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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:41

  Chassez le naturel, il revient au galop. J’ai d’abord eu envie de m’orienter sur d’autres films, d’autres réalisateurs, mais lorsqu’on aborde le thème du huis-clos au cinéma et qu’on est grand amateur de l’œuvre de Roman Polanski, quoi de plus normal que d’en faire son sujet de rédaction ?
  Le 19e long-métrage du cinéaste s’apprête à sortir sur les écrans (fin 2011), et il aurait certainement collé à notre sujet, puisqu’il s’agit d’une adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza, « Le Dieu du Carnage », et que l’histoire se déroule en vase clos, en la présence de deux couples. En attendant, cela ne nous empêche pas de parcourir l’œuvre que Polanski a bâtie depuis 1962, car les films proposant des huis-clos sont récurrents chez lui.

Les huis-clos qui prennent l’air
  Dès son premier long-métrage, « Le couteau dans l’eau » (1962), le cinéaste polonais met en scène trois personnages qui vont passer l’essentiel de leur temps sur un bateau. Nous ne sommes pas dans un lieu renfermé, mais au contraire ouvert sur un grand espace. La sensation d’isolement n’en est pas moins présente, surtout lorsque la tension psychologique va crescendo au fil des séquences, entre jalousie et rivalité masculine, désir et frustration. On trouve des similitudes avec ce premier film dans « Lunes de fiel », tourné 30 ans plus tard. Deux éléments y reviennent de façon significative : une bonne partie de « Lunes de fiel » se déroule sur un navire, certes plus grand que dans « Le couteau dans l’eau », mais où l’isolement des quatre personnages principaux se ressent de la même manière (il n’y a quasiment pas d’échanges avec les autres passagers, pourtant nombreux). Quant aux sentiments ambigus qui les animent, ils sont tout aussi compliqués : le final de « Lunes de fiel » sera d’ailleurs bien plus tragique. Cependant, si l’action présente du film se déroule intégralement sur le bateau, le concept de huis-clos est désamorcé avec le principe récurrent du flash-back, tout au long de l’histoire (ce qui nous permet d’en apprendre plus sur le passé des protagonistes), contrairement au « Couteau dans l’eau », où la narration est linéaire de bout en bout. 
  On retrouvera ce même isolement et aussi peu de personnages dans « Cul-de-sac », en 1966. Les acteurs sont sur la terre ferme (l’eau joue cependant un rôle, encore une fois), mais ne quittent guère le château qui leur sert d’habitation, et comme, là encore, un suspense psychologique s’installe, l’étouffement ne tarde pas à guetter le spectateur. Bien souvent, Polanski parvient à instaurer un climat oppressant dans des endroits de rêve (c’est le cas avec « Cul-de-sac »). Mais, contrairement au « Couteau dans l’eau » et « Lunes de fiel », dont le ton reste assez dramatique, le cinéaste revient avec « Cul-de-sac » à un esprit de dérision et de décalage qui était déjà l’une des marques de fabrique de ses courts-métrages, et que l’on retrouvera encore fréquemment dans ses films ultérieurs.
  Bien plus tard, en 2002, Polanski traitera dans « Le Pianiste » un sujet difficile avec beaucoup de sobriété : la Seconde Guerre mondiale. Si nous sommes loin d’un huis-clos au sens strict du terme (nous suivons le personnage principal, qui se déplace fréquemment), il y a néanmoins des passages conséquents où Adrien Brody (qui interprète le rôle-titre) se retrouve seul dans des endroits confinés, à l’abri (provisoirement) de l’énorme conflit qui se déroule autour de lui. Comme quoi, au cinéma, tout est possible, y compris montrer de façon intimiste un sujet à l’ampleur démesurée comme la Guerre.

La « Trilogie des appartements »
  Si nous avons précédemment évoqué des « faux huis-clos », cette rubrique et la suivante passeront en revue des œuvres qui correspondent plus directement au sujet qui nous intéresse. Dans les écrits consacrés à Roman Polanski, on trouve régulièrement ce terme de « Trilogie des appartements ». Il désigne les trois films suivants du cinéaste : « Répulsion » (1965), « Rosemary’s Baby » (1968) et « Le locataire » (1976). Leur principal point commun est de nous présenter trois cas de personnages sérieusement perturbés, habitant tous un appartement où se déroulent d’étranges évènements. Nous ne rentrerons pas dans des délires interprétatifs de ces films, ce n’est pas ici le sujet, mais force est de constater qu’à chaque fois, l’isolement caractérise les principaux protagonistes. Ils passent le plus clair de leur temps renfermés chez eux… là, des voisins bizarres se manifestent, les bruits insolites se multiplient, les murs ont des oreilles, des bras (cf l’appartement de Catherine Deneuve dans « Répulsion »), et parfois des dents (cf la scène mémorable du « Locataire »).
  Cette trilogie (qui n’a bien évidemment pas été pensée comme telle par le cinéaste) ne propose pas des huis-clos au sens strict, puisque quelques scènes permettent de nous échapper à l’extérieur (à chaque fois, on devine que ce n’est pas pour longtemps). Mais la sensation d’enfermement, palpable dans les films cités dans la première catégorie, devient omniprésente avec ces trois œuvres. Précisons encore que, si le final de « Rosemary’s Baby » est assez ambigu, « Répulsion » et « Le locataire » proposent un dénouement tragique, grand-guignolesque dans le second cas, et de ce fait fort dérangeant.
  Dans ces trois longs-métrages, la notion d’enfermement est avant tout dûe aux personnages eux-mêmes, qui s’isolent plus ou moins volontairement, Polanski infligeant de son côté un traitement fantastique à ses intrigues (alors que la thèse du rationnel se tient à peu près dans chaque cas).
  Parfois, le pire peut bel et bien se trouver de l’autre côté de nos murs et derrière notre porte…

Théâtre au cinéma   
  Ce n’est pas un secret, Roman Polanski a toujours entretenu des liens étroits avec le théâtre. Il y a été plusieurs fois metteur en scène ou acteur, il n’est donc pas surprenant de trouver dans sa filmographie trois adaptations de pièces (la dernière restant à découvrir en salle, comme je l’ai dit plus haut).
  « MacBeth », en 1971, fut sa première incursion dans le genre : il signe un film violent, sombre, contournant de nombreux travers propres aux adaptations de pièces en films. Respectueux de Shakespeare, le cinéaste enferme progressivement le couple principal dans son château. Lady MacBeth ne quitte jamais sa demeure, quant à son époux, il s’y emprisonne également, torturé par ses remords, ne s’échappant plus que pour consulter les sorcières, dans une séquence qui rappelle furieusement le cauchemar de « Rosemary’s Baby ». Si la première demi-heure de « MacBeth » nous entraîne dans des extérieurs vastes et pluvieux, la suite du long-métrage nous fait pénétrer dans la folie du couple principal, prisonnier à la fois de son château et de sa culpabilité. Les crimes atroces commis rongent ces personnages épris de pouvoir, et le tout débouche sur une recette fréquente dans l’univers du cinéaste : enfermement = folie (la manifestation de cette dernière est souvent illustrée chez Polanski par des hallucinations – « MacBeth » ne fait à ce titre pas exception à la règle).
  Il faut attendre 1994 pour que le réalisateur revienne au théâtre par le biais du film « La jeune fille et la mort » (adaptant la pièce du même nom, signée Ariel Dorfman). Il s’agit certainement de l’œuvre collant le mieux au sujet de ce numéro : trois personnages seulement, un décor quasi-unique, la maison isolée du couple principal (la fin se déroule à l’extérieur, non loin de la maison). Comme toujours, une tension psychologique intense s’installe au fur et à mesure de la confrontation entre cette femme et son présumé tortionnaire. La présence du mari de la victime ne parviendra pas à tempérer cette montée en puissance de l’angoisse. Tout comme Hitchcock dans nombre de ses films, Roman Polanski se révèle un excellent maître du suspense, dosant ses effets, laissant planer jusqu’au bout un doute qui finit par ronger le spectateur lui-même. L’action se déroule sur une nuit, et comme toujours, la folie guette ces personnages en proie à leurs peurs, leur paranoïa. Le final s’avérera cependant moins violent que pour la plupart des films déjà cités.
  Je terminerai ce petit périple polanskien en mentionnant le film « Une pure formalité » de Giuseppe Tornatore. Polanski ne l’a pas réalisé, mais il en est l’interprète principal aux côtés de Gérard Depardieu. Or, le film, qui aurait pu être signé du réalisateur (nous ne sommes pas loin de son univers), est un huis-clos en bonne et dûe forme, avec des personnages ambigus et psychologiquement torturés. Sorti en 1994, le film est peu connu, et à voir selon moi, tant pour ses qualités (le face-à-face Depardieu-Polanski est passionnant) que pour découvrir une autre facette du talent de Roman Polanski.
(Cet article est initialement paru dans le fanzine de l’association de cinéma castelroussine Travelling)

 

CARNAGE de Roman Polanski
  Cela faisait longtemps que Roman Polanski n’avait pas enchaîné deux films en aussi peu de temps : en effet, son 19e opus, adaptation de la pièce de théâtre écrite par Yasmina Reza, « Le Dieu du Carnage », a suivi de peu « The Ghost Writer », sorti début 2010.
  On sait que Polanski a travaillé sur le scénario de « Carnage » pendant sa retraite forcée en Suisse, entre 2009 et 2010. Il a rapidement mis en chantier le tournage suite à sa libération, s’offrant un joli casting pour interpréter ces deux couples qui vont ‘s’affronter’ entre quatre murs. Le concept de huis-clos, déjà traité par le réalisateur, est cette fois respecté dans les règles de l’art. Pendant 80 minutes, on ne quitte pas le domicile du couple Jodie Foster-John C. Reilly, où s’est rendu le second couple, Kate Winslet-Christopher Waltz. Tous les quatre veulent régler un différend concernant leurs enfants, le fils de Winslet-Waltz ayant frappé celui du couple Foster-Reilly.
  En partant d’un postulat basique, voire anecdotique, le film s’envole rapidement. Car, inévitablement, la situation dégénère, et, alors qu’à plusieurs reprises le couple en visite semble décidé à partir, un détail retient à chaque fois tout ce petit monde (ah ! l’épisode du hamster qui est mis dehors !).
  Polanski, qui a déjà traité du voyeurisme dans certains de ses films (« Le locataire », pour ne citer qu’un exemple), place ici le spectateur dans ce rôle, de façon frontale : nous assistons, et pour notre plus grand plaisir (le film est très drôle), aux engueulades successives des parents, qui essaient tantôt de minimiser la responsabilité de l’un des enfants, tantôt d’égaliser les fautes des deux côtés. Nous pénétrons dans l’intimité de chacun des personnages, et, pris au premier degré, le film pourrait devenir gênant tant les protagonistes se dévoilent, les uns après les autres. Les travers de chacun, ainsi que les manies, sont passés au crible, sous l’œil de la caméra polanskienne (il est d’ailleurs amusant de noter le caméo que fait le cinéaste, dans le rôle du voisin, dans l’entrebâillement de sa porte d’entrée – procédé auquel Polanski n’avait pas eu recours depuis un bon moment dans ses films).
  Techniquement, le film est assez virtuose, comme d’habitude avec le réalisateur : l’utilisation de l’espace est parfaite, les cadrages sont toujours justes, nous immergeant dans ce décor pourtant restreint, et se resserrant ensuite pour cerner au mieux les émotions et les expressions des personnages.
  Si Jodie Foster a physiquement pris un coup de vieux, son jeu est toujours aussi remarquable. Elle a pourtant le rôle qui pourrait être le plus agaçant… Christopher Waltz, parfait (déjà dans le film de guerre de Tarantino, il était fabuleux), donne rapidement le ton avec son personnage : la tronche qu’il tire dès les premières secondes de son apparition est à elle seule jubilatoire. Quant à Kate Winslet, elle est comme toujours impeccable, et, des années après « Titanic », demeure à mes yeux l’une des plus belles femmes du cinéma anglo-américain contemporain.
  « Carnage » vaut donc le détour, et confirme, après le brillant « The Ghost Writer » que, malgré une carrière exceptionnelle de 50 ans, Roman Polanski est toujours un cinéaste aussi surprenant et talentueux… je n’espère qu’une chose : qu’il remette vite ça !

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 08:14

On le sait de longue date, la liberté d'expression est un acquis fragile, sans cesse menacé, et de bien diverses manières.
Ainsi, à l'instigation des néolibéraux et de ceux qui veulent la privatiser, La Poste a mis en place des obstacles matériels et financiers de plus en plus élevés pour ne plus avoir à distribuer au tarif presse les petits journaux de la presse libre, dont « À Contre Courant » est l'un des exemples. Dans l'incapacité de satisfaire aux contraintes de routage et de coût imposées par La Poste et le gouvernement, des milliers de revues ont été asphyxiées ces dernières années. L'espace démocratique qu'elles préservent se réduit comme peau de chagrin.
«  À Contre Courant » est aujourd'hui menacé de disparaître.
« À Contre Courant » est une revue mensuelle qui paraît depuis 23 ans. Inscrite à la CPPAP (commission paritaire des publications et agences de presse), elle envoie chaque numéro à près de 1400 exemplaires au tarif presse. Outre des difficultés liées aux exigences toujours plus grandes de La Poste en matière de coût, de prétri et de présentation des envois, la revue est aujourd'hui confrontée à un véritable ultimatum de la part des responsables de la plateforme industrielle du courrier (PIC) de Mulhouse, dont elle dépend pour ses expéditions. Il lui est en effet demandé de placer impérativement ses exemplaires sous enveloppe ou sous film plastique à partir du 1er janvier 2012. À défaut de quoi, elle ne bénéficierait plus du tarif préférentiel de presse qui, même s'il augmente dangereusement depuis des années, demeure en deçà du tarif lent ordinaire.
Une « tolérance » lui est obligeamment accordée jusqu'à l'échéance, pour continuer à effectuer les envois sous bande (en l'occurrence un pli vertical serti par une étiquette qui sert également à l'adressage), modalités postales de vigueur depuis toujours.
Il s'agit là d'une contrainte odieuse pour au moins deux raisons :
La première est de principe: mettre sous enveloppe constituerait un gaspillage de papier préjudiciable à l'environnement, en contradiction avec notre sensibilité, et les propres intentions affichées de La Poste. Une mise sous plastique serait encore plus préjudiciable de ce point de vue.
La seconde est liée au coût de mise en oeuvre de la mesure. Outre l'insupportable  surcoût financier qu'elle induirait (il faudrait en passer par un prestataire de routage), elle épuiserait encore davantage l'énergie militante de la petite équipe qui porte la revue à bout de bras depuis ses origines, et accomplit la totalité des tâches de conception, depuis l'impression et la reliure jusqu'à la mise en distribution. Ceci reviendrait à signer la disparition du titre, tout au moins dans sa version papier.
Une mesure générale ?
Pour autant que nous le sachions, cette initiative concerne au moins 7 ou 8 journaux édités dans le Haut-Rhin (et peut-être d'autres en région Alsace), de l'aveu même d'un agent de la PIC chargé de son application dans le département. Les menaces qui pèsent sur la revue sont elles-mêmes à resituer dans le contexte de libéralisation/privatisation tous azimuts mis en œuvre par tous les gouvernements successifs depuis plus de vingt ans. La phase « finale » de ce processus est décrite en détail dans le « Protocole d'accord État - Presse- La Poste » du 23 juillet 2008.
Des objectifs communs
Si les nouvelles mesures menacent la survie ou tout au moins le fonctionnement dans de bonnes conditions de ces revues militantes, et donc de manière plus générale la liberté d'expression, elles sont aussi directement préjudiciables aux intérêts du personnel du centre de tri : la mise sous pli papier ou sous plastique permettrait une automatisation des tâches encore plus poussée, entraînant probablement une réduction des emplois, tout en éloignant encore l'opérateur public de l'un de ses rôles les plus précieux depuis l'après-guerre : garantir et faciliter la circulation des idées.
AGIR DES MAINTENANT
Vous pouvez nous aider de plusieurs façons :
- En appelant quelques uns des contacts spécialisés du groupe La Poste que nous mettons à votre disposition dans les 2 pages spéciales du n°228 que nous consacrons à cette histoire (en version PDF) : http://www.acontrecourant.org/wp-content/uploads/2011/10/acc228pic-presse.pdf
- En réclamant auprès du médiateur du groupe La Poste à partir de cette adresse : http://www.laposte.fr/mediateurdugroupe/
En contactant le collectif de soutien qui se structure dans le département du Haut-Rhin (car d'autres revues sont pareillement concernées), auprès notamment des syndicats SUD PTT et CGT PTT.
- En vous abonnant à la revue, en ligne par Paypal (colonne droite du site), ou par retour de courrier à : A Contre Courant BP 12123 68060 Mulhouse cedex
- En nous faisant un don via Paypal (colonne droite du site) ou par retour de courrier à cette adresse : A Contre Courant BP 12123 68060 Mulhouse cedex 2.
Merci par avance pour votre soutien.
Les coordonnées internet de la revue "A Contre Courant" sont:
Site: www.acontrecourant.org ou www.acontrecourant.info
Courriel: courrier@acontrecourant.org

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 09:28

De temps en temps je relis les classiques, parce que, devant l’avalanche de publications inutiles, on est désemparé, noyé dans des flots de livres inutiles. Elias Canetti pensait qu’il est peut-être nécessaire d’éviter d’être ainsi submergé. « C’est tout un art de lire suffisamment peu. », écrit-il. Et l’on connaît certainement, dans un tout autre style, la fameuse énumération de Céline dans le DVD « Céline Vivant ». On lui cite des grands auteurs du 20ème siècle, et il répond d’un mot, pour Mauriac, pour Malraux, pour Montherlant, par exemple : « Insignifiant …Insignifiant…Insignifiant… »
Ca devient vite comique, surtout quand on lui demande pourquoi il est le meilleur. Réponse :
« Les autres, y foutent rien…Moi je travaille ! » Et ce n’est pas une simple vantardise. Céline était apprécié de Lecoin, avec qui il échangea une correspondance. Mais on ne veut pas l’entendre, enfin on ne voulait pas, parce qu’il était antisémite ! Or, de tout temps, si l’on examine un peu l’histoire, on s’aperçoit que les Juifs ont été tantôt appréciés, quand on avait besoin d’eux, tantôt persécutés, quand le pouvoir les trouvait nocifs. Par exemple, Philippe Auguste, l’un des fondateurs du Royaume de France, les taxait si lourdement qu’il leur rendait la vie impossible. C’est que les Juifs détenaient l’argent, puisqu’ils n’avaient pas le droit d’être installés. Ils étaient condamnés à la route : ils étaient les errants par opposition aux sédentaires. Quelques mots sur le raisonnement célinien : tout le mal vient de l’argent, or les riches sont juifs, donc l’ennemi est le juif. Véronique Anglard qui est l’auteur d’un « Céline »  (Fernand Nathan. 1993) explique : le syllogisme est faux, à cause de la « deuxième prémisse ». Tous les juifs ne sont pas riches !


Mais les « marchands de canons » de la Grande Guerre étaient juifs. Et nous revoilà dans le sujet. C’est le moment de parler de Georges Bernanos, auteur de « La grande peur des bien pensants », ouvrage consacré à Edouard Drumont, auteur de « La France juive » et créateur d’une revue antisémite : « La libre parole ». On pardonne à Bernanos, pas à Céline ! Pourquoi ? Parce que Bernanos a choisi de défendre les Alliés en 1940. Ses écrits eurent un impact considérable. De Gaulle voulut le faire entrer à l’Académie Française. Bernanos refuse. On cherche à le décorer de la Légion d’honneur, à plusieurs reprises. Il refuse encore. C’est que Bernanos est une grande gueule, comme Céline, dont il fit l’éloge à propos du « Voyage ». La motivation de Bernanos est certainement différente: les Juifs ont tué le Christ. Mais il a choisi le combat, la guerre si on préfère, après avoir connu les tranchées de 14-18. Céline vitupère contre la guerre ! Céline n’est pas un nazi et on le refuse dans « Je suis partout ». Vous voyez bien que c’est quand même parfois utile de lire !
 Au fond, Céline n’avait qu’un défaut : il ne buvait pas ! Il était obsédé par l’hygiène et ça, c’est pas bon signe non plus. Un vrai soldat de la Grande Guerre, ça élève des poux, des morpions, des rats, des bactéries, bref ça aime les animaux. Et en plus, c’est sale, donc ça économise l’eau, ça protège les nappes phréatiques. Les poilus de 14-18 sont les précurseurs du Grenelle de l’environnement !
 Et il y a longtemps que ça dure ! Les hommes ont passé une partie de leur temps à s’entretuer ! Depuis le début, chez les Grecs et dans la Bible, surtout l’Ancien Testament !
Regardez la première grande œuvre d’art occidentale : « l’Iliade ». Ensuite les Romains, qui n’étaient pas des poules mouillées non plus. Ils s’entretuaient pour faire du spectacle.


La guerre, c’est tout simple. On commence à bastonner et ensuite on cherche et on trouve la cause. Il y en a toujours une qui traîne dans le cerveau des illuminés ! Gaston Bouthoul a bien étudié le phénomène. Il suffit de lire le petit « Que sais-je », « La guerre ». On comprend vite que la guerre est au cœur de l’homme, que Dieu dans sa grande bonté, a laissé à l’homme ce jeu sacré aux grands enfants que nous sommes. Je cite encore Céline, qui cite lui-même Elie Faure :
« Les Aztèques éventraient couramment, qu’on raconte, dans leurs temples du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au dieu des nuages, afin qu’il leur envoie la pluie. C’est des choses qu’on a du mal à croire avant d’aller en guerre ».

Parce que la guerre, c’est la fête suprême, c’est ce que dit aussi Roger Caillois. Quand on a tout cassé, on reconstruit, sinon on n’a plus rien à casser. Allons je vais finir optimiste, avec une citation de Jaurès : « Donnez du blé aux hommes, ils se battront. Donnez leur une cité à construire, ils deviendront frères.»
Jaurès a été assassiné la veille de la déclaration de guerre. On n’a jamais voulu retrouver son assassin. C’est normal : Jaurès était un rabat-joie, un trouble-fête !
 Finalement, la lecture, à petites doses, ça peut être utile. En ce moment on ne risque rien. Même les « universitaires » ne savent plus lire. Je ne parle pas des Maîtres du Monde. Eux, ils savent compter. On devrait en pendre un tous les matins, c’est ce qu’on fait pour effrayer les corbeaux. Et ça marche !

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 09:18

Ouf ! Le n°53 spécial "Crise de la dette" est enfin sorti ! Bon d’accord, avec 15 jours de retard mais pour 3€, lisez, découvrez, retrouvez le journal Fakir en kiosques ou alors abonnez-vous ! Car on ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu’il est acheté.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 09:04

Tondues-en-44.jpgLa recluse raconte le séjour de M. Dautraye (clone de l’auteur), à Montaignan. (Saint-Flour) Un fait divers, peu ordinaire, l’a attirée dans ce petit chef-lieu d’arrondissement du Cantal qui va la fasciner. En huit jours, la narratrice évoque la destinée d’Estelle Boulay, une jeune fille tondue à la Libération qui, ne supportant pas l’humiliation, est restée cloîtrée chez elle durant quarante années. Grâce à quelques articles et photos, recueillis dans la presse régionale, puisant dans ses souvenirs personnels mais donnant libre cours à son imagination, l’auteur va mettre en scène l’histoire d’Estelle Boulay et celle de toute sa famille.
Peu à peu, la narratrice s’attache à son héroïne au point de s’identifier à elle, d’entretenir avec elle des rapports fusionnels et la descente aux enfers qui s’en suit peut ébranler les sensibilités ou les susceptibilités.
La recluse, c’est à la fois des larmes, du sang, de la rage, de la folie, de la mort et de la merde formant une alliance tantôt attendrissante, tantôt horrifiante. L’histoire de Marie et d’Estelle rencontre l’Autre, l’Histoire Majuscule. A la lecture de ce récit (de semi fiction) chacun, selon sa sensibilité, pourra choisir entre s’émouvoir et s’indigner.
La recluse, s’inspire d’un fait divers des années 80 qui rappelle un épisode peu glorieux de la Libération, occulté dans la commémoration de cette dernière.
Il peut se lire comme une lente descente aux enfers qui touche à ce qu’il y a de plus pervers en l’Homme, se libérant dès que les verrous de la morale sautent.
La composition en contrepoint Estelle / Marie permet de montrer avec finesse la sorte de mue, l’identification entre l’auteur et son héroïne. Jamais le lecteur n’a l’impression qu’aucun des personnages n’en fait trop et, très vite pris au piège du récit, il ne peut le lâcher avant la fin.
Le travail sur le style, l’écriture – parfaitement maîtrisés – est incontestablement la marque de la réussite de cet ouvrage bouleversant qui nous conduit à faire table rase de tous nos tabous et de notre moralité.
Le lecteur ne sort pas serein de cette lecture. Il ressent un impérieux besoin d’en savoir plus.
( Texte inspiré par la lettre reçue d’Elisabeth Samama, le 9/11/88 – Editions Julliard ).

 

A commander chez l'auteur :recluse

Odette Laplaze-Estorgues
33 rue Vallée de la Préguille
63122 CEYRAT
Prix : 12 € port compris

 
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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 08:56

 

Une centaine d’activistes devrait arriver dans la bande de Gaza mardi prochain avec le 8ème convoi « Miles of Smiles » qui apporte de l’aide médicale à la population assiégée de Gaza, a déclaré le professeur Isam Mustafa.

Les activistes emmènent avec  eux 497.000$ de médicaments ainsi que des ambulances et des voitures adaptées pour des handicapés.

Les participants viennent de Tunisie, du Maroc, du Barhrein , de Jordanie, d’Algérie, de France, de Pologne et de Grande Bretagne pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens et briser le siège illégal d’Israël.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 08:36

Lettre ouverte à la sénatrice socialiste Bariza Khiari, qui ose parler d’un bon Islam…


Tout d’abord, excusez mon audace, car j’ai beaucoup hésité avant de vous écrire, pour soulever le problème de l’Islam et pour répondre aux déclarations que vous avez faîtes sur la chaine de télévision parlementaire.

En effet, vous avez dit qu’il y a une grande différence entre votre Islam et celui qui fait débat actuellement à travers le monde.
Sachez Madame la Sénatrice, que je ne partage pas votre point de vue.
Je crois savoir, si mes sources sont fiables, que vous avez les mêmes origines que moi : berbères.
 Eh bien, ouvrons les manuels d’histoire, les plus anciens.

L’Islam s’est propagé en Afrique du nord par l’épée et il a soumis nos ancêtres communs par la terreur, en appliquant à la lettre le Djihad. Sinon comment  expliquer que Okba le conquérant était devenu le libérateur et Koceyla, le patriote,
était devenu l’ennemi de son propre pays, passant aux oubliettes de l’histoire ?

Qui se souvient du prince Koceyla en Algérie ? Personne, parce qu’il était Chrétien !

Mais une ville du sud algérien porte le nom d’Okba pour le glorifier. Qui dit mieux ? mais pourquoi pas !

Ce ‘‘valeureux’’ chef musulman Okba, pour mieux humilier et rabaisser plus bas que terre nos ancêtres amazighs, à son retour dans son pays, emmena dans ses bagages en plusieurs années 25.000 adolescentes berbères comme “butin de guerre” séquestrées au cours de ses razzias qui furent vendues comme esclaves sexuelles sur les marchés de Damas et de la région.

Et j’en passe mais sans oublier la diabolisation bien orchestrée de la Reine Kahina, par les envahisseurs de la
Numidie qui perdure jusqu’à nos jours. Quant au Coran que l’on nous impose de respecter mais pourquoi pas dans ses bons principes , c’est l’auberge espagnole, on peut y faire le marché à la carte, suivant le goût et l’odeur du moment. La religion islamique, pardonnez moi, est une vraie lessiveuse des esprits…

Madame la Sénatrice et, avec votre permission, évoquons le sort réservé à la femme en Islam. Et commençons par Mahomet, lui-même, ne s’est-il pas marié avec Aïcha, la gamine de neuf ans, alors qu’il en avait cinquante deux ou cinquante trois ? N’avait-il pas pris comme épouse Zineb, la femme de son fils adoptif Zaïd, après l’avoir contraint à se séparer d’elle, par un verset coranique ? Et combien d’épouses et de femmes esclaves, avait-il possédé durant sa vie ?...  C'est une question que je me pose et que je vous pose et j’attendrai votre réponse pour aérer mon esprit embrouillé.

Quant au statut de la femme, l’Islam a scellé son sort depuis 14 siècles. Il n’y a qu’à voir ce que les versets coraniques ordonnent en ce qui concerne le témoignage, l’héritage, la polygamie, le mariage, le divorce à son sujet…N’est-il pas écrit dans le Coran : « les hommes sont supérieurs aux femmes parce que Allah leur a octroyé la supériorité sur elles. Par conséquent, il donne aux hommes le double de ce qu’il donne aux femmes. Les maris qui souffriront de la désobéissance de leurs femmes, peuvent les châtier : abandonner leur lit et même les frapper. Il n’a pas été légué à l’homme pire calamité que la femme. »

Arrêtons de nous voiler la face et de radoter que c’est un complot ourdi par nos ennemis que nous avons appris à ânonner haut et fort pour dédouaner l’Islam de la situation d’infériorité qu’il a infligé à nos mères, à nos épouses, à nos sœurs, et à nos filles depuis 14 siècles. Mais pour ma part, je crois que nous parlons de l’Islam sans connaître sa matrice, la bédouinité.

Je pourrai soulever d’autres questions qui fâchent, à l’exemple de l’esclavage qui est codifié par l’Islam, le sort des juifs et des chrétiens qui deviennent des “dhimmis”. Quant au sort du renégat, il est vite expédié, car il est du devoir de chaque musulman de lui couper la tête. On devient musulman par héritage et pour l’éternité… Où sont passés les droits de l’homme et où est passée la liberté de conscience, de confession en territoires islamiques dont se gargarisent les intellectuels musulmans confortablement installés en Occident, terre par excellence des Infidèles, qui squattent à longueur d’année certains plateaux de chaînes de télévisions avec la complicité des journalistes en quête d’audimat ?

Quant à moi, j’ai des trous de mémoire, excusez-moi, j’ai oublié qu’il y a une vraie douceur de vivre en terre Chrétienne, mille fois mieux qu’à la Mecque. Alors de grâce, ces censeurs de conscience (surtout en la doulce France) qui croient dur comme fer que l’Islam est humaniste, pourquoi s’accrochent-ils contre vents et marrées à demeurer en Occident alors qu’ils seraient mieux lotis en terre d’Islam pour adorer Allah en toute quiétude sans qu’ils soient gênés par le comportement immoral des Occidentaux comme ils ne cessent de le radoter, aux pays du porc et du vin?

Quant à moi, je les invite à me rejoindre dans l’enfer de l’arabo-catastrophisme, je les y attendrai avec du lait et des dattes tout en leur souhaitant la bienvenue au club des damnés de la terre, car de Tanger jusqu’à Djakarta, je n’aperçois qu’aliénation culturelle, haine, sous-développement, misère et désolation.

J’arrête de divaguer mais pas avant de vous avoir dit, Madame la Sénatrice, que la femme (comme vous) n’a pas le droit de fouler le paradis où elle sera remplacée par les houris. Heureux le musulman qui accédera au ferdaous, le jour du jugement dernier, car il aura à sa disposition soixante douze houris et des rivières de vin ( verset coranique).
Et je vous défie de m’apporter les arguments contraires.

Arrêtez de faire de la manipulation, car tôt ou tard la vérité éclatera et les Français de gauche découvriront enfin le vrai visage de cette religion basée sur les mensonges, l’exclusion et la barbarie quand ils seront devenus des dhimmis mais ce jour-là, il sera trop tard.

Veuillez agréer, Madame la Sénatrice, l’expression de ma haute considération.
Hamdane Ammar

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 08:30

Il nous est difficile de communiquer cette nouvelle, mais les propres membres d'Avaaz se font torturer par le monstrueux régime syrien. Manhal* raconte qu'il a été détenu dans une prison secrète où ils lui ont arraché les ongles des mains et des pieds et électrocuté plusieurs parties du corps. "J'ai vu la mort, et j'ai été torturé presque à mort," nous a-t-il dit. Mais si nous agissons maintenant, nous pouvons faire du sacrifice de Manhal la goutte d'eau qui fait déborder le vase et qui force le monde entier à se retourner contre le régime d'Assad.

Les observateurs de la Ligue arabe n'ont pas réussi à faire cesser la violente répression, mais la pression mise sur Assad s'intensifie. Avaaz vient de publier un rapport terrifiant qui dévoile l'ampleur des centres de détention en Syrie, y compris ce qu'ils ont infligé à Manhal. Si nous lançons maintenant un immense tollé mondial, nous pouvons contraindre des gouvernements clés à faire face aux horreurs détaillées dans ce rapport et accélérer la chute d'Assad.

Signez la pétition dès maintenant, et lorsque nous aurons atteint 500 000 signatures, nous la remettrons avec le rapport d'Avaaz à la Ligue arabe et au Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de les exhorter à déférer Assad devant la Cour pénale internationale pour qu'il y soit jugé pour crimes contre l'humanité:

http://www.avaaz.org/fr/arrest_syrias_torturers_fr/?vl

Les Nations Unies ont déjà déclaré qu'il y a eu crimes contre l'humanité en Syrie. Et à présent le régime reçoit un nouveau coup de massue -- un rapport accablant compilé par les courageux militants syriens d'Avaaz conclut que ces crimes contre l'humanité ont été perpétrés par de hauts dignitaires du régime d'Assad. Aucun autre rapport n'a détaillé aussi précisément les liens entre les hauts dignitaires du régime et la torture pratiquée par celui-ci -- c'est peut-être là notre meilleure chance pour que la communauté internationale agisse.

Nous avions tous espéré que la mission d'observation de la Ligue arabe puisse mettre fin aux violences, mais ses membres se sont compromis et discrédités. Bien qu'ils aient vu de près les snipers d'Assad en action, ils ont simplement prolongé leur période d'observation, sans même demander une intervention d'urgence. Cela permet à des pays comme la Russie, la Chine et l'Inde de bloquer le processus de décision des Nations Unies, tandis que la défense pathétique du régime pour justifier ses crimes odieux a consisté à prétexter combattre une insurrection terroriste, au lieu d'un mouvement démocratique pacifique. Mais des rapports tels que celui publié par Avaaz dévoilent les mensonges de ce régime atroce et corrompu. Il suffit à présent de rendre le monde témoin des horreurs que ce régime a commises.

Pour Assad, le temps pourrait être compté si nous créons une immense vague de pression publique capable de faire pencher la balance. Unissons le monde pour exhorter le Conseil de sécurité des Nations Unies à déférer le brutal régime syrien devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Signez la pétition et parlez-en à tout le monde:

http://www.avaaz.org/fr/arrest_syrias_torturers_fr/?vl

Partout dans le monde arabe, le pouvoir citoyen a fait tomber les dictateurs les uns après les autres, et notre extraordinaire communauté Avaaz a été au cœur des luttes pour la démocratie: nous avons brisé le black-out des médias imposé par des dirigeants corrompus, formé et équipé des journalistes citoyens, fourni du matériel de premiers secours indispensable aux populations assiégées en Syrie, et protégé des centaines de militants et leurs familles à l'abri des bandits du régime. Faisons en sorte que la souffrance de Manhal au nom de la liberté n'ait pas été vaine. Exhortons l'ONU à agir maintenant.

* Le nom de "Manhal" a été changé pour protéger sa réelle identité.

SOURCES

Rapport d'Avaaz sur les centres de torture du régime syrien (en anglais)
http://avaazimages.s3.amazonaws.com/DetentionCentresinSyria.pdf

Un rapport commandé par l'ONU accuse la Syrie de crimes contre l'humanité (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/29/un-rapport-commande-par-l-onu-accuse-la-syrie-de-crimes-contre-l-humanite_1610660_3218.html

Sarkozy: le président syrien "doit quitter le pouvoir" (France Soir)
http://www.francesoir.fr/actualite/international/syrie-sarkozy-hausse-ton-avec-assad-170179.html

L'opposition syrienne sceptique sur le maintien des observateurs (Le Point)
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/l-opposition-syrienne-sceptique-sur-le-maintien-des-observateurs-09-01-2012-1416942_240.php

Syrie: Les USA accusent le régime d'avoir accru la répression (Nouvel Obs)
http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revolte-syrienne/20111227.OBS7636/info-obs-les-activistes-syriens-de-homs-ont-rencontre-les-observateurs.html

Le régime syrien accusé d'avoir torturé à mort 617 détenus (Associated Press)
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/syrie/201201/05/01-4483203-le-regime-syrien-accuse-davoir-torture-a-mort-617-detenus.php

Rapport de la commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie (Conseil des droits de l'homme des Nations Unies) -- en anglais
http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/specialsession/17/docs/A-HRC-S-17-2-Add1.pdf

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:55

boris_vian_trompette.jpgVoici qu’on fête Boris Vian et c’est déshonorant pour le pseudo ministre de l’a-culturation, qui a refusé Céline. Il ne mérite pas de faire semblant d’admirer Boris Vian ! Et, bien entendu, à cause de cette exposition à la Bibliothèque Nationale de France, il y a toujours un crétin  internaute qui croit malin de critiquer Vian, comme si n’importe quel trou du cul avait le droit de parler des géants de la littérature, de la chanson, de la musique et des arts en général.
 Chions sur cet étron et n’en parlons plus.
Je rappelle tout de même que, dans l’Ecume des Jours, à l’occasion du mariage de Colin et Chloé, Vian avait disposé, à la place des « Demoiselles d’Honneur », des Pédérastes d’Honneur, avec des pantalons dont les braguettes s’ouvraient par derrière…je rappellerais bien encore son petit grand ouvrage sur la nécessité de la Pornographie, son invention de la Roue Elastique, et l’enchantement qu’il produisit sur nous, quand la publication de son œuvre redémarra quelques mois après sa mort. Sa hantise de la mort, qui est le mobile de tous les vrais artistes, s’exprimait notamment dans « Je voudrais pas crever ». Citation :
« Je voudrais pas crever avant d’avoir mis mon zob/ dans des coinstots bizarres » et puis encore cette chanson qui dit :

« Je peux pas m’empêcher
Quand je vois un flic passer
De m’dire qu’y ferait bien à la morgue »

Faut tout de même être à la fois génial et gonflé pour oser dire des choses pareilles. Boris avait inventé des mots, comme le « libérationnement » ! Le recueil des « Fourmis » paru en 1947 a dû lui valoir bien des antipathies. Mais ce qui était désespérant pour lui, c’était de se trouver devant des hordes d’abrutis, qui ne comprenaient rien ! Ainsi « L’Arrache Cœur », chef d’œuvre incontestable d’imagination, de verve, de critique sociale profonde, trouva-t-il seulement 150 acheteurs.
 Boris mourut avec cette épitaphe du « Canard Enchaîné », le 23 juin 1959 : « Il ne connaissait pas la médiocrité. » Et, plus loin : « Il était deux fois condamné, par la Médecine et par la Justice ». Il fut inhumé un jour de grève des croquemorts, et sa tombe est dans le cimetière de Ville d’Avray, où l’on peut voir aussi la maison familiale, voisine de celle de Jean Rostand, un scientifique complètement irrécupérable par la bonne société, un humaniste qui avait reconnu en Boris un génie, un surdoué au-dessus des surdoués. Sa tombe, oui : elle est anonyme, introuvable, sans l’aide de la gardienne du cimetière. Boris est là, sous cette terre, il n’a pas de nom au cimetière, il a un nom dans le monde entier ! Il est impossible d’enterrer Boris Vian, qui nous a tellement, parce qu’il se savait condamné, aidés à vivre libres !
 Evidemment, il y en a d’autres qui nous empêchent de vivre, qui nous rendent cons, couards, lâches et vous voyez à qui je pense, (à beaucoup d’autres, mais à ce petit merdeux en premier, ce jouet des multinationales, qui écrase, avec leur consentement, les plus misérables de la planète entière. Mais qu’attendons-nous pour leur dire leurs quatre vérités ?)
 Aujourd’hui, à la télévision, le petit salopard se prenait pour Jeanne d’Arc.
Et pour une fois, il disait vrai. Mr Sarkozy a gardé les moutons en compagnie de Jeanne d’Arc et  je témoigne je l’ai vu. Il adorait enculer les animaux dénaturés que nous sommes, avec un peu d’eau bénie par l’immortel Bigard ! Jeanne lui enfonçait alors un bâton dans le cul, et cette enflure jouissait comme un vrai berger des connards que nous sommes devenus !
Oui, il n’a pas menti, le petit président, c’est le berger du troupeau d’abrutis que nous sommes devenus depuis que Boris nous a quittés.
 Il a ses chiens de garde pour nous tenir à portée (excusez moi, les chiens, vous êtes d’aimables compagnons, de fidèles compagnons, mais on vous a dressés parfois comme des chiens policiers).
« Comme des hommes » chante Ferré dans cette chanson audacieuse : « Mon Général ».
Boris n’est plus là ? Vous vous trompez, il est toujours présent parmi nous mais nous sommes devenus de très petits cons obéissants à tous les règlements qui nous oppriment.
 Nous sommes un troupeau, heureusement j’ai fait un rêve : Boris (190 centimètres) assommait le petit trou du cul dont c’est l’anniversaire tous les jours ! Et la fête pour bientôt ! Mais rassurez-vous, il en reste des trous du cul, on n’est pas en rupture de stocks !

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:47

 « On a tous quelque chose en nous de Michael Jackson. » Cette déclaration de Frédéric Mitterrand, au lendemain même de sa nomination au poste de ministre de la Culture, avait de quoi inquiéter, par sa bêtise épaisse, les amoureux de la chanson dite « à texte », déjà grandement malmenée par tous ses prédécesseurs à ce poste.


En mars 2011, comme pour mieux confirmer nos craintes, ledit ministre, dans son très officiel recueil annuel des célébrations nationales, eut l’idée très culturelle d’honorer l’éternelle « idole des jeunes », Johnny Hallyday, une façon comme une autre de signifier, sans doute, que nous avons tous en nous une part d’inculture crasse, de goût immodéré pour le ralliement à toutes les modes et pour la putasserie médiatique.


Avant de quitter sa fonction dans quelques mois, peut-être, il convenait pour le ministre de parfaire cet hommage inachevé au plus populaire des arts. C’est chose faite, depuis peu, avec l’attribution de la Légion d’honneur, pour la promotion du nouvel an, au duo de poètes délicats des années 70, Stone et Charden (« Et dans mon cœur j'ai toujours gardé/Les vaches rousses, blanches et noires/Sur lesquelles tombe la pluie/Et les cerisiers blancs made in Normandie/Une mare avec des canards/Des pommiers dans la prairie/Et le bon cidre doux made in Normandie/Les œufs made in Normandie/Les bœufs made in Normandie/Un p'tit village plein d'amis/Et puis les filles aux joues rouges/Qui donnent aux hommes de là-bas/L'amour made in Normandie »).


Cette distinction semble avoir chagriné quelques passionnés de chanson de paroles qui, depuis le temps qu’elle reçoit des coups de pied au cul et le mépris intégral des plus hautes instances de l’Etat, semblent néanmoins espérer encore un mot, une médaille, un geste de reconnaissance venu d’en haut. Sans vouloir les commander, bien sûr, il conviendrait que ces fidèles, sous peine de sombrer rapidement dans le ridicule, abandonnent au plus tôt cette vaine espérance de voir un jour la poésie mise en musique honorée par une institution qui confond absolument la chanson avec l’industrie du spectacle, le show-biz et l’abrutissement collectif.


S’il est, en revanche, un fait marquant dans cette récente distribution de hochets, c’est bien l’injustice flagrante consistant à ne récompenser que ces deux seuls représentants du crétinisme musical. L’hommage appuyé à la connerie chantée auquel M. Mitterrand semble tenir imposait en effet qu’on distinguât bien d’autres spécimens ayant œuvré dans ce créneau. Les Richard Anthony, Frank Alamo, Michèle Torr, Sheila, Herbert Léonard, Patrick Juvet, Rika Zaraï, d’autres encore, beaucoup d’autres…
Mais j’y songe soudainement ! Sans doute la Légion d’honneur leur a-t-elle déjà été attribuée. Jack Lang n’a pas pu ne pas y penser !…

Comme l’instituteur d’autrefois distribuant bons points et images aux élèves méritants et disciplinés, la République a ses enfants sages et travailleurs, qu’elle récompense au seuil de chaque nouvelle année en leur offrant la Légion d’honneur, petite tache de sang de cochon sur la boutonnière des gens bien.
Politiciens de haut rang, élus locaux, artistes, chefs d’entreprise, commerçants, scientifiques, sportifs, syndicalistes, gens de lettre et enseignants, tous les « acteurs de premier plan » de la vie sociale reçoivent tôt ou tard, pour prix de leur complicité et de leur attachement aux institutions, cette distinction ridiculement flatteuse qui, en janvier, fait grossir un peu plus la secte des Adorateurs de l’État.
Aux étages inférieurs, parmi ces armées de figurants jamais conviés aux coûteux banquets d’une prétendue élite, il y a bien sûr des envieux et des jaloux, qui voudraient bien… Alors, on a prévu pour eux d’autres hochets, diplômes de bons et loyaux services, brevets, certificats, médailles du travail, du mérite, du courage, inutile paperasserie ou hideuse quincaillerie pour esclaves satisfaits.
Après la fête, de tristes et misérables décorations pendouillent sur des sapins en décomposition. On dirait tout ce beau monde…

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