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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:50

Je me souviens de mon grand père quand il était globe trotter. Il avait parcouru toute la planète mais plus spécialement la France.

Il était allé à Vannes (Morbihan) à Poitiers (Vienne) et à Verdun (Meuse).

A Vannes, il se souvenait de l’hôpital. Et même de l’opération chirurgicale. Il nous racontait son opération, le soir à la veillée :

-« …quand j’ai vu mes tripes étalées sur le billard… j’ai été très mal à l’aise… »

Nous, on disait rien pour pas le vexer. On savait bien qu’il racontait des histoires. Pour nous impressionner. En réalité il avait été opéré d’une hernie. Mais il disait toujours :

-« …on m’avait fait une opération de pauvres, avec une réduction… on les endormait pas complètement, les pauvres… »

A Vannes, il avait vu des bateaux, dans le port. C’est pas très étonnant. Et puis surtout des Bretons. Partout. Et il faisait toujours la même remarque :

-« …des Bretons, mais des vrais, pas comme ceux qu’on voit ici… les Bretons pure race, il faut les voir sur place… sinon on s’en fait une idée fausse… »

A Poitiers, il avait vu des marches :

-« …Poitiers, c’est des marches… ah ! je me souviens des marches… »

Il n’avait rien vu d’autre, à Poitiers. Il faut dire qu’il souffrait de rhumatismes, déjà, à 35 ans… Alors il regardait ses pieds et rien d’autre… Les rhumatismes, on n’y peut rien, c’est héréditaire… sa mère souffrait de rhumatismes, son père aussi, ses six frères également.

Les rhumatismes, c’est héréditaire, mais uniquement chez les pauvres. C’est ce qu’il disait.

Ah ! J’oubliais le sujet exact : mon grand père était globe trotter. Ma grand-mère, la Léontine, lui faisait des remarques :

-« …Je t’ai dit d’arrêter de trotter… tu vas attraper des rhumatismes… »

Elle était pleine de bon sens, la Léontine.

Mon grand père avait parcouru le globe, puisqu’il était globe trotter…

Il était allé aussi dans des endroits pas très connus, comme « Gratte Chien » ou « Pied de Bois » ou encore « La Terchauderie »…

C’est des endroits qu’il faut connaître, ils sont rarement marqués sur la carte Michelin. D’ailleurs à l’époque, la carte Michelin s’appelle encore la carte Taride.

Mon grand père, il disait toujours que même les gars de la région, ils sauraient pas y aller. D’après lui, il fallait connaître.

Quand il parlait de « Gratte Chien », il relevait noblement la tête, comme un explorateur, un gars à qui on ne la fait pas, un gars qui en a vu d’autres, d’ailleurs il le disait lui-même :

-« …Ah on me la fait pas !… J’en ai vu d’autres… j’ai travaillé à Gratte Chien… »

C’est bien la preuve qu’il en avait vu d’autres.

Alors mon grand père changeait de casquette. Il se débarrassait de sa casquette de travailleur, et il coiffait sa casquette de coureur cycliste. Il disait : « C’est un bob… comme les courseurs… »

Il voulait pas dire les « coureurs », comme tout le monde.

C’est un des avantages quand on est globe trotter. On a droit à certaines libertés.

C’est normal, quand on est allé à Vannes, à Poitiers, et à Verdun.

Et je compte pas « Pied de Bois » ni « Gratte Chien ». Ni Pied Bourin.

C’est des endroits qui sont encore plus loin.

Et pas marqués sur les cartes.

Même les cartes Taride.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:43
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:41

Au journal de France 2 (service public), ce 18 février, au sujet du projet de loi concernant le Code du travail, un jeune journaliste apprivoisé, évoquant les 35 heures auxquelles s’attaque violemment le gouvernement, parle de « totem ». C’est ainsi, désormais, avec parfois le terme « tabou », que la profession journalistique désigne, en adoptant ce parler libéral aux accents freudiens, la durée hebdomadaire du travail. Il s’agit par là même de montrer que des forces rétrogrades, passéistes, restent attachées à des « acquis » ringards présentés comme autant d’obstacles aux nécessités économiques du moment, seules à même d’assurer notre prospérité future.

Pendant des décennies, nous avons eu droit, souvenez-vous, aux fameux « avantages acquis », de plus en plus dénoncés, au fil du temps, comme autant de scandaleux privilèges auxquels restaient attachés des salariés égoïstes indifférents à une marche du monde nécessitant toujours davantage de sacrifices de la part des éternels sacrifiés.

Il est pour le moins cocasse de voir appliquées ces expressions flatteuses à tout ce qui a pu alléger, momentanément, la pénibilité du travail salarié, mais jamais à tout ce qui touche la fortune des décideurs patronaux et gouvernementaux. Car si vous venez vous promener avec moi avenue Foch ou avenue Mozart, à Paris, ou dans les quartiers cossus que sont les VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements de Paris, par exemple, eh bien je suis à même de vous montrer ce que sont réellement des « avantages acquis », et non seulement acquis mais durables et toujours plus prospères, et jamais considérés comme un frein à la nécessité de s’adapter à un monde qui change.

Quand triomphe le credo patronal, triomphe aussi son langage.

Floréal

https://florealanar.wordpress.com/2016/02/18/le-parler-patronal/​

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:37

Les révélations de l'ancien consultant Edward Snowden ont permis de mettre en lumière de nombreux programmes secrets de l'agence de sécurité nationale américaine, la NSA. L'an dernier, le magazine en ligne The Intercept a ainsi publié des documents présentant Skynet, en référence à l'intelligence artificielle qui veut détruire l'espèce humaine dans les films "Terminator".

Ce programme collecte une montagne de données (nom, localisation, etc.) à partir de téléphones portables au Pakistan, afin d'identifier et de traquer des terroristes potentiels sur la base d'un algorithme, pour ensuite les éliminer avec des frappes de drones. Seul problème : l'algorithme de Skynet est "complètement foireux", affirme Patrick Ball, expert scientifique au Human Rights Data Analysis Group, dans une interview au site spécialisé Ars Technica, publiée mardi 16 février.

Pis, selon lui, des centaines d'innocents ont pu être désignées comme "terroristes" et tuées par des drones, sur la base de cet algorithme inefficace.

Ars Technica explique que l'algorithme de Skynet fonctionne exactement comme celui d'une entreprise du Big Data. Le programme collecte et stocke des millions de métadonnées sur les serveurs de la NSA et les mouline afin d'obtenir les informations qui l'intéresse. Sauf qu'au lieu d'identifier des consommateurs potentiels, l'algorithme désigne des futures cibles des drones américains.

(…)

Le Bureau of Investigative Journalism rapporte que, depuis 2004, entre 2.500 et 4.000 personnes tuées au Pakistan par des frappes de drones étaient identifiées par le gouvernement américain comme "extrémistes".

En 2014, les directeurs de la NSA et de l'agence de renseignement américaine CIA avaient ensemble admis "tuer des gens sur la base de métadonnées". Ars Technica conclut sur une interrogation :

« Il est facile d'ignorer ce qui se passe loin à l'étranger. Mais que se passera-t-il lorsque Skynet se penchera sur nous, pour lutter contre la drogue, les anarchistes ou simplement ceux qui ne sont pas d'accord avec le gouvernement ?"

​Lire l'intégralité

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:28

Lors de l'université d'été du PS, à l'été 2014, Franck Gavoux avait profité de la venue de Manuel Valls pour l'interpeller sur ses promesses non tenues. Mais ce petit patron, vice-président du collectif "Sauvons nos entreprises" avait été ceinturé et interpellé par la police, qui l'avait trouvé trop agité, rappelle France Bleu La Rochelle.

En première instance, le tribunal correctionnel de La Rochelle l'avait relaxé après avoir regardé les deux vidéos mais le parquet avait fait appel. Le second procès s'est tenu le 18 janvier à Poitiers, en présence d'une cinquantaine de prévenu, défendu par l'avocat charentais Me Changeur.

Le tribunal a rendu ce jeudi sa décision et condamné Franck Gavoux à 300€ d'amende pour outrage, un euro symbolique de dommages et intérêt et 800€ au titre des frais d'avocat. Mais il est décidé à ne pas en rester là. En revanche, il a été relaxé pour la rébellion.

Voir la vidéo

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:26

Près de cinquante millions de compteurs Linky – pour l’électricité – et Gazpar – pour le gaz – sont censés, à terme, équiper les foyers français. Dits « intelligents », ils transmettent les informations de consommation dans l’objectif officiel d’améliorer l’efficacité énergétique. Mais ils sont vivement contestés au nom de la santé et de la liberté, et plusieurs communes refusent de les installer.

À Badefols-sur-Dordogne (Dordogne), les compteurs Linky ne sont pas les bienvenus. Les conseillers municipaux de ce village de 220 habitants ont refusé leur installation à l’unanimité, principalement dans un « souci de protection de la santé des habitants, à commencer par celle des enfants », comme le précise le compte-rendu de la délibération.

Martin Slaghuis, le premier édile (EELV), se montre pragmatique : « Beaucoup d’administrés nous ont alerté. Il y a un flou artistique et aucune raison pour faire ces installations, alors le conseil municipal a suivi les habitants. Quand on voit que quelque chose fonctionne, pourquoi le changer alors que cela coûte très cher ? » Et il n’est pas le seul à se poser des questions sur les compteurs communicants d’électricité ou de gaz. De la Bretagne à la Gironde en passant par la Seine-et-Marne et les Alpes-Maritimes, au moins douze autres communes ont déjà pris la même décision. En effet, les compteurs d’électricité sont la propriété des collectivités territoriales, comme nous l’a confirmé ERDF (Électricité réseau distribution France) dont la mission est d’entretenir les équipements. De même, pour déployer le futur compteur de gaz Gazpar, GRDF (Gaz réseau distribution France), propriétaire de la majorité des compteurs, doit installer un concentrateur en hauteur. La société a, pour ce faire, souvent besoin de l’accord des communes. Ces dispositions légales pourraient ralentir le processus de remplacement des compteurs, pourtant lancé à marche forcée. Ce que les distributeurs n’avaient pas vraiment prévu.

« On n’a pas à prendre les gens pour des cobayes »

Les comptes-rendus des conseils municipaux des communes récalcitrantes sont sans ambiguïté : « Considérant les risques pour la population générés par les compteurs communicants, considérant que les compteurs d’électricité appartiennent aux communes, appliquant le principe de précaution, le conseil municipal décide à l’unanimité, en l’état des connaissances, que : les compteurs d’électricité, propriété de la commune, ne seront pas remplacés par des compteurs communicants ; les compteurs de gaz et d’eau ne seront pas remplacés, pour les mêmes raisons, par des compteurs communicants », précise par exemple celui de Larnod, dans le Doubs.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:23

En censurant la copie de données informatiques lors des perquisitions administratives permises par l'état d'urgence, le Conseil constitutionnel a mis en lumière le pourrissement d'une « démocratie » qui ne sait plus défendre les droits fondamentaux.

D’abord il y a la décision juridique. Vendredi, le Conseil constitutionnel a jugé que même l’état d’urgence et la lutte contre le terrorisme ne sauraient justifier que la police entre au domicile de suspects pour y copier l’ensemble de leurs données informatiques, et pour utiliser leurs ordinateurs pour accéder à toutes leurs données déportées sur le Cloud, grâce aux sessions ouvertes sur Facebook, Google Drive et compagnies. « Cette mesure est assimilable à une saisie », et « le législateur n’a pas prévu de garanties légales propres à assurer une conciliation équilibrée entre l’objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre public et le droit au respect de la vie privée », sanctionne le Conseil.

De la part de la juridiction suprême qui a validé sans sourciller la loi Renseignement au mépris des nombreuses oppositions fondées sur les droits de l’homme, validé dans les mêmes termes la loi sur la surveillance internationale des communications électroniques, ou qui avant cela avait donné son accord à la géolocalisation de suspects sans autorisation judiciaire, le message envoyé au gouvernement est clair : « vous avez vraiment déconné grave ».

Et puis il y a, ce qui est au fond beaucoup plus important, la signification politique de la décision du Conseil constitutionnel. Entre le 21 novembre 2015, date à laquelle a été promulguée la loi n°2015-1501 « relative à l’état d’urgence et renforçant l’efficacité de ses dispositions », et le 19 février 2016, date à laquelle le Conseil constitutionnel a invalidé l’article qui permettait de copier les données informatiques lors de perquisitions administratives, il s’est écoulé très exactement 90 jours.

Deux mois et 28 jours pendant lesquels les services de police ont pu réaliser environ 3 500 perquisitions et tirer profit d’une disposition dont même le très permissif Conseil constitutionnel a jugé qu’elle violait de façon disproportionnée le droit à la vie privée.

Or il faut le rappeler : Manuel Valls le savait. Le premier ministre avait demandé aux députés et sénateurs de ne pas saisir le Conseil constitutionnel, précisément parce que « si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, cela peut faire tomber [les procédures] déjà faites ». Il savait.

VALLS, LE PARLEMENT ET URVOAS SONT DANS UN BATEAU. PERSONNE TOMBE À L’EAU ?

Par son obéissance aveugle, le Parlement s’est rendu complice de ce coup de force anti-démocratique, en laissant entrer dans le droit français, pendant 90 jours, un régime spécial qu’il savait pourtant incompatible avec la Constitution qui forme le contrat social passé entre le peuple français et le législateur. Au moins devait-il s’en douter et poser la question.

Il aura fallu attendre une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) demandée par la Ligue des droits de l’homme (LDH) pour qu’enfin le droit soit rétabli.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:18

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 16 février au soir, la prolongation jusqu’au 26 mai de l’état d’urgence par 212 voix contre 31 et 3 abstentions. Dans un hémicycle à moitié rempli, la plupart des députés socialistes, radicaux de gauche, Les Républicains et UDI ont voté favorablement. Tandis que les écologistes se sont partagés entre pour et contre et que les élus du Front de gauche ont quasiment tous voté contre. La mesure avait été instaurée après les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre.

Le vote est tout de même moins massif que le 19 novembre lors de la première prolongation de trois mois, 551 pour, 6 contre et 1 abstention. Depuis que l’état d’urgence a été mis en place, le pôle antiterroriste de Paris n’a été saisi que de cinq enquêtes. Les 24 autres procédures ouvertes sous la qualification terroriste visent le délit d’apologie du terrorisme.

Lire aussi Bilan de trois mois d’état d’urgence : 5 procédures pour terrorisme

285 assignations à résidence toujours en vigueur

Plus de 3 300 perquisitions administratives ont également été menées par les forces de l’ordre. Elles ont permis la saisie d’armes, et abouti à 344 gardes à vue et 65 condamnations. Quelque 285 assignations à résidence sont toujours en vigueur. Seulement 12 ont été suspendues ou annulées par le juge administratif et 46 ont été abrogées « spontanément » par le ministère, notamment celles prises dans le cadre de la COP21.

Le ministre de l’intérieur a défendu mardi au Palais-Bourbon le bilan de l’état d’urgence et sa prolongation en rappelant le « péril imminent » qui a justifié la proclamation de l’état d’urgence après les attentats et qui « n’a pas disparu ». D’après lui, les perquisitions administratives « ont une finalité préventive et de renseignement. Les éléments collectés peuvent alimenter des dossiers de renseignement qui donneront lieu le cas échéant à judiciarisation plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard ».

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 10:00

Je me souviens de mon grand père à l’époque des grandes glaciations… Il se tenait bien droit en bout de table. Quand il avait chaud il suait à grosses gouttes et il s’essuyait le front d’un revers de main. Mais la sueur se congelait aussitôt, pensez donc, avec la température ! Alors ça ruisselait partout de petites billes très brillantes.

Parfois, quand il s’accoudait trop longtemps sur la table en glace, ses avant-bras restaient collés par le gel. Ma grand-mère, qui était aussi du voyage dans les pays glaciaires, lui faisait alors une remarque :

- Alphonse, attention à ton paletot ! Tu vas encore le déchirer !

Alphonse répondait :

- Je te cueillerai une stalactite, et tu la repriseras avec un fil de la vierge…

Alphonse avait réponse à tout. Quand il parlait, ça faisait de grosses bulles qui embrumaient sa moustache givrée. On aurait dit un père Noël, sauf que lui c’était de la vraie glace, du vrai givre, du vrai froid glacial.

A l’époque de la grande glaciation, il y avait des stalagmites qui s’élevaient du plancher, et des stalactites qui pendaient du plafond.

Elles pendaient au-dessus de nos têtes et notamment quand on mangeait. Mais c’était juste une blague pour nous faire peur. Et on n’avait pas peur, on savait que c’était pour de rire.

A l’époque de la grande glaciation on riait beaucoup. On avait des rires congelés sur la figure.

C’était un paysage proprement féerique. Les fées étaient d’ailleurs congelées et on les plaçait un peu partout dans la caverne à cause de leur pouvoir surnaturel.

En effet la table, entièrement fabriquée par un artisan en glace, aurait dû logiquement fondre à partir de zéro degré. C’est ce qui est dit dans les ouvrages spécialisés. Mais il est dit également, dans les mêmes ouvrages spécialisés, qu’à partir de zéro degré, l’eau se transformait en glace. Si bien que le phénomène de la fonte se produisait en même temps que la transformation en glace. Du coup, ça faisait match nul. Et la vie était très stable à l’époque de la grande glaciation. Contrairement à ce qu’on croit en général.

On croit généralement que les maladies proliféraient, en particulier les sangs glacés. Les chauds et froids.

Mais on oublie que la chaleur n’existait pas. Il est vrai qu’on peut se demander comment les hommes de cette époque parvenaient à vivre dans le confort.

Et comment fonctionnaient les chaudières.

C’est très simple. L’homme s’était adapté au changement climatique. La température du corps humain s’était établie très au-dessous de zéro degré.

Les chaudières avaient été recyclées en refroidisseurs, qui dispensaient une froidure très saine et peu favorable à l’éclosion des microbes.

Les mâles et les femelles éprouvaient des sentiments, mais ils échangeaient des regards glacés. Les parties génitales des hommes ressemblaient à des chocolats glacés.

Les femmes adoraient sucer des chocolats glacés.

Le paysage extérieur était entièrement blanc, à cause du givre et de la neige. Les feuilles des arbres et l’herbe des prés, et les blés eux-mêmes, offraient un spectacle prodigieux.

Aussi beaucoup d’artistes, les peintres en particulier, s’étaient recyclés dans l’art contemporain. La peinture blanche était la règle.

On payait d’ailleurs les grands artistes avec des chèques en blanc.

Ah ! C’était une drôle d’époque que l’époque des grandes glaciations.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 09:55

Ce mardi 9 février, notre chère Najat Vallaud-Belkacem organisait une grande journée d’étude sur le thème « Réagir face aux théories du complot ». 300 personnes, réunies dans la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum national d’histoire naturelle (réfléchissez bien au symbole) ont planché sur le sujet. Un sujet grave, car en instillant le doute dans les esprits fragiles, les complotistes « favorisent la perte de confiance envers les institutions, les médias, la science et, au bout du compte, la démocratie ».

Le complotisme, c’est grave, en effet. Si grave, d’ailleurs, que le gouvernement n’a pas hésité à nous endetter davantage pour créer un site afin de « tourner en ridicule les théories “conspirationnistes” ». Un grand moment d’inspiration Canal+ bien léger, bien fin, sur www.ontemanipule.fr. Avec l’obscur Kevin Razy en show-man, la mise à disposition d’un « détecteur de théorie du complot » sur fond d’extraterrestres reptiliens, on en passe et de plus débiles encore. Il s’agit, nous dit-on, de « décrypter les discours complotistes, de manière ludique, impactante et durable ». Ah ! Ah ! Ah ! Au fait : combien, la facture de cette ineptie ?

C’est vrai qu’il y a urgence : il faut répondre à la défiance croissante des Français envers les médias et le pouvoir qui marchent main dans la main et dorment souvent dans le même lit. Quand 21 % seulement des citoyens font confiance à leur Président et 27 % au Premier ministre, il est temps, en effet, de lancer la grande opération www.onvousprendpourdescons.gouv.fr.

Hélas, pas de bol pour Najat : sa petite sauterie tombe juste le jour où passe en jugement pour fraude et évasion fiscale le plus gros menteur (connu) de la République, Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget chargé de lutter contre… la fraude fiscale. Ce qui n’aide pas, non plus, à la confiance envers les institutions… Car si 1 jeune sur 5 (et combien d’adultes ?) adhèrent plus ou moins aux théories du complot, la réponse à la question de notre ministre – « Quelles réponses pédagogiques et éducatives face aux théories du complot ? » – est simple et tient en une phrase : que nos gouvernants et, plus largement, tous ceux qui détiennent le pouvoir cessent enfin de mentir.

En effet, si l’essor du complotisme est favorisé par les nouvelles technologies de l’information, c’est surtout parce que celles-ci servent à démontrer l’ampleur colossale du mensonge qui tient lieu de politique partout de par le monde.

La théorie du complot sur le 11 septembre aurait-elle existé sans les arguments bidon pour déclencher la guerre en Irak ? Faut-il rappeler Colin Powell et sa petite fiole agitée au nez du monde entier ? Et pour s’en tenir à notre pays bien-aimé, si l’on parlait de la santé de nos Présidents, par exemple : le cancer de Mitterrand, révélé juste pour faire pleurer dans les chaumières et s’offrir un second mandat, et l’existence de sa fille Mazarine ? Et le nuage de Tchernobyl qui fait demi-tour à la frontière, ça vous dit quelque chose ? Etc.

Plus drôle encore : dans la série des fumisteries dénoncées par « les gens qui savent » contre tous ces ignorants qui ne savent pas et croient – ou plutôt n’y croient pas – à la lune, on mettait ce matin dans la liste, entre le 11 septembre et les extraterrestres, « le complot du clan Sarkozy contre DSK ». Mais si ma mémoire est bonne, c’est cette théorie qui nous a été servie par les pontes du PS – c’est-à-dire le gouvernement actuel – et tous leurs amis proches, attachés à nier contre toute évidence les dérives perverses du bonhomme !

Le complotisme n’est que le fruit du mensonge des gens qui nous gouvernent ; celui de l’invraisemblable outrecuidance de tous ceux qui détiennent le pouvoir. C’est l’autodéfense du citoyen lambda, conscient que rien dans ce qu’on lui raconte n’est crédible… et rend, par là même, toutes les hypothèses possibles.

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