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Blog de la chanteuse Elizabeth
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Fin avril, à Londres, une mystérieuse statue est apparue : Pall Mall Avenue. Sur un socle, un homme, aveuglé par le drapeau qu’il porte, fait un pas dans le vide. Une installation rapidement revendiquée par le mystérieux Banksy, célèbre pour ses pochoirs à message politique.
Une allégorie du nationalisme, conduisant l’homme à la catastrophe ? C’est immédiatement le sens qu’on a prêté à la statue. Pour Le Monde, l’interprétation est confirmée par l’endroit choisi, hautement symbolique : « une avenue étroitement associée à la monarchie, à l’armée et à l’establishment britannique ». Non loin, les statues « du roi Édouard VII et de l’infirmière Florence Nightingale, figure de l’histoire de la santé publique britannique, ainsi que le mémorial de la guerre de Crimée ».
Toutes sortes de choses patriotiques dont Banksy se rirait avec sa statue, et c’est probablement le cas. Ses positions politiques sont connues. Même si la presse les qualifie d'insolentes et de provocatrices, elles sont sans risque. Il est pro-migrants et dénonce « les inégalités sociales, les abus de pouvoir et les politiques oppressives ». L’homme aveuglé pourrait l’être par le drapeau européen ou le drapeau trans, mais cette interprétation ne correspondrait pas au gauchisme mondain de notre street artiste.
Être antipatriotique n’a rien d’anticonformiste, et depuis longtemps. C’est même ce qui définit l’appartenance à l’actuel establishment politique, médiatique, culturel et financier. En ce sens, souligner, comme le fait Le Monde, que la statue a été installée dans une avenue liée « à l’establishment britannique » pourrait passer pour une maladresse. Cela souligne combien Banksy en est. Il critique le système mais vit du système, à qui il est nécessaire pour se donner des airs libéraux, comme l’art contemporain lui est utile pour se draper dans le rôle du mécène tout en spéculant.
L’homme est si bien de l’establishment que ses œuvres sont disputées par les galeries et connaissent des croissances de prix remarquables. En 2021, Love Is in the Bin s’est vendue 21,8 millions d’euros. Sa valeur s’est multipliée par 18 après la célèbre scène de « l’autodestruction », lors d’enchères chez Sotheby’s. Cette affaire du Banksy autodétruit avait fait se pâmer les esthètes aisés présents à cette vente.
Prétendument, Banksy — comme il l’a revendiqué avec une vidéo, le lendemain de l’événement — avait dissimulé le dispositif d'explosion dans le cadre, douze ans auparavant. La presse a accepté cela sans sourciller. Complotiste, elle préférait évoquer la présence romanesque d’« un mystérieux homme portant chapeau et lunettes de soleil » qui avait été vu « près de l'entrée de Sotheby's peu après la vente ».
Des ingénieurs se sont penchés sur l’affaire et l'un d'eux a noté que le truc de Banksy relèverait d’« un tour de magie classique ». Un tour de passe-passe commercial au secours d’un tour de passe-passe artistique, en somme.
De même, il serait naïf d’imaginer que Banksy ait installé la statue Pall Mall Avenue sans la connivence des autorités. Même en un matériau léger — fibre de verre ou résine —, la hauteur du socle et de la statue (dans les trois mètres l’un et l’autre) ne permet ni une manipulation aisée ni une installation discrète. Un camion, une échelle, de l’outillage, de la manutention et des bras ont été nécessaires. Il a fallu fixer la chose, le drapeau offrant une prise au vent. Là encore, aucun média ne semble s’être posé de question technique.
Qui est Banksy ? À la fois Pasquin, Lupin et Fantomas, dans ses rêves et ceux de ses thuriféraires. Plus prosaïquement, puisque son incognito aurait été récemment découvert, il s’agirait de Robin Gunningham. Né en 1973, l'artiste serait passé par la Cathedral School de Bristol, aurait changé de nom pour brouiller les pistes, une fois sa notoriété devenue trop encombrante. Il serait aujourd'hui un certain David Jones, patronyme idéal pour se faufiler dans les arcanes administratifs puisqu'on en dénombrait 6000 au Royaume-Uni en 2017... Banksy est une vraie petite multinationale : 12 millions d'euros d'œuvres vendues aux enchères en 2025 selon Artprice, petite année par rapport à 2021, avec ses 1206 lots adjugés, ses 3 œuvres au-dessus de 10 millions d'euros et un total cumulé de 145 millions d'euros !
C’est un fait connu, le quartier du Château d’Eau, dans le Xe arrondissement de Paris, est dévolu aux coiffeurs et boutiques de cosmétiques afro. D’où son nom de « Champs-Élysées black ». Certes, la gentrification du quartier allant bon train, les bobos qui remontent du canal Saint-Martin gagnent du terrain, mais les rabatteurs sont toujours à la sortie du métro et les boutiques déversent leur trop-plein de clientèle sur les trottoirs.
À l’intérieur de ces commerces ethniques – comme chez les Chinois de Belleville, les Pakistanais de la gare de l’Est ou les Africains de Château Rouge –, on est peu regardant sur le droit du travail. Et pourquoi le serait-on, puisque l’administration française semble s’en désintéresser ? Il suffit en effet (d’essayer) de circuler, un samedi, dans la rue du Château-d’Eau, pour constater combien les questions d’hygiène, même, semblent le plus souvent ignorées.
En avril, les treize grévistes du 65 boulevard de Strasbourg s’étaient confiées à Mediapart, dénonçant leurs conditions de travail inhumaines : pas de congés (deux ont failli accoucher sur place), des journées de travail jusqu’à 23 heures, pas d’aération dans la boutique alors qu’elles utilisent des produits toxiques, le racket de 250 euros par mois pour des cotisations qui n’ont jamais été versées à l’URSSAF et, pour finir, des salaires impayés. L’une des employées, arrivée de Côte d’Ivoire en 2018, se rapproche alors de la CGT qui va prendre l’affaire en main. Avec succès.
Soudainement, l’inspection du travail, la police et l’URSSAF se sont réveillées. La préfecture a suivi. L’avocat de la CGT, Me Cessieux, a en effet obtenu que soit retenue la qualification du dossier pour « traite d’êtres humains ». Un classement qui permet d’obtenir, de droit, un titre de séjour temporaire tant que dure la procédure pénale et, en cas de condamnation définitive de l’employeur, une carte de résidence d’une durée de dix ans.
C’est ainsi que, ce mardi 19 mai, les neuf travailleuses sans papiers ont obtenu de la préfecture de Paris leur titre de séjour. Reste un point que ni Mediapart, ni Radio France dans son compte rendu, ni la CGT n’ont envie d’aborder : qui sont les propriétaires de ces commerces, exploiteurs d’êtres humains ?
C’est une question étrangement sans réponse. Qu’il s’agisse de marchands de sommeil ou, dans le cas présent, d’esclavagistes, on préfère ne pas la poser. Et pour cause : cela se fait généralement au sein de la communauté. Les données du ministère de l’Intérieur en témoignent, le laxisme français en matière d’immigration nuit, d’abord, aux immigrés eux-mêmes.
Il est frappant de constater que la question des nuisances des rave-parties sur les animaux (mammifères, oiseaux, insectes…) est constamment minimisée.
Tout propriétaire de chat sait combien une fête à la maison, avec des invités, des discussions bruyantes et de la musique, stresse l’animal qui, en général, prend la poudre d’escampette et court se cacher. Alors imaginons l’apeurement, pour ne pas dire l’épouvante, que peut ressentir la faune sauvage, mais aussi les animaux d’élevage, lorsqu’une « teuf » s’installe pendant plusieurs jours et plusieurs nuits.
Trois nuisances sont indubitables. Le bruit continu, tout d’abord, de 100 à 120 dB - sachant qu’un trafic routier engendre 85 dB, un moteur de jet 130 dB. Les lumières, ensuite : spots, stroboscopes, néons de lumière noire. Que bruit et lumière soient une source de stress pour les animaux est un fait établi, étudié dans l’environnement urbain. Ces nuisances deviendraient minimes, dès lors que transposées dans un environnement rural ?
Autre nuisance, le piétinement discontinu. Il abîme « les biotopes et les habitats », témoigne, en Suisse, Laurent Gogniat, chef adjoint à l’Office jurassien de l’environnement. En mai 2025, France Nature Environnement a gagné un procès où a été reconnue (entre autres motifs) « la culpabilité du principal organisateur de la rave-party, pour dégradation illicite de l’habitat de plusieurs espèces végétales et animales fragiles et protégées ». La fête s’était déroulée dans la réserve naturelle nationale de la plaine des Maures !
Les protestations des associations écologistes et animalistes se comptent sur les doigts de la main. En mai 2018, trois associations avaient porté plainte pour « destruction d’habitat », après une teuf à Marigny (Marne), un site classé Natura 2000. En Bretagne, en 2017, l'association Bretagne vivante et la Direction départementale des territoires et de la mer avaient convaincu un organisateur d’annuler une rave prévue dans un site classé « zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique ». Encore heureux…
Plus grave : des gens dont l’écologie est le métier se montrent étonnamment compréhensifs. Une écologue du CNRS expliquait cyniquement, à France 3 Bretagne (enquête relayée par France Info) : « Le bruit dérange ces mammifères, mais en général, ils s'en vont avant que leurs tympans n’explosent. » C’est être une fameuse écologue que d’envisager comme anodine la fuite d’un mammifère sous l’effet de la terreur.
Quand même on s'étonne. Ces organisateurs qu'on peut contacter pour leur demander d'annuler des rassemblements illégaux, c'est un peu comme un cambrioleur qu'on solliciterait pour remettre à plus tard son effraction.
Et ces tonnes de matériel qu'on décharge sur un terrain de l'Armée et qu'on installe pendant plusieurs heures sans que les gardiens du lieu interviennent, c'est pas rassurant pour les guerres à venir.
Et ces organisateurs de rave-parties qu'on verbalise symboliquement sans jamais dévoiler leur identité, d'où sortent-ils ? Des langues malveillantes m'ont rapporté qu'il s'agissait de très gros bourgeois très intouchables. Surprenant ?
"Et l’on nous dit que les caisses de l’État sont vides ? Pourtant, il y a encore des fonds pour financer une foule d’associations et de programmes dans le sillon de la loi EVARS (Éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité). Une partie de mes élèves étaient absents, vendredi matin, car ils étaient convoqués à une session d’éducation à la vie affective. Un Vendredi saint, ça ne pouvait mieux tomber.
Déjà en 2023 j'avais dénoncé la diffusion dans les établissements scolaires de la brochure « Tomber la culotte », promue par un certain nombre d’associations, au premier rang desquelles SOS Homophobie, qui a ses entrées partout et qui multiplie les partenariats et, donc, les sources de financement : ministère de l’Éducation nationale, ministère de la Justice, Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), Fonds pour le développement de la vie associative, mais aussi des départements et des acteurs privés comme la MGEN, Uber ou la LFP (Ligue de football professionnel). La nouvelle mouture est sortie en 2025 et reprend sa tournée. Je vous laisse découvrir ce régal de bon goût et de délicatesse.
Les financements de l’État permettent à cette nébuleuse d’associations de produire une quantité pharaonique de matériel « pédagogique » : plaquettes, vidéos, jeux de cartes, jeux de plateau, peluches, maquettes… On peut, ainsi, avoir un puzzle en 3D en forme de pénis ou de vulve, à monter.
Évidemment, on s’adapte au niveau de langue des nouveaux publics, puisque aujourd’hui, il importe davantage de savoir trouver son point G que de savoir conjuguer ses verbes. Les jeux pédagogiques s’intitulent donc « Jdiwi Jdinon » (« un outil pédagogique pour aborder le consentement »), « Sexplikons’nous », « Place2Be », « Consentement t’en dis quoi ? », « Game of Porn », « SéduQ »… Peut-être ne me croyez-vous pas. Elle affabule, for sure ! Je vous invite à aller consulter la liste de ressources pédagogiques du CoDEPS 13 (Comité départemental d’éducation et de promotion de la santé des Bouches-du-Rhône). Cela fera des cadeaux sympas pour les prochains anniversaires dans votre famille !"
Dans la nuit de mercredi à jeudi, après la victoire du PSG sur le Bayern, Paris a une nouvelle fois offert le spectacle désormais classique des « débordements ». Pudeur lexicale de rigueur. Résultat : 127 interpellations, des dizaines de blessés, dont plusieurs policiers. Au matin, la France se réveille avec la gueule de bois et l’on nous explique doctement que « cela aurait pu être pire ». Comme toujours.
Mais le plus savoureux — ou le plus tragique — s’est joué place de la Concorde. Les émeutiers, refoulés des Champs-Élysées, se sont rabattus sur une exposition de Yann Arthus-Bertrand intitulée Vivre ensemble. Tout un programme. Une exposition montée avec le démographe Hervé Le Bras, celui-là même qui expliquait, encore récemment, qu’« il n’y a pas de Grand Remplacement ».
Le projet, soutenu par l’État et la mairie de Paris, se voulait « artistique, culturel et citoyen ». Des centaines de portraits avenants d’une nouvelle France (Hervé Le Bras déclare d’ailleurs, au sujet de ces photos : « Yann et moi avons été saisis de la rapidité avec laquelle la France change. » Pas de Grand Remplacement, donc, mais un grand changement. On avance). La France des plaquettes institutionnelles et des éditos de Télérama.
Et voilà que cette utopie trop lisse finit éventrée, renversée par ceux-là mêmes qu’elle célèbre. On aurait voulu écrire une allégorie qu’on n’aurait pas osé aller si loin : place de la Concorde (!), le « vivre ensemble » détruit en direct par les acteurs mêmes de cette France festive et multiculturelle dont on nous vante chaque jour les mérites. On pourrait en faire un tableau, façon Delacroix (pardon, « Delacroissant », plus adapté pour le sujet) : après La Liberté guidant le peuple, « La Vérité détruisant l’utopie ».
Le plus fascinant reste la réaction de Yann Arthus-Bertrand lui-même. Très affecté, d’abord, il a ensuite expliqué qu’il préférait retenir « la gentillesse » de ceux qui étaient venus aider à réparer et que cet épisode démontrait finalement… que le vivre ensemble existait. À ce degré-là, ce n’est plus de l’optimisme, c’est une foi mystique.
Quand je pense à Raymonde Linossier, et Dieu sait si je pense à elle, à chaque instant, entre toutes sortes d’événements et de paysages, elle a si bien tenu sa place dans notre vie à tous, une place singulière, où elle s’amusait avec tant de bon sens, avec un si gai savoir, une place que ne gagnera personne, une place retenue, défendue pour toujours, eh bien, quand je pense à elle, elle ne m’arrive pas de l’autre côté. Ceux que j’ai aimés, ceux que j’ai perdus ne se lèvent pas avec tristesse d’entre des rangées de chaises et de grilles, serrés et brouillés comme elles, dans des pays de ciels fumés, de voûtes basses et de ronds-points noirs. Ils ne remontent pas des mines de la mort. Non, je pense à eux, je pense à Raymonde comme à quelqu’un qu’on peut voir le lendemain, le jour même.
Elle va venir avec son air juste, avec sa gravité secrète, avec ses yeux sensés et tendres. C’est alors qu’il se passe un instant sans mesure, une seconde sans bornes, avant que je ne m’adapte aux ténèbres. Enfin, je ne sais pas ce qui s’est passé, c’était si court, cette immense blessure imperceptible…
J’étais parti pour me dire : « Qu’est-ce qu’elle fait donc en ce moment ? Elle pourrait bien me faire signe. Est-elle à Paris ? Je vais lui écrire. A-t-elle fait mes commissions à sa sœur, à Chanvin ? Nous devrions faire un tour à l’exposition des Inquiets, des Pires, des Irréparables. Il faut aussi que je l’emmène voir, un de ces soirs, les Grands Moulins de Pantin, ce dessin du père Hugo ravalé par Piranèse… » Bref, un tas de choses que nous aimons faire.
Hop ! Le tour de clef du temps m’a serré le cœur. Chaque fois que je me sens en difficulté, que j’hésite sur la base, que je ne tamise pas la chose, que j’ai besoin d’un témoin dans un scrupule, je pense à vous, Raymonde, comme je pense à Charles-Louis Philippe. Enfin, j’ai besoin de vous en parler.
Je travaille, sans travailler, je lis un livre à l’envers, je reprends ce qui ne peut pas se reprendre, je poursuis ce qui ne peut pas se revivre, et je sens le chagrin se rouvrir en grand, lentement, le chagrin qui n’a pas séché, qui n’a pas durci pour moi.
Si nous nous retrouvons ailleurs, et je ne peux pas m’empêcher d’y penser, comme un enfant, quand il m’est trop dur de me soumettre, et que nous puissions nous traduire l’un à l’autre, vous me ferez entendre raison, j’en suis sûr.
Si nous nous retrouvons ailleurs, nous chercherons un mur qui ressemble à ce mur, boulevard de Port-Royal, que nous avons longé, où vous me consoliez quand j’étais malheureux.
Nous tâcherons aussi de trouver un chemin pareil à ce chemin, tout au bout de Neuilly, où nous nous promenions un jour de vacances, avec Adrienne Monnier, et où vous avez dit, en vous tournant vers nous d’un air si sage : « Je suis heureuse… »
Léon-Paul Fargue (« D’après Paris » 1932)
S'adressant au public MAGA (Make America Great Again) qui forme le coeur sans coeur de l'électorat « républicain », le beauf à perruque qui dirige la «grande démocratie américaine » a cru bon de raviver l'ardeur guerrière des ses supporteurs (plus ébranlés par le prix de l'essence que par les fillettes iraniennes taillées en pièces par l'US Air Force) en leur promettant de « ramener l'Iran à l'âge de pierre où ils sont déjà »: des propos exterministes dignes d'Hitler qui montrent au passage que ce n'est pas par accident que les USA ont jadis atomisé Hiroshima, qu'ils ont déversé des millions de tonnes de bombes sur l'Indochine et qu'ils ont récemment subventionné à milliards le génocide israélien à Gaza…
Mais surtout, puisqu'il est question d' « âge de pierre », qui donc, du noble peuple perse ou du gangster mondial Trump n'est-il jamais sorti de ces âges farouches ? Pour ne prendre qu'un exemple, M. Larejani, le dirigeant iranien que les USA viennent d'assassiner, et que mon propos n'est pas de présenter ici comme un parangon de démocratie (j'ignore tout de sa trajectoire politique), était spécialiste de philosophie occidentale et il a écrit plusieurs livres érudits sur Kant. En fait de littérature, certain catcheur ami de Jeffrey Epstein n'a jamais « écrit » (???) de son côté qu'un opuscule intitulé L'art du deal. Faut-il vraiment commenter ?
Quant à l'Iran, ce pays héritier d'une antique civilisation qui remonte au moins à Cyrus le Grand et à Zarathoustra a-t-il des leçons de Lumières et de modernité à recevoir d'un pays où des millions de gens sont illettrés, où d'autres personnes non moins nombreuses croient que l'évolution des espèces est une invention du diable et où des tas d'illuminés attendent la descente sur Terre du Messie venant régler leur compte aux Infidèles à l'occasion d'un prochain Armageddon nucléaire consécutif à l'avènement du « Grand Israël »? Et Trump sait-il par ailleurs que l'Iran forme chaque année plus d'ingénieurs que l'Allemagne et la France réunies… ce qui n'est pas sans comporter quelques effets déplaisants sur le champ de bataille pour la chasse américaine et les habitants de Tel-Aviv ?
Une chose est certaine en tout cas vu l'extrême finesse du président étatsunien, c'est que si son pays perd une guerre de plus, il ne risque surtout pas d'être renvoyé à l'âge de la « pierre polie »...
« Voici un petit panorama de ces gens qui prônent le « vivre ensemble » pour mieux vivre entre eux.
Il y a bien sûr les grands oligarques médiatiques comme Xavier Niel (Le Monde), gendre de Bernard Arnault (Le Parisien).
Ou Martin Bouygues (groupe TF1), ami de Nicolas Sarkozy (Lagardère).
Et puis il y a la famille Duhamel. Le p’tit Benjamin (Radio France), neveu de l’insubmersible Alain (86 ans, multicartes), fils de Patrice Duhamel (ancien directeur général de France Télévision) et de Nathalie Saint-Cricq, grande fortune de la PQR - Presse Quotidienne Régionale -, actionnaire de la République du centre ouest, et star, elle aussi de France télévision dont elle est la directrice des rédactions nationales.
Sans oublier la cousine Amélie Oudéa-Castéra, épouse de l’homme d’affaires Frédéric Oudéa (Société générale, Sanofi), ancienne ministre et patronne du COJO.
Il y a aussi le duo Glucksmann/Salamé, Raphaël Glucksmann né d’un nouveau philosophe germanopratin et Léa Salamé issue d’une grande famille libanaise : lui incarne l’aile gauche de l’extrême centré sur le plan politique, elle en porte la parole au Journal télévisé de 20h de France télévision.
Pour être moins célèbres, d’autres couples n’en sont pas moins nocifs : Laurence de Nervaux dirige Destin Commun, une association vivant de subventions publiques et de l’argent de Soros et œuvrant pour installer des foyers de migrants dans les campagnes. Son mari Alban de Nervaux, lui, censure les médias critiquant l’immigration comme directeur général de l’ARCOM. Pratique : Madame agit, Monsieur interdit les critiques. Emballé, c’est pesé.
Il y a aussi les loups solitaires qui agissent seuls mais avec une influence considérable : tel est le cas de Thomas Andrieu, président de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) qui régularise 60 000 étrangers du tiers monde par an. Fils d’énarque-préfet, gendre d’énarque-préfet, gendre d’énarque-conseiller d’Etat, marié lui-même à une énarque banquière, il est le symbole de l’autoreproduction d’une Énarchie qui a coupé toute racine avec le peuple qu’elle devrait servir.
Il ne s’agit là que de quelques pépites…
Vous en découvrirez bien d’autres au fil de ce dossier et de ceux qui suivront. »
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Un long métrage documentaire de Pierre Carles
101 minutes - Couleur - Stéréo - France - 2026
N° visa d’exploitation : 157.518
« Donner la parole aux acteurs et témoins ; exposer les faits, rien que les faits ; exhumer les archives, les faire parler. Sans commentaire. C’est ce que nous avons tenté de faire. » Pierre Carles
Produit par : Annie Gonzalez, C-P Productions
Distribution ASC Distribution
En ouvrant son film par l’image surprenante de la députée Rima Hassan en visite dans la cellule de Georges Ibrahim Abdallah, Pierre Carles fait d’une pierre deux coups. Tout d’abord l’émotion: l’accolade entre la rayonnante jeune femme et le vieil homme bouleversé qui la serre dans ses bras en disant à la camera : « C’est la première fois que des gens venus de l’extérieur entrent dans ma cellule ». Ensuite l’intention : c’est un film qui va déconstruire la méfiance spontanée à laquelle le spectateur lambda aura sans doute fini par succomber à l’égard de certaines figures diabolisées par - disons le gentiment - la pensée mainstream.
Car demandez à un quiconque de citer de mémoire le nom d’un« terroriste », il vous dira Georges Ibrahim Abdallah. Quand à Rima Hassan, peu de personnalités politiques peuvent se targuer d’avoir été autant insultées et vilipendées que cette passionaria de la cause palestinienne depuis qu’elle est entrée, un keffieh jeté sur ses épaules, dans l’arène du spectacle politico-médiatique français. Avec cette première séquence, Pierre Carles fait la promesse d’un film qui va bousculer les idées reçues, et il la tient, poursuivant son œuvre de salubrité publique dans une enquête longue, détaillée, et parfois drôle dont nombre de figures politiques et médiatiques ne sortent pas grandies. L’une des forces du film étant que certaines de ces personnalités, en particulier des journalistes penauds, avouent avoir mal fait leur travail, contribuant par là à construire une atmosphère menant à la condamnation à perpétuité d’un homme dont le dossier était quasiment vide, puis à l’acharnement politique dont il a été victime et qui lui a valu de passer plus de 40 ans en prison alors qu’il était libérable depuis plus de 20 ans.
Georges Ibrahim Abdallah a certes assumé l’exécution par son organisation (les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises) de deux officiers de renseignements, l’un israélien et l’autre américain, à Paris , en 1982. Rien ne prouve qu’il ait participé personnellement à ces actions mais il ne s’en est pas dissocié. Depuis la fin des années 70, son pays - le Liban - étant régulièrement (il l’est toujours) envahi et bombardé par l’armée israélienne avec le soutien américain, il considérait avoir pris les armes contre l’ennemi de son peuple. On comprendra que de son point de vue et de celle de ses avocats, ces deux morts s’inscrivent dans une guerre où des dizaines de dirigeants et de représentants politiques et militaires libanais et palestiniens ont été assassinés avant, pendant et après les décennies qu’il a passé derrière les barreaux, cette pratique de l’assassinat politique « partout où l’ennemi se trouve » ayant été revendiquée par tous les dirigeants israéliens, de Golda Meir à Benyamin Netanyahu. Mais ni Georges Ibrahim Abdallah ni son organisation ne se sont jamais attaqué à des civils et il s’est toujours déclaré opposé à ce genre d’actions. Le film de Pierre Carles démontre, entretien après entretien, comment une presse quasiment unanime a pourtant cherché à lui mettre sur le dos des attentats de masse commandés par les services iraniens pour faire pression sur la France, des attentats avec lesquels il n’avait rien à voir, que les services français n’avaient pas réussi à déjouer, et qu’ils avaient trouvé pratique de les lui imputer, à lui, à ses frères et aux FARL qui n’existaient déjà plus. En voyant le film on est effarés de voir comment des journalistes « sérieux » peuvent tomber dans des pièges aussi grossiers. Et les films historiques ayant d’autant plus d’intérêt qu’ils contribuent à éclairer le présent, on se dit aussi qu’il importe plus que jamais d’être vigilants face aux manipulations d’opinion qui hélas se multiplient tellement que parfois le vertige nous prend …