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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 09:20

"Je défends principalement une idée originale et puissante d’auto-émancipation des peuples par rapport à leurs exploiteurs, à travers des ateliers constituants populaires : je prétends que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou de réviser la constitution.

Seuls les citoyens sont légitimes et capables pour rédiger, pour réviser et pour protéger une constitution digne de ce nom.

L’enjeu sociétal majeur de cette idée est de retirer aux plus riches le contrôle politique des sociétés humaines,

 1) en remplaçant le faux « suffrage universel » (élire des maîtres parmi des candidats que les riches peuvent aider) par un vrai suffrage universel (voter les lois), et 

2) en contrôlant sévèrement les cinq pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire, monétaire et médiatique) par des Chambres de contrôles tirées au sort.

 

Il est notamment une idée puissante que je défends de toutes mes forces et qui déplaît peut-être souverainement aux richissimes propriétaires du Monde (et qui expliquerait peut-être la campagne de dénigrement que je subis depuis le grand succès de la courte vidéo de mon passage à Ce soir ou jamais au début septembre 2014, plus de 35 millions de vues sur Facebook, vidéo dans laquelle je dénonce précisément l’achat des journaux par des milliardaires pour gagner les élections et nous imposer leur droit), ce qui défrise peut-être les subordonnés des riches propriétaires du Monde, donc, c’est cette idée que l’information du peuple ne devrait jamais pouvoir être appropriée par personne et qu’une constitution digne de ce nom prévoirait assurément que tout journal doit appartenir à ses journalistes et ne peut en aucun cas être acheté comme une marchandise (que ce soit par une entreprise ou par un particulier)..."

 

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 09:14

On sait désormais avec précision quel sera l'arsenal du juge saisi en urgence pour empêcher la propagation de fake news. Consultées par Le Monde et diffusées par le site Next Inpact ce mercredi 7 mars, les propositions de loi (simple et organique) "relatives à la lutte contre les fausses nouvelles" ne sont qu'à l'état de brouillon et peuvent encore être modifiées, notamment après leur passage devant le Conseil d'Etat.

Elles explicitent et confirment en revanche ce que la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait déjà très largement détaillé. Comme prévu, la loi prévoit des obligations nouvelles pour les plateformes qui devront coopérer avec l'État et être transparentes sur les contenus sponsorisés.

Mesure-phare, une procédure de référé judiciaire est mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d'une fausse nouvelle en période électorale. Le parquet ainsi que "toute personne ayant intérêt à agir" pourront à l'avenir saisir le juge en référé (le tribunal de grande instance de Paris en aura la compétence exclusive) dès lors que "des fausses informations et de nature à altérer la sincérité du scrutin auront été diffusées en ligne, de manière massive et artificielle", notamment via le recours à des "bots" automatisés.

Une fois saisi, le procureur aura 48 heures pour trancher et pourra ordonner "le déréférencement du site, le retrait du contenu en cause ainsi que l'interdiction de sa remise en ligne, la fermeture du compte d'un utilisateur ayant contribué de manière répétée à la diffusion de ce contenu, voire le blocage d'accès du site Internet".

Les hébergeurs, plateformes et fournisseurs d'accès à Internet seront tenus de se plier à sa décison sous peine de sanctions.

 

Un volet consacré aux chaînes étrangères

Cette loi a été pensée à partir de cas précis où la circulation de fausses nouvelles a été massive et déterminante: la campagne du Brexit, la dernière élection américaine et le référendum catalan, avait souligné le ministère.

Comme l'avait souligné le président Emmanuel Macron en visant notamment les médias russes RT et Sputnik, la question des médias sous influence d'un Etat étranger figurera en bonne place des textes qui doivent être présentés officiellement à la mi-avril. La proposition de loi renforce ainsi les pouvoirs du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Désormais, celui-ci aura la possibilité "d'empêcher, de suspendre ou de mettre fin à la diffusion de services de télévision contrôlés par un Etat étranger et qui portent atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation ou participent à une entreprise de déstabilisation de ses institutions."

 

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 09:08

C'est, sans surprise, que nous venons d'apprendre la décision du Préfet de la Creuse au sujet de l'extension de la Ferme-Usine des 1000 Veaux. Sans surprise, car cette décision nous avait déjà été annoncée de manière officieuse durant la consultation publique qui s’est déroulée du 20 novembre au 18 décembre 2017. Preuve que tout était joué d’avance alors même que la consultation était encore en cours.

M.Chopin vient ainsi d'autoriser la SAS Ferme de St Martial (anciennement SAS Alliance Millevaches) à passer de 400 à 800 animaux. 

Rappelons que la Ferme-Usine des 1000 Veaux de St Martial le Vieux était limitée à 400 animaux grâce à l'action de L-PEA devant le Tribunal Administratif de Limoges. Rappelons encore que c’est grâce à un décret « sur mesure » signé le 7 décembre 2016 que M.Valls et Mme Royal ont permis à la SAS de contourner cette décision de justice et de passer à 800 animaux.

 

Nous restons fermement mobilisés contre la Ferme-Usine des 1000 Veaux et nous contesterons par tous les moyens légaux cette décision anti démocratique, attentatoire au bien-être animal et qui ne vise qu’à promouvoir un modèle d’élevage intensif totalement dépassé.

Nous constatons, une nouvelle fois, que l’État n'hésite pas à aller dans le sens des lobbies et des grands syndicats agricoles, nombreux à faire pression sur ce dossier, à l'encontre de l'intérêt général, du bien-être animal et au mépris des procédures en cours et des décisions de justice déjà rendues.

 

Consulter l'arrêté préfectoral

 

RDV le 7 avril prochain, à Guéret, pour une Grande Manifestation et un Happening Géant !

 

    •    Evénement Facebook

    •    Sur notre Site Internet

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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 09:04

Cela fait des décennies que les Gouvernements et les autorités de santé discutent de l’éventuelle interdiction du Roundup.   

Cet herbicide, interdit au Sri Lanka, est considéré comme dangereux par de nombreux médecins et agriculteurs dans le monde. 

On lui reproche notamment, sa capacité de chélateur de métaux. C’est à dire qu’il draine des métaux lourds. Lorsque vous prenez de l’eau imbibée de Roundup, elle charrie avec elle de nombreux toxiques (outre le produit lui même) qui attaquent vos organes. 

D’où l’épidémie de maladies qui s’est abattue sur les pays utilisant ce produit massivement. 

En Argentine, le Roundup a été utilisé dans le cadre de la culture intensive de soja. 

Le bilan de la culture du soja associée au Roundup en Argentine c’est :   

>> 21 millions d’hectares de culture de soja dans le pays, soit 60% des terres cultivées; 

>> 240 millions de litres de Roundup consommés (1 million avant 1997). C’est cinq litres par an et par habitant; 

>> 30% des entrées des devises nationales; 

>> 22 fausses couches pour 100 grossesses. C’était 6 pour cent en 1997, soit une augmentation de plus de 300% (étude menée dans les campements sanitaires auprès de 96 874 personnes); 

>> 18 pour mille malformations congénitales contre 9 pour mille en 1997; 

>> Une explosion des cancers; 

>> Une explosion des hyperthyroïdies : 47/10 000 soit 10 fois plus que dans la population espagnole. 

 

Par ailleurs, le Centre International de Recherche contre le Cancer, une institution extrêmement prudente, a rangé ce produit au rang des cancérogènes probables. 

Vous pouvez être certains, que d’ici quelques années, tous les doutes auront été levés. C’est sans doute parce que les représentants de la firme Monsanto, qui produit le Roundup le sait très bien, qu’elle se montre si agressive pour défendre son produit. 

Mais aujourd’hui la stratégie du géant des OGMs a changé. 

Sachant que le Roundup vit peut être ses dernières années d’utilisation, l’entreprise prévoit de mettre sur le marché un nouveau produit : le Dicamba. 

Ce pesticide est 75 à 400 fois plus puissant que le Roundup. 

Il tue tout sauf les cultures qui ont été génétiquement modifiées pour lui résister. Enfin, cela dans un premier temps. 

Car, comme toujours, la nature s’adaptera. Très rapidement apparaîtront des plantes résistantes. Et il faudra forcer encore la dose, créer des herbicides encore plus violents. 

Jusqu’où ce jeu de massacre macabre va t’il aller? 

Nous devons agir et mettre autant de pression que possible sur les autorités pour qu’elles empêchent l’arrivée du produit sur le marché européen, tant qu’il en est encore temps. 

Une pétition allant dans ce sens a été lancée. Je vous encourage à la signer et à la partager autour de vous !

Signer la pétition

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 09:08

Le théologien et islamologue suisse est mis en examen pour deux viols et incarcéré à Fleury-Mérogis depuis le 2 février. Il avait récemment demandé à être libéré pour cause de maladie (il souffre, en effet, d’une sclérose en plaques et d’une neuropathie périphérique) mais le médecin désigné par la chambre de l’instruction a conclu, ce jeudi, que son état semble a priori compatible avec la détention. Un bilan neurologique complet a toutefois été requis en vue d’un examen ultérieur.

Suite à cette décision, l’intellectuel de 55 ans a bénéficié d’un grand élan de soutien de la part de nombreux musulmans qui estiment que sa présomption d’innocence a été bafouée et que son état de santé ne permet pas de le maintien en détention.

C’est, notamment, sur Internet que s’organisent les soutiens de Tariq Ramadan qui peut compter sur des centaines de milliers de partisans à travers le monde. Le mouvement Résistance & Alternative a ainsi été créé fin janvier par des proches du théologien pour « promouvoir sa pensée ». Il faut dire que le professeur Ramadan est considéré comme un réformateur par ses partisans quand ses détracteurs l’accusent de proximité avec l’islam radical.

Un soutien massif peut aussi être observé sur Twitter, où le hashtag #FreeTariqRamadan a été relayé des centaines de milliers de fois.

"Free Tariq Ramadan" est d’ailleurs le nom du collectif qui vient d’être formé par des proches du conférencier : ils ont récemment lancé une pétition sur le site Change.org pour réclamer sa « libération immédiate ». Elle compte, à ce jour, plus de 115.000 signatures. Les auteurs de la pétition dénoncent « un traitement particulièrement sévère » et pointent « une affaire qui souffre de graves lacunes et de multiples contradictions ». Ils affirment, en outre, détenir « des preuves d’implications confidentielles de personnalités politiques et judiciaires de haut niveau ».

La page Facebook du collectif relaie régulièrement les vidéos d’Iman Ramadan, l’épouse du prédicateur depuis plus de trente ans. Celle-ci fait preuve d’un dévouement et d’un soutien indéfectibles. « Il y a une vraie volonté politique de garder mon mari en prison », déplore-t-elle dans une vidéo qui compte déjà plus de 700.000 vues.

Une campagne de crowdfunding vient en sus d’être lancée par le collectif pour assurer les frais de justice de Tariq Ramadan. En quelques jours, elle a recueilli plus de 100.000 euros.

 
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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 09:04

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 09:02

Jacques Testart doit sa renommée aux premières « mères porteuses » sur des bovins en 1971, à la naissance du premier bébé éprouvette en France dénommé Amandine en 1982, aux premiers succès en France de la fécondation in vitro humaine puis, en 1986, de la congélation de l’embryon humain et enfin, en 1994, de la FIV avec injection du spermatozoïde. Il est, en effet, le premier biologiste français ayant conçu dans notre pays les créations ci-nommées.

Tant d’attributs permettent d’imaginer l’homme comme un savant fou, contemplant la vie comme un terrain d’expériences infinies, trafiquant dans son poussiéreux laboratoire des êtres humains, aujourd’hui debout aux premières loges des États généraux de la bioéthique.

Une sorte de savant fou, il l’assume, citant en introduction de l’un de ses essais Jean Rostand : « Ne prenons pas des airs de demi-dieux […] là où nous n’avons été que de petits sorciers. »

En y regardant de plus près, il semblerait, en effet, que le biologiste ait des remords de ses « petites tambouilles » de sorcier. En tout cas, il devient une figure de poids contre la GPA dans la tempête des États généraux de la bioéthique. Répondant à une interview du JDD Europe 1, il déclare : « Les mères porteuses pour aider les couples d’hommes, je suis contre. C’est de l’esclavage. » Quant à la PMA qui doit son introduction en France à notre biologiste, il estime, toujours dans la même interview, qu’« au-delà de la détresse de ces enfants sans origine, la médicalisation de l’insémination artificielle a ouvert la porte à l’eugénisme ». Son œuvre tourne au cauchemar : à cause de lui, l’eugénisme progresse à grands pas.

Le grand biologiste, ayant voulu rendre le monde meilleur, assiste, impuissant, aux conséquences logiques de ses créations scientifiques, à l’écroulement du monde parfait qu’il s’était imaginé, où tout couple pouvait concevoir. Il s’était cru tout-puissant jusqu’au jour où…

Lui pour qui « le transhumanisme [est] contre l’humanité », comme il titrera l’une de ses conférences, voit son œuvre servir à la sélection de l’humanité par « un eugénisme mou et démocratique, sans souffrance ».

 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 08:56

La Cour d’appel de Paris a refusé jeudi 26 février (NDLR : 2015) la libération du plus vieux prisonnier de France, Georges Ibrahim Abdallah, 64 ans.

Légalisme ou frilosité ? À l’heure où la lutte contre le terrorisme bat son plein, la Cour d’appel a préféré, jeudi 26 février, maintenir Georges Ibrahim Abdallah en détention. Dangereux terroriste pour les uns, simple résistant libanais pour les autres.

 

Qui est Georges Ibrahim Abdallah ?

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la Cour d’assises spéciale de Lyon en 1987 pour complicité dans l’assassinat de deux diplomates en 1982 à Paris, l’Américain Charles Ray et l’Israélien Yacov Barsimentov.

Précisons que Charles Ray était un agent de la DIA ( Defense Intelligence Agency ) et  Yacov Barsimentov un agent du Mossad (note du PRCF).

Se décrivant comme un « révolutionnaire », militant de la cause palestinienne, Georges Ibrahim Abdallah a cofondé en 1980 les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), groupuscule marxiste pro-syrien et anti-israélien qui a revendiqué cinq attentats, dont quatre mortels, entre 1981 et 82 en France.

Ses objectifs étaient la libération du Liban de toute présence étrangère (France, États-Unis, Israël) et la création d’un État palestinien.

 

Condamné dans un contexte politique tendu

La condamnation de ce militant libanais est intervenue dans un contexte politique particulièrement tendu alors qu’il était soupçonné d’être l’instigateur d’une série d’attentats commis en 1985 et 1986 en France (treize morts et des centaines de blessées) et revendiqués par le CSPPA (Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Arabes), un groupuscule qui réclame alors notamment la libération de George Ibrahim Abdallah.

Ce n’est qu’après sa condamnation que l’on apprendra qu’il n’avait pas de lien avec ces attentats.

 

Neuf demandes de libération refusées

Éligible à la libération conditionnelle depuis 1999, il a déjà déposé en vain neuf demandes en ce sens.

En 2003, la justice française avait accepté sa libération mais Dominique Perben, alors ministre de la justice, s’y était opposé et avait demandé au parquet général de faire appel. Les Américains étaient également intervenus considérant le détenu comme une menace encore active. La Cour d’appel avait finalement refusé sa libération.

En 2013, la justice acceptait de libérer Georges Ibrahim Abdallah et il revenait alors à Manuel Valls, ministre de l’intérieur, de prendre l’arrêté d’expulsion. Mais la Cour de Cassation intervenait alors pour annuler la libération conditionnelle au motif que le détenu aurait dû être soumis « à titre probatoire, à une mesure de semi-liberté ou de placement sous surveillance électronique pendant une période d’un an au moins ».

 

Une atteinte à la séparation des pouvoirs ?

Le 5 novembre 2015, le tribunal d’application des peines a de nouveau refusé de remettre en liberté l’ancien chef des FARL, décision confirmée aujourd’hui en appel.

Sa nouvelle demande a été déclarée irrecevable au motif qu’il n’avait pas fait préalablement l’objet d’un arrêté d’expulsion. La cour d’appel a ajouté à cet argument le fait que l’ancien militant « ne regrettait pas les actes pour lesquels il avait été condamné » et rappelé qu’il n’avait pas indemnisé les ayants droit des victimes.

Pour Me Jean-Louis Chalanset, subordonner la libération conditionnelle à la signature préalable d’un arrêté d’expulsion constitue une « entrave à la séparation des pouvoirs », l’exécutif dictant ainsi sa conduite au judiciaire. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il formerait un pourvoi en cassation contre cette décision.

 

De nombreux soutiens

Me Jean-Louis Chalanset assure que Georges Ibrahim Abdallah souhaite rejoindre le Liban craignant pour sa sécurité en France. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’avait pas demandé de semi-liberté. Il devrait selon lui, « être très bien accueilli » au Liban où il est « attendu » depuis de nombreuses années par les autorités du pays.

Le sort de Georges Ibrahim Abdallah a ému de nombreuses associations, partis politiques et élus de gauche dont certains lui ont encore aujourd’hui manifesté leur soutien. Yves Bonnet, patron de la DST au moment de l’arrestation de Georges Ibrahim Abdallah, dénonçait, déjà en 2012, dans les colonnes de La Dépêche, une « vengeance d’État” trouvant « anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison ».

 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 08:52

Salah Hamouri est détenu en, et par Israël, sans jugement, ni inculpation, depuis désormais six mois.

Une détention ardemment dénoncée à leurs homologues israéliens, nous assurent les diplomates, qui font semblant de gesticuler pour feindre l’indignation.

En réalité, ils ont baissé pavillon dès le premier jour. La France a baissé pavillon le jour même de l’enlèvement de Salah Hamouri, au petit matin du 23 août dernier, à Jérusalem-est annexé.

Salah Hamouri est depuis lors détenu de la manière la plus arbitraire qui soit, et la France, qui est sa patrie par sa mère, avec la Palestine qui est sa mère-patrie, la France n’oppose autre chose que la seule « protection diplomatique », c’est-à-dire concrètement, de simples « visites au parloir » du personnel consulaire.

Si ces visites apportent à Salah Hamouri un moment de réconfort certain, brisant son isolement le temps d’une entrevue, l’effet pervers sinon malsain de cette “protection” reste néanmoins de conférer à son emprisonnement, le caractère légitime, voire licite, qu’il n’a absolument pas, et cela à défaut d’être clairement jugé et décrété illégal, et donc intolérable, par la France.

Car aucune charge n’est retenue contre lui. Ni officiellement ni même officieusement.

Il n’est aucun dossier sur la base duquel il pourrait se défendre comme tout justiciable, et pour cause : il n’est de criminel dans cette affaire que l’enfermement souffert par Salah Hamouri.

La Chine, la Turquie, l’Iran, le Venezuela, Cuba, la Russie, le Maroc, l’Algérie ou encore le Mali et plus amplement tous autres pays, procèderaient de la sorte :

– que nos médias en feraient leurs gros titres sur 5 colonnes,

– que des banderoles seraient étendues sur les perrons de toutes les mairies,

– que des affiches seraient apposées aux frontons de toutes les préfectures, et

– que les ambassadeurs seraient convoqués, sinon décrétés persona non grata.

Mais pour Salah Hamouri, rien de cela. Pour Salah rien de tel, alors qu’il n’est rien d’autre que l’otage, je ne trouve pas meilleure qualification juridique, l’otage d’un état étranger, sans que la France, pourtant si prompte à donner des leçons de droits de l’homme au reste du monde, ne réagisse.

 
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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 10:44

Je me souviens que nous avons été tout de suite copains, avec l’américain Robert Kramer, étudiant à New-York et fils de grands bourgeois intellectuels connus dans le milieu.

Je me souviens que les différences sociales, on ne les voyait pas, il ne les montrait pas. Je me souviens encore que nous avions organisé une course de bicyclettes avec Robert et plusieurs autres « étudiants » d’Issoudun.

On partait des Pyramides, on allait en haut de la côte du Portal, puis on tournait vers les Lagnys. C’est là, je me souviens, quand on avait pris vers Ménétréols, que j’avais prévu ce que j’appelais le Col. A un moment, la côte atteint 215 mètres d’altitude, puis après on redescend vers les Pyramides et je me souviens que sur la vieille carte d’Etat-Major, on voyait la cour de la ferme à 170 mètres.

Je me souviens que j’avais calculé de le lâcher dans la côte, pendant que les autres le distrairaient et j’avais presque réussi, mais dès qu’il avait voulu il était revenu sur moi comme un cinglé dans la descente, il m’avait doublé et il s’était ramassé sur l’accotement. J’avais eu peur, mais il s’était relevé aussi sec, il se tenait le bras gauche avec la main droite et il rigolait:

- Je me suis laissé aller, c’est rien... juste une fracture...

On lui avait refilé le plus mauvais vélo, un pignon fixe, sans dérailleur, et il gagnait quand même! Il avait été soigné à l’hôpital d’Issoudun, avec du nitrate d’argent notamment, (je ne sais pas pourquoi, à l’époque, les médecins du centre de la France étaient très branchés sur le nitrate d’argent, à propos de n’importe quoi). Il était très content parce que c’était un médicament archaïque, et il avait téléphoné la chose à son père aussitôt. Pour signaler le caractère médiéval du traitement, avec une certaine fierté.

L’hôpital d’Issoudun, je me souviens, lui paraissait être une curiosité, une reconstitution historique. Il ne savait pas que ça existait encore, des établissements comme ça !

Je me souviens encore qu’avec Robert, on allait chercher les vaches avec la 2CV et que ça se passait comme dans un western. Les vaches couraient, Robert, debout dans la 2CV découverte lançait des cris d’américain !

Il conduisait aussi le tracteur mais il descendait et marchait à côté, tranquillement. On se battait sur le tas de fourrage, mais pour rigoler. Comme c’était trop banal, il avait eu l’idée d’un duel à la fourche, toujours pour rigoler. Il jouait de la flûte, buvait du vin de la vigne, quand il pleuvait. Je crois que j’ai compris le mot « blues » cet été-là.

Il était allé dans le Puy-de-Dôme, avec le groupe d’étudiants américains, et il m’avait raconté qu’il était « sorti avec une fille », qu’il avait « tout fait sauf to fuck ». Il semblait le regretter très vivement.

Un jour, je lui avais passé la faux, pour le maïs. Je me souviens des paroles de ma mère :

- Enfin Rolland, mon petit, la faux, tu te rends pas compte… un américain avec une faux… c’est dangereux ! Dis-moi que tu recommenceras pas...

Et puis il est reparti par le bateau, au Havre, la traversée durait sept jours et il avait sept bouteilles de vin de la vigne. Pour son père, en principe. Mais il les a vidées, les bouteilles, durant la traversée.

Ensuite, on devait aller en Amérique, mais ma mère avait peur pour moi, j’étais jeune et pas du tout habitué à l’Amérique. C’était trop grand, New York, je me perdrais. Même sur le bateau, sûrement que je me noierais. Et puis il y avait les buildings, je ne saurais pas monter si haut, je serais tombé, forcément, et tout ça sans compter les gangsters, Rolland mon petit, tu es jeune encore… je me souviens de ses paroles et de sa voix, très exactement.

Et puis Robert Kramer téléphone un jour de l’été 1984 :

- Allô… c’est Robeur…   

Il est à la gare d’Issoudun mais nous ne devons pas aller le chercher, il sera au comptoir du Café Guillaume vers midi. Ils font Issoudun-Saint-Valentin à pied, les Kramer ! A midi, au café Guillaume, il était là avec sa femme, Erika.

On s’est tous retrouvés, mes deux frères, l’américain et moi, devant quatre Ricard français.

Robeur et Erika étaient habillés en routards, avec des sacs à dos. On est allés aux Pyramides, on a passé une journée étrange et merveilleuse, hors du temps. Robert Kramer était un artiste connu en France, dans le monde entier, pour un cinéma très engagé et marginal. Il avait tourné « Guns » notamment, et, bizarrement, il avait représenté la France au Festival de Cannes. Il préparait « Diesel » avec Agnès Soral, Gérard Klein, Laurent Terzieff et plein d’artistes connus. Mais il ne savait pas encore le titre du film, ni même le nom des acteurs. Il envisageait un tournage au Portugal, et il était un peu déçu de ne pas avoir Adjani dans la distribution.

Je me souviens que mon frère Paul, qui avait séjourné en Angleterre et aux Etats-Unis, a parlé anglais toute l’après-midi, bien que Robeur parlât français, et qu’il lui ait demandé d’en faire autant. Je me souviens que la scène se passait d’abord dans la cuisine de la ferme puis dans la salle à manger de mon frère Jean-Philippe. Il s’est inquiété de la mort de ma mère, du vin de la vigne, et on est allés en direction du champ où on jouait au western. C’était bien, de sa part, une recherche du temps perdu.

A un moment, Robert a dit :

- Est-ce qu’il y a toujours la pièce noire, la pièce sacrée ?...

C’était la salle à manger, où on ne mangeait jamais, qu’on traversait effectivement sans faire de bruit, avec des gestes particuliers, des sortes de rituels.

Je me souviens, je lui ai rappelé qu’on avait écrit une chanson ensemble, et que ça s’intitulait « Haricot blues ».

Je me souviens qu’il ne s’en souvenait pas, lui. J’étais presque déçu. J’ai rappelé les paroles, pourtant énergiques :

« Marchands de fayots

  Tous au poteau »

Il avait oublié notre premier chef d’oeuvre. Je me suis consolé. Je me suis dit que la culture orale, ça s’envolait vite, finalement, et que les américains n’avaient pas beaucoup de mémoire.

On s’est téléphoné, à plusieurs reprises, dans les années quatre-vingt. On était redevenus les copains de l’été 56, d’autant que j’étais anar, tendance Monde Libertaire, anti-militariste.

Vers 1990, « Bande à Part », une association de cinéphiles de Châteauroux, passionnée, très sympathique, lui a rendu hommage. J’ai repris contact avec lui.

A un moment, il m’avait parlé d’une maison, qu’il allait peut-être acheter, à Joigny, dans l’Yonne. Une autre fois, je l’ai attendu au téléphone parce qu’il était sous la douche. Ca m’a rappelé la salle de bains et les séances de phonétique.

Je veux dire qu’il existait toujours, par des petits détails, qui venaient ponctuer les mois et les années.

Il m’a invité au Grand Rex, pour un de ses films. Je l’ai raté encore. Il m’a invité à passer rue Alphand à Paris, dans le 13ème arrondissement, que je connaissais assez bien, je l’ai raté une deuxième fois. Il m’a invité pour son chef d’oeuvre, « Route One USA »… j’ai tout raté.

En janvier 2000, je me décide à lui téléphoner, il vient de tourner un film et de jouer un rôle dans un autre, auprès d’Isabelle Huppert.

Au téléphone, je n’entends pas la voix familière de celui qui disait « you-meur ». C’est une voix féminine, jeune :

- Je suis la fille de Robert Kramer… (c’est une très belle voix, très profonde et très présente en même temps, je la trouve très envoûtante et très éloignée de moi, ce qui me fait un peu de peine)… Robert Kramer est mort il y a quelques semaines.

En novembre 1999.

Deux jours plus tard, j’entreprends de raconter « l’année de l’américain ». 

J’en suis à quarante pages, et ça vient bien, je crois.

Mais mon ordinateur se bloque. Le réparateur intervient et il efface Robert Kramer. Salaud !... On n’a pas le droit d’effacer Robert !

Je me souviens de l’année de l’américain, je me souviens de Robert Kramer, de sa voix, de son rire, de cette impossible rencontre.

Tous les informaticiens du monde ne pourront jamais effacer Robert Kramer. 

 

ROLLAND HENAULT

("Le Bonheur de Saint Valentin" Editions de l'impossible - 2002)

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