fer importante (Paris-Toulouse) et l’autoroute A 10 puis A71 et pour finir l’autoroute gratuite, A20, à partir de Vierzon. C’est donc un désert bien équipé en voies de communication. Les Centres hospitaliers spécialisés dans les traitements des cancers n’existent pas en Région Centre. Il faut aller à la capitale, ou à Clermont-Ferrand, pour bénéficier des soins comparables à ceux de l’Institut Curie, Villejuif et Saint Cloud.

Je ne mets pas en cause la valeur des praticiens, qui va de « nul » à « très intéressé par l’argent » (certains dépassent allègrement les honoraires). Mais je constate qu’ils répugnent à s’installer ailleurs que dans la région Ile de France et sur les bords de la « Grande Bleue ». Pourtant il y a longtemps que les paysans berrichons ne sortent plus la fourche dès qu’ils aperçoivent un « étranger ». D’ailleurs ils n’ont plus de fourches mais des équipements sophistiqués qu’ils commencent à télécommander, sans avoir à se salir les mains. Pourtant, ils se les lavent, ces cochons, ce qui prouve qu’ils ne sont pas anti-arabes, et utilisent de nombreux « traitements » de Mr Monsanto (je parle des céréaliers, et non des petits éleveurs voués à la prolétarisation).

Les céréaliers commencent à travailler directement sur ordinateur. L’agriculteur effectue donc un télétravail ! Ce qui lui évite de constater les erreurs dans les prédictions météorologiques.  La Terre ? Il ne connaît plus. Les villages sont peuplés de chômeurs vagues, qui n’ont plus de bistrots, qui ne se connaissent pas et sont donc incités à devenir alcooliques sur place. C’est un nouveau métier pour les nouveaux ruraux.

Alors en fin de journée la population est un peu chargée !

Je sens que je me fais des amis dans le monde paysan mais je peux me permettre d’ajouter que j’ai participé aux moissons jusqu’à l’âge de 43 ans ! Car la pénibilité avait ses compensations… Ah ! c’était agréable d’admirer les faneuses par en dessous, comme dans « Entracte », le ballet de René Clair ! C’était agréable de boire un petit verre quand on avait manipulé des sacs de 100 kilos ! D’ailleurs, les travailleurs agricoles chantaient en travaillant !

Observons maintenant la transition avec le désert culturel !

Il peut être admiré lors des nombreuses émissions consacrées à la gastronomie, en compagnie de Julie Andrieu, je prends l’exemple au hasard. Le cas de Julie me paraît moins grave, à cause de son côté anthropologique, populaire souvent, que celui des Grands Chefs étoilés

Ces Chefs étoilés ne vivent pas à la belle étoile. Ils sont spécialisés dans l’appréciation des sens et des saveurs en particulier, alors que 2 à 3 milliards d’êtres humains continuent de crever de faim dans des favelas, qu’ils n’ont pas même le courage de balayer ! Et qui ne passent jamais l’aspirateur ! Ah ! les salauds de pauvres !

Et toutes ces adorables créatures qui écrivent ! Tout individu invité à la télévision à une heure de grande écoute arrive, la face modeste, un peu gêné, mais c’est bien différent vu de l’arrière : il dissimule un livre, de sa dernière cuvée (ou couvée, l’un ou l’autre se dit ou se disent ainsi que le rapporta Vaugelas sur son lit de mort !). Il l’a souvent fait rédiger par un « nègre », pas celui de votre enfance qui riait aux éclats sur les boîtes de Banania !... Souvent, le nègre n’est même pas noir !

Et il glisse des peaux de banane sous les pieds du génie qu’il est supposé porter au Pinacle. C’est ce qui est arrivé à BHL, auteur d’une « Vie sexuelle d’Emmanuel Kant » qui a développé sa conception du Botulisme, élaborée par Jean Baptiste Botul et qu’il a présentée Rue d’Ulm, mystifiant une Directrice de cette prestigieuse Ecole !!!

Mais il y a pire encore, dans la décadence culturelle du livre, avec les auteurs régionaux, locaux, cantonaux… qui sont les cantonniers sur la voie triomphale du succès départemental !

Rien à dire de méchant sur ceux qui, humblement, s’adonnent aux « travaux ennuyeux et faciles… ». Ils contribuent à faire connaître les anonymes qui l’ont mérité.

Mais dès lors qu’ils montent sur leurs grands chevaux, qu’ils ont des prétentions littéraires panthéoniques, au niveau national, ils font frémir les populations vraiment cultivées, et l’on est en droit de s’interroger sur la dégradation du langage.

Ce texte est rédigé sur un mode plaisant, je l’espère, mais il contient des vérités graves.

(parution dans "Révolution prolétarienne". Directeur Jean Moreau. Siège social: 26, rue des Rosiers 75004 Paris)

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 10:17
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