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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 10:01

« Une telle campagne revêt un caractère confessionnel et prosélyte incompatible avec le service de neutralité du service public qui lie nos opérateurs. » Telle est la réponse donnée par MediaTransports, la régie publicitaire des gares et métros, lorsque Steven et Sabrina Gunnell ont souhaité diffuser l’affiche de leur dernier film Sacré-Cœur. 

 

 

Dans une toute récente campagne d’affichage, pour illustrer « la douceur de ville », la municipalité de Strasbourg n’a pas choisi une jeune Alsacienne en costume traditionnel, avec sa coiffe et sa robe, comme on en voyait naguère dans les fêtes populaires ou sur les podiums de Miss France. Elle a préféré « Nacera, 66 ans », une femme qui est probablement aussi française que vous et moi, mais qui a fait le choix de porter… le voile islamique. Hopla !

 

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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 09:56

La rentrée a eu lieu ; j’ai vu mes élèves, retrouvé mes collègues et notre chère administration.

Comme, pour des raisons multiples et variées, je suis un des seuls travailleurs de France à avoir une carrière descendante, je me retrouve cette année avec un groupe de 6e et deux groupes de 5e.

Je dis bien « groupes » et non « classes », puisque en bons petits soldats nous appliquons, le doigt sur la couture du pantalon, la réforme des « groupes de besoin » dont tout le monde sait que la durée de vie sera très écourtée. Le directeur, dont la psychologie reste pour moi un mystère, m’a attribué le groupe de 5e le plus faible. Sont donc réunis dans le même groupe vingt élèves, parmi lesquels onze ont des aménagements, tous décrits par des sigles dont je ne connais même plus la signification : PPRE, PPS, PAP, PAI. Certains ont des problèmes de compréhension, d’autres savent à peine lire et quasiment pas écrire, d’autres ont des problèmes de santé, d’autres de lourds soucis psychologiques.

Une semaine après la rentrée, je vois arriver dans ce groupe un élève du dispositif ULIS [unités localisées pour l'inclusion scolaire] qui prend en charge les enfants atteints d’un handicap. Nous en avons une quinzaine, dans le collège. On m’explique donc qu’il va être inclus en cours de français. La raison ? Nous n’avons pas le personnel suffisant pour assurer toutes les heures d’accompagnement des enfants « à besoins particuliers » et, donc, on compte sur moi pour m’occuper de ce garçon autiste qui me demande de faire cours la porte ouverte et qui n’écrit quasiment pas. Après tout, il y en a déjà trois autres dans le groupe qui n’écrivent pas, on n’est pas à un près.

J’apprends alors que l’un des rares élèves de la classe ne bénéficiant pas d’un aménagement a été le pire cas disciplinaire de l’année dernière et a déjà subi, en 6e donc, un conseil de discipline. Mes collègues me mettent en garde à son sujet. J’enregistre l’information, mais je sais que je serai de toute façon seule pour affronter ses incessants débordements.

Vendredi, le directeur a frappé à la porte au début d’un cours. Il m’amenait une nouvelle élève. Arborant un grand sourire, goguenard, il m’a expliqué que cette jeune fille arrivait tout droit du Maroc et ne parlait absolument pas le français. Il a continué en me disant qu’il avait spécialement demandé à ce qu’elle soit dans mon groupe, qu’il avait toujours pensé qu’enseigner en classes préparatoires était facile et que l’on verrait, face à ce groupe, de quel bois j’étais faite.

J’ai exprimé mon étonnement face à cette espèce de défi puéril qu’il semblait me lancer, lui ai dit que j’allais bien sûr faire de mon mieux pour accompagner ces élèves tout au long de l’année et les faire progresser, puis je l’ai remercié pour cette décision qui venait de me donner l’impulsion suffisante et décisive pour demander ma mise en disponibilité pour l’année prochaine - ce que j’ai fait dès la fin de la journée. Voilà, on va arrêter de jouer.
 

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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 09:52
2 morts, 4 blessés

 

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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 09:48

Trente ans de privatisation, et au bout du compte… un retour au bercail. Londres vient d’acter la renationalisation progressive de son réseau ferroviaire d’ici 2027. Une volte-face spectaculaire qui en dit long sur l’échec du modèle que la France… est en train de mettre en place.
Billets hors de prix, trains systématiquement en retard, dividendes mirobolants pour les actionnaires, infrastructures laissées à l’abandon : le bilan est accablant. Un voyageur britannique paie en moyenne cinq fois plus cher son billet qu’un Français, pour un service objectivement plus médiocre. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : à peine 67 % de ponctualité, contre 87 % pour la SNCF — pourtant régulièrement brocardée en France.

Le symbole du naufrage reste l’accident de Hatfield en 2000, conséquence directe du sous-investissement. La compagnie privée Railtrack, censée gérer l’ensemble des infrastructures, a fait faillite en six ans. Premier domino à tomber, annonciateur d’une privatisation aussi dogmatique que calamiteuse.
C’est le travailliste Keir Starmer qui orchestre aujourd’hui le grand retour de l’État. South Western Railway a été la première compagnie rapatriée dans le giron public en mai, suivie de c2c en juillet. Le projet prévoit la création d’un mastodonte unique, Great British Railways (GBR), censé réunifier réseau, infrastructures et opérateurs.

La ministre des Transports Heidi Alexander a parlé d’« adieu à 30 ans d’inefficacité ». Le Premier ministre, lui, promet des trains plus confortables, une billetterie simplifiée et des services enfin dignes du XXIᵉ siècle. Mais derrière ces promesses, c’est bien une rupture idéologique qui s’esquisse : après avoir caricaturé Jeremy Corbyn comme un nostalgique de l’État-providence, les travaillistes appliquent aujourd’hui une partie de son programme.

Le contraste est saisissant. Alors que la France s’ouvre à la concurrence (Trenitalia, Renfe, Transdev…), le Royaume-Uni, qui a servi de modèle aux libéraux français, fait exactement le chemin inverse. Un système présenté naguère comme l’avenir s’effondre sous le poids de ses propres contradictions. Les économistes parlent pudiquement « d’un monopole naturel mal découpé ». Traduction : chaque compagnie privée avait, de fait, la mainmise sur sa zone, et la concurrence n’a jamais existé.
 

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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 09:42

Les démocraties libérales européennes connaissent depuis plusieurs décennies un paradoxe grandissant : alors qu’elles se présentent comme les garantes des libertés publiques, elles multiplient les dispositifs normatifs qui restreignent, contrôlent et encadrent les comportements individuels. Ces mesures ne se donnent jamais pour ce qu’elles sont – des contraintes supplémentaires – mais se justifient systématiquement au nom de principes supérieurs : la santé publique, la sécurité, la lutte contre la haine, la solidarité, la protection de l’environnement ou des mineurs.

La mécanique est constante : une contrainte est introduite (interdiction, taxe, obligation, surveillance). Elle est justifiée par une valeur morale consensuelle (sauver des vies, protéger les enfants, défendre la planète, accueillir les réfugiés).

Le pouvoir politique en sort renforcé, et la contestation neutralisée. Ce recours permanent à la vertu pour justifier l’extension de la sphère normative explique la difficulté à critiquer ces mesures sans apparaître comme « irresponsable », «insensible » ou « extrémiste ».

Exemples nationaux :

- Limitation de vitesse à 80 km/h (2018) : justifiée par un impératif de sécurité routière, elle a entraîné un maillage accru de radars et une hausse des amendes. La baisse de mortalité a été marginale, comparable aux tendances préexistantes5. Elle a en revanche contribué à nourrir le ressentiment des zones rurales et à catalyser le mouvement des Gilets jaunes.
- Loi Avia (2020) : présentée comme lutte contre la haine en ligne, elle imposait un retrait en 24h des contenus signalés. Le Conseil constitutionnel l’a censurée pour atteinte disproportionnée à la liberté d’expression6.
- Pass sanitaire et vaccinal (2021–2022) : instruments de contrôle social justifiés par la santé publique, ils ont conditionné l’accès à la vie sociale et divisé la société en « bons » et « mauvais » citoyens. Les rapports officiels européens soulignent que le certificat COVID a facilité la libre circulation et incité à la vaccination, mais ses effets directs sur la transmission restent largement discutés.

Moins un État est souverain, plus il devient tatillon : impuissant sur la scène internationale, il se rattrape par un contrôle accru des comportements privés. Ce rétrécissement de la souveraineté externe s’accompagne d’une extension de la contrainte interne, donnant naissance à une forme de totalitarisme doux, où la liberté est sans cesse suspendue au nom de motifs vertueux.

À première vue, le « despotisme doux » semble bien être l’apanage de la gauche. C’est elle, en effet, qui s’est faite la championne de la morale publique et du progressisme universel. Au nom de l’égalité, de l’inclusion, de la lutte contre les discriminations ou encore du salut écologique, elle a multiplié les textes qui encadrent, surveillent et corrigent la conduite des citoyens.

 

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13 septembre 2025 6 13 /09 /septembre /2025 17:35
Et n'allez pas vous imaginer que les trous d'obus d'aujourd'hui sont plus sympathiques que ceux d'hier. Qu'on soit en Ukraine, à Gaza ou ailleurs.

"C’est la grande bataille de Verdun. Le monde entier a les yeux fixés sur nous.
Nous avons de terribles soucis. Vaincre ? résister ? tenir ? faire notre devoir ? Non. Faire nos besoins. Dehors, c’est un déluge de fer. C’est très simple : il tombe un obus de chaque calibre par minute et par mètre carré. Nous sommes neuf survivants dans un trou. Ce n’est pas un abri, mais les quarante centimètres de terre et de rondins sur notre tête sont devant nos yeux une sorte de visière contre l’horreur. Plus rien au monde ne nous fera sortir de là. Mais ce que nous avons mangé, ce que nous mangeons se réveille plusieurs fois par jour dans notre ventre. Il faut que nous fassions nos besoins. Le premier de nous que ça a pris est sorti; depuis deux jours il est là, à trois mètres devant nous, mort déculotté. Nous faisons dans du papier et nous le jetons là-devant. Nous avons fait dans de vieilles lettres que nous gardions. Nous sommes neuf dans un espace où normalement on pourrait tenir à peine trois serrés. Nous sommes un peu plus serrés. Nos jambes et nos bras sont emmêlés. Quand un veut seulement plier son genou nous sommes tous obligés de faire les gestes qui le lui permettront. La terre de notre abri tremble autour de nous sans cesse. Sans cesse les graviers, la poussière et les éclats soufflent dans ce côté qui est ouvert vers le dehors. Celui qui est près de cette sorte de porte a le visage et les mains écorchés de mille petites égratignures. Nous n’entendons plus à la longue les éclatements des obus; nous n’entendons que le coup de masse d’arrivée. C’est un martellement ininterrompu. Il y a cinq jours que nous sommes là-dedans sans bouger. Nous n’avons plus de papier ni les uns ni les autres. Nous faisons dans nos musettes et nous les jetons dehors. Il faut démêler ses bras des autres bras, et se déculotter, et faire dans une musette qui est appuyée sur le ventre d’un copain. Quand on a fini on passe la saleté à celui de devant, qui la passe à l’autre qui la jette dehors. Septième jour. La bataille de Verdun continue. De plus en plus héros. Nous ne sortons toujours pas de notre trou. Nous ne sommes plus que huit. Celui qui était devant la porte a été tué par un gros éclat qui est arrivé en plein dedans, lui a coupé la gorge et l’a saigné. Nous avons essayé de boucher la porte avec son corps. Nous avons bien fait. Une sorte de tir rasant qui s’est spécialisé depuis quelques heures sur ce morceau du secteur fait pleuvoir sur nous des éclats de recul. Nous les entendons frapper dans le corps qui bouche la porte. Malgré qu’il ait été saigné comme un porc avec la carotide ouverte, il saigne encore à chacune de ces blessures qu’il reçoit après sa mort. J’ai oublié de dire que depuis plus de dix jours aucun de nous n’a de fusil, ni de cartouches, ni de couteau, ni de baïonnette. Mais nous avons de plus en plus ce terrible besoin qui ne cesse pas, qui nous déchire. Surtout depuis que nous avons essayé d’avaler de petites boulettes de terre pour calmer la faim, et aussi parce que cette nuit il a plu et, comme nous n’avions pas bu depuis quatre jours, nous avons léché l’eau de la pluie qui ruisselait à travers les rondins et aussi celle qui venait de dehors et qui coulait chez nous par-dessous le cadavre qui bouche la porte. Nous faisons dans notre main. C’est une dysenterie qui coule entre nos doigts. On ne peut même pas arriver à jeter ça dehors. Ceux qui sont au fond essuient leurs mains dans la terre à côté d’eux. Les trois qui sont près de la porte s’essuient dans les vêtements du mort. C’est de cette façon que nous nous apercevons que nous faisons du sang. Du sang épais mais absolument vermeil. Beau. Celui-là a cru que c’était le mort sur lequel il s’essuyait qui saignait. Mais la beauté du sang l’a fait réfléchir. Il y a maintenant quatre jours que ce cadavre bouche la porte et nous sommes le 9 août, et nous voyons bien qu’il se pourrit. Celui-là avait fait dans sa main droite ; il a passé sa main gauche à son derrière ; il l’a tirée pleine de ce sang frais. Dans le courant de ce jour-là nous nous apercevons tous à tour de rôle que nous faisons du sang. Alors, nous faisons carrément sur place, là, sous nous. J’ai dit que nous n’avons plus d’armes depuis longtemps; mais, nous avons tous notre quart passé dans une courroie de notre équipement car nous sommes à tous moments dévorés par une soif de feu, et, de temps en temps, nous buvons notre urine. C’est l’admirable bataille de Verdun."

(Jean Giono "Ecrits pacifistes" - 1939)

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13 septembre 2025 6 13 /09 /septembre /2025 17:21

C’est le scandale des scandales, qui a émergé morceau après morceau, malgré le déni puis la retenue des médias mainstream. Chaque année, plus de 200 milliards d’euros sont distribués par l’État macronien aux grandes entreprises, sous forme d’avantages fiscaux ou d’aides par, tenez-vous bien, 2 267 mécanismes d’aides.

Ce manque de recettes grève le budget de la nation, et oblige le gouvernement à surtaxer les contribuables et à désosser les services publics. Les 43 milliards demandés par le pigeon Bayrou étaient une paille devant le torrent de fric qui ruisselle sur nos multinationales.

Théoriquement, ce sont des aides à la modernisation, à la rentabilité ou au maintien des effectifs. Dans la pratique, beaucoup de ces grosses boîtes prennent le fric et dégraissent, comme Michelin à Cholet et Vannes (1 250 salariés) et Auchan (2 300). L’État est doublement arnaqué.

Le pire, c’est que l’ardoise est présentée aux Français chaque année, les responsabilisant et les accusant de tous les maux. L’affaire est sordide et va au-delà des soupçons les plus dérangeants.

C’est du vol, de l’extorsion, et in fine de la destruction sociale. Le sénateur communiste Fabien Gay qui a monté une commission d’enquête sur le problème, a été au bout de son enquête. Le résultat est pire que prévu, puisque rien n’oblige l’État à demander des comptes aux grandes entreprises aidées (celles qui ont plus de 1 000 employés et font plus de 450 millions de chiffre d’affaires). Le fric disparaît, et la Cour des comptes valide l’arnaque. Moscovici peut alors tranquillement demander aux travailleurs français de faire des efforts, le tour est joué.
 
Charlie Hebdo a interrogé Fabien Gay qui a secoué les puces de l’État pour connaître le montant du braquage annuel, mais le chiffre se perd dans les cabinets de l’INSEE, du Trésor et des Finances publiques, sans compter l’Inspection des finances (où ronflent nos énarques) et Bercy. C’est la Cour des comptes de Moscovici qui nous a fait rire avec son estimation : L’Insee évalue ce montant à 70 milliards d’euros. Pour l’Inspection générale des finances, en intégrant toutes les aides, « c’est 170 milliards, ou peut-être 200 milliards, voire 250 milliards ». Quant à la Cour des comptes, elle avance un plus petit montant encore : 26,8 milliards d’euros… À son audition, le 10 mars 2025, la directrice générale adjointe du Trésor public, Claire Cheremetinski, admet, dans une tournure d’une naïveté consternante, que l’État n’a, en réalité, aucune vision globale des mécanismes d’aide aux grandes entreprises. Extraordinaire ! Et quand le sénateur communiste lui demande si le Trésor dispose d’un « tableau général pour suivre les aides de l’État aux entreprises », la fonctionnaire répond simplement : « Il serait très bien d’avoir un tel tableau pour le suivi des aides, mais il n’existe pas. »

Pourquoi le braquage est parfait ? Parce que le braqueur est l’enquêteur sur le braquage, point à la ligne, fermez le ban. Le grand patronat réclame des aides pour embaucher, l’État donne le fric, et les embauches s’évaporent, quand le fric ne sert pas à dégraisser les effectifs et engraisser les actionnaires. Charlie cite l’exemple de l’ex-président du MEDEF Pierre Gattaz qui avait promis un million d’emplois contre 20 milliards par an. À l’arrivée, 100 000 emplois, et aucun contrôle de la part de l’État... complice de ses amis du grand patronat. Le travailleur français est totalement baisé, il n’y a pas d’autre mot, et il n’a aucun moyen de limiter la casse.

Heureusement que le travailleur français moyen n’est pas versé dans l’économie et la connaissance des rouages de l’État, sinon il pèterait les plombs. Cela vaut mieux pour la paix sociale.

 

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23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 19:30

Vierzon. 

Le mot évoque immédiatement une ambiance familière et bon enfant. Comme Romorantin et comme Landernau, Vierzon symbolise la France. Mais la France provinciale et industrielle, la France des machines plutôt que la France des pâturages. 

Sur les cartes ferroviaires de la communale, Vierzon est indiqué en grosses lettres, et au-dessous, on peut lire « métallurgie ». La SNCF y a fait se croiser deux des plus grandes lignes de chemin de fer, Paris-Toulouse et Nantes-Lyon. Ces quatre noms de ville résument la France, réconcilient le nord et le sud, la France d’oïl et la France d’oc. Vierzon est un noeud ferroviaire. Vierzon est un noeud routier. Vierzon noue et dénoue la circulation dans tout l’hexagone. Il est impossible de ne pas être allé au moins une fois à Vierzon.

On en parle en plaisantant, sur un ton débonnaire. C’est une ville où l’on passe. On ne s’y arrête guère. Personne ne fait de cure à Vierzon. Personne ne visite Vierzon. 

Ça ferait rire les voisins, si on leur disait, tout simplement : 

- « Cet été, tiens... je vais aller passer trois semaines de vacances à Vierzon ! » 

C’est la vertu de Vierzon que de prêter ainsi gentiment à sourire. Parfois, même, il suffit de prononcer le mot :

- Je suis passé par Vierzon ...
- Ah ! oui, Vierzon !… reprend l’interlocuteur, amusé, et manifestement en proie à une forme de jubilation franco-française. Vierzon, c’est à la fois le Village, les Forges et la Ville. C’est la ligne de démarcation, c’est le canal du Berry, c’est le rendez-vous entre le syndicalisme ouvrier et le serf paysan du Moyen Age.

A Vierzon, l’urbanité croise la ruralité. Vierzon rassemble ses quartiers dans le chiffre trois, et, à ce titre, est plus française que Colombey les deux Eglises.

Vierzon, c’est la lutte ouvrière, les grèves, la gauche intraitable, les tracteurs américains francisés, re-nationalisés. C’est l’Ecole Professionnelle, les ponts métalliques et les usines des années cinquante, avec sirènes et fumées pour tous ! 

C’est la Reconstruction. C’est l’ouvrier paysan, qui voit rouge, même quand il est au vert dans son potager de banlieusard sans capitale. 

Le buffet de la gare de Vierzon fut longtemps considéré comme le plus poussiéreux, le plus charbonneux, le plus fuligineux de toute la France métropolitaine. 

Roland Dubillard en dit beaucoup de mal, mais avec tellement d’attendrissement ! Aragon le cite dans les « Beaux Quartiers » sans, toutefois, qu’il en fasse partie. George Sand, à qui rien n’échappe, a noté son existence. 

Vierzon est historique, littéraire, industriel, agricole, musical. 

Vierzon dispose d’une forêt, d’un début d’autoroute gratuite, et d’une clinique psychothérapique. 

Vierzon a élu un maire qui ne parvient pas à réussir dans le monde politique, et qui n’y parviendra jamais, parce qu’on ne trahit pas Vierzon. 

Je sais ce qui fait la force poétique de Vierzon : c’est le « V » et le « Z ». Vierzon est à la fin de l’alphabet, mais les derniers seront les premiers, plus tard. 

J’adore Vierzon.

Mais comme la plupart des français, je n’y réside pas.

Si tous les français habitaient Vierzon, Vierzon serait une ville banale, comme Paris, Londres, Tokyo ou Hong Kong.

C’est pourquoi les français, impressionnés et respectueux, habitent tout autour de Vierzon, parfois même assez loin, comme c’est le cas à Lille, à Brest, à Biarritz ou à Nice.

Ils agissent ainsi par pudeur et par délicatesse. Il faut être digne de Vierzon.

Vierzon, je te salue !

 

 

Rolland HENAULT ("Oeuvres inédites ou presque", Ed. de l'impossible)

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23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 19:13

La récente rencontre en Alaska entre le président de la Russie et celui des USA prouve bien que la guerre d'Ukraine ne se faisait pas du tout entre la Russie et l'Ukraine mais bel et bien entre l'Amérique et la Russie. L'Ukraine ne servant que de lieu de combat, et de pourvoyeuse de combattants pour l'impérialisme US.

Tous les médias l'admettent aujourd'hui, c'est la Russie qui a gagné cette guerre. Il va y avoir cependant une rencontre de consolation entre Trump d'un côté, et de l'autre Zélinsky accompagné de ses supporters européens.

Il me faut tout de même apporter une nuance. Cette guerre n'a peut-être pas été vraiment voulue à l'origine par les USA, mais par l'Angleterre. C'est d'ailleurs l'impérialisme anglais qui a inauguré la guerre contre la Russie dès 1813.

Et aussi, c'est l'Anglais Boris Johnson qui a empêché dès le début un accord entre Zélinsky et Poutine. Boris Johnson s'est carrément déplacé en Ukraine pour pousser Zélinsky à prolonger la guerre, lui promettant qu'il allait la gagner avec l'aide de tout l’occident.

Zélinsky s'est alors pris au jeu, il est tombé dans le piège, il a pensé qu'il était un grand chef de guerre qui se battait au nom de l'Occident pour détruire la Russie. Sa première rencontre avec Trump l'a fait retomber d'un cran.

Mais l'humiliation n'a pas été suffisante pour lui faire vraiment réaliser qu'il n'était qu'un pion dans un jeu que jouent les superpuissances. il croit encore un peu à son importance puisque l'Angleterre, la France, l'Allemagne et Ursula continuent de le soutenir. Et ont réussi à obtenir une réunion de consolation.

 

Les morts sont bien contents.

 

Sources :

 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article15450

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11119

http://mai68.org/spip2/spip.php?article14422

http://mai68.org/spip3/spip.php?article3018

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23 août 2025 6 23 /08 /août /2025 19:10

Selon The Guardian, le directeur général de Microsoft Satya Nadella a rencontré en 2021 le chef de l’agence de surveillance militaire israélienne jusqu’à fin 2024 Yossi Sariel, pour mettre en place le transfert de grandes quantités d’informations top secrètes issues du renseignement dans le cloud de la société américaine. Cette rencontre aurait, selon le journal britannique, « permis au maître espion d’obtenir le soutien de Nadella pour un plan qui accorderait à l’Unité 8200 l’accès à une zone personnalisée et isolée au sein de la plateforme cloud Azure de Microsoft ».

Une nouvelle capacité tentaculaire de stockage qui aurait permis à l’Unité 8200, une unité de renseignement de Tsahal, de développer un nouveau système de surveillance de masse intrusif, qui collecte et stocke chaque jour les enregistrements de millions d’appels téléphoniques mobiles passés par des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Ces informations sont corroborées par des enquêtes du site israélo-palestinien anglophone « + 972 Magazine » et de son pendant hébreu « Siha Mekomit ».

Le directeur général de Microsoft affirme qu’il ignorait le type de données stockées dans son cloud Azure. « Mais une série de documents internes ayant fuité et des entretiens avec 11 sources de l’entreprise et du renseignement militaire israélien, révèlent comment Azure a été utilisé par l’Unité 8 200 pour stocker cet énorme fichier d’archives des communications quotidiennes des Palestiniens», détaille The Guardian.

Selon trois sources du journal, cette plateforme de stockage aurait « facilité la préparation de frappes aériennes meurtrières et influencé les opérations militaires à Gaza et en Cisjordanie ». Concrètement, les immenses archives d’appels téléphoniques stockés dans Azure avaient été utilisées pour rechercher et identifier des cibles de bombardement à Gaza. Les sources ont également affirmé que l’utilisation du système avait augmenté durant la campagne à Gaza, qui a tué plus de 60 000 personnes dans le territoire, dont la majorité sont des civils, parmi lesquels plus de 18 000 enfants.

 

Source

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