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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 10:20

Les Etats-Unis, qui ont annoncé samedi 3 janvier 2026 avoir lancé une attaque de grande envergure contre le Venezuela, ont une longue histoire d’interventions militaires et de soutien à des dictatures en Amérique latine. A plusieurs reprises, le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, puis son successeur Nicolas Maduro, ont accusé Washington de soutenir des tentatives de coup d’Etat, dont celle qui a écarté Hugo Chavez du pouvoir pendant deux jours en 2002.

Voici les principales interventions américaines en Amérique latine depuis la guerre froide :

1954 : Guatemala

Le 27 juin 1954, le colonel Jacobo Arbenz Guzman, président du Guatemala, est chassé du pouvoir par des mercenaires entraînés et financés par Washington, après une réforme agraire menaçant les intérêts de la puissante société américaine United Fruit Corporation (future Chiquita Brands). 

1961 : Cuba

Du 15 au 19 avril 1961, 1 400 anticastristes entraînés et financés par la CIA tentent de débarquer sur la Baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans réussir à renverser le régime communiste de Fidel Castro. 

1965 : République dominicaine

En 1965, au nom du danger communiste, les Etats-Unis envoient des marines et des parachutistes à Saint-Domingue pour étouffer un soulèvement en faveur de Juan Bosch, président de gauche renversé par des généraux en 1963.

Washington a soutenu plusieurs dictatures militaires, considérées comme un rempart face à des mouvements armés de gauche. Ils ont activement aidé le dictateur chilien Augusto Pinochet lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973 contre le président de gauche Salvador Allende.

Le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger a soutenu la junte argentine en 1976, l’encourageant à terminer rapidement sa sale guerre, selon des documents américains déclassifiés en 2003. Au moins 10 000 opposants argentins ont disparu.

Dans les années 1970-1980, six dictatures (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil) se sont alliées pour éliminer des opposants de gauche dans le cadre du Plan Condor, avec un soutien tacite américain.

En 1979, la rébellion sandiniste au Nicaragua renverse le dictateur Anastasio Somoza au Nicaragua. Le président américain Ronald Reagan, inquiet de l’alignement de Managua sur Cuba et l’URSS, autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de dollars aux Contras (les contre-révolutionnaires nicaraguayens) financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran. La guerre civile nicaraguayenne, terminée en avril 1990, fera 50 000 morts.

Reagan a également envoyé des conseillers militaires au Salvador pour étouffer la rébellion du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN, extrême gauche) dans le cadre d’une guerre civile (1980-1992) qui a fait 72 000 morts.

Ile de Grenade, Panama, : Le 25 octobre 1983, des marines et des rangers interviennent sur l’île de Grenade après l’assassinat du premier ministre Maurice Bishop par une junte d’extrême gauche. Ronald Reagan lance, à la demande de l’Organisation des Etats des Caraïbes orientales (OECS), l’opération Urgent Fury pour protéger un millier de citoyens américains, qui se termine le 3 novembre avec plus d’une centaine de morts.

En 1989, après une élection contestée, le président George Bush décide une intervention militaire au Panama, aboutissant à la reddition du général Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains, poursuivi par la justice américaine. Quelque 27 000 GI participent à l’opération Juste Cause, qui a fait officiellement 500 morts – mais plusieurs milliers selon des ONG. Manuel Noriega sera emprisonné plus de deux décennies aux Etats-Unis pour trafic de drogue, avant de purger d’autres peines en France puis au Panama.

C’est au Panama qu’avait été fondée en 1946 l’Ecole des Amériques, centre de formation militaire spécialisé dans le combat contre le communisme, contrôlé jusqu’en 1984 par les Etats-Unis, où ont été formés nombre de dictateurs.

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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 10:50

Je suis allé enfin chez l’opticien, et peut-être même chez l’oculiste. 
C’était une femme, en tout cas, et elle m’a regardé longuement dans les yeux. J’étais très ému. Elle m’aurait regardé plus longtemps, je n’aurais pas résisté, je serais tombé amoureux d’elle. Saisi d’une pulsion imprévisible, je me serais relevé et je me serais jeté sur elle.
Heureusement c’était une vraie professionnelle, elle a cessé de me regarder dans le fond des yeux juste avant la catastrophe.
Je l’ai aussi regardée dans les yeux, mais je ne lui ai rien fait payer. 
Avec le recul, je me dis que j’ai eu tort, car, à ma façon, je lui ai fait un fond d’œil.
Il faut dire que lorsque poussé par tous les membres de ma famille, qui m’avaient carrément menacé de mort, j’avais fini par céder. Par « menacé de mort », j’entends qu’ils m’avaient prédit une mort assurée au volant de ma voiture. Il faut dire que moins je voyais clair, et plus les véhicules que je m’achetais étaient puissants.
A la fin, je conduisais à l’aveugle, comme pour les dégustations de vin.
A l’origine, j’avais refusé l’opticien (ou l’oculiste, ou les deux) par entêtement. Je trouvais que ma mutuelle ne me remboursait pas suffisamment. Par ce refus je manifestais donc mon mécontentement. 
C’était un acte politique, un refus d’obéissance, un peu comme le type qui refuse de payer ses impôts.
De la désobéissance civile. Civique, même.
Certes je mettais en danger la vie d’autrui, comme on me disait, mais « autrui », je ne le connaissais pas personnellement. Autrui, je trouve qu’on en parle à tort et à travers.
Autrui d’ailleurs ça recouvre un pourcentage de cons extrêmement important, alors pourquoi le ménager, autrui ? D’ailleurs je lui laissais une chance, comme à la chasse, le « Nemrod » (ce mot est ridicule, il mériterait que Flaubert le consigne dans son dictionnaire des idées reçues ! Mais il est bien vieux, Gustave, lui aussi. Ah ! comme le temps passe !) laisse une chance au gibier.

Quand la belle femme m’eut bien regardé au fond des yeux, elle était tellement éblouie qu’elle eut la sagesse de me proposer des lunettes. C’était afin de ne pas succomber à mon charme, m’a-t-elle avoué en sortant.
Depuis ce jour, je passe ma vie à tenter de ne pas égarer mes lunettes. Je vois d’ailleurs très bien sans lunettes. Le vrai danger, en voiture, c’est que je pense toujours à autre chose qu’à la conduite automobile.
Je pense aux yeux de l’oculiste (finalement ce n’était pas une opticienne).
De toute façon, elle a déménagé, et elle est remplacée par un trou du cul dont je voudrais bien voir qu’il me regarde avec la même sensualité indécente, à cet endroit-là : mes yeux, le fond de mes yeux.
C’est mon intimité suprême et ça ne regarde que moi.
Et ce sera mon dernier mot.

 

Rolland HENAULT ("Oeuvres inédites ou presque" - Editions de l'Impossible 2018)

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 12:03

Jeudi 18 décembre, partout en France, la révolte paysanne monte et les blocages se multiplient. En Normandie, à l'appel de la Coordination rurale, 200 tracteurs ont convergé vers le centre-ville de Caen. Des agriculteurs déterminés qui, après avoir été reçus par le préfet, ont levé le camp en fin de journée en déversant leur cargaison de pneus sur plusieurs ronds-points. Pascal Marie, éleveur laitier en bio (environ 70 vaches) dans le Calvados, témoigne :
 
"Ce jeudi, nous étions mobilisés pour revendiquer trois choses : la lutte contre l'abattage, le traité du Mercosur et la future PAC de 2027, dont on parle moins mais qui devrait être revue à la baisse, entre -20 et -25 % des subventions européennes.

La dermatose nodulaire contagieuse, qui est à l’origine de la contestation paysanne, n'affecte pas encore nos troupeaux normands mais ils peuvent être touchés l'été prochain à moins qu’une campagne de vaccination ne soit mise en place. Cette campagne fait polémique car les bêtes, une fois vaccinées, ne peuvent plus être exportées. Il y a des délais d'attente entre le moment de la vaccination et la commercialisation des animaux, ce qui rend le dossier complexe.

Mais je suis opposé à l’abattage total du troupeau en cas de contamination, dans la mesure où des alternatives sont possibles. La France est la seule à exercer ce génocide. En Espagne et en Italie, les autorités euthanasient uniquement les animaux contaminés. Dans les Balkans, ainsi qu'à La Réunion en 1992, une campagne de vaccination couplée à une mise en quarantaine et à un protocole de soins approprié avait permis d'endiguer la maladie. L'abattage total d'un cheptel baptisé « dépeuplement », comme l'indique pudiquement la FNSEA, crée une psychose chez les éleveurs et met un terme à des années de sélection. C'est extrêmement traumatisant.

En Normandie, depuis plusieurs années, on abat des troupeaux entiers lorsque les bêtes sont atteintes de tuberculose bovine. Pourquoi cela ne fait pas plus de bruit ? Pour la FNSEA, l'abattage d'un troupeau protège les autres élevages, mais cette méthode radicale n'est pas convaincante puisque la maladie sévit toujours. Pourtant, dans les années 80, seules les bêtes infectées étaient abattues, les autres étaient soignées ! Cette stratégie d'abattage n'est pas recevable, d'autant plus que la maladie est très peu transmissible à l'homme. Certains paysans ont tenté de faire bouger les choses, des élus les ont rejoints, mais l’attitude du ministre Annie Genevard, qui ne veut surtout pas revoir sa copie pour la DNC, leur laisse peu d’espoir…
 
Un éleveur vit au quotidien cette menace de contamination comme une épée de Damoclès. J’en ai fait l’amère expérience : cette année, à 200 mètres de ma pâture, un blaireau positif à la tuberculose a été découvert. J’ai alors été contraint à ne plus commercialiser certains animaux jusqu'à ce que les tests sur l’ensemble du cheptel se révèlent - heureusement - négatifs. Cette prophylaxie se renouvelle tous les ans, place l’éleveur en insécurité permanente et l’empêche de faire des investissements à long terme. Comment imaginer, par exemple, acheter un robot de traite à 200.000 euros si tout le cheptel est menacé d’abattage à tout moment ? L’autorisation de repeuplement pour reconstituer un troupeau n’est jamais certaine et le cours du bovin -dont le nombre se raréfie au niveau de l’Union européenne- a plus que doublé. Sans compter que les indemnités versées suite à l'abattage sont soumises à l'impôt sur le revenu.

La vaccination peut être envisagée, bien qu'imparfaite, car les bovins sont déjà vaccinés contre bon nombre de maladies et la question de l’interaction de tous ces vaccins pose question. Il faudrait aussi mettre les troupeaux en quarantaine et appliquer un protocole de soins. Mais quand on vaccine, on perd la possibilité d'exporter - tout du moins momentanément. La solution serait de les engraisser pour les consommer en France plutôt que d’importer de la viande du Brésil selon les diktats du Mercosur. D’où l’importance de relocaliser nos productions !  Il faut réintroduire l’engraissement des bovins dans les grandes plaines céréalières en France, c’est la base de l’agronomie. C’est tout une remise à plat du système agricole qu’il faut mener. Les questions de l’abattage et du Mercosur sont liées.
 
Comment se positionnent les syndicats agricoles dans cette crise ? Les deux syndicats les plus remontés sont la Confédération paysanne et la Coordination rurale. La FNSEA, elle, est bien embarrassée. Son président Arnaud Rousseau ne fait pas du tout l'unanimité. Dans les rangs de la FNSEA, il y en a beaucoup, je pense, qui vont être dissidents, surtout dans le monde de l'élevage. Cette mobilisation paysanne peut aller très très loin, et ce n'est pas l'annonce du report de la signature du Mercosur en janvier par Ursula von der Leyen qui y changera quelque chose, mis à part calmer les esprits le temps de passer les fêtes en famille."

 

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:50

Le ministre de la Défense a annoncé en juin dernier que Renault avait formé un partenariat pour produire des drones de guerre pour la ligne de front en Ukraine. Dans la guerre menée par l’OTAN contre la Russie, les besoins militaires sont estimés à 4 millions de drones par an. Le groupe a confirmé avoir été contacté pour s’associer à cette initiative, visant à produire des drones aériens, marins ou terrestres, y compris des modèles FPV (first-person view) utilisés sur le front.

Le 24 septembre 2025, Renault a envoyé une note interne confidentielle à ses salariés pour clarifier sa position, évoquant pour la première fois de manière concrète son potentiel retour dans l’armement. Dans cette note, le groupe précise que les projets doivent être placés sous l’égide du ministère des Armées, en partenariat avec des industriels français de la défense.

Les annonces ont provoqué un malaise grandissant parmi les salariés et syndicats, qui craignent une « militarisation » de l’entreprise et une déviation du cœur de métier automobile. Des employés se demandent s’ils peuvent refuser l’affectation, et certains rappellent l’histoire de Renault dans les efforts de guerre passés, mais s’opposent à fabriquer des armes. Délégué central adjoint FO, Fabien Gloaguen déclare : « Ici, les gens ont signé pour fabriquer des voitures, pas des armes létales utilisées sur le front. »

À l’inverse, la CFDT, qui est au cœur de la CES (Configuration européenne des Syndicats) et courroie de transmission de l’Union européenne contre les salariés, se félicite de la militarisation de l’entreprise en accueillant positivement l’initiative. Dans la presse, la centrale jaune indique reconnaitre l’effort de transparence et veillera à ce que le projet respecte l’emploi français, les valeurs de l’entreprise et celles des salariés au quotidien.

Pour sa part, la CGT conteste le projet. Thomas Ouvrard exprime des inquiétudes, voyant la note comme une préparation à l’implication dans l’armement ; il considère le projet comme un écart du métier automobile, contribuant à la guerre et à la perte de vies.

L’arrivée d’un nouveau directeur général chez Renault, François Provost, ex-conseiller d’un ancien ministre de la Défense, alimente encore d’avantage la peur.
 

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:45

C’est plus de 50 000 lycéens allemands qui ont participé à des manifestations le vendredi 5 décembre contre le projet de service militaire dit « volontaire », mis en place en Allemagne (et de façon simultanée en France). Une date choisie car à Berlin, le régime débattait d’une loi imposant examens médicaux et recensement obligatoire aux jeunes garçons de 10 ans pour établir leur futur enrôlement.

En effet, lancé dans un réarmement massif, dans le cadre de l’Union européenne-OTAN, le régime allemand ne cache plus son ambition de rétablir la plus grande armée d’Europe, forte de 270 000 soldats de carrière en 2035. D’ores et déjà, derrière le mot publicitaire de service volontaire, le gouvernement Merz a fait savoir que la conscription générale forcée est envisagée s’il n’y avait pas assez de volontaires. Le service militaire entrera en vigueur dans quelques semaines, le 1er janvier 2026.

De fait, la jeunesse allemande montre la voie pour la jeunesse française. Car il y va de son avenir de réagir maintenant, et de se tourner vers l’action collective pour défendre littéralement sa vie face à la guerre des tranchées à laquelle la destine l’Union européenne (et l’OTAN) pour étendre son grand marché à l’Est, et participer à la troisième guerre mondiale qui se profile à terme sur le front occidental en relais du maitre hégémonique américain.

De ce point de vue, il est inquiétant de voir le silence d’une partie de la jeunesse française politisée, malheureusement pour une part plus occupée à jouer à la politique politicienne directement héritée de la social-démocratie et de ses rites stériles, qu’à se tourner offensivement vers la bataille urgente de la paix.

 

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:42

Le 11 décembre 2025, le Portugal a connu sa première grève générale en plus de dix ans, appelée conjointement par les deux principales centrales syndicales du pays, la CGTP-IN et l’UGT, en réaction au projet de réforme du code du travail défendu par le gouvernement minoritaire de centre-droite. Une réforme directement dictée par les ordres euro-austéritaires de l’Union européenne et qui rappelle les mêmes politiques dictées en France avec les ordonnances Loi travail, la réforme El Khomri, de Macron et Valls Hollande. Même causes, mêmes effets !

La grève a eu des impacts immédiats et palpables : les transports ferroviaires et urbains ont été largement à l’arrêt, les métros de Lisbonne et de Porto n’ont quasiment pas circulé, et de nombreux vols ont été annulés, y compris à l’aéroport de Lisbonne où la plupart des services ont été suspendus.
Les écoles publiques ont fermé leurs portes, les hôpitaux ont fonctionné en mode minimal, et la collecte des déchets ainsi que d’autres services municipaux étaient fortement perturbés.

Selon les chiffres avancés par la CGTP-IN, plus de trois millions de travailleurs ont rejoint la grève, un niveau de participation qualifié de massif par la centrale syndicale, même si le gouvernement a tenté de minimiser l’ampleur de la mobilisation.
Des manifestations et piquets de grève se sont tenus dans des dizaines de villes à travers le pays, rassemblant des milliers de personnes dans les rues pour exprimer leur rejet du projet de réforme et défendre leurs conditions de travail.

Les syndicats dénoncent un projet de loi modifiant plus de 100 articles du code du travail, qui faciliterait les licenciements, allongerait la durée des contrats temporaires, affaiblirait la négociation collective, et réduirait certaines protections, notamment en matière de congés liés à la maternité ou à la l’allaitement.
Ce texte, présenté par le gouvernement comme une modernisation nécessaire pour stimuler la croissance et la productivité, est perçu par les syndicats comme une attaque contre les droits acquis des travailleurs. une dérégulation du marché du travail.

 

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:39

Malgré l’extrême droite au pouvoir, l’Italie est décidément un territoire bien dynamique sur le plan des luttes. Après les grèves générales pour la Palestine et les mobilisations contre le réarmement, les ouvriers métallurgistes donnent de la voix à Gênes, ville portuaire du nord de l’Italie.

Jeudi 4 décembre, des milliers de grévistes du secteur de l’acier ont manifesté dans la ville contre un plan de fermeture d’une usine, annoncé par le gouvernement. Les jours précédents, ils avaient déjà organisé des blocages stratégiques. Mais ce jeudi, ils ont tenté d’atteindre la préfecture, ont affronté la police puis ont bloqué la gare.

Le cortège était mené par les ouvriers de l’ancienne usine de la firme ILVA, suivi par des grévistes d’autres entreprises venus en solidarité. Alors que les forces de l’ordre barraient la route pour protéger le bâtiment gouvernemental avec des grilles anti-émeutes, les ouvriers ont allumé un feu contre le dispositif et avancé avec des engins de chantier pour arracher les grilles. La police a tiré des grenades lacrymogènes et les manifestants ont riposté avec des projectiles ou en frappant avec leurs casques. Ils ont ensuite paralysé la circulation ferroviaire.

Un syndicat policier trépigne dans les médias italiens : «Des manifestants qui déchirent les barrières de protection des véhicules de police constituent une escalade inquiétante qui marque le franchissement de toutes les limites et porte la violence à un niveau jamais atteint auparavant». Comme en France, il s’agit de diaboliser les modes d’actions protestataires pour les réprimer plus facilement. Ces discours ont été repris par le gouvernement de Meloni.

Cela fait deux semaines que les métallurgistes des aciéries du géant ILVA occupent leur usine et protestent contre le projet du gouvernement de fermer définitivement les aciéries, ce qui conduira au licenciement de 1000 travailleurs.

Les syndicats annoncent d’autres grèves encore plus fortes, jusqu’au retrait du plan de fermeture.
 

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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 11:29

Des milliers de baristas (vendeurs de café) Starbucks sont actuellement en grève à travers les États-Unis, avertissant la plus grande chaîne de cafés au monde de se préparer à la « plus longue et la plus importante » action syndicale de son histoire.

À peine un an après que Brian Niccol, le PDG de Starbucks, a tenté de mettre un terme aux dissensions entre la direction et les employés syndiqués, en s’engageant à « dialoguer de manière constructive » avec eux, le géant états-unien du café affronte aujourd’hui une grève qui s’intensifie pendant la période de vente lucrative des fêtes de fin d’année.

Environ 2500 employés font grève dans 85 villes et 120 magasins, et invitent les clients à ne pas s’y rendre. Les baristas sont en grève pour protester contre la liste croissante de pratiques déloyales commises par Starbucks, alors que l’entreprise continue de faire obstruction à la conclusion d’un contrat équitable.

Les négociations sur le contrat-cadre national avait débuté en avril 2024. Au cours des neuf mois qui ont suivi, les baristas et les dirigeants de Starbucks se sont rencontrés pendant des centaines d’heures et ont conclu 33 accords provisoires qui amélioraient concrètement les conditions de travail.
En septembre 2024, les baristas syndiqués ont présenté pour la première fois une série de propositions économiques en vue de négociations visant à augmenter les salaires et les avantages sociaux.
En décembre 2024, Starbucks a rejeté toutes les propositions des baristas et, en échange, a présenté un ensemble de mesures économiques peu sérieuses qui ne prévoyaient aucune augmentation salariale pendant la première année du contrat et ne traitaient pas les questions fondamentales des horaires et des effectifs.

 

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7 décembre 2025 7 07 /12 /décembre /2025 16:07

Que ceux qui veulent le savoir vraiment lisent " la Société du spectacle " de Guy Debord. Je tiens à préciser que l'étude de ce livre, certes difficile, me paraît indispensable pour quiconque veut savoir dans quel monde il vit ! Le petit résumé qui suit est partiel ; il s'attache surtout à la partie voulue par le pouvoir de l'aspect apparence du spectacle :

Le spectacle est le discours du pouvoir. Il est l'image du monde que le pouvoir cherche à nous imposer avec l'aide des médias, qui sont tous au service de ceux qui les financent (c'est-à-dire, très souvent, les gens du pouvoir). Il est le mensonge destiné à nous faire réagir selon des façons calculées par le pouvoir.

Afin qu'on accepte de prendre le spectacle pour la réalité, le pouvoir va jusqu'à reconstruire la réalité selon le spectacle (ex : faux terrorisme, faux gangsters, etc…). Le spectacle reconstruit la réalité : il est le maître du monde : il est le pouvoir. Il commande aux chefs, même les plus haut placés.

Comment trouver la vérité à partir du mensonge ?

Le plus important, et le plus difficile, pour déjouer un spectacle que l'on a reconnu, c'est encore de penser à se poser ce genre de questions : " Imaginons que ce spectacle ne soit pas un spectacle, comment est-ce que je réagirais ? Si la population prend ce spectacle pour la réalité, que pensera-t-elle consciemment ? Que pensera-t-elle inconsciemment ? et finalement, comment réagira-t-elle ? " Les réponses à ces questions sont généralement assez faciles à trouver. Elles indiquent le but poursuivi par le pouvoir avec la mise en scène de ce spectacle particulier. Une fois connu ce but, le mensonge se démonte tout seul. Il reste seulement à comparer la réaction qu'aura la population si elle tombe dans le piège à celle qu'elle aura si elle n'y tombe pas.

En bref la citation de Debord, "Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux", est une recette pour trouver la vérité à partir du mensonge. En gros, il faut renverser le spectacle (renverser ce qui est dit par le spectacle) pour avoir la vérité.

Ainsi, quand le spectacle nous dit "Poutine veut la guerre contre l'Europe" il faut comprendre que ce n'est pas lui qui veut la guerre, mais les européistes.

 

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7 décembre 2025 7 07 /12 /décembre /2025 15:57

L’annonce, par Emmanuel Macron, d’un service militaire volontaire a été diversement accueillie, dans la classe politique. Si les Français semblent majoritairement en phase, ce dossier brûlant a le mérite de mettre au grand jour les fractures de la gauche sur le sujet de la conscription. Un article du Monde (« À gauche, derrière le service militaire, des fractures toujours vives sur la guerre ») rappelle opportunément que La France insoumise défend toujours un service militaire obligatoire, dans une tradition qui se veut « jauressienne », héritée de la « nation en armes » et de la mythologie de Valmy, probablement. Ce discours est l’un des rares invariants de Jean-Luc Mélenchon, qui s’était opposé, dès 1996, à la suspension du service militaire par Chirac. Mais au juste, Mélenchon, lui, l’a-t-il fait, son service militaire ?

Né en 1951, le chef de file des Insoumis était tout à fait dans les clous, du point de vue de l’âge. Il aurait dû faire un passage sous les drapeaux. C’était d’ailleurs à la fois l’époque de la haine de soi post-coloniale, de l’inactivité des casernes, des corvées de patate… et de l’entrisme communiste dans les armées, celui des « comités de soldats ». Le leader d’extrême gauche aurait donc pu à la fois apprendre « le maniement des armes », comme il l’exige pour la jeunesse dans le programme de LFI, et diffuser sa pensée, qui était alors à la mode jusque parmi les appelés.

Hélas ! Trois fois hélas ! Derrière les postures martiales un peu maoïsantes (« une armée sous contrôle populaire pour défendre le territoire national et le citoyen », selon le député Bastien Lachaud), on découvre que Jean-Luc Mélenchon n’a pas fait son service militaire… et qu’il a donné, à ce sujet, des explications qui ont changé plusieurs fois. « J’ai été blâmé pour avoir été refusé », disait-il à ce sujet en 2022, tentant d’expliquer en creux qu’il était politiquement trop dangereux. Le 18 février 2016, il réclamait une « garde nationale républicaine » obligatoire pour tous les jeunes, mais précisait que lui-même n’avait pas fait son service parce qu’il s’était retrouvé père de famille à vingt-trois ans. Enfin, en 1992, il avait affirmé avoir été « dispensé en 1975. Et furieux de l’être », ajoutant : « J’ai pris ça pour une brimade de la bourgeoisie. » Bref, il ne l’a pas fait, mais on ne sait pas pourquoi.

Alors, Méluche, refusé pour ses opinions politiques ? Pourtant, Maxime Le Forestier, antimilitariste acharné, fit son service au 13e régiment de dragons parachutistes. Refusé pour charge de famille ? Pourtant, le célèbre Marc Bloch, quinquagénaire et père de six enfants, se porta volontaire en 1940. Bref, n’importe quoi. Derrière les coups de menton, en somme, Mélenchon est tout simplement un vieux bonhomme éructant mais trouillard, qui enverrait volontiers les autres au front, faute d’avoir eu le cran d’y aller lui-même. On appelle ça un commissaire politique.

 

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