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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 10:15

Écologie, bio et santé sont incompatibles avec l’Union Européenne dont le but c’est le profit maximal des multinationales. On l’avait déjà remarqué avec la protection accordée au glyphosate. Un autre exemple le confirme avec un nouvel accord commercial ratifié début juin entre la Commission européenne et Washington pour augmenter les importations de bœuf américain dans l’Union Européenne.

Voilà donc pour ce qui est un des premiers résultats des dernières “élections” européennes. Les masques tombent d’autant plus vite que cette élection n’est qu’une farce, la Commission européenne ayant toute autorité pour négocier et ratifier les accords commerciaux de libre-échange, le Parlement n’étant qu’une chambre d’enregistrement pour donner une apparence démocratique à une institution supranationale, l’Union Européenne, qui ne l’est pas du tout.
Les agriculteurs premières victimes

Déjà victimes des importations massives de soja en direction du vieux continent, ce sont les éleveurs et notamment les éleveurs de France qui témoignent régulièrement de leur désespoir devant l’effondrement de leurs revenus, qui sont les premières victimes de l’Union Européenne. La Commission européenne vient en effet de ratifier un accord pour l’importation de 35 000 tonnes de bœuf américain sur le contingent de 45000 tonnes d’importations autorisé, ce qui représente tout de même près de 6% des 6.5 millions de tonnes de viande de bœuf produites dans l’Union Européenne. De quoi accroître la pression sur les prix payés aux producteurs.

Le but de la manœuvre de l’UE est de faire grimper la part des USA dans les importations de bœuf, au détriment notamment de l’Amérique du sud ou encore de l’Australie. L’UE, c’est l’indépendance face aux USA disent certains qui prétendent que c’est le seul moyen pour les pays européens de faire entendre leurs intérêts. La preuve que non.

Le marché passé par Bruxelles vise en réalité à sacrifier les éleveurs – et les principaux se trouvent en France et en Irlande pour ce qui concerne le bœuf – dans un accord commercial préservant notamment les exportations automobiles – essentiellement allemandes – menacées par Trump.

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 11:57
 
VIENT DE PARAITRE

Les trois premiers volumes de la collection des « Articles » de Rolland Hénault sont parus.
530 pages chacun, ils couvrent la période de 2016 à 2001, dans une formidable rétrospective qui devrait nous mener jusqu’en 1976, si tout va bien et si le diable continue de nous encourager…

Et comme toujours, c’est écrit par un chef, un géant, un maître des mots, du rire et de la lucidité…

Alors décidez-vous vite, car on en a tiré très peu, et ils sont en vente ICI MÊME !

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 10:10

En ces temps où de nombreuses espèces sont menacées de disparition (hérissons, éléphants, rhinocéros, lémuriens, orangs-outangs et tant d’autres), et où l’on s’inquiète de la destruction de la biodiversité, une nouvelle espèce est, au contraire, en plein développement sociétal et médiatique : l’écolo-bio-bobo mondialisé.

Son habitat principal est celui des beaux quartiers des grandes villes. Ennemi de la malbouffe, qu’il laisse au peuple populiste, l’écolo-bio-bobo se rencontre quotidiennement dans les magasins et les rayons bio, où il se nourrit de diverses graines et produits issus du commerce équitable ou de l’agriculture biologique. Laissant aux gilets jaunes les barbecues graisseux, il recherche une nourriture saine et très chère, mais que ses moyens lui permettent de s’acheter.

Contempteur du carbone et des pollutions qu’il génère, il parcourt les villes, perché sur un Vélib’ ou une trottinette électrique et dénucléarisée, pour vaquer à ses occupations ou ses loisirs culturels. Et il condamne sans appel le diesel, qu’il veut taxer, et toute production de fumée, ce qui ne l’empêche pas de prendre l’avion à longueur d’année pour ses activités commerciales ou pour aller passer ses vacances dans une île lointaine…

Défenseur de la planète, dont il a fait le centre de sa religion, l’écolo-bio-bobo participe à toutes les manifestations pour lutter contre les mouvements cosmiques et les changements climatiques, et il exhorte les jeunes à épouser sa cause. Même si, en voyant défiler dans les rues ces cortèges d’adolescents niais, leurs pancartes à la main, la planète doit bien rigoler…

Depuis les élections européennes, et le score inattendu de son gourou Jadot, les médias ne parlent plus que de lui et de sa prochaine alliance avec l’espèce des Républicains en marche, à présent tournés vers un avenir radieux, une planète sauvée, un climat apaisé !

Déjà, les tractations pour obtenir petits placements et plats de soupe ont commencé, les appels du pied en vue des municipales se multiplient et l’écolo-bio-bobo se réjouit de cette nouvelle dynamique planétaire que lui annoncent les médias aux ordres.

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 10:04

Le ministère de l'Intérieur étoffe l'équipement de ses effectifs de police et de gendarmerie en attribuant à l'entreprise Alsetex, le 2 mai, l'appel d'offres appelant à livrer pour ses forces intérieures 40 000 nouvelles grenades à main à effet assourdissant (GMD) utilisées en matière de maintien de l'ordre.

Cet appel d'offres pesant 1,84 million d'euros et lancé le 25 août 2018 était antérieur aux polémiques liées à cette arme qui a occasionné de graves blessures au cours des opérations de maintien de l'ordre, lors de la crise sociale des Gilets jaunes. Toutefois, comme le relève le site d'investigation indépendant Bastamag, la commande de cette arme classée «matériel de guerre de catégorie A2» tombe très mal, après des dizaines de cas de blessures graves, voire de mutilations, impliquant l'usage de ces grenades.

Par ailleurs, depuis le début de la crise sociale des Gilets Jaunes, le ministère de l'Intérieur a enregistré 4 952 jets de GMD. En 2016, Beauvau n'en avait comptabilisé que 866 pour toute l'année.

Déjà, au mois de décembre 2018, une polémique avait éclaté lorsque le ministère de l'Intérieur avait passé commande de plus de 1 000 lanceurs de balle de défense (LBD) pour la gendarmerie, et la police nationale alors que l'arme avait été impliquée dans des cas d'éborgnements en marge de manifestations des Gilets jaunes.

Le 20 mai 2019, deux juges d'instruction parisiens avaient décidé de faire comparaître un fonctionnaire de police CRS à un tribunal d'assises, pour avoir éborgné un militant du syndicat SUD, après avoir lancé une grenade de désencerlement en 2016. Le policier sera donc jugé par un jury populaire pour «violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente par personne dépositaire de l'autorité publique.»

Joint par RT France, le porte-parole de l'Union des policiers nationaux indépendants, Jean-Pierre Colombies, avait alors déclaré à propos de cette affaire : «Après les manifestations des Gilets jaunes, il y aura des dizaines d'autres cas similaires. Les flics seront comptables de leurs actes et pas [le ministre de l'Intérieur] Christophe Castaner, qui devrait pourtant assumer ses instructions de fermeté. Mais à la limite, les collègues auraient dû y réfléchir avant et faire preuve de discernement lorsqu'ils ont été confrontés à des ordres débiles. Ce ministre a fait sauter toute la préfecture de police de Paris pour se couvrir, vous croyez qu'il va aller défendre des pauvres flicards aux assises ? A titre personnel, je l'ai assez dit sur tous les plateaux où j'ai été invité : l'autorité suprême peut bien donner le feu vert aux policiers d'agir comme certains ont agi, mais l'autorité judiciaire, elle, fait son travail, elle ouvre des procédures et lorsqu'on arrive aux assises, ce sont les jurés qui décideront, là on ne maîtrise plus rien, et le policier risque plus de dix ans de prison ferme.»

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 09:56

Un haut responsable, anonyme, du ministère américain de la Défense s’est empressé de déclarer à la chaîne CBS que l’Iran était “apparemment” responsable des attaques perpétrées ce jeudi [13 juin] contre deux pétroliers dans le golfe d’Oman. Une position rapidement reprise par le secrétaire d’État, Mike Pompeo, qui a annoncé que c’était en effet l’avis du gouvernement américain. Rien de nouveau dans ces déclarations, mais surtout, aucune preuve convaincante.

Qui a attaqué ces pétroliers ? À qui profite cette crise et que peut-on faire contre ce genre « d’incidents »?

L’Iran a servi de coupable désigné dans toutes les attaques survenues ces dernières semaines dans la région du Golfe. Après tout, Téhéran a indiqué que s’il n’était pas autorisé à vendre son pétrole dans la région, les pétroliers d’autres pays ne seraient pas autorisés à y accéder. Le gouvernement iranien a menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, et il est de toute manière dans la ligne de mire des États-Unis, de l’Arabie saoudite et d’Israël. Mais c’est un peu trop facile.

Le régime iranien est en pleine épreuve diplomatique et s’efforce de convaincre l’Europe et ses alliés, la Chine et la Russie, de ne pas se retirer de l’accord nucléaire signé en 2015. En parallèle, l’Iran sait parfaitement que les États-Unis ne recherchent qu’une prétexte pour l’attaquer. Toute action violente de la part des Iraniens ne peut qu’aggraver leur situation et les rapprocher d’un conflit militaire qu’ils veulent à tout prix éviter.

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 09:46

Le député Sylvain Maillard, président du groupe d’études sur l’antisémitisme, a proposé à d’autres députés de voter une résolution visant à assimiler la critique légitime du régime israélien à de l’antisémitisme.

Contactez vos députés pour leur demander de s’opposer à cet amalgame honteux !

ECRIVEZ A VOS DEPUTES dont l’adresse est ici: http://www2.assemblee-nationale.fr/qui

Le texte de cette résolution est consultable ici: Proposition de résolution définition IHRA (mai 2019).

Il est possible de leur envoyer cette fiche d’information de l’Agence Média Palestine:

10 raisons pour lesquelles l’anti-sionisme n’est pas l’antisémitisme et pourquoi les députés français doivent rejeter la résolution sur ce sujet (Fiche de l’Agence Média Palestine – Juin 2019) :

   - L’anti-sionisme est une idéologie politique qui s’oppose au nationalisme, alors que l’antisémitisme est une haine raciste à l’égard des Juifs. L’antisionisme est une idéologie politique née parmi les Juifs et qui s’oppose au sionisme, qui est un nationalisme qui prétend que les Juifs ne peuvent échapper à l’antisémitisme que s’ils vivent dans le pays d’Israël, dont ils seraient les dirigeants exclusifs. L’antisémitisme est le racisme dirigés contre les Juifs.

    - De nombreux juifs partout dans le monde se réclame de l’anti-sionisme, les accuserait-on d’être « antisémite » ?

    - Toute critique d’un Etat, d’un nationalisme, d’un projet raciste et/ou ségrégationniste devrait pouvoir exister en démocratie sans être soupçonné d’être raciste, ou alors ça n’aurait plus rien à voir avec  la démocratie.

    - Les soutiens d’Israël ne luttent pas contre l’ antisémitisme: Ils l’alimentent au contraire faisant croire qu’Israël représente les Juifs du monde entier , et ils sont étrangement silencieux au regard de l’alliance entre Netanyahou et des dirigeants d’extrême droite xénophobe, comme en Hongrie par exemple.

    - Les principales associations de solidarité avec la Palestine en France et à l’international ont affirmées à plusieurs reprises et de manière publique leur rejet de l’antisémitisme.

    - Cet amalgame ayant pour objectif de défendre le régime raciste israélien qui a voté la loi « Etat nation » qui institutionnalise officiellement l’apartheid dessert gravement la lutte nécessaire contre l’antisémitisme et toute autre forme de racisme.

    - Pour les relais d’Israël en France, ne pas reconnaître la légitimité d’un régime d’apartheid à occuper, coloniser un peuple signifie «  vouloir la destruction de l’état d’Israël ».

    - Affirmer sa solidarité avec les peuples opprimés, et avec le peuple palestinien c’est soutenir les droits humains, c’est un engagement antiraciste.

    - Reconnaitre Israël en tant qu’ « Etat Juif  » comme le note le projet de résolution consiste à établir une hiérarchie nationaliste et religieuse entre les peuples qui vivent en Israël/Palestine

    - Hiérarchiser la lutte contre le racisme, séparer l’antisémitisme des autres formes de racisme alimente le racisme : A qui doit-on encore expliquer cette triste réalité ? S’il est important de reconnaître la spécificité de chaque racisme (antisémitisme, islamophobie, negrophobie, romophobie..), faire croire que certains seraient plus graves que d’autres comme  le font de nombreux acteurs politiques ne fait qu’accroitre cette terrible situation.

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 09:38

Le Gouvernement d’Accord National (GNA) de Libye et de Tripoli a suspendu les activités de 40 compagnies étrangères, dont la multinationale pétrolière française Total. La décision a été prise par le ministre de l’économie et de l’industrie du GNA, Ali Issawi«.

Selon la déclaration du ministère, les licences des sociétés étrangères pour opérer en Libye ont expiré. Le plan de GNA touchera également les entreprises françaises de télécommunications aérospatiales et Alcatel.  Sputnik International écrit :

"Selon certaines informations, cette décision a été provoquée par la colère du GNA face à la réticence du président français Emmanuel Macron à offrir au premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, un soutien plus explicite à la crise politique en cours en Libye« .

Après le coup d’État occidental organisé par la France et les États-Unis avec le soutien de l’OTAN et l’assassinat du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2011, le pays s’est divisé en deux gouvernements : la partie orientale, dirigée par le Parlement de Tobrouk soutenu par l’Armée Nationale Libyenne (ANL) du général Khalifa Haftar ; la partie occidentale, dirigée par le GNA avec l’aide des Nations Unies.

L’ONU a réitéré ses appels au cessez-le-feu depuis le 4 avril dernier, lorsque le Maréchal Haftar a lancé l’offensive sur Tripoli, causant des centaines de morts et des dizaines de milliers de réfugiés à ce jour. Depuis, le gouvernement d’Al Sarraj a déclaré qu’il y avait de la part de la France un consentement tacite et un soutien pour l’initiative militaire de l’ANL.

Un plan d’actions de déstabilisation qui semble fonctionner par l’alliance entre sionistes de Tel Aviv, sunnites d’Arabie Saoudite et bellicistes anglo-franco-américains afin de continuer les spéculations gigantesques du marché des armes auxquelles participent tous les fonds d’investissement et les grandes banques internationales. Le bain de sang habituel conçu par les globalistes pour maintenir le dollar à flot et le seigneuriage bancaire qui y est lié par la Réserve Fédérale et le Fonds Monétaire International."

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 10:27

Un petit texte que vous allez retrouver bientôt... Où ça ? ... Patience ! mes frères. Quelques jours encore !

« Le Mal n’est pas dans celui qui écrit, mais dans celui qui juge ». Ma citation est très approximative, mais c’est le sens général que je vous invite à retenir. Cette phrase est de Saint Paul.
Vous avez vu où je prends mes sources ? Dans les bénitiers ? Ben oui, mais c’est très intelligent. Les « gros mots » sont d’abord dans l’esprit du lecteur. L’obsédé sexuel, par exemple, est celui qui se scandalise en lisant un « gros mot ». Ce n’est pas celui qui l’écrit.
Une seconde remarque, tellement je suis moralisateur aujourd’hui. Moralisateur ? Non, « moraliste », à la rigueur. Le moralisateur fait la morale aux autres, le moraliste montre les moeurs d’une société. Le moralisateur fait la police du langage. Il est le CRS du vocabulaire, le flic de la syntaxe !
Le moraliste emploie les mots sans porter de jugements. Le moraliste n’est jamais scandalisé par les mots. Le moralisateur est toujours prêt à juger, à condamner, à torturer, on sent que ça le chatouille, surtout s’il est question de sexe. Le criminel sexuel a souvent peur des mots. Il ne les supporte pas. L’homme en bonne santé se réjouit de l’existence des « gros mots » et il jubile, comme Rabelais ou Céline.  Jubiler  : « pousser des cris de joie ! »

Rolland Hénault

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 10:13
 
Emmanuel Macron est sous le feu des critiques depuis l'annonce par General Electric de la suppression de plus de 1 000 emplois en France. Il était ministre de l'Économie lorsque l'État a validé la vente d'Alstom au géant américain.
 

Près de cinq ans après la vente du français Alstom à l'américain General Electric (GE) alors qu'il était ministre de l'Économie, Emmanuel Macron fait face mercredi 29 mai à un flot de critiques acerbes de l'opposition, des syndicats de GE, et même de certains acteurs du monde de l'industrie.

Le président de la République porte une responsabilité dans le "désastre" industriel et social à venir, pointent notamment les syndicats, après l'annonce mardi par GE de la suppression de plus d'un millier d'emplois en France – selon le groupe américain, jusqu'à 792 suppressions de postes pourraient intervenir dans son entité turbines à gaz de Belfort, et 252 dans celle dédiée aux "fonctions supports".

En toile de fond de cette colère : le rôle joué en 2014 par Emmanuel Macron dans la vente du pôle énergie d'Alstom à GE. À l'automne 2014, Emmanuel Macron, ancien secrétaire général de l'Élysée de François Hollande (2012-2014), succède à Arnaud Montebourg au ministère de l'Économie. Il y hérite de l'épineux dossier du rachat d'Alstom par l'Américain General Electric. Arnaud Montebourg y était opposé, les conditions de la vente de ce fleuron français ne le satisfaisant pas. Il affirmera plus tard qu'il avait tenté d'encadrer l'opération qu'il n'avait pu bloquer faute de volonté de François Hollande et de son secrétaire général, Emmanuel Macron.

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 10:07

Des employés de Cora ont été licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche. L'économiste et statisticien Thomas Coutrot, spécialisé dans les questions du travail et auteur de Libérer le travail, publié aux Éditions Seuil en 2018, décrypte les ressorts de cette affaire.


Pourquoi ces licenciements suscitent-ils autant de réactions ?

Ces licenciements abusifs posent la question des abus de pouvoir dans l’entreprise. Le contexte est particulier : les ordonnances Macron ont plafonné depuis fin 2017 les indemnités prud'homales pour licenciement abusif entre 1 et 20 mois de salaire brut. L’idée était de sécuriser les licenciements pour inciter les embauches. C’était un argument libéral qui, d’ailleurs, n’a jamais été argumenté par des études. Dorénavant, les entreprises savent qu’elles peuvent aller devant les tribunaux sans payer trop cher. Certaines calculent même à l’avance les amendes. Cette réforme a renforcé l’arbitraire patronal.

 

Finalement, le véritable problème posé par cette affaire est l’abus de pouvoir...

Exactement. Dans la plupart des grandes surfaces, les relations de travail sont empreintes d’autoritarisme. Il est rare que les plannings soient auto-organisés par les caissières. Ils sont planifiés par la hiérarchie. Pourquoi les salariés ne bénéficient-ils pas de bourses d’horaires pour s’organiser en fonction de leur famille ? C’est très rare. Ces abus de pouvoir sont une constante dans notre pays, surtout dans les PME qui fonctionnent encore de façon très paternalistes. Selon l’étude européenne sur les conditions de travail de 2015, le management français est le plus autoritaire d’Europe, avec l’Espagne, la Grèce et l’Italie.

 

Dans votre ouvrage Libérer le travail vous écrivez que 10% des Français sont exposés à un risque de dépression sévère, plus spécialement les « professions mal reconnues » ou « mal rémunérées » comme les caissières. Ce phénomène est-il nouveau ?

Les salariés de Cora font partie de ces 10% de Français. Il y a bien sûr l’aspect répétitif et physique de leur travail, mais surtout, ce qui a évolué, c’est leur manque d’autonomie. Elles sont sans arrêt sous surveillance. Leurs caisses sont suivies en temps réel par des systèmes informatiques qui tracent le nombre d’articles qu’elles saisissent. À la fin de chaque journée, leur hiérarchie sait combien d’articles sont passés entre leurs mains et à quelle cadence. À cela, il faut ajouter la multiplication des temps partiels, les salaires très faibles et le sentiment d’inutilité social qui va en grandissant. Fragilisés, ces employés sont sujets au harcèlement.

 

Sur les réseaux sociaux, des syndicats ont évoqué un retour à des conditions de travail du XIXe siècle. Assiste-t-on aujourd’hui à un recul des acquis sociaux ?

Oui. Mais ce recul n’est pas l'assouplissement du travail dominical qui reste, encore une fois, marginal. Il est matérialisé par la précarisation des contrats de travail. Les dernières enquêtes montrent une augmentation exponentielle des CDD et des contrats d’intérim. À cela, il faut ajouter la multiplication des restructurations dans les entreprises et la fonction publique. Cette flexibilisation du travail, que les politiques publiques appellent de leurs vœux depuis 30 ans, donne le sentiment d’une régression majeure. Et cela accroit le sentiment d’insécurité général des Français.

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