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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 09:11

Breizh-info.com : Vous avez écrit sur le piratage de nos cerveaux. Quels sont, actuellement, les principaux vecteurs de piratages, et leurs conséquences ?

Lucien Cerise : Le piratage des cerveaux passe essentiellement par les médias du pouvoir, qui sont littéralement militarisés dans une perspective de guerre hybride contre le peuple et contre certains pays. Cependant, les réseaux sociaux ne sont pas épargnés non plus. L’ingénierie sociale dans sa phase d’hameçonnage, celle qui ressemble le plus au piratage informatique, repose sur deux principes : l’usurpation d’identité et l’abus de confiance. Un conseiller de Barack Obama, Cass Sunstein, avait écrit un article en 2006 dans lequel il recommandait la méthode de l’infiltration cognitive sur les forums de discussion pour mieux lutter contre les « théories du complot » diffusées sur internet. Aujourd’hui, il existe des entreprises de modération des forums, ce que certains appellent aussi des usines à trolls. La plus connue est Netino. Si Netino ne cache pas son existence et ses activités, en revanche vous ne savez pas que vous avez à faire à ses employés quand le fil de discussion auquel vous participez est modéré, c’est-à-dire modifié et objet d’une ingénierie stratégique, pour l’orienter artificiellement dans un sens où il n’irait pas spontanément.

Breizh-info.com : Comment se prémunir contre ces piratages intellectuels ?

Lucien Cerise : Il n’y a rien d’autre à faire que de s’informer sur les techniques de piratage intellectuel pour les repérer et les neutraliser en temps réel quand elles nous sont appliquées. C’est l’information qui permet de lutter contre la désinformation.

Breizh-info.com : Comment analysez-vous la crise qui traverse la France actuellement, avec les Gilets jaunes ?

Lucien Cerise : Les Gilets Jaunes sont une réaction saine contre plusieurs décennies de pathologies sociales commencées avec Mai 68. Les Gilets Jaunes, c’est l’anti-Mai 68, c’est la déconstruction du libéralisme libertaire et la quête de la décence commune, la Common Decency du vrai prolétariat (Orwell, Michéa). Ce n’est pas un mouvement d’étudiants écervelés de Nanterre qui manifestent parce qu’ils s’ennuient et veulent rentrer dans le dortoir des filles, non, c’est une révolte du petit peuple de la périphérie contre le capitalisme des gros centres, lequel méprise et humilie la périphérie et qui essaye en plus de fabriquer le consentement à cette humiliation en culpabilisant le Français moyen pour ce qu’il est.

Breizh-info.com : Et à l’international ?

Lucien Cerise : La guerre mondiale menée par les impérialistes occidentaux se poursuit. Le Venezuela est déstabilisé par une tentative de révolution colorée dirigée par les États-Unis. Israël a perdu sa guerre contre la Syrie mais refuse de l’admettre, raison pour laquelle cela dure encore. Et en Europe, nous sommes dans les préparatifs d’une opération Barbarossa II consistant à attaquer la Russie sur un front uni pays baltes/Pologne/Ukraine, ce que la géopolitique atlantiste appelle l’Intermarium, s’étendant entre la mer Noire et la Baltique. Selon certaines sources, l’OTAN se prépare effectivement à lancer une « guerre nucléaire limitée » contre la Russie.

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 09:07

Le 15 mars, à 6 h 15 du matin, 45 députés sur 577 étaient restés éveillés pour voter, toute honte bue, la privatisation de sociétés en parfaite santé. Lorsqu’il était ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait déjà bradé une société comme Alstom Énergie à l’américain General Electric, les Chantiers navals de Saint-Nazaire aux Italiens, les ciments Lafarge aux Suisses.

Mais là, ce 15 mars au petit matin, c’est un moment clé du quinquennat Macron auquel les Français n’ont pu assister. Et nous devrions tous écrire à nos députés, qui dormaient bien tranquillement ce matin-là, pour leur demander des comptes sur leur absence. « Une honte intégrale », comme l’a écrit un « Facebooker ».

Car le résultat est là : l’Assemblée nationale a voté la loi PACTE (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), dans laquelle se cachent d’un seul coup la privatisation des Aéroports de Paris, de la Française des jeux et d’Engie, ainsi que la suppression des tarifs réglementés du gaz, la réglementation de l’assurance-vie et la modification des seuils sociaux !

Pour ce vote majeur, ils étaient… 45 sur 577. Soit 7 % des effectifs. Et, donc, 532 absents ! Il aura suffi de 27 députés En Marche ! pour valider la vente des bijoux de la famille France, 15 députés ont voté contre et 3 ont osé s’abstenir.

La démocratie française est ainsi faite que des lois primordiales sont votées en catimini par une poignée de députés qui ont attendu l’aurore pour le faire. Il est vrai que le Sénat doit encore donner son avis, mais avec la majorité massive du groupe LREM, la braderie aura bien lieu. Car il s’agit bien d’une braderie : les trois sociétés nationales sont très largement bénéficiaires et la vingtaine de milliards (dont quinze pour ADP) qui seront récoltés par l’État pour ces ventes seront vite engloutis dans la dette abyssale de 2.350 milliards.

Philippe Vigier, député UDI, a conclu vers six heures du matin que « cette privatisation d’ADP est une faute, et vous le constaterez vous-même. Une fois la concession accordée, jamais l’État n’aura les moyens de remettre la main sur ADP. La triste expérience des autoroutes nous a malheureusement donné raison. »

Quant à Jean-Luc Mélenchon, à cinq heures du matin, il s’était levé pour protester contre les méthodes du Parlement de « débattre à cinq heures du matin des discriminations à l’embauche, à trois heures du tarif de l’électricité et à cette heure-ci de tout ce que nous avons entendu. Tout cela est absurde. C’est une folie ! C’est certainement la forme la plus grave de dysfonctionnement de la vie du Parlement. »

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 08:59

Décidément, certains écrivains semblent manifester leurs connivences jusque dans leur façon de nous dire adieu. Dix jours après le décès de Jean Starobinski, on apprenait, dimanche, celui, le 15 mars, du critique littéraire Jean-Pierre Richard. Et ce ne serait pas commettre un exercice de style convenu que de comparer ces deux personnalités, ces deux œuvres, ces deux sensibilités. Au-delà de leurs auteurs et de leur époque de prédilection – le XVIIIe siècle pour Starobinski, le XIXe pour Jean-Pierre Richard – ils appartenaient à une même génération et une même filiation et ils ont incarné une critique créatrice fondée sur la sensibilité, l’empathie et une langue lumineuse, à la fois simple et subtile, éloignée de tout jargon technique. Deux immenses écrivains ayant la passion des écrivains, vers lesquels ils auront guidé des générations d’étudiants et de lecteurs.

Né en 1922 à Marseille, normalien, agrégé de lettres en 1945, Jean-Pierre Richard effectue une carrière universitaire, à l’étranger et en France, mais se décrivait comme un « marginal, tenu pour un amateur » au sein de l’université. Peut-être parce que, préférant suivre sa voie, ses intuitions, il n’entra dans aucun moule, que ce soit celui de l’académisme ou ceux des modes critiques systématiques (structuralisme, psychanalyse, marxisme, formalisme). Les étudiants désireux de revenir aux grands écrivains du XIXe siècle trouvèrent dans ses deux premiers ouvrages une fraîcheur et une stimulation nouvelles : Littérature et sensation, sur Stendhal et Flaubert, et Poésie et profondeur, sur Nerval, Baudelaire et Rimbaud. Dans cette lignée est à ranger, en 1961, sa thèse sur Mallarmé qu’il souhaite débarrasser d’une « approche trop abstraite ». Il en tirera deux ouvrages : L’Univers imaginaire de Mallarmé et Pour un tombeau d’Anatole, édition des pages posthumes saisissantes du poète sur la mort de son fils. Il publia aussi un Paysage de Chateaubriand (1967) et un Proust et le monde sensible (1974) qui firent date. Avec Jean-Pierre Richard, les grandes œuvres cessaient d’être des constructions désincarnées. Par ses Microlectures, il fut un extraordinaire introducteur et médiateur.

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 08:49

Contrairement à la réalité, des agences de presse et des chaînes de télévision algériennes et internationales ont diffusé des images de joyeux manifestants, dans la rue algérienne, satisfaits, suite à la récente « lettre » attribuée au président Abdelaziz Bouteflika, annonçant son retrait de la course présidentielle, le report de l’élection, et un remaniement ministériel.

En réalité, des milliers d’Algériens n’ont pas pu attendre vendredi pour participer à des manifestations contre « la lettre », et ont envahi les rues, pas pour exprimer leur joie, mais pour protester.

Bouteflika n’a pas de prérogatives constitutionnelles pour arrêter le processus électoral. Le but de cette « lettre » est d’abolir le processus électoral et de prolonger le 4ème mandat, sans passer ni par le Parlement, ni par les urnes.

Le régime de Bouteflika ne partira pas avant d’engloutir l’Algérie. Lakhdar Brahimi —connu dans les médias arabes sous le nom de el-Ibrahimi— a été convoqué par le régime, pour satisfaire les masses. Beaucoup de gens pensent qu’il est issu de la respectée famille El-Ibrahimi ; une famille militante qui a porté le flambeau de l’éducation et de la réforme en Algérie, dans les années cinquante.

Mais Lakhdar Brahimi n’a rien à voir avec cette ascendance prestigieuse. Il est le fils d’une famille collaboratrice du colonialisme français, son oncle —qui porte le même nom, Lakhdar Brahimi— a été a l’origine du massacre de Dèchemia, en avril 1948. Des militants indépendantistes concurrents de cet oncle, candidat de l’administration coloniale aux élections truquées par le célèbre Marcel-Edmond Naegelen, y furent assassinés.

Ce faux passé révolutionnaire et une réputation diplomatique internationale usurpée devraient permettre au pouvoir d’absorber la colère du peuple et de lui faire accepter un homme qui sert Abdelaziz Bouteflika, même après sa renonciation.

En ce qui concerne les relations internationales, Brahimi est l’homme des États-Unis. Il a joué un rôle de diversion pendant la destruction de la Syrie par les Occidentaux et les arabes du Golfe. Au contraire, Ramtan Lamamra est un homme « de confiance » du président Macron.

Les deux garantissent la préservation des intérêts de la France et des USA, les plus grands bénéficiaires économiques de l’Algérie.

Le ministre français des Affaires étrangères n’a pas tardé à exprimer sa satisfaction pour « la lettre » attribuée à Abedlaziz Bouteflika. Avant cela, Emmanuel Macron qualifiait cette décision de « raisonnable ».

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 10:07

C’est un entretien qui fera date, publié par la revue Pouvoirs. L’ancien ministre des finances, Michel Sapin, y décrit par le menu les pressions organisées par les lobbies en France, et plus particulièrement à Bercy :

« Dans tous les secteurs, et pour ceux que j’ai le mieux connus, dans les secteurs bancaires et financiers, dans le domaine de la fiscalité des entreprises, ou celui de la régulation des marchés, les représentants d’intérêts, les lobbys, sont omniprésents, souvent insistants et toujours débordants d’énergie »

On apprend entre autres dans cet entretien que les lobbies se sont diablement professionnalisés ces dernières années. La quasi-totalité des grandes entreprises et des grands patrons font appel aux services de cabinets spécialisés.

« Souvent talentueux et habiles, ces cabinets de conseils sont très présents, que ce soit pour organiser une rencontre dans le bureau du ministre, remarque-t-il, ou, de manière plus conviviale, pour arranger un déjeuner ou un dîner propice à des échanges plus détendus et discrets (NDLR : on regrette ici le manque de détails). »

Autre pratique prisée des lobbyistes : le recrutement d’anciens hauts fonctionnaires du ministère des Finances.

« Les lobbys les plus influents, qui, comme des poissons dans l’eau, se trouvent les plus à l’aise dans les couloirs de Bercy, qui parlent la même langue et partagent les mêmes références, relève Michel Sapin, sont ceux qui sont dirigés ou représentés par d’anciens responsables des administrations du ministère de l’Economie et des Finances. »

Dans ces officines, il est assez commun que l’expert de la fiscalité vienne de la direction des impôts ! … ou que le spécialiste des sujets bancaires soit un ancien de la direction du Trésor chargée… des règles du secteur bancaire !

Quand on vous dit que les lobbies sont une invention des conspirationnistes…

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 09:57

Après les perquisitions, les diffamations, les gels des avoirs et la fermeture de la salle de prière, le Centre Zahra France et le Parti Anti Sioniste ont été notifiés de leur prochaine dissolution.
Qu’attendent nos politiciens pour réagir ? Où sont passées la conscience des Droits de l’Homme, ainsi que celle des libertés d’opinion et d’association ?
Aux Français de prendre leurs responsabilités, ou d’attendre leur tour.

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 09:53

Lorsque le président des États-Unis, Donald Trump, et d'autres hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche se sont vantés plus tôt que « toutes les options sont sur la table » pour atteindre l'objectif de « changement de régime » de Washington au Venezuela, il faut maintenant affirmer que l'une de ces options inclut un cybersabotage dévastateur de l’infrastructure du pays.

Pour sa part, le gouvernement du président Nicolas Maduro est convaincu que les États-Unis mènent une « guerre de l'électricité » et sont à l'origine des dernières pannes de courant.

Il ne semble pas y avoir de preuve irréfutable de la manière dont le sabotage a été effectué. Mais une hypothèse raisonnable serait qu'une sorte de cyberattaque ait été lancée sur le réseau électrique vénézuélien. Cela pourrait expliquer pourquoi il faut tant de temps pour résoudre le problème.

Par ailleurs, la réaction rapide de Washington à la coupure du courant électrique suggère un acte prémédité. Des politiciens comme le sénateur Marco Rubio, qui a mené la campagne de « changement de régime », n’ont pas hésité à prétendre immédiatement que ces pannes étaient «une preuve» de la mauvaise gestion et de l’illégitimité du gouvernement Maduro.

Le sabotage est traditionnellement une des fonctions de la CIA, d’abord contre l’URSS, puis aujourd’hui dans tous les théâtres d’opérations (Libye, Syrie, Venezuela, Yémen). La destruction des réseaux électriques est réputée atteindre profondément le moral des populations.

La tactique consiste donc à infliger aux Vénézuéliens autant de souffrances et de misères - par des coupures de courant systématiques - et à leur dire ensuite que « le prix à payer» pour un soulagement est de renverser le président Maduro. C’est malgré le fait que Maduro ait été élu l’année dernière à une grande majorité lors d’élections libres et équitables.

Outre le réseau électrique, les réseaux hertziens subissent un brouillage électromagnétique permanent et depuis deux jours les réseaux de téléphonie mobile connaissent de grandes perturbations, laissant supposer que Washington utiliserait déjà des micro-ondes et des armes à énergie dirigés contre le Venezuela.

Ceci étant dit, il y a plusieurs autres raisons qui invitent les États-Unis à utiliser une stratégie de « guerre furtive ».

Une attaque militaire américaine contre le Venezuela - l’une des «options sur la table» infâmes - serait irréalisable et confuse pour Washington.

Le Venezuela dispose de forces armées bien équipées et robustes. Ces forces ont récemment montré leur courage en restant fidèles à la Constitution du gouvernement et de la nation, malgré les intimidations immenses et les pots-de-vin émis par Washington et ses substituts de l'opposition. L’administration Trump s’est sans doute rendu compte que tout aventurisme militaire en Amérique du Sud susciterait une réaction féroce et potentiellement humiliante.

Deuxièmement, la Russie a annoncé la semaine dernière qu'elle ne tolérerait aucune intervention militaire américaine au Venezuela, avec laquelle Moscou est un allié indéfectible.

La solide défense militaire du Venezuela, la fermeté de son armée et la majorité des civils qui soutiennent Maduro, ainsi que son allié russe, ont probablement persuadé les Américains de choisir l'option de la guerre furtive, consistant à saboter le réseau électrique du pays.

En paralysant le pays par le biais de cyberattaques contre son réseau électrique civil, Washington peut utiliser la tromperie pour cacher ses mains sales. Mieux encore, cela peut être imputé à la « mauvaise gestion » du gouvernement Maduro.

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 09:49

Les dividendes versés aux capitalistes n’ont jamais été aussi élevés. C’est ce que révèle l’étude 2019 du cabinet Henderson.

En 2018 :Les entreprises cotées ont distribué 1.370 milliards de dollars de dividendes dans le monde. Ils ont grimpé de 8,5 %. C’est la plus forte progression depuis 2015. Ce montant permettrait de racketter la totalité des entreprises du CAC40, les 40 entreprises les plus importantes de la Bourse de Paris.

Ce qui est vrai au niveau mondial est particulièrement vrai en France.
En 2018, selon l’étude de Vernimmen.net, les groupes du CAC 40 ont versé  46,5 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires . Au total, selon l’étude, la France reste le principal payeur de dividendes en Europe avec un montant de 63,1 milliards de dollars (+7,5 % en sous-jacent), bien au dessus de la moyenne européenne.
Les travailleurs exploités : l’augmentation des salaires

Ces chiffres, indécents, sont à comparer à la stagnation de la croissance mondiale, deux fois plus élevés que la croissance du PIB mondial (3.7%) et même 4 fois plus élevés que la croissance du PIB en France.

Ils témoignent du pillage que constitue l’exploitation capitaliste des richesses produites par les travailleurs. En France, si la richesse produite annuellement mesurée par le PIB a augmenté de 1,8% en 2018, les salaires n’ont eux pas augmenté (+0.1% selon l’OIT en 2017 en France).

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 10:04

En général, on attend que les gens soient morts pour en faire de saintes figures ; pour Bernard Tapie, c’est la maladie qui a fait le job (pardon, mais on enregistre, chaque année en France, une moyenne de 148.737 décès par cancer, alors le cas Tapie, hein…).

Tapie, donc. Une personnalité majeure des années Mitterrand, celles qui sont entrées dans l’Histoire comme « les années fric ». Il est vrai que, bien avant Sarkozy et le bling-bling ostentatoire, le fric n’aura jamais tant pesé dans le paysage qu’en cette période de glorieuse accession du Parti socialiste à la tête de l’État. On a dit que ces gens-là avaient longtemps manqué, raison pour laquelle ils se sont goinfrés en arrivant au pouvoir. Drapés dans leurs apparences prolétariennes (madame Fabius promenait ses jumeaux en 2 CV), ils se dotèrent de quelques marionnettes emblématiques pour planquer leurs faux nez. Au premier rang le gouailleur Nanard.

On ne fera pas la liste des casseroles qui ont émaillé la carrière du monsieur, les coups qu’il a arrangés, ceux qu’il a éventuellement pris après avoir servi une classe politique pas toujours reconnaissante avec ses hommes de main. Pasqua avait ses « petits papiers » pour tenir son monde. Tapie a lui aussi, sans doute, ses dossiers en réserve, raison pour laquelle la Sarkozie lui fit non pas une fleur mais une gerbe hors de prix (c’est vous et moi qui l’avons payée) dans l’arbitrage Adidas-Crédit lyonnais. Mais les années passent et les régimes trépassent : « Rendez l’argent ! » crie depuis quelque temps le peuple en colère.

Voilà donc qu’aujourd’hui, Marc Fratani, l’ancien attaché parlementaire et assistant personnel dudit Tapie, balance dans "Le Monde". Il est question d’entreprise de corruption, d’achat de matchs et d’arbitres, de drogue injectée dans les bouteilles d’eau des joueurs adverses… Mettre volontairement des entreprises en faillite, jouer au bonneteau électoral et, pour finir, ponctionner le contribuable, pas grave ! Mais toucher au foot, ça…

Et il y a pire, encore : en 1993, Bernard Tapie aurait rencontré Jean-Marie Le Pen pour demander que ses candidats en PACA maintiennent leur candidature au second tour afin de créer une triangulaire aux législatives. Circonstance aggravante : il serait allé à Montretout, dans l’antre de la bête. Marc Fratani, l’ancien bras droit qui se confesse au Monde, dit l’avoir accompagné. Tapie s’en défend. S’énerve. Affirme sur BFM : « Si j’avais dû rencontrer Le Pen, je l’aurais rencontré avec personne. La première chose à faire quand on fait quelque chose de mal (sic), c’est qu’on prend pas de témoin avec soi. » Voilà voilà… Et quand Apolline de Malherbe le chatouille un peu trop, Bernard Tapie se lève et menace de quitter le plateau.

La leçon de cette histoire ? La voilà : les journalistes ont un train de retard sur l’opinion. Jean-Marie Le Pen c’est un repoussoir qui n’existe plus que dans leurs têtes mais ils ne le voient pas. Quant à Bernard Tapie, personnage de feuilleton à audience, il n’est jamais si bon qu’en Guignol qui cogne sur le gendarme…

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 09:56

L’ancien président de la République s’est directement adressé aux lycéens dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qui commence par : « Chers lycéens, et si je venais vous voir ? » et se termine par l’annonce : « Élèves, professeurs, proviseurs, vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : parlerdeurope@cab-fh.fr. À très vite ! » Cette étrange invitation pose d’abord un problème d’ordre administratif. Un élève, un professeur ne peuvent faire venir dans leur établissement une personnalité politique, fût-ce l’ancien chef de l’État, sans l’aval du proviseur, du conseil d’administration, du recteur, voire du ministre.

Jean-Pierre Chevènement souhaite, à juste titre, savoir « si Jean-Michel Blanquer a été saisi d’une demande de la part de l’ancien Président ». Mais c’est surtout le problème de la neutralité politique qui est ici en jeu. Sans compter que François Hollande n’est pas un exemple pédagogiquement fiable. Il ne s’est pas spécialement fait remarquer, durant son mandat, par l’efficacité de sa politique européenne. Il souhaite partager son « expérience » de l’Europe mais, à part son déculottage devant Angela Merkel, cette expérience est bien réduite.

Celui qu’on surnommait Guimauve le Conquérant, Flanby, capitaine de pédalo ou Pépère croit toujours qu’il est un mage visionnaire. À Nancy, jeudi, il a plaidé pour une Europe politique qui s’engagerait pour « la paix, la résolution des conflits et le climat » – quelle originalité ! –, ajoutant : « C’est très difficile de le faire à 27, je pense qu’il faut le faire avec quelques pays pour qu’on puisse avancer plus vite. » Peut-être songe-t-il à se reconvertir dans un poste de responsabilité européen ou devenir le carburant qui redonnera un peu de puissance au poussif Parti socialiste ?

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