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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:30

No limit… L’espèce de slogan automatique de la modernité a balayé la réflexion parlementaire, dont les représentants ont finalement décidé que le secteur éolien ne serait pas bridé – en tout cas pas par des questions de patrimoine historique, comme les sénateurs en avaient le projet. Désormais donc le projet de loi « Liberté de création, architecture et patrimoine » se voit libéré de toutes nouvelles contraintes au développement de ces turbines. Autant en emporte le vent !

De fait, le mois dernier, le Sénat avait décidé de rendre obligatoire sur la question de l’implantation éolienne l’avis de l’architecte des bâtiments de France afin que les projets d’installations éoliennes, visibles depuis un immeuble classé, un monument historique ou un site patrimonial protégé, ne puissent être envisagés dans un rayon minimal de dix kilomètres.

Les éoliennes l’emportent…

Il va de soi que cette disposition aurait limité le développement de ce secteur, la France comptant quelque 44.000 monuments historiques effectivement recensés.

Afin d’essayer de trouver un compromis entre l’histoire et la modernité, l’Assemblée nationale avait proposé en deuxième lecture que l’on substitue à cette procédure assez restrictive un simple avis de la commission régionale du patrimoine et de l’architecture pour tout projet de développement éolien.

Et, en définitive, la disposition a été purement et simplement supprimée au terme du débat du 22 mars…

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:16

120 morts dans le bombardement d’un marché au Yemen : Hollande exigera-t’il le départ du roi d’Arabie Saoudite ?

C’est la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite qui en se livrant à un bombardement terroriste sur un marché qui a provoqué ce massacre de civils.

Étrange le silence des professionnels de l’indignation à sens unique, les BHL et autres ? Pas vraiment car il est vrai que les intérêts en jeu sont sans doute importants pour eux….

Quand le Qatar décroche la coupe du monde de foot, contre toute logique, on imagine bien que les capacités financières des pays du Golf ou de l’Arabie Saoudite sont telles que les dollars calment la conscience de ces fauteurs de guerre, qui réclament la tête de Bachar El Assad mais pas celle du roi d’Arabie Saoudite.

Au contraire F.Hollande a remis la Légion d’Honneur au prince héritier du Royaume saoudien, ministre de l’intérieur de son pays, un boucher de son peuple et des peuples de la région comme au Barein, au Yémen ou en Syrie où l’Arabie Saoudite soutient les groupes intégristes comme Al Nosra ou l’OEI (Organisation de l’Etat Islamique).

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:57

Je me souviens de mon grand père quand il était nourrisson…

Je le revois encore avec sa casquette. Il avait lancé la mode à la maternité et tous les autres nourrissons l’avaient suivi. Ca en faisait un bruit, à base de braillements… Mon grand père était très populaire en nourrisson. Si les nourrissons avaient eu le droit de voter, mon grand père aurait été élu président…

Comme il se sentait bien en ces lieux très hospitaliers, et qu’il n’avait pas demandé à naître, il avait décidé d’occuper l’usine, l’usine à fabriquer des nourrissons. Il avait convaincu les autres.

Assez facilement. Avec de très bon arguments. Il leur disait :

- Dehors, c’est pas beau à voir… il pleut c’est moche, puis vous allez être maltraité. Vous serez obligé de travailler et vous serez très mal payé. Restez donc avec les infirmières…

Alors les nourrissons l’ont écouté. Ils se sont réunis en assemblée générale ils ont dit c’est l’autogestion. Mon grand père alors leur a expliqué :

- Si vous voulez être ouvriers, faut commencer par la casquette !

Ensuite, il a continué, il s’est équipé d’une musette, un litre de rouge à 12 degrés. Il est allé voir le Directeur de la maternité, il s’y est pris comme il faut faire. Maintenant il faut biberonner du vin, et pas du lait. C’est ce qu’il a dit, mon grand père.

Ce qu’il y avait aussi d’original dans la tenue de mon grand père en nourrisson, c’est qu’il avait conservé sa barboteuse. Il avait refusé les habits de l’homme adulte. Il avait eu un grand succès auprès des autres nourrissons, qui l’avaient imité immédiatement.

Le Directeur a tout de suite compris, vu que mon grand père avait entre les mains une pelle de terrassier.

Un an plus tard les voilà tous avec la casquette, la musette et le litron. Sans compter la barboteuse.

Ah c’était de drôles de nourrissons !

Ils y sont restés dix ans, puis vingt ans et on n’osait pas leur envoyer des CRS comme on fait pour les autres prolétaires.

Ca aurait provoqué des protestations de la part des associations humanitaires.

Peut-être même des pétitions.

Tant et si bien que la situation a duré très longtemps.

Les journalistes venaient faire des reportages. Ils prenaient des photos qu’ils plaçaient sur internet.

Du coup, il est à l’origine de la fin de la maltraitance.

Mon grand père a été officiellement décoré de l’ordre des Nourrissons Libres, il a été fait Compagnon de la Libération des Nourrissons.

Dans sa commune d’origine, il a même eu droit à un monument. Un sculpteur l’a reproduit en nourrisson avec sa casquette et sa barboteuse. On vient de loin pour voir la statue de mon grand père en nourrisson !

On lui disait souvent, quand on venait lui rendre visite, à la maternité : « comment vous avez fait pour rester aussi jeune ? » et mon grand père répondait :

-« Je n’ai rien fait de particulier… je me suis stabilisé… je n’ai produit aucun effort ! »

Les autres nourrissons l’approuvaient bruyamment, en tapant dans leurs petites mains.

Aujourd’hui, ils vivent tous encore, les nourrissons à casquette…

Et on ne sait pas quand ça s’arrêtera.

Peut-être que ça durera toujours, cette histoire de nourrissons à casquette ?

C’est tellement étonnant !

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:47

Il faut accepter l’évidence : de Najat Vallaud-Belkacem à Emmanuelle Cosse, nos ministres explorent le champ lexical de la chose… C’est la voix de l’inconscient, diront les psys. À moins que ce ne soit désormais une question aussi récurrente que centrale en Conseil des ministres : jusqu’à quel point le gouvernement Hollande est-il dans la merde ?

Notez, vu comme ils y pataugent tous, on comprend que ça les obsède.

Le mot ou ses attributs deviennent en effet très présents dans le débat public, au point qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’une nouvelle stratégie des fameux communicants : c’est le ministre de l’Éducation qui s’emporte sur RTL et dénonce « des bruits de chiottes », puis le nouveau ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, qui s’énerve au « Petit Journal » et balance : « Et merde, je ne cumule pas ! » C’est pour faire jeune, peut-être, histoire de désamorcer le prurit estudiantin qui monte en ce début de printemps ?

Il faut les comprendre aussi, ces ministres fraîchement nommés, surtout Emmanuelle Cosse. Quand on a passé comme elle des mois à railler, ricaner, moquer, gloser, chambrer le président de la République, son gouvernement et son (in)action pour finalement aller à la gamelle toute honte bue, c’est difficile, forcément. Ça vous oblige à des contorsions et des retournements qui ne sont guère aisés, même avec un physique d’ablette. Résultat : il suffit qu’apparaisse un micro tendu par un petit malin pour qu’on pète les plombs.

Interrogée par « Le Petit Journal » sur la compatibilité de son mandat de conseillère régionale et ses nouvelles fonctions ministérielles, Mme Cosse s’est méchamment agacée : « Aujourd’hui, je suis conseillère régionale d’opposition, je dois venir défendre mes dossiers en séance une fois par mois. Et merde, à la fin, je ne cumule pas ! » Non, elle empile juste. Elle additionne, ce qui n’a rien à voir. Rien à voir, surtout, avec la 48e promesse de campagne hollandaise ainsi claironnée lors du débat d’entre-deux-tours : « Moi, président de la République, les ministres ne pourraient pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche. » Une promesse qu’Emmanuelle Cosse a retranscrite à sa sauce, ajoutant au mandat l’adjectif « exécutif ». Or, « un mandat d’élu d’opposition n’est pas une fonction exécutive », dit-elle. Ah ?

Toutefois, sentant bien que celle-ci est un peu chancelante, elle table sur une autre ligne de défense, d’une solidité à toute épreuve celle-là. Et l’on peut croire que, là-dessus, elle recueillera le soutien de toute la classe politique. Furibarde, Emmanuelle Cosse a en effet conclu l’entretien par cette sentence prémonitoire : « Vous contribuez à dénigrer le travail des élus locaux. Le Front national sera très content de tout ça. »

Tenez-vous-le pour dit, Mesdames et Messieurs les journalistes : si vous dénoncez les turpitudes, les petits arrangements et les grosses magouilles, vous allez faire plaisir au Front national. Et ça, c’est pire que toutes les entorses aux règlements et à la loi !

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:42

Le plus grand reproche que l’on puisse faire à l’Union européenne, c’est d’avoir discrédité l’Europe. L’Europe actuelle est, en effet, tout sauf une Europe fédérale, et c’est pourquoi elle est incapable de s’unir dans le respect de la multiplicité des « nous » nationaux, c’est-à-dire des existences collectives qui existent en son sein. Elle n’a jamais voulu se construire comme une puissance autonome, mais comme un vaste marché, un espace de libre-échange censé s’organiser selon le principe exclusif des droits de l’homme, sans attache collective ni allégeance à une chose commune. Elle s’est faite, dès l’origine, à partir de l’économie et du commerce au lieu de se faire à partir de la politique et de la culture. L’idée sous-jacente était que, par une sorte d’effet de cliquet, la citoyenneté économique entraînerait inéluctablement la citoyenneté politique. C’est le contraire qui s’est produit.

Conformément aux diktats du « sans-frontiérisme » libéral, l’Europe a voulu s’unifier dans une perspective « universelle », en se référant à des notions abstraites sans aucun ancrage culturel ou historique pouvant faire sens pour les peuples. Loin de protéger les Européens de la mondialisation, l’Union européenne est ainsi devenue l’un de ses principaux vecteurs. Au lieu de chercher à faire émerger une volonté politique commune fondée sur la conscience d’un destin unique, elle a choisi de s’ouvrir au monde sans réaliser qu’on ne peut s’adapter aux circonstances extérieures sans posséder un principe intérieur. Loin de se situer dans la perspective d’un monde multipolaire, elle s’est mise au service d’une « religion de l’humanité », préfigurant ainsi un ordre cosmopolitique fondé sur l’universalisation de la démocratie libérale (un oxymore dont le sens exact est la soumission des procédures démocratiques au système du marché).

Le drame est que plus les politiques que la Commission européenne met en œuvre échouent, plus elle s’obstine à persévérer dans la même voie, convaincue qu’elle est que tout va s’effondrer si l’on interrompt sa fuite en avant. On n’échappera donc pas à cette fuite en avant. Ni à l’effondrement.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:36

Depuis l’accord de Doha et l’élection anticonstitutionnelle de Michel Sleiman comme président de la République, en 2008, le Liban n’a pas connu d’événement politique marquant jusqu’à août dernier. Au cours des sept derniers mois, le pays a été secoué lors de la « crise des ordures » par des manifestations susceptibles de déboucher sur une seconde « révolution du Cèdre », puis par une crise de confiance avec l’Arabie saoudite et ses alliés, enfin par une mise en cause internationale du Hezbollah. Trois événements qui, pris séparément, semblent s’expliquer par eux-mêmes et ne débouchent sur rien. Et pourtant…

En août 2015, débuta subitement la « crise des ordures » : l’État ne parvint pas à renouveler le contrat de ramassage des poubelles par la société Sukleen. En quelques jours, le pays dans son ensemble devint une vaste poubelle, les déchets s’amoncelant dans les rues. Des manifestations se formèrent accusant le gouvernement d’incurie. Bientôt des milliers de manifestants clamaient dans le centre de la capitale que les politiciens eux-mêmes étaient des ordures, pillant l’État au détriment des citoyens. Des médias évoquaient un début de révolution colorée comparable à la « révolution du Cèdre » organisée par les États-Unis après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri ; d’autres médias évoquaient une extension du « printemps arabe » [1]. En définitive la fureur populaire retomba car le système communautaire unique du Liban —imposé par la France— attache chaque citoyen à sa communauté religieuse et l’empêche de se positionner sur les questions nationales.

Toutefois, sept mois plus tard, la crise des ordures n’est toujours pas résolue. Certes, la capitale et les grandes villes sont nettoyées, mais dans de nombreuses régions, les poubelles s’accumulent répandant une odeur nauséeuse. La persistance et la généralisation de ce problème ont des conséquences en matière de santé publique. Les virus se propagent et presque tous les Libanais sont malades épisodiquement. Elles ont aussi des conséquences économiques. De facto, le tourisme, principale source de revenu officiel du pays, est en forte baisse.

La seconde crise a débuté avec l’annulation du don saoudien de 3 milliards de dollars à l’Armée libanaise [2]. En réalité, ce « don » était la rémunération versée à l’Armée libanaise pour avoir détruit le témoignage de Majed el-Majed qu’elle avait arrêté lors de son transport en ambulance, le 26 décembre 2013. Le célèbre terroriste était le représentant du prince Bandar Ben Sultan au Levant. Il était suspecté de connaître personnellement la totalité des politiciens qui soutiennent secrètement les jihadistes. Son témoignage aurait gravement mis en difficulté le royaume saoudien. L’homme eut la bonne idée de mourir après quelques jours de détention sans que son témoignage détaillé ne soit enregistré [3].

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:31

Shir Hever, un économiste israélien qui travaille depuis des années à assembler les pièces du puzzle économique de l’occupation, vient de publier un rapport plutôt choquant à lire. Comme d’autres, il croit que l’aide internationale a permis à Israël d’éviter d’acquitter la facture de son occupation. Mais il va plus loin. Sa conclusion – qui pourrait surprendre les colons israéliens – c’est que 78 % au moins de l’aide humanitaire destinée au Palestiniens se retrouvent dans les caisses d’Israël.

Les sommes en jeu sont considérables. Les Palestiniens sous occupation sont parmi les plus dépendants de l’aide dans le monde, puisqu’ils reçoivent chaque année plus de 2 milliards de dollars de la communauté internationale. Selon Hever, les donateurs pourraient subventionner directement jusqu’à un tiers du coût de l’occupation.

D’autres formes de l’exploitation par Israël ont été identifiées dans de précédentes études. En 2013 la Banque Mondiale estimait au bas mot que les Palestiniens perdent au moins 3,4 millions de dollars par an en ressources pillées par Israël.

En outre le refus d’Israël de conclure la paix avec les Palestiniens – et par conséquent avec le reste de la région – lui sert de prétexte pour justifier les 3 milliards de dollars d’aide militaire étatsunienne.

C’est aussi sur les Palestiniens qu’Israël teste ses armes et ses systèmes de surveillance – pour exporter ensuite son expertise. Les industries militaro-cybernétiques d’Israël génèrent des milliards de dollars de bénéfices par an. Une étude publiée la semaine dernière estime qu’Israël est le huitième pays le plus puissant dans le monde.

Mais si ces flux de revenus sont une aubaine identifiable mais préoccupante de l’occupation israélienne, l’aide occidentale aux Palestiniens est clairement destinée aux victimes et non aux vainqueurs.

Comment Israël peut-il prélever autant ? Le problème, dit Hever, c’est le rôle de médiateur que s’autoprescrit Israël. Pour atteindre les Palestiniens, les donateurs n’ont d’autre choix que de passer par Israël, ce qui lui fournit de riches opportunités pour ce qu’il nomme « détournement » et « réaffectation » de l’aide.

Premier résultat : les Palestiniens constituent un marché captif. Ils ont accès à peu de marchandises autres qu’israéliennes.

Qui en profite ? Une organisation israélienne, observatoire des bénéfices économiques de l’occupation pour Israël, a estimé que la firme de produits laitiers Tnuva jouit d’un monopole d’une valeur de 60 millions $ par an.

En fait le détournement de l’aide se fait parce qu’Israël contrôle toute la circulation des personnes et des biens. Les restrictions israéliennes lui permettent de faire payer le transport et le stockage ainsi que des redevances « de sécurité ».

D’autres études ont identifié des profits supplémentaires à partir de la « destruction de l’aide ». Chaque fois qu’Israël anéantit des projets financés par l’aide étrangère, les Palestiniens sont perdants – mais souvent Israël y gagne.

Le cimentier Nesher, par exemple, contrôlerait 85 % de toutes les constructions par les Israéliens et les Palestiniens, y compris les fournitures pour la reconstruction à Gaza après les dévastations successives causées par Israël. Outre les employés des industries de la sécurité, d’importants segments de la société israélienne se remplissent les poches grâce à l’occupation.

Paradoxalement, cette étiquette de « peuple le plus dépendant de l’aide dans le monde », qu’on accole généralement aux Palestiniens, on ferait peut-être mieux de l’apposer aux Israéliens.

Que peut-on faire ? L’expert en droit international Richard Falk note qu’Israël exploite un vide dans la supervision de l’aide : les donateurs ne mettent pas de conditions pour s’assurer que leur argent parvient bien aux bénéficiaires visés.

Ce qu’a fait la communauté internationale au long de ces 20 dernières années du processus d’Oslo – consciemment ou non – c’est offrir à Israël des incitations financières pour stabiliser et ancrer sa domination sur les Palestiniens. Israël peut le faire pratiquement sans rien débourser .

Si l’Europe et Washington ont essayé de battre Israël avec un petit bâton diplomatique pour qu’il relâche son emprise sur les territoires occupés, simultanément ils lui présentaient de juteuses carottes financières pour l’encourager à renforcer son emprise.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:25

Les médicaments du cancer coûtent cher, trop cher, de plus en plus cher! C'est pour mettre fin à une situation explosive que 110 cancérologues et hématologues français ont décidé de lancer un appel dans Le Figaro. L'année dernière, les cancérologues américains tiraient le signal d'alarme via une lettre ouverte dans la plus prestigieuse revue médicale américaine. Cette fois, ce sont les professionnels de santé eux-mêmes qui se lancent dans l'arène.

Et pas des moindres! Les deux promoteurs de l'«appel des 110» sont des poids lourds de la cancérologie française. Jean-Paul Vernant, professeur d'hématologie, fut même l'auteur des recommandations du troisième plan cancer, tandis que Dominique Maraninchi vient tout juste de quitter la direction de l'Agence du médicament (ANSM) après avoir présidé l'Institut national du cancer (Inca). Il est aussi professeur de cancérologie. Pour tout dire, l'appel des 110 ressemble à un Who's Who du cancer. On croise ainsi les présidents de prestigieux instituts, le Pr Thierry Philip (Institut Curie) et le Pr Alexander Eggermont (Institut Gustave Roussy), mais aussi l'ancien directeur de la Haute Autorité de santé (HAS), le Pr Jean-Luc Harousseau, le Pr Patrice Viens, président d'Unicancer, ou encore Alain Fischer, professeur au Collège de France. Pourquoi une telle mobilisation?

D'abord parce que la situation est véritablement explosive. À entendre les experts, à lire les rapports de l'Assurance-maladie ou ceux de la Cour des comptes, à écouter les pharmaciens responsables dans les établissements de soin, on a véritablement l'impression d'être sur le Titanic, filant droit vers son destin. Sans que personne sache où se trouve le capitaine! «Une bulle s'est installée, et elle est sur le point d'exploser», annonce le Pr Vernant, visant les «profits indécents de l'industrie pharmaceutique». Lui qui dénonçait déjà en 2013 des bénéfices dépassant en pourcentage du chiffre d'affaires ceux de l'industrie du luxe n'a toujours pas décoléré. «L'industrie pharmaceutique détermine ses prix en fonction de ce que le marché est prêt à payer», constate-t-il. Les prix des médicaments contre le cancer sont chers en Europe? Ils sont au moins deux fois plus chers aux États-Unis! L'exemple du Glivec (imatinib) est éloquent. Ce médicament efficace dans la leucémie myéloïde chronique coûte environ 7500 euros par mois aux États-Unis, alors qu'il est aux alentours de 3 000 euros en France. Cher dans les deux cas. Mais un peu moins en France, où l'État tente de négocier les prix via le Comité économique des produits de santé (CEPS).

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:20

C'est un document pour le moins embarrassant qu'a dévoilé le Journal de l'énergie. Le journal s'est en effet procuré une note interne d'EDF indiquant clairement que les générateurs diesels, dont le but est de fournir une source d'énergie alternative dans une centrale nucléaire, sont dans un état «dégradé». Or, ces installations sont absolument capitales: ce sont elles qui assurent le fonctionnement des éléments vitaux d'une centrale nucléaire (avec, en principe, une autonomie de quinze jours) en cas de problème. Preuve de leur importance considérable: l'accident nucléaire de Fukushima s'est produit notamment car des générateurs de ce type ont été noyés par le tsunami. Ils n'ont alors pas pu alimenter efficacement le système de refroidissement de combustible qui s'est mis à chauffer jusqu'à l'explosion. Or, à la lecture de cette note, il n'est nul besoin d'une vague de vingt mètres de haut pour les rendre hors service, car certains ne seraient plus très loin de cet état.

Aucun générateur dans un état «correct»

Selon la note interne en effet, sur l'ensemble de la revue de l'année 2014, le nombre de ces générateurs classés dans la catégorie «correct» est de… zéro. Il n'y en a tout simplement aucun qui présente un état de fonctionnement pleinement satisfaisant. Et 13,2% sont dans une situation qu'EDF elle-même juge «inacceptable». Les autres se partagent équitablement entre les catégories «à surveiller» et «dégradés». Sont soulignées notamment des «fuites d'air», «d'huile» et même «de carburant».

Interrogée par Le Parisien ce mercredi, l'Autorité de sûreté nucléaire admet pudiquement qu'EDF «a des progrès à faire» sur la question de l'état de ses générateurs. Si Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, veut réellement prolonger de dix ans la durée de ces centrales, ces générateurs qui ne tiendront sans doute pas ce délai sans une sérieuse maintenance, pourraient représenter un obstacle particulièrement épineux.

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 10:04

Je me souviens de mon grand-père quand il avait refusé de se laver les pieds.

Au début, on lui avait fait des remarques désobligeantes et très vite, on lui avait donné des conseils.

Mais mon grand-père refusait avec un tel entêtement que, très vite, on cessa de le harceler. Et finalement on lui a foutu la paix avec cette histoire de pieds. Mieux même, il devint célèbre dans un rayon de 300 kilomètres.

Au moins.

On disait, dans un rayon de 300 kilomètres autour de mon grand-père :

-« … tu connais Alphonse, le grand-père qui ne s’est jamais lavé les pieds ?... »

Et on l’admirait, Alphonse, à cause de ce détail dans les habitudes de l’hygiène corporelle. Car, finalement, ce n’est qu’un détail.

Et un détail, qui, non seulement l’avait rendu célèbre, mais qui semblait le maintenir en vie plus longtemps que ses contemporains. En effet, on le vit passer le cap des cent ans, et toujours on ne le décidait pas à se laver les pieds. Il répondait avec beaucoup de logique :

-« … j’ai passé les cent dix ans et vous, vous rendez la main bien plus tôt que moi… vous rendez l’âme à 75 ans, à 90 ans… et moi je tiens encore le coup et me voilà à plus de cent dix ans… cent trente exactement… »

Vous voyez je ne vous raconte pas des histoires… C’est lui-même qui a répondu. Lui-même en personne, Alphonse, mon grand-père…

Je me permets une anecdote plaisante pour illustrer mon propos ?… oui, vous êtes d’accord, la preuve vous n’avez pas protesté. Alors allons-y pour l’anecdote plaisante. Vous ne le regretterez pas…

Un jour, mon grand père était allé chez le médecin. Il avait un ongle incarné (ne le racontez pas, s’il savait que je raconte ses maladies, mon grand père serait vexé).

Je me souviens que c’était au pied droit qu’il avait l’ongle incarné.

Attendez, c’est pas fini !

Alors mon grand père, il a refusé de se laver le pied gauche.

Arrivé chez le médecin, il lui a dit : « c’est le pied droit… »

Et comme le médecin prétendait lui examiner les deux pieds, il avait eu cette réponse, qui est restée célèbre dans un rayon de trois cents kilomètres. La voilà, la réponse :

-« …le pied gauche, t’as pas le droit… je suis un homme libre… je suis pas allé à Vannes, à Poitiers ni à Verdun pour me laisser emmerder par un trou du cul comme toi »…

Et c’est vrai qu’il l’avait, sa fierté, mon grand-père Alphonse.

Ce que j’admire dans l’argumentaire de mon grand-père Alphonse, c’est la pertinence de son raisonnement. En effet, la supériorité d’Alphonse est indiscutable puisqu’il est allé à Vannes, à Poitiers et à Verdun.

Personne ne pourra plus jamais aller à Verdun, dans les conditions où mon grand-père s’y est trouvé. Ou alors il faudrait réactiver une guerre mondiale et, en dépit des moyens techniques qui sont maintenant à notre disposition, et même si ça paraît facile, du point de vue de la technologie, il faudrait également trouver des volontaires pour la guerre de tranchées.

Or, les hommes sont devenus douillets.

Les médecins eux-mêmes n’expérimentent pas les blessures qu’ils sont appelés à soigner.

Donc, Alphonse a raison de mépriser les médecins.

Alphonse impose sa loi aux médecins !

Qui oserait, en 2014, le contredire ? A une époque où les médecins sont devenus des femmelettes qui, la nuit notamment, redoutent la présence de l’arabe dans les cités.

Alphonse était un chevalier sans peur. Il ne redoutait ni l’arabe, ni le boche.

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